D. X. 17; A. III
Ecailles, 20/80/^9.
Cette belle espèce a le corps médiocrement trapu, la longueur totale étant de trèspeu inlérieure au quadruple de la plusgrande hauteur, laquelle est double de l’épaisseur. La longueur de la tête est contenue environ trois fois et demie dans celle du corps; chanlrein régulièrement et peu convexe; museau obtus, compris un peu plus de trois fois dans la longueur de la tête. Le maxillaire dépasse le centre de l’orbite, mâchoire inférieure proéminente ; une paire de dents canines en haut comme en bas, les supérieures plus écartées; dents palatines plurisériées. Narines élevées, rapprochées de l’œil, la postérieure presque au niveau de la perpendiculaire tangente au bord antérieur de
Bonuaterre, Tableau encyclopédique et méthodique des ^ l\°7i59 du Catalogue général de la collection du trois règnes de la nature. Ichthyolngie, p. i 3 A. Muséum.
’ Bloch-Schneider, Syst. Ichihyol. p. 182, 3 .
l’orbite, toutes deux grandes, l’anteVieure entourée d’un repli membraneux développé. OEil rapproché du chanfrein occupant le cinquième de la longueur de la tête; espace interorbitaire n’étant que le sixième de celle-ci. Préopercule arrondi, fortement denticulé à son bord postérieur où l’on compte trente-six à trente-huit dents, dont les quatre ou cinq voisines de l’angle sont plus fortes, mais peu saillantes; pas d’échancrure notable (ceci ne s’applique qu’à l’exemplaire décrit ici, l’autre, un peu plus grand en présente une assez nette surtout adroite); bord inférieur lisse aussi bien que l’interopercule et le sous-opercule; dent operculaire médiane plus saillante et un peu plus rapprochée de l’inférieure que de la supérieure; lobe membraneux aigu. Toutes ces pièces, la tête, le museau, le maxillaire, couverts d’écailles.
Ligne latérale un peu relevée vers son quart antérieur, à peu [)rès parallèle au contour du dos dans le reste do son étendue, située vers le quart supérieur de la hauteur au niveau de l’anus. Celui-ci très- rapproché du milieu de la longueur totale, cependant plutôt un peu au delà de ce point. Ecailles petites, régulièrement disposées, s’étendant fort loin sur toutes les nageoires, sauf la face interne des ventrales. (Dans la ligure 3 de la planclie II, le dessinateur n’a pas fait remonter assez haut cette écaillure entre les épines de la dorsale.)
Longueur de la dorsale un peu inférieure à la moitié de la longueur totale (o,à6)^ et partagée presque également en portion dure et portion molle, bien qu’il y ait une diiïérence en faveur de celle-là; première épine environ moitié moins longue que la troisième, qui est la plus développée avec la quatrième, chacune d’elles étant à peu près égale au tiers de la plus grande hauteur; toutes les épines postérieures sonrt d’ailleurs presque de niveau, la troisième mesurant 2 3 et la dernière ai milimètres; portion molle arrondie en arrière; son plus haut rayon atteint environ les deux cim|uièmes de la plus grande hauteur. Anale arrondie, longueur de la base et hauteur égales et très-peu supérieures au septième de la longueur totale. Caudale à hord postérieur convexe (les angles sont même moins saillants que ne l’indique la figure). Dectorales arrondies, teignant pas l’anus. Ventrales moins prolongées encore que les précédentes.
La coloration générale du corps est d’un jaune brunâtre ; des taches arrondies s’y trouvent répandues; celles des parties supérieures sont colorées en brun violacé, celles des parties inférieures en roussâtre; il n’en existe pas sur la poitrine ni sur la mâchoire inférieure; quatre bandes verticales brunes descendent de chaque coté du corps, la première prend naissance au-dessous des troisième, (piatrième et cinquième épines de la dorsale, la seconde au-dessous des trois dernières, la troisième sous le premier tiers de la portion molle, enün la quatrième sous les derniers rayons de celle-ci. Les nageoires ont leurs bords libres colorés en brun foncé et sont couvertes de taches arrondies semblables à celles du corps.
