IMPRIMERIE NATIONALE
ZOOLOGIE
Longueur de la nageoire caudale ' 3o mm
Longueur du museau t g
Diamètre de l’œil 1Q
Espace interorbitaire
N° A. 6704 du Catalogue de la collection du Muséum.
Cet individu a été pris à la Jamaïque.
Famille des GERRIDÆ.
Poissons Perciformes à corps élevé, comprimé, couvert d écaillés grandes, adénoïdes. Rouche plutôt petite, remarquablement protractile en se courbant vers le bas. Mâchoires à dents très faibles, villiformes; palais inerme. Une seule dorsale parfois échancrée, avec une gaine écailleuse où elle peut se rabattre. Pharyngiens inférieurs parfois soudés.
La morphologie des Gerridæ a été étudiée avec trop de soin, en particulier dans f Histoire des Poissons par Cuvier et Valenciennes 1 , pour qu’il soit utile d’y revenir ici; je me bornerai à l’étude des écailles, sur la structure desquelles les auteurs n’ont point insisté.
Le type des écailles dans ce groupe est très homogène, d’après l’étude qui a pu en être faite sur 81 préparations représentant 21 espèces des régions les plus variées. Celles figurées d’après le G erres Plumien 2 en donneront l’idée.
Elles sont de forme quadrilatère à angles arrondis assez fortement pour paraître, dans certains cas, ovalaires ou discoïdales, surtout pour les écailles de la ligue latérale ; la longueur est généralement quelque peu inférieure à la largeur. Quoiqu elles soient du type flabelhforme, on n’y distinguerait volontiers que deux champs, lun anterieur, 1 autre postérieur, le premier occupant souvent les trois quarts de la surface; la limite de ces champs est, à un faible grossissement, assez nette pour pouvoir paraître formée par une ligne transversale réelle; mais une analyse plus exacte montre que c’est là une simple apparence; en réalité, elle résulte de la jonction des crêtes concentriques antérieures et postérieures, dont la disposition sera indiquée plus loin. Le foyer, plus ou moins distinct, est placé
Cuvier et Valenciennes, i83o, llist. nat . des Poissons, t. VI, p. 4A6, chap. xiv. — 2 PL VIII bis, iig. a 6 , a'.
sur cette limite; des sillons centrifuges en partent, limitant les lobes marginaux peu saillants, dont le nombre pourrait s’élever jusqu’à 9 , mais iis sont d’ordinaire beaucoup moins nombreux, 5 ou même 3. La disposition des crêtes concentriques est plus remarquable; elles sont fines et excessivement nombreuses, dirigées, avec une très faible convexité antérieure, presque directement d’un bord à l’autre, sans affecter cette disposition en lignes concentriques par rapport aux côtés, qu’on observe d’ordinaire et qui rend si distincts les champs latéraux 1 ; la ligne concentrique la plus postérieure laisse, par suite de sa courbure, un espace entre elle et le loyer; là se voit une succession de petites crêtes transversales, très peu obliques, se dirigeant du centre à la périphérie et d’avant en arrière, qui n’atteignent pas les bords et représentent les crêtes concentriques de l’écaille, alors que son développement n’était pas aussi considérable. Le champ postérieur présente deux régions à considérer, l’une borde le champ antérieur, l’autre est centrale. La première offre la même structure que l’on vient de décrire pour le champ antérieur, c’est-à-dire quelle est chargée de petites crêtes, dont les plus proches de la limite sont la contre-partie de celles qui les avoisinent directement, c’est-à-dire transversales, très peu obliques du centre à la périphérie, mais dirigées en sens inverse. Il n’est pas rare de les voir s’unir à leurs homologues, donnant naissance à une série de chevrons ou d’angles très aigus à sommets tournés en dehors : c’est ce qui donne l’illusion de la ligne limitante. Des crêtes concentriques se trouvent en arrière de celles dont il vient d’être question; mais, quoique plus étendues, elles n’affectent pas d’ordinaire une disposition aussi régulière que sur le champ antérieur 2 . Au centre du champ postérieur, se voit un espace en triangle plus ou moins surbaissé, dont la base convexe forme une partie du bord libre postérieur de l’écaille; ici encore, l’aspect varie suivant qu’on emploie un grossissement faible, auquel cas on observe des lignes obliques irrégulières et que l’incidence de l’éclairage fait varier, ou un grossissement un peu plus fort : on voit alors que la surface est couverte de petits quadrilatères disposés en quinconce, formant un dallage où les rangées sont disposées oblique-
Cf. pl. I, fig. 1 ' , ü c , 3 e et autres figures. tueux, a rendu assez inexactement cette disposition des
2 Le dessinateur, trompé par des accidents dus peut- crêtes sur ia région limite des champs antérieur et posté-
être a la dessication de l’écaille ou a un éclairage défec- rieur.
