‹ Études sur les pagi de la GauleChapitre 75 sur 85 · Le véritable nom latin de Stenay est Satanaeum · texte numérisé non relu

Le véritable nom latin de Stenay est Satanaeum

ail cru à l'identité de ces deux noms. L'auteur du pastiche croyait certainement se mettre à l'abri de tout reproche en consultant les travaux du savant Valois, mais cette science d'emprunt n'a tourné qu'à sa confusion.

IV. Pàgcs Dulcomexsis. — Le Chronicon Maceriense contient des renseignements précis sur la condition du Dormois au x« siècle: Thierry le Bref étant mort en 930, son comté du Dormois aurait été donné par le roi Raoul à Marc, époux de Julia, fille de Thierry. Marc, après s'être signalé par ses exploits contre lesNormandsetles Hongrois, serait mort dans un âge avancé, en 960. Suivant notre auteur, il refusait de croire à la résurrection des morts ; mais, ayant vu reverdir le bâton de saint Juvin le bouvier, il revint à de meilleurs sentiments et ordonna que l'on gravât sur son tombeau cette inscription : « Je » crois et j'attends la résurrection des morts, moi, Marc, qui suis » poussière et vermine. » Julia, veuve de Marc, ne mourut qu'en 4004, et sa mort fut le signal d'une longue guerre entre d'avides prétendants à sa succession; l'un d'eux, Hermann de Grandpré, l'emporta enfin en 4020, chercha à éteindre le souvenir de Marc et de Julie, et fit entrer la plus grande partie du Dormois dans son comté de Grandpré.

Les noms de Thierry le Bref et de Julia sont probablement de l'invention du chroniqueur ; nous ne les avons pas rencontrés ailleurs. Celui de Julia nous semble même un peu étrange dans le nord-est de la France au dixième siècle. Quant à Marc, dont la chronique fait un ancien compagnon d'armes du roi Eudes, puis de Bobert frère de celui-ci, son nom nous a été conservé par une vie de saint Juvin publiée par les Bollandistes, et à laquelle l'auteur de la chronique apocryphe a emprunté deux faits : l'indication du pouvoir exercé par Marc sur le Dormois comme sur le pagus StadunensisK et les relations de ce comte avec le bouvier Juvin, que l'église honore comme un saint. C'est de cette vie qu'il a tiré l'idée de faire jouer au bâton du bouvier le rôle d'apôtre de la résurrection. Mais chez l'hagiographe, le bâton se couvrant de feuilles ne sert qu'à faire éclater l'innocence de Juvin, faussement accusé près de Marc 2 . Le nom d'Hermann a probablement été emprunté à Marlot, qui le mentionne comme le plus ancien comte connu de Grandpré; mais on s'accorde généralement à penser que cet Hermann vivait vers 4060 3 .

t. Aclo sanctorum, t. II d'octobre, p. 217.

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