Journal des savants, année 1853, p
2. Flodoard {Hisloria Remensis ecclesiae, 1. I. c. 24) écrit Cortis Superior et, dans des lettres d'anoblissement accordées à la fin du xur* siècle à Gilles de Concevreux, on lit Eçidius de Curie Superiori (A. de Barthélémy, Éludes sur les letlres d'anoblissement, p. 10).
3. L'astérisque précède les noms des localités dont la situation dans le Tardenois n'est indiquée que par le polyptyque.
4. « Bertramno illustri comiti Tardunensis pagi, propinquo suc, pro » sacramento régi agendo, qualiter régi fidelitatem jurare deberent qui » in ipsius comitatu consistebant. » {Hisloria Remensis ecclesiae, 1. III, c. 26.) — Peut-être devrait-on regârder également comme comte du Tardenois. m Otherus, olim cornes », que le diplôme de Charles le Chauve de 877, cité plus haut, mentionne comme ayant possédé des biens à Sarcy, en Tardenois.
Tardenois. » Rertramn dut certainement avoir des successeurs ; mais sous ceux-ci le nom de Tardenois ne tarda pas évidemment à tomber en désuétude. Suivant toute vraisemblance, ce comté fut englobé dans les vastes possessions des comtes de Troyes de la maison de Vermandois ; le fait est du moins prouvé pour la portion orientale comprise dans le diocèse de Reims et qui forma sous leur domination les châtellenies de Fismes et de Châtillon-sur- Marne 1 . Quant à la portion occidentale ou soissonnaise, on sait qu'une partie, au moins, unie à la seigneurie de Braisne et comprenant Arcy-Sainte-Restitue 2 et Fère-en-Tardenois, était tenue en fief des comtes de Champagne; il semble même, d'après une lettre de 1218, que le fief de Fère était quelquefois désigné sous le nom de Tardenois (Tardenetum) 3 .
La lettre des fils de la comtesse de Dreux, est la seule pièce qui, à notre connaissance, restreigne le nom de Tardenois à la seigneurie de Fère. En effet, cette dénomination qui, alors,
t. Le pape Alexandre III, dans sa bulle de 1179 en faveur de l'église de Reims, nomme ces deux châtellenies parmi celles dont le comte de Champagne faisait hommage à l'archevêque de Reims (Varin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. I, p. 382).
2. Arcy-Sainte-Restitue (Aisne, arr. de Soissons, cant. d'Oulchy) est situé entre Braisne et Fère-en-Tardenois.
3. C'est en avril 1206 que « le comte Robert [II], seigneur de Dreux et de Braisne » convertit son alleu de Fère en fief relevant du comté de Champagne (Duchesne, Histoire généalogique de la maison de Dreux, p. 253). Robert II mourut en 1218 et c'est certainement à cette date que l'on doit rapporter la lettre par laquelle « Robert, premier né de Robert, seigneur de Dreux et de Braisne » et ses frères font savoir à Blanche, comtesse de Champagne, qu'ils ont cédé à leur mère, Yolande, l'usufruit de « la terre de Braisne, d'Arcy et de Tardenois, » à l'exception du village de Gein et de la forêt de Riz (située au sud de Fère), et la prient d'approuver cet arrangement. Nous ne croyons pas inutile de donner ici le texte de cette curieuse lettre qui est encore inédite :
« Révérende domine sue, Blanche, comitisse Trecensi palatine, R[ober- » tus] primogenitus comitis Roberti, domini Drocarum et Brene, et fra- » très pju8, P;etrusj et Hfenricus] et Jfohannes], salutem et dilectionem. » Noveritis quod nos et Yolenda, comitissa karissima, mater nostra, ita a composuimus super dote ejus: quod de assensu et voluntate nostra, » quoad vixerit, in integro tenebit terram Brane et Arseti et Tardene-
• ti, sicut eam tenuit bone memorie Agnes comitissa temporibus suis,
• exceptis villa de Gein et foresta de Ree, quas nobis quitavit, super » quo litteras nostras habet patentes. Unde vobis mandamus et roga- » mus quatinus dicte comitisse matri nostre dictam dotem suam con- » firmare velitis, sicut continetur in carta quam supra hoc habet de » nobis » (Cartulaire de Champagne, dit Liber principum, f xxm recto, aux Archives nationales, KK 1064).
n'appartenait officiellement à aucune division politique, n'en fut pas moins conservée par la tradition à tout le territoire de l'ancien pagus et, ainsi que nous l'avons déjà observé, deux localités (Fère et Ville) ont conservé jusqu'à nos jours le surnom en Taî'denois. Dans les derniers siècles du moyen-âge, et même encore au xvi 6 siècle, on trouve un assez grand nombre de villages distingués de leurs homonymes au moyen du même surnom. Nous en donnons ici la liste, en faisant précéder d'un astérisque les noms des lieux dont des documents antérieurs nous ont révélé la situation dans lejiagus Tardinensis :
•Anthenay 1 , Marne, arr. de Reims, canton de Ville-en-Tardenois.
