‹ Études sur les pénitentielsChapitre 12 sur 20 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Série d'origine incertaine. (78-104)

La dernière série du livre VI d'Halitgaire, qui comprend les canons 78-104, diffère sensiblement des préeédcntt^s, si bien que Wasserschleben, en cela suivi par Mgr. Schmitz ^, considérait cette partie comme étrangère au texte primitif. Les manuscrits ne fournissent aucune base à cette opinion, qui semble absolument arbitraire.

Un nombre assez considérable de canons appartenant à

1. h' Excarpsus (Wassehschleben, p. 460 ; Schmitz. n, |>. 51)9) est à coup sûr un pénitenliel composite, mais il conLîenl beaucoup de textes de Cumméan. Il existe une grande analogie enlr<^ Icâ ciiiior^^ 58- 78 d'Halitgaire et ceux qui sont insérés dans V Ercarpsas, XUI^ 1-23,

2. On doit remarquer que nombre de textes qui figurent dans ceite série (lllalitgaire ont trouvé place dans les péEiiteniieU francs. Aififei 68, 69, 75 et 76 correspondent aux c. 78, 77, 82 el 83 de Mersebourg, 77 répond à Bobbio, 40 ; 75 et 76 à Vindob. 69, etc.

3. Wasserschleben, p. 372, note 3; Schmitz, i, p. ^i85, note L

18 PAUL FOURWIÈTR [545]

cette série (îgùretll'ausBi dans dès pénitenliels francs datant de diverses époques dli "ix* siècle, mais postérieurs aux pénitentiéls d'Halitgàiiie. Ce sont lés périitentîels de Pseudo- Théodoré * , de Pseudb-Egbért ^ et de Pséudo-Bèdè 3, qui, plbfe od moihëf, dépendent' de Toeuvré d'Halitgaire. 11 va de soi que cette ob.^érVatioh* ne nous donné aucune lumière sur l'origine des canons dé cette série.

Quelques décisions dé la dern ière partie du livre VI d'Halitgaire sont apparentées avec des canons de pénitentiels francs qui sont antérieurs à l'époque où écrivit l'évêque de Cambrai, ou Contemporains de cette époque. Ce sont les suivants :

Halitgaire.

78 présente quelque analogie avec Floriac, 40.

84 — — Merseb., 146.

86 analogue à Merseb., 108 et Vallicell., i, 82.

80 est apparenté à Merseb., 31; Vallicell., i,60et Vindob., 34.

92 est apparenté à Merseb., 147.

94 — à Hubert. 55; Floriac. 46 et Merseb., b, 12«

95 apparenté à Hubert. 53.

1. 98 d'Halitgaire est apparenté à Pseudo-Théodore, xvi, tl. 99 — — 12.

102 analogue à la fin de 15.

On rencontre d ailleurs dans le pénitentiel de Pseudo-Théodore d'autres textes répondant à des textes dii livre VI d'Halitgaire; mais quand ces textes contiennent une sanction, elle a été modifiée. Ainsi :

81, 82, 83 — Pseudo-Théodore, xvi, 3, 4 et 5

89 et 90 apparentés à vni, 18 et 19

92 analogue à iv, 12

96 reproduit le début de xvii, 3

101 analogue à xvr, . 8

2. Quoiqu'on puisse remarquer certaines différences des textes, les c. 28, 25, 26, 29 et 31 du livre IV de Pseudo-Egbert répondent aux c. 99, 89, 93, 103 à 102 du livre VI d'Halitgaire. Les quatre derniers de ces canons ont, dans le recueil de Pseudo-Egbert, conservé la fixation de la pénitence par semaines, telle qu'on la rencontre dans Halitgaire.

3. Le § 3 du c. XXXI^ du recueil de Pseudo-Bède reproduit les c. 79, 81, 83, 87, 89, 90, 92 in fine, 98, 99, 100, 102 et 105 du livre VI

Cette observation prouve seulement qu'un certain nombre de nos canons ou des dispositions qui leur étaient apparentées (sept au moins) circulaient dans TEmpire franc à la fin du viii** siècle ou au commencement du ix".

11 est en outre possible de constater que les matières traitées dans notre série, d'après un plan fort peu méthodique, se retrouvent en général dans les pénitentiels, et ont été pour la plupart Tobjet de dispositions qui figurent dans les séries antérieures du livre VI d'Halitgaire. Il en est ainsi de l'homicide (c. 79, 80, 88 in fine, 97), de l'inceste, de la fornication et de l'adultère (c. 84 et 85, 87, 91-93), du vol (c. 89 et 90), du crime de ceux qui mangent la chair d'animaux immolés aux idoles ou dont le genre de mort leur est inconnu (c. 86, 88, 98 et s). Il faut d'ailleurs remarquer que l'auteur de notre série s'étend avec complaisance sur les pénitences que méritent ceux qui se nourrissent d'aliments impurs. Sur ces divers points il semble certain qu'il ait voulu compléter les textes insérés dans les deux premières séries de son recueil *.

Un autre caractère de ces canons est que les pénitences y sont comptées par semaines, et non par années, par quarantaines ou par jours, comme c'est l'usage dans les autres recueils, et même, sauf une exception -, dans les premières parties de celui-ci. Je sais bien qu'on rencontre, de ce mode de computation, quelques exemples dans les autres recueils ; mais ces canons, qui semblent procéder

d'Halitgaire ; on y retrouve les semaines de pénitence qui caractérisent cette portion du livre VI. Il est à remarquer que le pénitentiel de Pseudo-Bède a fourni beaucoup d'éléments aux Libri de synodalibus causis de Réginon.

Les recueils cités dans les notes précédentes sont publiés dans le Yolome de Wasserschleben.

1. Voyez par exemple, les dispositions de cette troisième série sur l'homicide, qui visent des hypothèses caractérisées par des circonstances particulières.

Page 1