Lira anus cura surus
(PI. V ter, fig. a, 2 a, a b et 2 c.)
Acarapitamba, Margraff, 16/18; Hist. nat. Brasilia, p. 1 55 . (Reproduit par Johnston, 1657, De pis cibus, tib. V, p. 127, pt. XXXIII, fig. 3 , et par Willugbby, 1G86, Historia piscium , p. 337, pt. X, 8, fig. 2.)
Colas ou Corbeau, Duhamel, 1782; Trait, gén. des pêches, II e part., t. III; secl. iv, c. v, p. G/i, pt. XII, %• !•
Rabbirubbia, Parra, 1787; Descripcion de hist. nat. etc. p. 4 a ; pl. XX, fig. 1.
Sparus chrysurus, Bloch, 1 797; Ichthyol. X III e part. p. 2 5 , pl. CCLXII.
Grammistes chrysurus, Bloch-Schneider, 1801 ; Syst. Ichlhyol. p. 187.
Anthias rabirrubia , Bloch-Schneider, 1801; Syst. Ichthyol. p. 3 0 9 .
Sparus chrysurus, Lacépède, 1802 (an x); Hist. nat. des Poiss. t. IV, p. 36 et n 5 .
S. semiluna , Lacépède, 1802 (an x), Hist. nat. des Poiss. t. tV, p. h h et 1A1 ; pl. III, fig. 1.
Mesoprion chrysurus, Cuvier et Valenciennes, Hist. nat. des Poiss. t. II, p. 45 g.
M. aurovittatus, Agassiz, 1829; Spix. Fisc. Brasil. p. 121, pl. LXVI.
M. chrysurus, Guiclienot, 1 85 3 ; Ratnon de la Sagra, Hist. de l’île de Cuba, Poissons, p. 24 .
M. chrysurus, Castelnau, 1 855 ; Exped. Amer. Sud , Poissons , p. 4 .
M. chrysurus, Günther, 1 8 5 9 ; Cat. Brit. Mus. Fishes, t. I, p. 186.
Mesoprion chrysurus, Pocy, 1866; Rep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. I, p. 267.
Ocyurus chrysurus, Poey, 1868; Rep. Fis. nat. de la isla de Cuba , t. II, p. 295.
D. X, 1 3 ; A. ffl, 9.
Écailles : 10/49/18.
Ce Poisson est l’un des plus allongés du groupe, et, sous ce rapport aussi bien que par son faciès général, rappelle les Etelis proprement dits; la hauteur n’équivaut guère qu’aux deux neuvièmes, l'épaisseur au onzième de la longueur totale. La tête est égale à peu près à la hauteur; sa crête occipitale est très-saillante, le maxillaire atteint à peine le bord orbitaire; les dents sont relativement faibles, celles du vomer forment une plaque claviforme, avec un prolongement postérieur étendu 1 ; la plaque linguale, de forme ovalaire, est divisée en deux parties inégales par un trait transversal; l’œil,
1 Pl. V ter, fig. 2 a.
ZOOLOGIE
assez grand, occupe le quart de la longueur de la tête; l’espace interorbitaire lui est à très-peu près égal. Le préopercule est arrondi et très-légèrement sinueux au-dessus de l’angle; il porte quatre ou cinq rangées d écailles , il en existe autant à l’operculairc et sept ou huit peu distinctes, sur un seul rang, à l’interopercule.
L’anus est plutôt un peu en avant du milieu de la longueur du corps. Les écailles, au-dessus de la ligne latérale, sont en rangées ascendantes, les inférieures horizontales. Le sur-scapulaire porte une dizaine de fines denticules.
La dorsale occupe le tiers de la longueur totale; les épines sont faibles, la quatrième est la plus élevée et mesure les trois huitièmes de la longueur de la tête. L’anale ne mesure que le neuvième de la longueur totale, ses épines sont également faibles, la troisième est la plus longue et équivaut au quart de la longueur de la tête. Caudale fortement échancrée et à angles prolongés (l’individu figuré est un de ceux sur lesquels cette élongation était le moins forte) , elle fait environ les trois onzièmes de la longueur totale. Les pectorales sont falciformes, atteignant le niveau de l’anus; les ventrales s'arrêtent avant ce point.
