‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 9 sur 38 · Buirette, Histoire de Sainte-Ménehould, p · texte numérisé non relu

Buirette, Histoire de Sainte-Ménehould, p

et que les localités que nous savons avoir fait partie du pagus se trouvaient également comprises dans cet archidiaconé, savoir :

Braux-Saint-Remy ou Braux-Sainte-Cohière,

Dommartin-la-Planchette,

Saint-Mard-sur-le-Mont,

Sommebionne,

Vaubecourt,

Villers-en-Argonne.

La comparaison des limites, que nous ont fournies les documents qui viennent d'être passés en revue, avec celles de l'archidiaconè d'Astenois, établit l'identité des deux territoires. En effet, Sommebionne (Bionna) est une des paroisses limitrophes de l'archidiaconé, au nord-ouest, c est-à-dire vers le diocèse de Reims ; Vaubecourt occupe une position analogue au sud-est, sur la limite du diocèse de Toul ; enfin Saint-Mard-sur-le Mont, la plus méridionale des localités ci-dessus mentionnées, appartenait au même archidiaconé. Ce fait établi, il est bon de donner la liste des communes (autrefois paroisses) comprises dans cet archidiaconé 1 :

1. Cette liste a été établie à l'aide d'un pouillé du diocèse de Châlons, rédigé en 1405 (Diblioth. Imp.; collect. Moreau, t. 785, f" 70 & 83) en complétant pour les quelques paroisses non encore érigées & cette époque, à l'aide de pouillés postérieurs. L'archidiaconé d'Astenois étant divisé en deux doyennés, qui portaient les noms de doyenné de Sainte-Menehould, et de doyenné de Possesse, nous avons fait précéder d'un astérisque les noms des villages compris dans celui de Possesse. En plaçant ce dernier doyenné dans l'archidiaconé d'Astenois, nous sommes en désaccord avec M. Jules Desnoyers. Ce savant croit qu'il dépendit jusqu'au xvm* siècle du grand archidiaconé ou archidiaconé de Châlons, dans lequel le placent, selon lui, tous les pouillés antérieurs à cette époque (Topographie ecclésiastique de la France, p. 224). Or, nous avons vu tous les documents connus et énumérés par M. Desnoyers (p. 229- 231). Les doyennés y sont toujours nommés dans un ordre qui n'a aucun rapport avec leur répartition entre les divers archidiaconés; on ne peut donc rien en conclure. M. Vétault, archiviste du département de la Marne, auquel nous nous sommes adressé à ce sujet, nous fait savoir qu'antérieurement au avili* siècle, il ne trouve dans ses archives aucun texte indiquant l'archidiaconé dont dépendait le doyenné de Possesse, mais que depuis 1705, il trouve la chrétienté de Possesse suivant immédiatement celle de Sainte-Menehould et séparée ainsi du grand archidiaconé de Châlons dans tous les procès-verbaux des assemblées synodales. Il nous apprend de plus que, dans un catalogue des paroisses du diocèse de Châlons, imprimé en 1749 par ordre de Mgr de Choiseul-Beaupré, évôque, comte de Châlons, on trouve (p. 47) 1' « archidiaconé d'Astenay, qui

* Alliancclles.

* Ante.

Argers.

Auve.

* Auzécourt.

* Belval.

* Bettancourt-Ia-Longue.

Braux-Sainte-Cohière.

Braux-Saint-Remy.

* Bussy-le-Repos.

Chapelle-su r-Auve ( la) .

* Charmont.

* Charmontois-l'Abbé.

* Charmontois-le-Roi.

* Chàtellier (le).

Châtrices.

Ghaudefontaine.

* Chemin (le).

* Contault-le-Maupas.

Courtemont.

Darapierre-le-Château .

Dampierre-sur-Auve.

Daucourt.

Dommartin-la-Planchette.

Dommarlin-sous-Hans.

* Domraartin-sur-Yèvre.

Elize.

* Epense.

* Esclaires.

Florent.

* Givry-en-Argonne.

Gizaucourt.

Hans.

Herpont.

' Laheycourt.

Maflrécourt.

Moiremont.

* Moivrc.

* Netlancourt.

Neuville-au-Pont (la).

* Neuville-aux-Bois (la).

* Noirlieu.

* Noyers.

Passavant.

* Possesse.

* Pretz-en-Argonne.

Rapsécourt.

* Remicourt.

' Riaucourt.

Sainle-Menehould.

* Saint-Hilaire (c 1 * du Frêne, pouillé de 4405).