‘ Les chiffres ainsi placés entre parenthèses indiquent en tractions décimales le rapport des dimensions.
ZOOLOGIE DU MEXIQUE. IV* PARUE. l 1
ZOOLOGIE
Ecailles des flancs en quadrilatère allongé', l’une d’elles mesure fl””,!» d’avant en arrière et 3 millimètres de largeur; sur cette espèce en particulier on observe facilement la différence de forme du foyer signalée dans nos considérations générales sur le genre; tantôt il est allongé comme le montre l’écaille figurée ici, d’autres fois il est arrondi et dans ce cas porté très en arrière contre l’aire à spinules; on trouve habituellement six festons au bord antérieur; les épines du bord libre varient en nombre de neuf à vingt-sept, il peut y en avoir jusqu’à dix sur une rangée médiane centripète; elles sont remplacées par des vermiculations irrégulières sur les écailles ventrales, qui souvent se présentent comme de simples écailles cycloïdes, ovales, avec un foyer excentrique et nulle trace de lestons ou de sillons centripètes. Écailles de la ligne latérale en triangle très-allongé, l’une d’elles mesure à"’™,o5 de long sur i "'’",75 de plus grande largeur vers le bord adhérent, qui porte quatre festons, dont un plus développé répondant à l’orifice du canal; l’ouverture interne est à peu près au milieu de la longueur de l’écaille; à partir de ce point, le calibre du canal, qui était large, se rétrécit et reste le même jusqu’à l’orifice postérieur.
Longueur totale 2 43 “"’
Hauteur 65
Epaisseur 33
Longueur de la tête '71
Longueur de la nageoire eaudale l\i
Longueur du museau 2 a
Diamètre de l’œil \ k
Espace interorbitaire j 2
V” .5210 (In Cnialogue général de la collection dn Muséum.
Cette espèce pourrait à elle seule démontrer combien est insuffisant ou , pour mieux dire, artificiel l’arrangement des Epinepheli basé sur la coloration; ici les bandes et les taches peuvent être presque de même valeur et, pour peu que les premières s’atténuent, on rangerait plus volontiers ce Serran dans les espèces du groupe g qu’avec celles du groupe c, où nous le plaçons. Cependant, à en juger par les individus examinés, c’est des Serranus (Irapao, C. \'.,et Serrmins Halmonoïden , Lacép., que l’animal dont il est ici question se rapproche le plus.
M. Steindachner, dans un récenl Iravail, regarde cette espèce comme identique au Sermnus analogm de M. Cill. En s’en rapportant à la description donnée par ce dernier auteur et reproduite presque intégralement [lar M. Cüntber, il y a en effet de grands rapports dans les proportions générales, la coloration et surtout les formules des nageoires; les épines, au nombre de dix a la dorsale, donnent un caractère de ressem-
PJ. H, fig. 3 a
blance d’autant plus curieux qu’il est exceptionnel dans le groupe : on pourrait même penser que c’est un fait anormal, s’il ne se trouvait à la fois sur les deux exemplaires du Muséum et sur les individus étudiés par MM. Gill, Güuther, Steindachner. Mais à coté de ces analogies se trouve dans la formule des écailles une différence assez marquée, la ligne latérale se composant chez \q Sermnm analogmà-Q 9 h (Gill) a 100 (Günther) écailles, tandis que nous n’en trouvons que 80, et M. Gill indiquant \k rangées longitudinales au-dessus de la ligne latérale au lieu de 20. Faut-il voir là le résultat de méthodes différentes dans la manière de prendre ces formules? c’est ce qu’il est difficile de décider, la comparaison des types authentiques peut encore seule ici juger la question.
(jette espèce a été dédiée à M. Gourtade, vice-consul de France à la Union ; deux fort beaux exemplaires, provenant de cette localité, ont été recueillis par la Commission scientifique du Mexique et donnés au Muséum. Quelques différences dans la grandeur de l œil , dans les dimensions et l’intensité de coloration des taches se remarquent entre ces deux individus, très-semblables comme taille (le second mesure 28/1 millimètres); ces laits ont trop peu d’importance pour qu’on puisse voir là autre chose que des particularités individuelles.