La coloration, assez variable suivant les individus, d’après les détails donnés par Cuvier et Valenciennes, était, sur l’exemplaire décrit ici , d’un bleu mélangé de verdâtre à la partie supérieure de la tête et du dos, les joues et le ventre offraient une teinte rosée; la large bande d’un jaune vif, si caractéristique, est étendue de la caudale à l’œil et se prolonge un peu sous celui-ci; cette même coloration, moins vive, forme une demi-douzaine de bandes plus étroites sur le ventre et s’étend sur toutes les nageoires, particulièrement la caudale, qui présente, en outre, une teinte rougeâtre bordant les parties supérieures, inférieures et postérieures; le museau est pâle, le battant operculaire bordé de bleuâtre. Iris varié de bleu et de rouge.
Ecailles médiocrement développées. Une d’elles prise sur les flancs 1 mesure 4 mm ,6 dans les deux sens; foyer tantôt petit, subcentral, tantôt large, érodé; quatorze festons marginaux sur le demi-contour antérieur, quatre-vingt-dix spinules environ au bord libre, seize de profondeur au centre, dont les dix rapprochés du foyer paraissent en voie de développement ou de résorption. Ecaille ventrale ovalaire, foyer de même forme, occupant près de la moitié du diamètre antéro-postérieur; quatre festons marginaux, aire spinigère irrégulièrement elliptique, à spinules distinctes. Une écaille de la ligne latérale 2 , irrégulièrement arrondie, mesure 3 mm ,7 sur 3 im ",3; le canal est presque cylindrique, n’offrant que deux ou trois branches divergentes postérieures; les festons qui occupent le demi-contour postérieur sont au nombre de treize ou quatorze, celui qui répond à l’orifice antérieur du canal est à peu près double des autres en largeur 1 ’; spinules bien distinctes entre les branches divergentes du canal.
1 PI. V ter, fig. 2 b. — 2 PI. V ter, fig. a c. — 3 Le dessinateur a placé à tort un sillon centripète tombant dans P orifice du canal, ce sillon n'existe pas en réalité.
Longueur totale ai o mm
Hauteur k 7
Epaisseur 19
Longueur de la tête 5 o
Longueur de la nageoire caudale 58
Longueur du museau 19
Diamètre de l’œil 12
Espace interorbitaire 11
N° 5217 dn Catalogue général de la collection du Muséum.
Le Lutjams chrysurus, BL, caractérisé par sa bande jaune longitudinale et la caudale fortement concave, à angles prolongés, ne peut être confondu avec aucune autre espèce, surtout si elle est identique au Meeoprion aurovittaius d’Agassiz, ce qui nous paraît probable, bien que M. Poev ait émis une opinion contraire.
La forme de la nageoire postérieure a paru à M. Gill fournir un caractère d’une importance suffisante pour l’autoriser à créer un genre nouveau, le genre Ocyurus Cette manière de voir est tout à fait inadmissible, et cette particularité ne peut être considérée que comme un caractère spécifique.
C’est dans la mer des Antilles seulement que l’espèce a été rencontrée jusqu’ici; l'exemplaire qui nous a servi de type vient de la Jamaïque.
Genre CENTROPRISTIS, Cuvier.
Cuvier, Règne animal, t. Il, p. 1 /1 5 , 1829.
Pcrcoïdes à ventrales thoraciques; sept rayons branchiostèges; une seule dorsale, occupant une grande partie de la longueur du dos et composée de x épines, avec 12 rayons mous au plus; mâchoires munies de dents en velours, les canines étant milles ou médiocres; plaques dentaires vomériennes et palatines distinctes;
préopercule dentelé, operculaire avec trois épines plus ou moins saillantes. Ecailles nombreuses, cténoïdes, polystiques.
