Théodore, II, xi
de pénitentiels insulaires, tels que ceux de Vinniaus et de Théodore \ sont épars dans divers recueils, tandis que j
les nôtres ont été intentionnellement recueillis en un j
groupe compact.
Notre troisième série tient, dans le livre VI dlHalitgaire, la place qu'occupent, dans d'autres recueils antérieurs ou contemporains, les textes empruntés à Théodore. Or aucun des canons de cette série n'est apparenté aux textes répandus sous le nom de l'archevêque de Canterbury ; !
visiblement l'auteur, qui ne pouvait ignorer les canons si \
répandus de Théodore, s'est attaché à ne point les mettre à contribution. Bien plus, il a inséré diverses dispositions t
qui sont en opposition formelle avec les décisions de Théodore. Ainsi le c. 92 se prononce pour l'indissolubilité |
absolue du mariage, sans admettre aucune des atténuations [
particulières qui caractérisent la discipline exposée par î
l'archevêque de Canterbury 2. De même le c. 85 condamne j
le mariage avec une parente {cognata), quelle qu'elle soit ; ;
cette prescription, conforme au droit commun de l'Eglise du VIII* et du ix° siècle, fondé sur le concile romain de 72 1 , j
est notablement plus sévère que les prescriptions de Théodore sur ce point '^. Enfin le c. 94 autorise les veufs et veu- * ves à convoler en secondes noces sans les sou mettre à aucune ; pénitence; il impose une pénitence légère pour le troisième ^ mariage, et une pénitence plus grave pour le quatrième.
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[548] ÉTUDES SUR LES PENlTENTIELS 21
En cette matière il est beaucoup plus indulgent que Théodore, qui inflige des pénitences sévères aux conjoints veuls qui se remarient *. Théodore en cette matière obéit s^ins doute à la tradition rigoriste de TEglise d'Orient à hiquelle il appartenait par son origine, tandis que le c. 94 *rilalitgaire se rapproche davantage de la tradition plus pratique et plus sensée de TEglise romaine, qui laisse aux veufs !a liberté de mariages ultérieurs. Sur ces trois points, le livre VI d'Halitgaire suit bien plus fidèlement que Théodore la tradition de l'Eglise latine ^.
Peut-être n'est-il pas inutile d'ajouter que les c. 81 et 82 du livre VI d'Halitgaire développent le vieux principe d'après lequel tout Adèle en danger de mort a droit à êtî'e réconcilié s'il manifeste les dispositions convenables, sauf à accomplir les œuvres de pénitence au cas où il viendrait à recouvrer la santé. Or c'est là un principe sur lequel insistent particulièrement les recueils pénitenticls inspirés par les réformateurs du ix^ siècle, par exemple la collection dite Dachcriana ^, le livre IV de la collecLion dite Quadriparlitus'', et le livre IIl du recueil composé par Halitgaire '\ De même le c. 83 de notre livre VI permet l'oblation pour l'âme de celui qui est mort après avoir fait l'aveu de sa faute sans avoir eu letemps d'obtenir sa réconciliation : ce texte révèle une préoccupation qui a été partagée par l'auteur de la Dacheriana ^. Il n'est pas téméraire d'y trouver une preuve nouvelle de l'accord qui existait entre les tendances des réformateurs de la