Archives nationales, P 191, n
2. Le Châtelet est effectivement nommé Le Chasteler ou Le Chasteller dans une charte de mai 1321 par laquelle Philippe, abbé de saint Nicaise de Reims, cède par voie d'échange à Jean, comte de Nevers et de Rethel « une maison assise en la comté de Rethest, c'est assavoir le Chas-
n teler de lès- Maùières-sour- Meuse item aucuns bois qui sunt appelé
» les bois du Chasteller séans entre Muisi-Nostre-Dame (Montcy-Notre- » Dame) et Monson (Nouzon) tout selon la rivière. » (L. Delisle, notice sur le cartutaire du comté de Réthel, n»309, dans l'Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, de 1867). La maison du Châtelet mentionnée dans cette pièce existait encore en 1631; c'était alors une censé dont dépendait la montagne du Châtelet avant qu'elle ne fût donnée au duc de Nevers (voir la déclaration de 1631 citée par M. Hubert, Hist. de Charleville, p. 265.) — Pour ce qui est des autres localités du nom de Châtelet situées au diocèse de Reims, leurs noms ne dérivent pas davantage de Caslelletum ; ainsi Le Châtelet du canton de Juniville est nommé Castellarium en 1218 (L. Delisle, Xotlce sur le cartulaire du comté de Rithel, n- 18). Castellare juxla Tannion en 1264 (Ibid., n* 173); U Chasteller en 1265 (Ibid., n* 174); Le Chastellier en 1316 (Ibid.. n* 225). On trouve Le Châtelet, au cant. de Rocroy, appelé Le Chasteler-en-Ardanne dans une coutume de Reims du xiv siècle (Varin, Arch. législatives de la ville de Reims, 1" partie, p. 607). Enfin un village détruit dont le moulin du Châtelet, de la commune de Ripont (Marne, arr. de Sainte-Menehould; cant. de Ville-sur-Tourbe) rappelle le souvenir, est nommé Castellare en 1208 (Ed. de Barthélémy, Canton de Ville sur- Tourbe, p. 58); Chaslellare vers 1310 (Varin, Arch. admin. de la ville de Reims, t. II, p. 1100), et Castellare juxta Rippontem, en 1346 (Ibid.. t. II, p. 1100).
3. La montagne du Châtelet (Haute-Marne, arr. de Wassy, cant. de
fortuit. Cependant un castrum gallo-romain situé près de Mézières, qui, on le sait, fut fondé au commencement du x e siècle par un comte du pagus Castricencis, peut fort bien être considéré comme le chef-lieu de ce pagus, chef-lieu qu'Erlebald tenta de transporter à Mézières, sans doute par suite de l'abandon forcé de la résidence de ses prédécesseurs. On sait qu'ordinairement, lorsqu'il y eut déplacement d'un centre féodal, le nouvel emplacement fut toujours choisi à fort peu de distance de l'ancien.
Aujourd'hui les restes du castrum gallo-romain ne sont plus visibles ; ils furent employés en 1611 à la construction du Mont- Olympe, forteresse établie sur la montagne du Châtelet par Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Réthel, et qui, après avoir passé au pouvoir du roi de France, fut démolie en 1686 Mais On trouve encore fréquemment des pièces de monnaies des derniers temps de l'empire romain, au Mont-Olympe et dans ses environs, sur une étendue assez considérable du territoire de Montcy-Saint-Pierre *.