‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 5 sur 38 · Le Long, Histoire du diocèse de Laon, p · texte numérisé non relu

Le Long, Histoire du diocèse de Laon, p

y être compris, ou du moins avoir avec ce royaume des liens puissants, car il dépendait du diocèse de Reims et du Dormois. Sous la plume d'un moine résidant à Signy-1* Abbaye, c'est-àdire à 70 kilomètres environ de l'Astenois, Dun qui avait alors une certaine importance a fort bien pu être confondu avec Stadunum dont le nom offre le sien comme terminaison. Sa situation frontière devait donner lieu à de perpétuels litiges entre le duc de Lorraine, vassal du roi de Germanie, revendiquant tout le pays situé sur la rive droite de la Meuse, et le comte du Dormois, vassal du roi de France, dans le comté duquel cette ville était comprise.

Nous avons dû nous appesantir sur ce passage du chroniqueur de Signy, qui introduit une nouvelle confusion dans une question déjà fort compliquée. 11 a du reste suggéré à un auteur moderne, M. Buirette, une opinion singulière et difficilement acceptable. Suivant lui lepagus Stadunensis aurait dépendu en grande partie du diocèse de Reims et donné son nom à l'archidiaconè d'Astenois au diocèse de Châlons, parce que plusieurs villages de ce comté y étaient enclavés, tandis que les autres parties auraient été attribuées à l'archidiaconè de Champagne, au diocèse de Reims et à celui d' Argonne, au diocèse de Verdun 1 . Mais comme le fait remarquer judicieusement M. Desnoyers, si le Stadunum de la chronique de Signy était Stenay, ainsi que le prétend M. Buirette, le chef-lieu du comté se serait trouvé dans un quatrième diocèse, celui de Trêves. Nous reviendrons plus loin sur les raisons qui nous empêchent d'étendre au-delà des limites du diocèse de Châlons le pagus Stadunensis.

Après avoir passé en revue les diverses opinions proposées à propos du pagus Stadunensis, nous allons maintenant indiquer les anciens documents qui font mention de ce pagus. Ils nous serviront à confirmer l'opinion de Du Cange et de Bonamy, qu'a soutenue avec toute raison, il faut le reconnaître, M. Desnoyers.

1° Flodoard nous apprend que Wulier, avant d'être évéque de Reims, c'est-à-dire avant 812, fut constitué par Charlemagne missus dominicus sur « toute la Champagne, en chacun de

1. Cl. Buirette, Histoire de la ville de Suhde-Ménehould, p. 13.

« ses pagi, a savoir le Dormois, le Voncois, le pays de Castrice, « le Stadunensis, le Châlonnois, l'Omois, le Laonnois, le Valois, « lePorcien, le Tardenois et le Soissonnois 1 . » Ce témoignage n'est nullement en désaccord avec l'identification de l'Astenois et de notre pagus, puisque le pays ainsi désigné fit toujours partie de ce qu'on appelle la Champagne.

2° Un diplôme de Charles-le-Ckauve, de février 845, relatif à l'église de Saint-Etienne deChâlons, inpago Cathalaunensi, nous apprend que le diocèse de cette église (parroechia) était situé dans les pays de Yertus, Changy, le pagus Stadinensis et le Perthois 2 . Ce texte doit être pris en sérieuse considération, vu l'ancienneté de sa date et les indications précises qu'il fournit ; car les pays de Vertus et de Changy, ainsi que le Perthois, étant compris, saul une portion bien faible de ce dernier, dans le diocèse de Châlons, et les pavs de Châlons et de Vertus ayant, ainsi que le Perthois, donné leurs noms à trois des quatre archidiaconés de ce diocèse, il faudrait être bien prévenu pour soutenir que le pagus Stadinensis n'ait pas été presque entièrement compris dans ce diocèse, et que son nom n'ait pas formé celui du quatrième archidiaconé, vulgairement nommé archidiaconé d'Astenois 3 .

3° Le capitulaire de Servais, en 853, comprend dans le premier missaticum confié à trois missi, dont l'un était Hincmar évêque de Reims, les pagi suivants : le Rémois, le Voncois, le Stadinisus, le Perthois, le Barrois, le Changiois, le Châlonnois, le pays de Vertus, le Binsonois et le Tardenois 4 . On sait que le royaume de Charles-le-Chauve avait à cette époque la Meuse pour limite orientale, et, cette circonstance, ainsi que l'ont fait remarquer divers savants du xvu c et du xviir 9 siècle cités plus haut, aurait dû empêcher de chercher au-delà de ce fleuve l'emplacement du pagus Stadinisus qui, dans l'énuraération du

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