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ment par rapport à l’axe antéro-postérieur de l’écaille. Cette particularité, déjà signalée chez d’autres Poissons, a été figurée et décrite avec beaucoup de soin par Baudelot 1 pour le Mugil capito; il regarde cette structure pavimenteuse comme homologue de la disposition spinulaire, ce qui paraît incontestable; mais je reviendrai plus loin sur ce point à propos de la famille des Mugilidæ.
Les écailles de la ligne latérale, en ce qui concerne la lamelle, sont du même type que celui qui vient d’être décrit; les sillons centrifuges sont encore moins nombreux, ne paraissant pas dépasser 5, et dans certains cas sont indistincts; il est vrai qu’on observe d’ordinaire un feston médian très développé occupant la plus grande partie du bord antérieur. Région pavimenteuse postérieure centrale Irès réduite, parfois nulle. Le canal plutôt étroit est à deux orifices, l’antérieur externe, le postérieur interne, suivant un type bien connu; sur le frais, il doit être prolongé au travers de la région pavimenteuse jusqu’à une perforation située dans celle-ci. Cette perforation dans un grand nombre de cas est très nette, comme faite à l’emporte-pièce 2 , d’autres fois elle se rapproche du bord, qui présente alors une incisure la rejoignant et transformant la perforation en un golfe muni cl’un goulet; enfin on peut ne trouver, dans certains cas, qu’une fente entamant plus ou moins loin la région pavimenteuse; mais alors n’est-ce pas un accident?
En résumé, les écailles des Gerres peuvent être considérées comme du type cténoïde, mais sans spinules réellement saillantes sur le bord (type sparoïde, d’après M. Güntber). Un fait plus spécial serait la disposition des crêtes concentriques affectant une sorte de parallélisme relativement à une ligne transversale et non aux bords de la lamelle.
Ce groupe, considéré aujourd’hui comme famille, correspond au genre Gerres, créé par Cuvier, dans la seconde édition du Bègue animal (18295t. JI, p. 188), et réuni à quelques autres genres dans un groupe des Mémdes. Cette manière de voir, développée par Cuvier et Valenciennes dans leur Histoire des Poissons ( 1 83 0 , t. VI , p. h h 6 ) , fut jusqu’à un certain point conservée par M.Günther, dans le premier volume de son Catalogue (1859, t. I, p. 339), où il groupe les uns à côté des autres les quatre genres des Ménides Guviériens, fondus dans sa famille
1 Baudelot, 1873, p. q 3 i ; pl. VI, fîg. 2, 3 et h — 2 PL VIII bis, fîg. 2 e .
des Pristipomatidæ. Un peu plus tard, dans ce même Catalogue (1862,!. IY, p. 2 52 ), après la remarque faite par Kner de la soudure des pharyngiens inférieurs, le même auteur, élevant le groupe au rang de famille spéciale, le place à la suite des Embiotocidæ, parmi les Pharyngognathi de J. Mülier. Toutefois Kner lui-même (1869, p. 55 ) insistait sur la non-généralité du fait de cette soudure, se basant sur l’observation des espèces décrites clans le Voyage de la « Novara v , et les études ultérieures de plusieurs icbtyologistes ont montré combien cette réserve était justifiée. Aussi, dans son Introduction à l’étude des Poissons (1880, p. 388 ), M. Günther, revenant à ses idées premières, n’admet plus que le genre Gerres, en le plaçant près des Pristipoma, Hæmulon, Diagramma (anciens Pristipomatidæ), dans une grande famille des Percidæ.
Les auteurs n’ont guère fait que confirmer cette opinion, en variant seulement sur la valeur à attribuer à l’ensemble du genre.
Bleeker, dans son Atlas des Indes néerlandaises (1 876-1 877, t. VIII, p. 1 22), parmi les groupes de sa famille des Percidæ, les distingue sous le nom de Gerriformes.
Day (1878-1888), sous le nom Gerrina, en fait, y joignant les Datnoides, un groupe placé à la suite des Pristipomatina dans la famille des Percidæ.
MM. Jordan, Evermann, Meek, dans des travaux sur lesquels il sera revenu tout à l’heure, admettent purement et simplement la famille des Gerridæ.
Enfin, dans son récent travail sur la Classification des Téléostéens, M Boulenger (igoà, p. 663) met la famille des Gerridæ parmi ses Acanthopterygii Perciformes, non loin des Percidæ et des Pristipomatidæ.
Genre GERBES.
Cuvier, 1829, Règne animal, t. II, p. 188.
Pour les caractères de ce genre unique, voir la diagnose donnée de la famille.