Aulnay 2 , arrondiss. de Reims, canton et comm. de Ville-en- Tardenois.
Coulonges 3 , Aisne, arr. de Château-Thierry, cant. de Fèreen-Tardenois.
* Dravegny 4 , Aisne, arr. de Château-Thierry, cant. de Fèreen-Tardenois.
Fère-en-Tardenois, arrondiss. de Château-Thierry, chef-lieu de canton.
Igny 5 , abbaye, aujourd'hui château, Marne, arr. de Reims, cant. de Fismes, comm. d'Arcis-le-Ponsard.
*Lagery 6 , Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois.
1. En 1549, Jean Barillon fit hommage au roi « pour raison des terres » et seigneuries d'Anthenay, Villers, Orquigny et Mutry, assises au pays » de Tardenoys. » (Archives nationales, P 162, n» 149). En 1553, Antoine, fils de Jean Barillon, faisant hommage tant en son nom qu'au nom de sa sœur Madeleine, emploie les mêmes termes (Ibid., n« 153).
2. « La ville d'Aunoy-en-Tardenoys.» 1385 (Archives nationales, p. 180, n* 113).
3. En 1525, la seigneurie de Coulonges est désignée sous le nom de Rognac-en-Tertenoys (Archives nationales, P 161, n* 125). L'identité de Coulonges et de Rognac est démontrée par un acte d'hommage rendu en 1495 pour les «fiefs, terres etseigneuries de Coulonges et de Roignac» (Archives nationales, P 162, n* 104). Un bois de la commune de Coulonges a conservé le nom de « bois de Rognac » (voyez la fpuille 34 de la carte de TÊtat-Major).
i. « Draveigny-en-Tardenois, » 1398 (Archives nationales, P 161, n° 177).
5. ■ Ecclesia Igniaci in Tardenoys, » 1247 (Cartulaire d'igny, f» 97 v*; à la Bibliothèque nationale, fonds latin, n* 990. — « Igniacum in Tardano, » 1248 (/Wd., f- 252 r).
6. « Lagery en Tardenois» (Archives nationales. P 180, n» 118).
Longueville l , Aisne, arr. de Château-Thierry, cant. de Fère-
en-Tardenois, comm. de Dravigny.
Mêry *, Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois. Mutry 3 , arr. de Reims, cant. d'Ay.
Nanteuil-la-Fosse 4 , arr. de Reims, cant. de Châtillon. Nesles 5 , Aisne, arr. de Château-Thierry, cant. de Fère-en-
Tardenois, comm. de Seringes.
Olizy 6 , Marne, arr. de Reims, cant. de Châtillon. Orquigny 7 , arrond. de Reims, canton de Châtillon, comm. de
Binson-Orquigny .
Passy 8 , arr. de Reims, cant. de Châtillon.
*Romigny 9 , arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois. *Sarcy 10 , arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois. Sergy", Aisne, arr. de Château-Thierry, cant. de Fère-en- Tardenois.
Ville-en-Tardenois' 2 . Marne, arr. de Reims, chef-lieu de cant.
1. La légende d'un sceau du quatorzième siècle est ainsi conçue: «S[ignum p[re]po[F]iti die] Lo[n]g[alvillLaJ e[n| Tardenois » (Douët d'Arcq, Jnventaire des sceaux, n' 5192).
2. oDominus Robertus de Meriaco in Tarduno » feudataire delà chatellenie de Châtillon (registre de 1256 à 1270: Feoda Campania, w 583, dans le tome II de l'Histoire des ducs et des comtes de Champagne, de M. d'Arbois de Jubainville). — « Messirc Pierre le Jeune, presbtre, curé dp » l'église parrochial de Mèry-en-Tardenoiz. » 1476 (Archives de Reims: fonds du chapitre métropolitain, liasse de Oerminy).
3. Voyez p. 95, n. I. On n'a jamais cru que le Tardenois s'étendît jusqu'à Mutry; on doit donc reconnaître dans le texte que nous citons une faute légère. La plupart des seigneuries de Jean Barillon étant situées dans le Tardenois, on a appliqué à toutes, y compris Mutry, l'indication géographique: « assises au pays de Tardenoys. » Nous n'avons pu faire figurer Mutry sur notre carte du Tardenois à cause de son éloignement.
4. « Perrochia de Nantolio in Tarduno, » 1303-1312 (Varin, Arch. admin. de la ville de Reims, t. Il, p. 10).
5. « Neelle en Tardenois » (Valois, Notiiia Galliarum, p. 544).
6. « Olisy-en-Tardenois » (Archives de Reims, cartulaire A de Saint- Remy de Reims, p. 385).