‹ Études sur les pénitentielsChapitre 16 sur 20 · Voir la préface du livre VI · texte numérisé non relu

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gés de diriger le peuple chrétien se souciaient peu d'être renvoyés à des règles assez élastiques, laissant une marge fort large au discernement de ceux qui devaient les appliquer; j'imagine que nombre de pasteurs peu éclairés, tels qu'il pouvait s*en trouver dans les campagnes de TEmpire carolingien, aimaient bien mieux les anciens pénitentieU, qui étaient en quelque façon des guide-ânes, donnant ]>oiir chaque (*as une solution toute faite. Halitgaire estima probablement que des pénilentiels de ce genre étaient un mal nécessaire ^ ; aussi tint-il à compléter le recueil tiré des conciles et des décrétâtes qu'il avait composé à la demande d'Ebbon, en y ajoutant le tarif de pénitences qui constitue le livre VI ^. Remarquez qu^il est en somme demeuré fidèle à son programme, puisque ce livre VI est composé surtout de décisions en harmonie avec les canons de T^glise univcï*selle ; Tauteur n'y a inséré des textes insulaiies que wur des points qui ne contredisaient pas cette discipline ^. et il a exclu les éléments fournis par Théodore, que, pour de graves raisons, les réformateurs tenaient en suspicion. C'est ainsi que le livre VI d'HaUtgaire est conforme aux lendances générales du droit canonicfue au temps de la réforme qui marque la première moi Lié du ix" siècle.

Il résulte de ce qui a été inséré ci-dessus qu'IIalitgaire n'a certainement pas trouvé son pénitentiel tout fait

1. Lîi persistance <1es pénilentiels dans les siècles postérieurs (voyez [ïar exeriïple !e succès du Corrector de Burchard de Worms) prouve que Ha lil glaire ne se tromjïail pas.

2. La penspe d'Halitgaire est nelEcmenl exprimée dans la courte préface du tivre VI. Si les textes des livres antérieurs sont insuffisants! 91 lelef'teiÉr n'y peut trouver (fune df^sklerut de sin^ulorum criminihuSj il sera plus Ueureux en coasullanl le lïvj'e VI : a in liac saltem brevitate Tiovîasima ouminrn scelera forï^iian inveniet explicata. »

3. Par exemple il emprunte les dè(ùsions de Cumméan relatives à la conserviJtioii des espèces eticbaristtques, triatière que ne traitaient pas les canons et les déc^rétales des recueils de Denvs.

dans les archives de TÉglise romaine. Dès lors, comment expliquer Taffirmation qu'il écrit à ce sujet dans sa préface ? Vraisemblablement, pour donner plus d'autorité à son péniténtiel, Halitgaire aura usé d'une supercherie qu'il n'estimait pas bien coupable. Les procédés de ce genre n'effrayaient pas outre mesure la conscience des hommes cultivés du ix" siècle; de même Tite-Live et les historiens de l'antiquité ne se faisaient aucun scrupule de placer dans la bouche de leurs personnages des discours entièrement apocryphes. Halitgaire lui-même pouvait voir, dans la bibliothèque de sa cathédrale, un manuscrit du sacramentaire grégorien, transcrit au temps de son prédécesseur Hildoard, qui s'ouvrait par ce titre: In nomine Domini hic sac rame ntorum de circula anni exposito a sancto Gregorio^ Papa Homano editum ex authentico libro Bibliothecae cubicuU scriptum *. 11 n'y a pour s'étonner de ce procédé, dont devaient naître bientôt les Faux Capitu laires et les Fausses Décrétales, que les hommes qui connaissent insuffisamment l'époque carolingienne. A mon sens, Halitgaire a voulu, par ce moyen, donner plus de crédit au recueil qu'il a composé lui-même, ou qu'il a fait composer, ou qu'il a trouvé tout fait, mais qui en tout cas, ressemble par bien des côtés aux pénitentiels en usage dans rÉglise franque au commencement du ix" siècle.

D'ailleurs, au sens largedu mot, l'épithètede Romain n'est pas absolument impropre quand il s'agit du livre VI d'Halitgaire. Ce péniténtiel est Romain parce qu'il représente surtout la discipline canonique de l'Eglise d'Occident, préservée de certaines modifications provenant des recueils insulaires et notamment du recueil de Théodore ; or cette discipline canonique est assimilée parnombrede textes à

1. Mention qui figure en tête du manuscrit 162-163 (ix* siècle) de la Bibliothèque de Cambrai, qui contient un sacramentaire grégorien (K. BiSHOP. Noies and Studies dans le Journal of theological Studies^ n« 15, p. 415). [Voy. Revue, II, 1897, p 280.]

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VInstitutio Roniana, à la Consuetudo Romana ^ Ce pénitentiel est encore Romain parce qu'il est l'expression des tendances des réformateurs qui, se soustrayant de plusen plus aux inlluences insulaires, tournaient leurs regards du côté de Rome ; alors en effet TEglise des Gaules, se ressouvenant de ses lontaines origines, cherchait à se rattacher plus étroitement à TEglise-mère à laquelle elle demandait un renouveau de jeunesse, de vigueur et de liberté.

C'est en ce sens, et en ce sens seulement qu'on peut appeler Romain le pénitentiel qui constitue le livre VI de Tceuvre de Tévêque de Cambrai.

L ScHMiTZ, p. 21. Il ne convient pas d'invoquer ici le texte sur la consuemdo Eotnana cité (p. 253) par Mgr Schmilz comme étant Textrait d un écrit iidressé par Halitgaire à Ëbbon j c'est en réalité un fragment d'inaocent I'^ (Deny8,c. 8).

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PENITKNTIKL D ARUNDEL. LE PÉNtTENTlEL DU PSEUDO- GRÉGOIRE m. LE PÉNITENTIEL ROMAIN O^ANTOIKE AUGUSTIN.

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