Jusqu’à ces dernières années, cette famille avait toujours été regardée comme ne comprenant que le genre unique Gerres, même par MM. Evermann et Meek (1887). Une modification synonymique avait seulement été proposée par Bleeker qui, dans ses derniers travaux, y substitue le nom de Diapterus emprunté à Ranzani. MM. Jordan et Evermann, par une discussion très approfondie (1898,
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p. 1378), ont montré que cette dernière dénomination était inacceptable, car elle 11e se rapporte pas a une espèce nettement définie qui puisse servir de tvpe, et ils ont remarqué, avec toute raison, que la terminaison du nom proposé par Cuvier est suffisamment distincte de celle du genre Gerris, donné à un Insecte Hémiptère par Fabricius.
Cependant Kner, dans le Voyage de la « Novara n , déjà cité, insistait sur les différences importantes que présentaient les pharyngiens inférieurs, réunis tantôt intimement par suture, tantôt par de simples ligaments, le préopercule tantôt denticulé, tantôt entier, la branchie operculaire tantôt distincte, tantôt absente, avec quelques autres caractères moins importants. Toutefois il se contenta d’en faire la remarque.
MM. Jordan et Evermann (1 898 , p. 1 366 ), en étudiant spécialement la faune de l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale, ont proposé pour les Gerridæ de ces régions, quatre genres, dont le tableau synoptique suivant donnera idée :
Eucinostomus , Baird et Girard.
Ulæma, Jordan et Evermann.
Xystœma, Jordan et Evermann.
Gerres, Cuvier.
Le genre Gerres lui-même est partagé en trois sous-genres : Mokarra, Diapterus, Gerres, suivant que le préorbitaire est entier ou denticulé et, dans le premier cas, suivant que la formule de l’anale est II, 9, ou III, 8.
Il me parait inutile d’insister davantage sur ces divisions, dont la valeur, pour etre convenablement appréciée, demanderait qu’elles fussent étendues à l’ensemble du groupe et non seulement à une faune spéciale; elles peuvent toutefois provisoirement être acceptées à titre de sections.
Les espèces du genre Gerres sont nombreuses. M. Günther en admettait 28, plus 6 imparfaitement connues (1862), et plus tard une trentaine (1880).
Four 1 Amérique de l’hémisphère boréal, MM. Jordan et Evermann en énumèrent 1 7 , ainsi réparties dans leurs quatre groupes :
Genes ( Eucinostomus ) Dowi, Gill; G. pseudogula, Poey; G. harengulus, Goode el Beau;
G. californensis , Gill; G. gula, Cuvier et Valenciennes.
GERRIDÆ.
énorme, en cylindre creux
Second J normal, f très court, obtus
interhæmal ) plein < long, lancéolé, i entier
et ( Préopercule | denliculé ...... .
Gerres ( Ulæma ) Lefroyi, Goode.
Gerres ( Xyslœma ) cinereus, Walbaum.
Gerres ( Gerres ) rhombeus, Cuvier et Valenciennes; G. aureolus, Jordan et Gilbert; G. peruvianus, Cuvier et Valenciennes; G. olisthostomus , Goode et Beau; G. brevimanus, Güntber;
G. lineatus, Humboldt; G. brasilianus, Cuvier et Valenciennes; G. embryx, Jordan et Starks; G. Plumieri, Cuvier et Valenciennes; G. mexicanus, Steindachner.
Sauf le Gerres embryx, connu par un exemplaire trouvé à Charleston, c’està-dire assez au Nord, toutes ces espèces peuvent être considérées comme de l’Amérique centrale.
Leur répartition géographique serait la suivante :
Océan Atlantique : Gerres pseudogula, G. harengulus, G. gula, G. Lefroyi, G. rhombeus, G. olisthostomus, G. brasilianus, G. Plumieri, G. mexicanus.
Océan Pacifique : Gerres Dowi, G. californiensis , G. aureolus, G. peruvianus , G. brevimanus, G. lineatus.
Océans Atlantique et Pacifique : Gerres cinereus.
La distinction des espèces est souvent difficile; elles se ressemblent beaucoup entre elles et, par exemple, MM. Jordan et Evermann, dont l’autorité en semblable matière est certainement d’un grand poids, conviennent que pour les Gerres pseudogula , harengulus, Dowi, californiensis, il n’est pas toujours possible de les distinguer et qu’on arrivera peut-être à prouver que ce sont de simples variétés d’une espèce unique.
Les collections de la Commission scientifique du Mexique et de l’Amérique centrale ne renferment que trois espèces : Gerres cinereus , Walbaum; G. peruvianus , Cuvier et Valenciennes; G. Plumieri, Cuvier et Valenciennes.