Cette caractéristique du genre, empruntée à Cuvier, est complétée avec celle qui a été admise par M. Günther dans son Catalogue des Poissons du Musée Britannique 2 . En la comparant à celle que nous avons donnée du genre Serranus, on peut reconnaître combien sont étroits les rapports à établir entre les deux genres.
1 Gill, Remarks on tlæ relations of lhe généra and olher groups of Cnhan Fishes. (Proc. acad. Philad. p. 287, 1862.) — 2 Günlher, Catal. of lhe Fishes in the Britisk Muséum, t. I, p. 82.
ZOOLOGIE
Les différences reposent en effet exclusivement sur la composition de la nageoire dorsale et la nature des dents qui arment les mâchoires.
En ce qui concerne la première, tandis que chez les Serrans le nombre habituel des rayons est de ix ou xi, il est toujours de x chez les Gentropristes; mais ce caractère, chez les premiers, est loin d’être absolu, car, sans tenir compte du Serrâmes Courtadei, Boc. , décrit plus haut ', qui constitue une exception unique jusqu’ici dans le groupe des Mérous, toutes les espèces des deux premiers sousgenres 2 présentent ce même nombre. Les rayons mous de la même nageoire ont plus de constance dans leur nombre, et, chez tous les Serrans, on trouve plus de douze rayons mous, tandis que chez les Centropristes c’est le chiffre maximum 3 . Seulement, après ce que nous avons dit sur la variabilité de ces rayons dans une même espèce \ on est en droit de douter que cette particularité puisse être invoquée comme caractère générique.
La différence de dentition est le point sur lequel Cuvier a insisté pour justifier la distinction, puisque, dit cet auteur, «les Centropristes ont tous les caractères des Serrans, excepté qu’ils manquent de canines.» Or il est aisé de se convaincre, par l’examen des types mêmes de Cuvier et Valenciennes, combien ce caractère est, dans la pratique, d’une appréciation difficile. Sur des types extrêmes, la distinction se voit nettement sans doute, ainsi le Centropristis atrarius, Lin., comparé au Serrâmes scnbce, Lin., offre une dentition toute différente; mais, pour d’autres poissons, on peut se trouver fort embarrassé : c’est ainsi que les Serrâmes bivittaties, C. V., S. radialis, Q. G., S. radians, Q. G., S. fascicularis, C. V., S. Conceptionis , C. V., S. hepatus, L. Gml. , S. Jlavescens, C. V., placés par Cuvier et Valenciennes avec les Serrans du type du S. scriba, deviennent des Centropristis et, croyons-nous, avec raison, pour M. Günther. D’ailleurs, à priori, on peut se demander si chez ces Pcrcoïdes le plus ou moins de longueur des dents a en réalité une bien grande importance physiologique; le régime, en somme, est
Voy. p. 80. S. limbatus , C. V., ayant pour formule de la dorsale x, 1 1 ;
2 V°y. p. b 9 et 67. ruais les deux premières espèces nous paraissent devoir
lin se reportant au Catalogue de M. Günther, fou- être rapportées au genre Elelis, et la dernière au genre vrago général le plus complet à l’heure actuelle sur l’Ich- Lnljanus. Au contraire, le Serrams tigrinus, qui a pour
thyologie, on peut remarquer quelques exceptions, telles formule, x, 19 , est plutôt un Centropristis.
que les Serranus jilamentorus , C. V., S. zonatus, C. V., et 4 Voy. p. 5i.
toujours le même et le plus ou moins de longueur de ces organes ne peut avoir d’importance qu’au point de vue du volume et de la vigueur de la proie, leur but étant uniquement de retenir celle-ci, puisqu’ils ne peuvent servir ni à la diviser ni à la dilacérer.
Quant à la considération des écailles, elle ne nous fournit aucun caractère différentiel soit dans leur nombre soit dans leur forme. Ces organes l , d’après les exemplaires nombreux de la collection du Muséum, sont construits sur le type des écailles des Serrans proprement dits 2 , c’est-à-dire franchement cténoïdes, polystiques, tant sur le corps qu’à la ligne latérale, et, pour cette dernière, à canal prolongé en tube simple dans l’aire spinigère.
