Mario t, Metropolis Remensis historiae, t. Il, p
4. Sous Samson, archevêque de Reims (1140-1161). Hugues (le Mézières était avoué de Donchery (Cartulaire de S.-Medard de Soissons, aux Archives nationales, LL 1021, p. 15). En 1190, nous voyons une charte de Reginaldus, castellanus de Maceriis, advocatus de Donchereyo (Ibid , p. 10).
5. Jeantin. Chroniques de l'Ardcnne el des Woepvres, t. I. p. 375.
On ne peut certainement pas répéter, avec les personnes qui croient à l'authenticité de la chronique apocryphe, qu'en 890 la foudre réduisit en cendre toutes les maisons de ce chef-lieu, et, qu'en 809, Erlebald éleva, sur une hauteur voisine de la Meuse et tout auprès des ruines de Castricium, un nouveau castrum qui dut à la découverte d'une idole, jadis adorée par les paysans de la contrée, son nom de Maceriae \ Mézières. Il parait néanmoins évident qu'Erlebald, fondateur de Mézières, au rapport de Flodoard, avait l'intention d'y établir le siège de sa domination, ce qui implique la disparition du chel-lieu primitif, dont les historiens du dixième siècle ne nous apprennent rien. Dans cette supposition, il serait certainement judicieux d'assigner, à l'exemple du prétendu chroniqueur, les environs de Mézières comme emplacement à Castricum. Nous nous arrêtons d'autant plus volontiers à cette opinion, que celle de Marlot, qui propose d'une façon dubitative et à cause de la ressemblance des noms, « le Chastelet, bourg dépendant du duché de Réthel * », n'est nullement acceptable ; en effet, ce bourg, aujourd'hui le Châtelet-sur-la-Retourne (Ardennes, arr. de Réthel, canton de Juniville) appartenait, si l'on en juge par sa position, soit au Porcien, soit au Rémois, et était séparé du pagus Castricensis par une grande étendue de territoire dépendant du premier de ces pays. D'autres personnes ont cru retrouver Castricum dans le Châtelet, village du canton de Rocroy, auprès de Rimogne 3 ; mais cette localité est également en plein Porcien.
Il ne suffit pas de dire que Castricum devait s'élever non loin du lieu où fut construit Mézières ; il importe de spécifier quel point voisin de cette ville il pouvait occuper. On a proposé la montagne de Bertliaucourt ou du Boisenval, située à l'est de Mézières et où le soc de la charrue mettait à découvert, au siècle dernier, quelques médailles romaines ; à une époque rapprochée de nous (depuis 1836), ou aurait découvert sur cette montagne, paraît-il, une quantité considérable d'objets romains, tels qu'épées, haches, vases funéraires, colliers, statuettes, etc. 4 «D'an-
t. « ... Novi hujus castri praeparans fundamenta, fani reliquias cum » cujusdam idoli figura, nomine Macbr, invenit, quod quondam pagani » Castricenses virgiscolobant; laetus cornes vocavit castrum suum novum »» Maceriarum. » (Chronique de Mézières, à l'an 899.)
2. Marlot, Histoire de la ville, cité et université de Reims, t. II. p. 659.
3. C'est M. Hubert (Histoire de Charleville. p. 19, note 1) qui rapporte cette opinion.
i.Cettc découverte d'objets romains est indiquée par M. Hubert (Géoçra-
tiennes chroniques », pour parler comme un écrivain du dernier siècle, ou plus vraisemblablement quelques archéologues ardennais de cette époque 1 , regardaient cette hauteur comme l'emplacement d'une villo du nom d'Angoury, qui aurait été fort importante au temps de César.
Le Mont-Olympe, situé de même que Mézières sur la rive droite de la Meuse, en face de Charleville, peut compter aussi des partisans dans la question de l'emplacement de Castricum ; ce mamelon compris dans le finage de Montcy-Saint-Pieire dépendait par conséquent, au commencement du quatorzième siècle, du doyenné de Mézières 2 . Bien que son nom ne soit qu'une réminiscence de l'antiquité et ne date que du dix-septième siècle, l'existence d'un établissement romain en ce lieu n'est pas une hypothèse gratuite; voici ce que nous en apprend une déclaration des terres souveraines de la princesse de Conti (souverainetés de Chàteau-Regnault et de Mohon), en date du 20 mai 1 629 : « Au-dessus de Charleville regardant la ville de
* Maisier[e]s est la montagne du Chastellet entourée de la rivière » de Meuze, autrement appellée le Mont-Olimphe (sic), où se » voyent encores les vestiges de l'antienne place y bastie, du temps
phie historique du département des Ardennes, p. 169). On peut consulter aussi, avec profit, sur les antiquités romaines découvertes sur la montagne de Berthaucourt et dans la vallée de la Meuse au nord de cette montagne, un mémoire de M. Mialaret intitulé: Recherches archéologiques sur le département des Ardennes, p. 27 et ss.
1. Voici ce que dit de cette prétendue ville un a Mémoire historique » manuscrit de 1751 « sur les châteaux, citadelles, forts et villes de Mé-
» zière, Charleville et le Mont-Olimpe : D'anciennes chroniques qui
» paroissent n'avoir d'autres fondements que quelques médailles, que la » charùe des laboureurs a déterrées de la hauteur de Berthaucour au- » dessus de Mézières, rapportent qu'il y avoit en ce lieu une ville nom- » niée Angoury, considérable au temps que les Bomains firent la con- » quette de cette partie des Gaules. Nous serions plus portés à croire » qu'ils (les Bomains) auroient seulement formé des camps pendant » quelques hivers et que César ayant donné à l'un de ses capitaines » les terres qui ont formé le comté de Castricc donna lieu à l'origine » de cette ville dont elle retient, ainsi que le comté le nom de Cas- » trice, et qu'ensuite de son désastre arrivé par le feu (l'auteur de ce » mémoire s'est servi antérieurement de la Chronique de Mézières), » les peuples auroient changé son nom en celui d'Angoury qui, en lan- » gage vulgaire et ancien, signifiait un lieu désertet abandonné et propre
• à exciter la pitié » (Bibliothèque nationale : collection de Champagne, t. XX, M 17 V.)
2. Nous avons cité plus haut, p. 4, note 3, un passage du pouillé de 1303-1312 qui prouve ce fait.
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» de la conqueste des Gaulles par les Romains ; dans la terre, au- » dit lieu, des empereurs desquelz il se trouve encores quantité de » médalles et monnoyes dudict temps. Le dessus et pente de la- » quelle montagne suivant les bornes et limittes qui y ont été » plantées, madite dame princesse de Conty l'a donné, en fief, > fois et hommage, relevant du Château-Regnault, a monsieur » le duc de Nevers lequel en a lait faire les fois et hommages à » madite dame, comme souveraine desdites terres, en l'année » m vie douze, aux charges contenues de ladite donnation 1 . »
Gomme on le voit, le Mont-Olympe portait primitivement le nom du Châtelet par lequel Dom Mai'lot traduisait celui de Castricum : le savant bénédictin n'aurait donc pas hésité à voir dans 06 lieu, s'il l'avait connu, l'emplacement de Castricum. Il est bon cependant de faire observer que cette dénomination de Châtelet, dérivée de celle de Chàtelier, 6'as/^/ffre*,étaitemployée par nos ancêtres du moyen-âge pour désigner des vestiges de fortifications tels que ceux dont la déclaration de 1029 rappelle l'existence 3 ; en ce cas le rapport des deux noms ne serait que