Ibid., t. Il, p
5. ■ Portus Flandriae quem Calais diximus. > (Chronique de Robert, chanoine de Saint-Martin d'Auxerre, chez dom Bouquet, t. XVIII, p. 284; et Chronique anonyme du chanoine de Boissons, ibid., p. 719). Benoit de Peterborought dit « Calais in Flandriam. » (Dom Bouquet, t. XVII, p. 497).
6. Articles IV et V du traité de Bretigny (Les Grandes Chroniques de France, édition in-12 de M. Paulin Paris, t. VI, p. 177-178).
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mais Calais, Marck et Guines restèrent sous la domination anglaise jusqu'en 1553, époque où le duc de Guise reprit Calais. Le pays ainsi rendu à la France forma jusqu'en 1790 un gouvernement particulier sous le nom de Calaisis ou Pays reconquis. Quant à Ardres, il faisait alors partie du Boulonnais, et son annexion ne peut modifier l'opinion que nous avons émise sur le rapport qui existait entre ce gouvernement et lepagus Bononensis. En effet, bien que la réunion de la baronnie d' Ardres au comté de Guines ne fût pas antérieure à la seconde moitié du xn e siècle *, on doit être assuré qu' Ardres iaisait jadis partie du pagus Bononensis, car, suivant un diplôme de 877, Autinghem, dont le finage touche celui d'Ardres, était compris dans ce pagus 2 . Mais le changement le plus grave occasionné par l'occupation anglaise eut certainement heu dans la topographie ecclésiastique; caries Anglais soumirent le territoire conquis par eux à l'archevêque de Cantorbéry en Angleterre, tandis que les quelques paroisses des doyennés de Guines et de Marck situées en dehors de la terre anglaise restèrent au diocèse de Thérouenne 3 . Ces deux doyennés, dont le premier appartenait à l'archidiaconé d'Artois et le second à celui de Flandre, ne furent pourtant pas supprimés ; mais celui de Guines prit le nom d'Ardres 4 . Bien que lors du traité d'Aire (1559), les Anglais eussent été chassés du sol fiançais, les paroisses qui leur avaient été soumises ne figurent pas encore dans le partage de l'ancien diocèse de Thérouenne; c'est cette circonstance qui nous a empêché de rétablir d'une manière certaine la limite des deux archidiaconés aux environs de Calais 5 .
1. Cette réunion avait été amenée par le mariage de Beaudouin II, comte de Guines (1169-1206) avec Chrétienne d'Ardres.
2. De plus, suivant le témoignage de Lambert d'Ardres, Sclnosse, qui était à la fin du x* siècle le siège de la seigneurie d'Ardres, était situé in terra Chisnensi (Chron. de Lambert d'Ardres, éd. Godefroy-Menilglaise, p. 219). On sait que la terre de Guines faisait partie du Boulonnais.
3. Desnoyers, Topographie ecclésiastique de la France, p. 697.
4. C'est du moins ainsi qu'il est désigné dans le traité d'Aire (Miraeus, Opéra dlplomatica, t. IV, p. 662).
5. Comme limite probable des deux archidiaconés, nous avons donné dans notre carte la limite septentrionaledel'anciencomté de Guines telle quenous la fournit la carte du comté de Guines jointe à l'édition de la Chronique de Lambert d'Ardres, donnée par M. de Godefroy-Menilglaise (un volume in- 8«, Saint-Omer, 1855).
PAGUS TARUANENSLS.
Les notions, que nous possédons sur le Ternois ou pays de Thérouenne , sont plus nombreuses que celles qui concernent le Boulonnais; cela provient de l'étendue plus grande du premier de ces pays, et, en outre, de ce quelesdocuments, que nous avons plus particulièrement consultés, se rapportent généralement à l'abbaye de Saint-Bertin (Sithiu), qui était située dans le Ternois.
Nous n'énumérerons pas les chartes du vil* et du vni* siècles où Ton trouve reproduite cette indication, que l'abbaye de Sithiu, qui donna naissance à la ville de Saint-Omer, était située in pago Taruanense l . Outre ces chartes nous avons trouvé vingt-etune mentions de cepagus :
1°. La charte de fondation de l'abbaye de Sithiu, qui est datée de 648, nous apprend que Bertin étant venu dans le diocèse de Thérouenne à la prière de 1 evêque Omer, reçut d'Adroald pour y élever un monastère la villa de Sitdiu et ses dépendances : in pago Taroanmse, villam proprietatis meae nuncupante Sitdiu, supra fluviurn Agniona, cum omni merito suo, vel adjacentiis seu aspicientiis ipsius villae; haec sunt : villa Magnigcleca. Wiciaco, Tatinga villa, Amneio, Masto, Fabricinio, Losantanas, et Ad Fundenis seu Malros, Alciaco, Laudardiaca villa, Franciliaco, cum omni merito eorum 2 . La situation de Sithiu ne laisse aucun doute, puisque l'abbaye qui y fut édifiée sous l'invocation de saint Pierre et saint Paul, et où furent ensevelis saint Bertin et son ami l'évêque Omer, dut à cette circonstance de changer plus tard son nom primitif contre celui de Saint-Bertin, tandis que la ville formée autour de l'abbaye se plaçait sous le patronage du saint évêque Omer. Quant aux lieux indiqués par la charte comme dépendant de Sithiu, on doit les chercher, bien qu'on ne semble pas s'en être parfaitement rendu compte jusqu'ici, auprès de la ville de Saint-Omer. Wiciacum est aujourd'hui Wisques (Pas-de-Calais, arr. de S. -Omer, cant. de Lumbres) ; Tatinga villa est Tatinghem 3 (canton sud de
1. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertèn, p. 21 (année 662), p. 32 (année 687), p. 42 (année 718), p. 45 (année 721), p. 57 (année 769), etc.