* Saint-Jean-devant-Possesse.

Saint-Mard-sur-Auve.

* Saint-Mard-sur-le-Mont.

* Senard.

* Sivry-sur-Ante.

* Sommaisne.

Sommebionne.

* Sommeilles.

Sommetourbe.

* Somraeyèvre.

* Triaucourt.

Valmy.

' Vanault-le-Chàtel

* Vanault-les-l)ames.

* Varimont.

' Vaubecourt.

* Vernancourt.

Verrières.

' Vieil-Dampierre (le).

Villers-en-Argonne.

* Villers-le-Sec.

Yoillemont.

' Vroil.

» comprend les doyennés de Sainte-Menehould et de Possesse. » Ajoujoutons à cela le tableau des doyennés du même diocèse donné en 1788, par Buirette de Verrières {Annales historiques de la ville de Chàlonssur-Marne, introd. p. LVI), et l'on verra qu'aucun texte n'est contraire à la division de l'archidiaconé d'Astenois en deux doyennés. Un fait constant viendrait encore à l'appui de cette division; de l'aveu de

Nous aTons rappelé plus haut l'opinion de Buirette qui fait dériver le nom de l'archidiaconè d' Astenois de ce que le diocèse de Châlons aurait compris quelques faibles portions du comitatus Stadunensis , comitatus qu'il assimilait au pays de Stenay et qu'il croyait compris pour une beaucoup plus forte partie dans les diocèses de Reims et de Verdun. Cette extension de F Astenois, qui n'est visiblement supposée qu'en vue de l'assimilation de Stadunum avec Stenay, ne saurait être admise, par plusieurs raisons. L' Astenois ne pouvait s'étendre sur le diocèse de Reims, car la région de cette cité limitrophe de l'archidiaconè faisait partie du Dormois, comme le démontrent clairement les surnoms de Cernay-en-Dormois, Fontaine-en-Dormois, Malmy-en-Dormois et Rouvroy-en-Dormois 1 , appliqués à des villages qui ne sont pas éloignés du diocèse de Châlons de plus de douze kilomètres*. A l'est, le comté d' Astenois ne pouvait dépasser le

M. Desnoyers, le nombre, l'ordre et les noms des quatre archidiaconés ne paraissent pas avoir éprouvé de variations depuis le moyen-âge. Or, ainsi que le démontre le tableau de Buirette de Verrières, en 1788, ils marchent par rang d'importance, de la manière suivante : Archidiaconé de Châlons ou grand archi-

diaconè 116 cures et 30 succursales.

Archidiaconé de Joinvitle 100 — 23 —

Archidiaconé d'Astenay 59 — 11 —

Archidiaconé de Vertus 41 — 14 —

Ces arebidiaconés ayant constamment coexisté, aucun d'eux n'a pu être démembré pour en former un nouveau. On comprendra donc aisément qu'ils n'aient pas changé de rang, car sans variation de territoire, leur importance relative, fondée sur le nombre de paroisses qu'ils contenaient, ne pouvait guère changer. Au contraire, si on admettait l'hypothèse de M. Desnoyers, en réduisant l'archidiaconè d'Astenois au seul doyenné de Sainte-Menehould, cette dernière division qui d'après le môme tableau de 1788 ne comprenait que 26 cures et 7 succursales n'aurait jamais pu occuper que le dernier rang.

Au reste une charte de 1244 où nous lisons les mots suivants : In dicio archidiaconalu de Estenois, dicti abbas et convenJus habent jus palronatus ratione Note ville ad Semus in cvjus parochialu et finagio villa que diciiur Bella vallis est fundaia [Cartulçire de Monlhiers-en-Argonne , Biblioth. Imp., fonds latin, n° 9905, f» 190, v), lève tous les doutes, car dès 1405, date à laquelle remonte le plus ancien pouillè du diocèse que nous ayons eu entre les mains, la Neuville-aux-Bois faisait partie du doyenné de Possesse (Collection Moreau, t. 785, f* 78 r). Cette charte démontre donc clairement que notre archidiaconé comprenait ce doyenné dès le xni" siècle.

1. Ces quatre villages sont actuellement compris dans le canton de Ville-sur-Tourbe (Marne).

2. 12 kilomètres est la distance de Fontaine, celui de ces villages situé le plus au nord; les autres sont moins éloignés de l'archidiaconè d'As-

diocèse de Chftlons, la limite du diocèse de Verdun étant la même que celle du comté de Verdun, telle que nous la fournit un document du xii* siècle publié par Mabillon 1 ; d'où l'on peut inférer que la frontière des diocèses de Châlons et de Verdun était la même que celle des comtés d'Astenois et de Verdun.

