‹ Études sur les poissons (volume 3)Chapitre 5 sur 39 · ZOOLOGIE DU MEXIQUE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE DU MEXIQUE

IV e PARTIE.

ZOOLOGIE

D. X, i4; A. III, 8 .

Ecailles : 7 /A 5/i 5.

Ce Lutjan est un de ceux dont le corps paraît le plus élevé, la plus grande hauteur étant égale aux deux septièmes de la longueur totale; l’épaisseur fait environ le neuvième de cette même dimension. Le chanfrein descend obliquement en ligne presque droite; la tête, de forme allongée, est à très-peu près égale à la hauteur, le museau en occupe près des deux cinquièmes. Le maxillaire dépasse le bord antérieur de l’orbite, lèvres fortement papilleuses. Deux dents canines en haut, de chaque coté.

1 externe très-forte ; en bas on en trouve sept ou huit sur chaque dentaire ; plaque vomerienne en forme de clou , le prolongement postérieur très-développé et étroit; plaque linguale simple, en ovale allongé 1 . OEil relevé, tangent au chanfrein 2 , son diamètre égale le quart de la longueur de la tête; l’espace interorbitaire ne fait que le sixième de cette même dimension. Sous-orbitaire moins haut que large au bord libre. Préopercule faiblement sinueux, denticulé sur le bord montant; operculaire avec une pointe mousse peu visible. Le dessus de la tête et le museau sont nus; on trouve sur le préopercule six rangées d écailles et autant sur l’operculaire, 1 interopercule en présente une rangée de cinq ou six.

La ligne latérale, bien visible, suit le contour du dos, vers le quart supérieur de la hauteur. L’anus est assez exactement au milieu de la longueur totale. Ecailles grandes; cinquante rangées environ au-dessus de la ligne latérale, parallèles au contour du dos, celles du ventre horizontales. Sur-scapulaire avec sept à neuf denticules médiocrement saillantes.

Dorsale occupant une longueur égale à peu près aux deux cinquièmes de la longueur totale, la portion dure y entre pour les cinq huitièmes. Epines assez robustes; la première n’a que les trois dixièmes de la troisième, qui est la plus développée et mesure les trois huitièmes de la longueur de la tête; la portion molle a cette même dimension en hauteur. Epines de l’anale robustes, surtout la seconde, dont la hauteur est égale au tiers delà longueur de la tête, portion molle assez courte, arrondie. Caudale légèrement concave, à angles obtus. La base des portions molles des nageoires impaires est fortement écailleuse. Pectorales subfalciformes dépassant l’anus. Ventrales plus courtes n’atteignant pas celui-ci.

La coloration générale est d’un brun rouge, foncé sur les parties dorsales et devenant de plus en plus pâle, à peine rosé à la partie ventrale, quelques teintes blanches se voient sur l’opercule et le museau, un beau bleu colore la partie supérieure de ce dernier. La dorsale, également brun rougeâtre, est bordée de jaune; cette dernière teinte occupe presque toute la hauteur de la portion molle, la caudale et l’anale, dont les

PL V ter, lig. 1 a. — 2 La fig. 1 , pi. V 1er, montre l’œil un peu trop bas.

épines sont très-brillantes; le jaune est mélangé de rougeâtre sur les nageoires paires, fris d’un blanc argenté.

Comme chez le Lutjanus pacifiais, Hoc., les écailles de ce Poisson sont proportionnellement grandes. Une écaille des lianes 1 , en quadrilatère à angles émoussés, mesure io mm , 5 sur 10 millimètres; foyer large, arrondi, plus rapproché du bord libre que du bord antérieur, à surface érodée; le demi-contour postérieur avec seize festons marginaux, le bord libre avec environ cent trente spinules, sur onze ou douze de profondeur au centre, les sept externes seules développées. Une écaille du ventre, de forme irrégulièrement ovale, plus large en arrière, mesure 6 œni ,q sur 2 ,nm ,G; le foyer est étendu, vermicide', six festons marginaux en arrière; Faire spinigère, à derni-membraneuse, ne porte que des spinules en voie de développement assez régulièrement disposées en quinconce, les postérieures dépassent à peine le bord libre. Écaille de la ligne latérale mesurant 6" u, ',â sur 5 mm ,8; canal cylindrique, terminé dans Faire postérieure par quatre branches divergentes; quatorze festons marginaux subégaux sur le demi-contour antérieur; spinules nettement développées entre les ramifications du canal et en dehors d’elles.

Longueur totale 2 2â mm

Hauteur g 5

Epaisseur 2 g

Longueur de la tête g 7

Longueur de la nageoire caudale 45

Longueur du museau 2 g

Diamètre de l’œil tg

Espace interorbitaire 11

N° 52 j 5 du Catalogue général de la collection du Muséum.