En somme, les Centropristes montrent les affinités les plus grandes avec les Serrans proprement dits et en sont plus voisins que ces derniers ne le sont des Mérous, ce qui conduit à admettre, avec plusieurs auteurs modernes, qu’il conviendrait d’élever au rang de genre les Epinephelus , en réunissant d’autre part les Centropristis , les Serranus s. str. et les Paralabrax en un seul groupe.
Une seule espèce, assez curieuse par son apparence extérieure, fait partie des collections de la Commission scientifique du Mexique, c’est le Centropristis luciopercanus, Poev.
Centropristis luciopercanus.
(PI. V, %. i, i a et î b .)
Serranus luciopercanus, Poey, i 85 i ; Mem. Ilist, nai. de la isla de Cuba, t. I, p. 56 et 5 9 , pl. IX, fi». 1.
Centropristis luciopercanus , Günther, 1869; Cat. Brit. Mas. Fishes, t. I, p. 8 U, n° 7.
C. luciopercanus, Steindachner, 1866; Zool. Bot. Gesells. Wien. I. XVI, p. 777.
Mentiperca luciopercanus, Poey, Rep. Fis. nat. de la isla de Cuba, t. N, p. 281.
Ecailles, 11/68/29.
L épithète donnée par M. Poey à ce poisson exprime fort bien son faciès particulier, la forme de son corps et surtout l’aplatissement du museau, rappelant, jusqu a un certain point, l’apparence du brochet. La longueur totale est environ quintuple de la plus grande hauteur et neuf fois supérieure à l’épaisseur. La tête fait les trois dixièmes de la longueur totale, la mâchoire inférieure est fortement saillante, le museau entre
1 Pl. V, flg. i a et 1 b. — ' Voy. p. 5 a.
ZOOLOGIE DU MEXIQUE. IV e PARTIE.
ZOOLOGIE
pour un tiers dans la longueur de la tête et l’œil en occupe les deux septièmes; l’espace interorbitaire, beaucoup plus petit, équivaut au septième de cette même dimension. Le préopcrcule est en angle faiblement ouvert et arrondi au sommet, de fines denticulations occupent tout le bord montant et la majeure partie du bord inférieur, elles sont un peu plus fortes l’angle; le bord de l’interopercule ne paraît pas denticulé, celui du sous-opercule l’est visiblement; l’angle postérieur de l’operculaire porte trois épines aplaties, la supérieure peu distincte et mousse. La nageoire caudale est fortement concave.
La coloration générale est d’un violet vineux nuage de brun rougeâtre, celui-ci assez foncé sur la partie dorsale, les bords supérieur et inférieur de la queue, les flancs; en ce dernier point, cette teinte prend même l’aspect de bandes étroites transversales; la portion dure de la nageoire dorsale a la même coloi'ation, la portion molle et les autres nageoires sont d’un beau jaune, qui se retrouve sur la partie inférieure de la joue et de la bouche. Iris bleuâtre et doré.
Ecailles plutôt petites; celles des flancs quadrilatères, l’une d’elles 1 mesure a mm ,2 de long sur i mm ,8 de haut; les festons n’occupent que le bord antérieur; Faire spinigère, nette, présente au bord libre une cinquantaine de spinules saillantes formées par les deux rangs externes, les autres étant incomplètement développées. Une écaille de la ligne latérale 2 est irrégulièrement ovoïde, avec un canal à triple ouverture dont la partie postérieure parcourt toute Faire spinigère; le feston répondant à l’orifice antérieur est plus développé que les autres, ici également les spinules des deux rangs externes sont seules complètes.
Longueur totale
Hauteur
Epaisseur
Longueur de la tête
Longueur de la nageoire caudale
Longueur du museau
Diamètre de l’œil
Espace inlerorbitaire
N° 6973 du Catalogue général de la collection du Muséum.
1 6 klx 2/1 1 5 1 3 G
Le Centropristis luciopercanus a été décrit et figuré pour la première fois par M. Poey. M. Steindacbner a depuis représenté ce poisson fort exactement. Ni l’un ni l’autre de ces auteurs n'ayant indiqué la coloration, nous avons regardé comme utile d’en donner une nouvelle figure.