11 nous reste à discuter la position du chef-lieu du comté d'Astenois,- autrement dit de Stadunum. Le nom de Sainte- Menehould se présente tout naturellement à la pensée. La ville de ce nom est depuis plusieurs siècles la localité la plus importante de la région qui nous occupe. Elle est mentionnée dans les divers pouillés du diocèse comme le chef-lieu de l'un des doyennés de l'archidiaconé d'Astenois. Aussi le père Chifflet avait-il, dès le xvir 9 siècle, émis cette opinion, en faisant remarquer que le pays avoisinant se nommait YEstenois (pagus Stadunensis) 2 . L'emplacement originel de cette ville, au sommet d'une colline qui domine l'Aisne, le nom de saint qu'elle porte et qui paraît indiquer un nom plus ancien, sont des motifs sérieux en faveur d'une telle assertion, d'autant plus que le suffixe dunum dans le nom de Stadunum dénote une position élevée.

Mais des indications que nous puisons dans la légende de la sainte, dont la ville porte aujourd'hui le nom, s'opposent à ce qu'on admette cette hypothèse. En effet, il est dit par l'hagiographe que

tenois. Malmy n'était séparé de ce territoire ecclésiastique que par le flnage de Berzieux.

1. De re diplomatica, supplément, p. 1 00-181. Mabillon place cette pièce entre un diplôme de 1066 et une lettre du pape Innocent IV, en date du 5 juillet 1252. Il l'a tiré d'un ms. de l'abbaye de Saint-Vanne de Verdun et nous ne croyons pas inutile de reproduire ici en l'annotant, le passage relatif aux limites occidentales du comté de Verdun, dans la portion qui longe le diocèse de Châlons et par conséquent l'archidiaconé d'Astenois: Ex hinc usque Summam Asniae et postea usque ad ulmos et inde usque ad locum, ubi Btummam /luit in Asniam. — Sommaisne (Suvima Asniae) est une paroisse du diocèse de Châlons. limitrophe de ceux de Toul et de Verdun. — La Biesme (Biumma) prend sa source à 13 kilomètres nord de Sommaisne, sépare les diocèses jusqu'à l'extrémité nordest de celui de Châlons, où le diocèse de Verdun devient limitrophe de celui de Reims.

ï. Acta Sendonm, octobre, t. VI, p. 529.

Di

le corps de la sainte, d'abord enseveli à Bienville (Haute-Marne), fut transporté, vers 866, à l'abbaye de Saint-Urbain, à l'exception du chef, qui fut déposé au castrum Conthense; ce castrum se trouve ainsi identifié à Sainte-Menehould Une Vie de cette pieuse vierge, qu'ont publiée les Bollandistes d'après un ancien ms. conservé dans la ville de Sainte-Menehould, dit que ce castrum était situé in pago Fraudunense, expression que les commentateurs tiennent pour fautive et corrigent en in pago Stadunensi 2 . Nous sommes donc contraint de chercher ailleurs la ville de Stadunum.

Remarquons que les textes cités plus haut montrent que le pagus Stadunensis portait aux x«, xi et xn c siècles le titre de comté, et si l'on s'en rapporte à la bulle de Cèlestin III, le comté d'Astenois subsistait en 1 197, ou du moins sa suppression étaitalors si récente, que le pontife pouvait encore se servir de cette qualification. La conséquence de ce fait, c'est qu'à cette époque le titre de comte devait continuer à être porté dans l'Astenois. Or, il n'y avait point de comte à Sainte-Menehould, dont la seigneurie . appartenait, dès le xr 9 siècle, au comte de Rethel 3 , lequel la céda, en 1200, au comte de Champagne en échange d'Inaumont 4 (Ardennes). Sainte-Menehould était, il est vrai, le chef-lieu d'une châtellenie et jouissait par là d'une certaine prépondérance féodale sur l'Astenois 5 ; mais il partageait cette suprématie sur l'ancien territoire de notre pagus avec un autre castfllum, celui que les textes, depuis l'an 1200 environ jusqu'au xvi* siècle au moins, désignent constamment sous le nom de Dampierre-en- Astenois 6 , comme pour rappeler sa situation dans le pagus Stadunensis. Or, ce surnom fut attaché à Dampierre à l'exclusion de toute autre localité comprise dans les mêmes limites. Ce Dampierre qui a abandonné son ancien surnom pour en

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