Cette espèce, comprise comme nous croyons devoir le faire, se distingue facilement parmi les Uutjans du second groupe par l’absence de tache noire latérale, de tache axillaire, de lignes ou de bandes de cette même couleur, par son corps relativement épais et le prolongement postérieur très-marqué de sa plaque vomérienne. Sur les individus conservés dans l’alcool depuis quelque temps, le bord libre des écailles, plus foncé, donne un aspect maillé assez caractéristique, que nous n’avons pas rencontré au même degré dans les Poissons analogues.

Quant à la synonymie, d’après l’examen des types de Cuvier et Valenciennes, nous avons été conduit à donner au Lutjanus jocu, Bl. Sclin., une extension beaucoup plus grande que celle qui est admise par la plupart des auteurs. Dans FPIistoire naturelle des Poissons, les espèces énumérées, il faut le remarquer, ne sont pas toutes présentées

1 PI. V ter , fig. 1 b.

comme ayant une même valeur : les Mesoprion litura, G. V. , et M. goreensis, C. V. , sont indiqués comme étant plutôt des variétés du Jocu, et le Mesoprion hnea, G. Y., comme en étant l’état jeune. 11 en est de même du Mesoprion jlavescem , G. V., relativement au Mesoprion griseus, C. V.; c’est même ce dernier nom que le type portait sur l’étiquette authentique dans la collection, l’épithète de jlavescem était mise simplement entre parenthèses. Trois espèces seules restent donc, les Mesoprion cynodon, G. Y., M. jocu, Bl. Schn., paraissant correspondre au Jocu de Parra, et le Mesoprion griseus, G. V., qui serait le Caballerote du même auteur. Ces deux espèces sont-elles distinctes? C’est ce qui ne nous paraît démontré ni par les descriptions ni par les exemplaires que nous avons eus sous les yeux. Les différences signalées portent surtout sur la coloration, le Jocu ayant une tache blanche sur la joue et des points argentés cerclés de brun sous l’œil; mais, pour ce qui est de ce dernier caractère, déjà Cuvier et Valenciennes ont fait remarquer qu’on trouvait toutes les transitions, depuis une ligne continue jusqu’à dos points espacés, ce qui conduit a admettre que ceux-ci peuvent tout aussi bien disparaître. L’un des Poissons étant prohibé sur les marches comme donnant la maladie bien connue sous le nom de cigualera, tandis que 1 autre ne cause jamais aucun accident, n’aurait-on pas été conduit, d’après ce fait frappant, à distinguer comme espèces deux variétés, auxquelles les fonds quelles habitent, la nourriture, etc. donnent ces propriétés différentes 1 ? On a, il est vrai, signalé quelques caractères distinctifs dans la grandeur de la bouche, la longueur du museau; mais, d apres les types de la collection du Muséum, on ne trouve là rien de suffisant pour justifier la division. Ajoutons, toutefois, que M. Poey, dont la manière de voir dans une semblable question est d’un grand poids, a cru devoir conserver plusieurs de ces espèces.

Parmi les noms proposés, celui de Lutjanus jocu, BL Schn., doit être choisi de préférence. Le nom de Spurus tetracanlhus , BL, est sans doute anterieur; mais on ne peut, avec toute certitude, admettre l’identité d’un Poisson aussi imparfaitement connu et montrant sur la planche des particularités, comme la tache ocellée suroperculaire, qui n’ont jamais été signalées dans notre espèce. Le nom de Caballerote, donne par Parra et reproduit par Bloch-Schneider d’une manière absolue, précède, dans l’énumération, celui de Jocu ; mais, comme il n’a pas été employé jusqu’ici par les auteurs systématiques, il n’y aurait que des inconvénients à le substituer au second, lequel rappelle tout aussi bien le nom de l’auteur qui, le premier, a fait connaître cet animal. Quant au Caxis de Parra, nom repris par M. Poey pour une de ses espèces, la figure et la description nous paraissent rendre difficile de savoir à quelle espèce au juste il doit être rapporté.

Jusque dans ces derniers temps, le Lutjanus jocu, Bl. Schn., n’était connu que dans

1 M. Puey a fail paraître un mémoire fort intéressant sur cette singulière maladie. ( Ciffuatera , Memoria sobre la enfermedad ocasionada por los Peces venenosos. — Rep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. 11, p. i, 1866 .)

l’océan Atlantique; il y avait d’ailleurs une extension très- vaste, puisque le type étant des îles des Antilles et de Cayenne, l’espèce avait été rencontrée également à Bahia, et, par la variété goreensis, sur les côtes occidentales de 1 Afrique , et au cap Vert, d’après Troschel. M. Günther a signalé la variété griseus, dans l’océan Pacifique, de la baie de Panama.

La Commission scientifique du Mexique l’a recueilli à la Jamaïque, c’est 1 exemplaire décrit et figuré ici. Nous rapportons aussi à cette espèce deux exemplaires du Pacifique, l’un de 1 16 millimètres, envoyé de Gaïmito par M. Boucard, l’autre n’ayant que q 5 millimètres, recueilli à Tawesco par M. Bocourt.

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