PI. V, Gg. 1 a. — s PL V, Gg. 1 b.
M. Gill prenant en considération la saillie de la mâchoire inférieure et le petit nombre des cæcums pyloriques, a cru devoir former pour cette espèce le genre Menliperca, adopté par M. Poey dans ses derniers travaux 1 2 . Ces caractères, le premier surtout, n ont évidemment pas une valeur suffisante pour justifier cette manière de voir.
L’exemplaire appartenant à la collection du Muséum a été donné par M. Bélanger et provient de la Martinique.
Genre M1CROPTERUS, Lacép.
Lacépède, Hist. nal. des Poissons, t. IV, p. 3 a h , an x (1802).
Percoïdes à ventrales thoraciques; six ou sept rayons branchiostéges , une seule dorsale, occupant la plus grande partie de la longueur du dos, avec la portion épineuse munie normalement de dix épines; anale présentant trois épines croissant en longueur de la première à la troisième et à peu près d’égale force; toutes les dents en velours; préopercule à bord lisse, angle operculaire en pointe arrondie ne formant pas une véritable épine. Écailles médiocrement nombreuses, cténoïdes, polystiques.
Ce genre, ainsi délimité, ne comprend qu’un petit nombre d’espèces propres aux cours d’eau de l’Amérique septentrionale. Nous admettons, avec M. Günther, que le Grystes macquariensis , C. Y. 3 * , doit former un genre à part, le genre Oligorus , qui se distinguerait par le petit nombre de ses appendices pyloriques, à quoi il faut ajouter, comme caractère de moindre importance, la dimension des seconde et troisième épines anales, presque d’égales longueurs, et la force des dents extérieures de l’intermaxillaire , lesquelles, sans être de véritables canines, ne peuvent cependant être regardées comme des dents en velours 5 .
1 Gill, Relations of lhe généra and olhers groupe of Cuban fishes ( Proceed . Acad. nat. sc. Philad. 1862 , p. 286).
2 Poey «Genres des Poissons de la faune de Cuba ap-
partenant à la famille Pcrcidœn ( Ann . Lyceum Nal. Ilist.
of New York , t. X, p. 54 ).
La seconde espèce citée par M. Günther, l 'Oligorus gigus , Ovven, se rapporte au genre Polyprion.
4 Günther, Calai Brit. Muséum, Fishes, t 1 p 2 5 i i85 9;
INous n osons nous prononcer sur le Gryslcs lunulatus, Guich. (pour lequel M. Steindachner a créé le genre Pilcea), létal de conservation de l’exemplaire unique que possédé le Muséum rend difficile de se faire une idée nette de scs affinités.
HO
ZOOLOGIE
Les écailles sont cténoïdes, mais en général les spinules sont ou rudimentaires ou incomplètement développées; les variations que nous avons pu saisir sont les suivantes. Tantôt les spinules ne sont nettement calcifiées que sur une zone plus ou moins étroite bordant la portion libre de l’écaille, et le reste de Faire spinigère n’est qu’indistinctement bispide 1 . Cette zone peut se réduire sur ses parties latérales et n’occuper que l’extrémité de l’écaille 2 . D’autres fois le bord libre est sans spinules et celles-ci ne se rencontrent que vers le foyer, dans un espace triangulaire formant la partie centripète d’un secteur; c’est sur le Micropterus variabilis, Lesueur, que nous avons particulièrement observé cette disposition. Enfin, les spinules peuvent être à peine perceptibles et il faut y regarder de bien près 3 pour ne pas croire les écailles adénoïdes. Les écailles de la ligne latérale sont toujours dépourvues de spinules, leur canal est à deux ouvertures comme chez les Centropomes \
Ces variations, auxquelles on serait tenté d’attribuer une certaine valeur dans la distinction des espèces, ne nous ont malheureusement pas présenté une assez grande constance pour pouvoir être mises en usage, les observations devraient porter sur un plus grand nombre de sujets cpie ceux que nous avons eus à notre disposition; cela dépend peut-être même du développement de ces organes.
