‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 4 sur 38 · Le Long, Histoire du diocèse de Laon, p · texte numérisé non relu

Le Long, Histoire du diocèse de Laon, p

gouverna pour le roi [Raoul] le comitatus Stadunensis l . Si l'on assimile ce comté avec l'archidiaconé d'Astenois, le fait semble assez naturel, car ce dernier territoire est situé au sud du Dorraois, et rien de plus simple que le gouvernement de deux comtés voisins ait été confié au même officier. Mais un second fait mentionné dans cette chronique semble en désaccord avec l'opinion de Du Cange et de Bonamy à laquelle nous nous rattachons : il y est dit, à Tannée 940, qu'Otton, duc de Lorraine, entreprit de réduire par la force des armes Marc, comte du Dormois, gouverneur de Stadunum, parce qu'il guerroyait avec Garin de Mézières, contre Hugues, archevêque de Reims, et qu'il avait repoussé Arnoul, comte de Flandre ; mais on ajoute que Marc, aidé de Garin et de Victor de Pouilly, quitta Stadunum, passa la Meuse de nuit avec ses troupes et rentra sain et sauf à Doulcon*.

Ce récit placerait Stadunum au-delà de la Meuse, et voilà pourquoi le père Le Long y traduit ce mot par Stenay ; mais il y a là évidemment une erreur du chroniqueur, qui écrivait, il ne faut pas l'oublier, au milieu du xn e siècle, c'est-à-dire à une époque où, bien que l'expression de comitatus Stadunensis ne fut pas encore complètement hors d'usage, ainsi que nous le montrerons plus loin, sa capitale primitive, Stadunum, n'existait plus ou avait perdu son nom. Or, Alard venant de rappeler que Marc était gouverneur du comitatus Stadunensis et ayant à parler d'une forteresse que ce comte occupait au-delà de la Meuse et vraisemblablement tout près de cette rivière, à cette époque limite orientale de la France, a pu, sous l'empire d'une préoccupation quelconque, laisser glisser sous sa plume le nom de Stadunum. Nous sommes tenté de supposer que la ville où Marc faillit être surpris était Dun (Dunum), situé sur la rive droite de la Meuse, ville qu'il quitta la nuit, pour se réfugier dans le castrum Dulcomense, aujourd'hui Doulcon, alors capitale du Dormois, et situé tout en face de Dun, mais sur l'autre rive de la Meuse. Bien que Dun, par sa situation au-delà de ce fleuve, semble être en dehors de la France du x c siècle, il devait

1. La réunion des comitatus DuUomensis et Stadunensis sous l'autorité de Marc est confirmée par la Vie de saint Juvin, contemporain et ami de Marc. Cette Vie a été publiée par les Bollandistes; on y lit : «« Fuit » quidcm hic beatissimus ex territorio metropolitanae urbis Remorutn > de comitatu qui Dulcomensis nuncupatur. Quem scilicct comitatum » atque Stadiniensem tune regebat cornes quidam nomine Marcus. * {Acta Sanctorum, tome II d'octobre, p. 217.

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