La dénomination de Micropterus doit être adoptée préférablement à celle de Grystes, établie par Cuvier dans son Règne animal 5 , ou à celle de Dioplites, Rafinesque, reprise par M. Girard 6 . C’est sans doute une application en quelque sorte exagérée du droit de priorité, car les caractères du genre sont très-imparfaitement donnés par Lacépède et la dénomination même est fondée sur une anomalie évidente; cependant, l’individu type étant parfaitement connu, il peut y avoir avantage à reprendre ce nom, comme Font déjà fait plusieurs auteurs contemporains 7 .
S’il est ainsi possible de limiter le genre, il n’est pas aussi aisé d’en distinguer les différentes espèces, lesquelles, aujourd’hui comme à l’époque où l’écrivait
1 PI. IV, fig. 2 b. vier et, Valenciennes, Histoire des Poissons, t. III, p. 54 ,
5 PI. IV, fig. 3 b et 5 b. 1829.
5 PI. IV, fig. 4 b. 5 Girard, U. S. andMex. Boundary Surv. Ichthyol. p. 3 .
4 PI. IV, fig. 2 a, 3 a, h a et 5 a. 7 Bleelcer, Systema percarum, p. 1 5 , 1875. — D. S.
s Cuvier, Règne animal , t. II, p. i 45 , 1829. — Cu- Jordan, U. S. Fishes , p. a 36 , 1878.
L. Agassiz , sont excessivement difficiles à caractériser L Au premier abord, on reconnaît sans peine plusieurs types, en ayant égard aux proportions du corps, au nombre des écailles et à diverses autres particularités; mais si on examine un certain nombre d’individus , les différences s’atténuent par des transitions graduelles.
Pour chercher à rendre le fait plus évident, nous avons rassemble dans un tableau les principales mensurations prises d’après les exemplaires de la collection du Muséum. Les quatre premières colonnes se rapportent à la détermination et à l’origine des poissons étudiés. La cinquième donne la longueur totale de chacun d’eux exprimée en millimètres. Les sept suivantes sont relatives aux dimensions de différentes parties du corps rapportées soit à la longueur totale, soit à la longueur de la tête; les chiffres, pour faciliter la comparaison, expriment le rapport en centièmes. Dans cpiatre colonnes sont ensuite placés les nombres relatifs aux formules des écailles et de quelques nageoires; enlin dans une cinquième le signe + ou o indique les espèces présentant ou ne présentant pas de dents linguales. Les chiffres manquent pour certaines dimensions à quelques exemplaires, l’état de conservation n’ayant pas permis de les mesurer avec une suffisante exactitude. (Voir le tableau, pages 1 , i^3.)
D’une manière générale, le Micropterus variabilis, Lesucur, a le corps le plus élevé et le Micropterus salmoides, Lacép. le plus bas, les Micropterus nuecencis, Grd. et Micropterus Dolornieu, Lacép. , étant intermédiaires sous ce rapport. L’épaisseur donne des différences peu sensibles; on sait d’ailleurs que ces variations, pouvant dépendre de la saison et du sexe, leur importance est moindre dans des espèces aussi voisines. La longueur de la tête rapportée à la longueur totale donne les nombres extrêmes 29 et 25, peu différents l’un de l’autre et qui de plus se rencontrent tous deux sur une des espèces, la mieux caractérisée peut-être, le Micropterus nuecensis, Grd. Le museau et la largeur de l’espace interorbitaire varient dans une assez grande mesure, 35 et 26 pour l’un, 29 et 20 pour 1 autre; mais il y a mélange entre les différentes espèces que nous croyons pouvoir distinguer, en sorte qu’il est assez difficile d’en faire emploi.
L’écart considérable que présente la formule de la ligne latérale est un des faits les plus importants, comme indiquant la distinction nécessaire de plusieurs
1 Agassiz, Sillimnn’s Amer. Journ. a' sér. t. XVII, i854, p. 297.
ZOOLOGIE
Genre MICROPTERUS,