‹ Études sur les poissons (volume 4)Chapitre 25 sur 34 · Plectropoma GHLOROPTERL'M · texte numérisé non relu

Plectropoma GHLOROPTERL'M

(PI. V, %. 3 , 3 fl, 3 ^., 3 e.)

? Epineplielus aj'er, RIocli, 1707; Iclilliyol. IX” part. p. 78, pl. CCCXXVII.

? Alphestes afer, Bloch-Schneider, 1801 ; Syst. ichthyol. p. 2 . 36 .

Plectropoma chloropterum , Cuvier et Valenciennes, 1 828; Pist. nai. des Poiss. t. Il, p. 898.

P. monacantims , Robert, II. Schoinhurgk, 18/17; //ist. Jdavhadoes,\). 6 o 5 .

P. chloropUrum, l'oey, i 85 i ; Mem. IJist. nat. de la isla de Cuba, I. I, p. 78, pi. IX, fig. 3 .

P. chloropterum, Güulher, 1869; Cat. llrlt. Mus. Fishes, t. I, p. )6/t.

P. monacanthus , Günlhei', 1859; Cat. Prit. Mus. Fishes, t. I, p. 166.

? Alphestes afer, Pelcrs, t 865 ; Monatsbericht Ak.Wiss. Berlin, p. 10 5 .

P. multignitatum , Günther, 186O; Proceed. Zool. Soc. of London, p. 600.

P. chloropterum, Poey, 1866; Hep. Jk. nat. de la isla de Cuba, I. I, p. 266.

Prospinus chloropterus, Poey, 1 808 ; Bep. fis. nat. de la isla de Cuba, t. il, p. 289.

Plectropoma ajrum, Günther, 1 868-1869; Trans. Zool. Soc. of London, l. VI, part. VI, p. /ii 1 .

Prospinus chloropterus, Poey, 1871 ; Ann. Lyc. Nat. Hist. New-York, 1. X, p. i 5 .

D. XI, iC; A. 111, 9 .

Écailles : 1 3/75/88.

Forme g'e'ne'rale relativement lourde, la hauteur étant égale aux trois onzièmes de la longueur totale, la largeur moilié moindre. La longueur delà tête est à très-peu près égale à la plus grande hauteur, le museau très-court en occupe les deux neuvièmes; mâchoire inférieure légèrement saillante; maxillaire supérieur prolongé au point d’arriver presque au niveau du bord orbitaire postérieur. Une paire de dents canines jteu développées à la mâchoire supérieure, les autres dents en carde, mobiles; dents vomériennes en chevron, les palatines disposées sur plusieurs rangs, formant une plaque cinq à six fois plus longue que large. Narines rapprochées; l’antérieure vers le dernier quart du museau, entourée d’un repli membraneux, la postérieure relevée, au niveau de la perpendiculaire passant au-devant de l’orbite. Œil grand, tangent au chanfrein, occupant les trois onzièmes de la longueur de la tête; espace interoibitaire près de trois fois moindre. rréoj)ercule légèrement convexe eu arrière, armé sur son bord montant de soixante à soixante-dix dentelures, dont les quatre ou six inférieures bifides, croissant assez régulièrement de haut en bas; l’angle se prolonge lui-même en une forte épine courbe, dirigée en avant, le bord Inférieur étant absolument lisse; operciilaire avec trois épines aplaties, à peu près équidistantes, la mitoyenne la plus développée; lobe membraneux prolongé en pointe aiguë jusqu’au-dessous environ de la quatrième épine dorsale. Tête entièrement couverte d’écailles, sauf les maxillaires et intermaxillaires.

Ligne latérale assez régulièrement parallèle au contour du dos, peu distincte, surtout en avant, les écailles' qui la composent étant profondément enfoncées dans le tégument et irrégulièrement développées. Anus vers le milieu de la longueur du corps

ZOOLOGIE

M une disiance sensible de l’anale. Écailles plutôt petites, re'gnlièrement imbriquées.

Nageoire dorsale occupant environ la moitié de la longueur totale et divisée assez egalement en portion dure et portion molle, bien que la première soit un peu plus longue; les épines sont robustes, la première ne mesure (jue le septième de la longueur de la tête; les quatrième et cinquième, les plus développées, atteignent les deux cinquièmes de celte même dimension; celles qui suivent diminuent d’ailleurs peu de bailleur, la dixième ayant encore comme dimension absolue 21 millimètres, tandis que la quatrième en mesure 2Ô; la portion molle, à bord libre très-légèrement convexe, a comme hauteur extrême un peu plus que la moitié de la longueur de la tète. Anale longue a la base, d’environ le sixième de la longueur totale; première épine moitié moins haute que la seconde; celle-ci notablement plus forte que les deux autres, mesurant en hauteur à peu près les trois huitièmes de la longueur de la tête; portion molle à bord légèrement convexe et angle postérieur arrondi. Caudale fortement convexe occiqianl les deux onzièmes de la longueur totale. Pectorales larges, arrondies, se terminant vers le niveau de l’anus; ventrales plus courtes.

La coloration a été donnée par les auteurs de l’Histoire des Poissons, peut-être (1 apres des notes envoyées avec les individus par llicord. M. Poey, en i85i, l’a également indiquée. La figure que nous donnons ici* montre que ce Plectropome est d’un vert olivâtre assez uniforme avec des marbrures brunes; cette même couleur forme (|uelques bandes sur les nageoires impaires et des ponctuations sur les pectorales; ces dernieres, ainsi que les ventrales, sont plus claires; des ponctuations, d’un beau rouge un peu orangé, existaient sur tout le corps.

Les écailles, comme noyées dans un abondant mucus épidermique, sont moins apparentes que dans beaucoup d’autres espèces. Une écaille des flancs^ est en quadrilatère allongé, presque ovalaire, elle mesure 5”’", 5 de long sur 3""", 2 de large; le foyer est longitudinal; dix-neuf festons marginaux occupent le demi-contour antérieur en s’étendant sur les bords latéraux; laire spinigère est nulle, à peine indiquée par de faibles vermiculations. Cette forme, ainsi que chez lesSerrans^ peut être considérée comme une modification senile; on trouve, en elFet, d’autres écailles dans lesquelles le foyer petit, circulaire, est central, les festons n occupent que le bord antérieur, une aire postérieure triangulaire s’étend du foyer au bord libre coupé carrément; il n’y a toutefois point de véritables spinules; dans le voisinage immédiat de la ligne latérale, la forme de ces organes devient souvent irrégulière. Sur la ligne ventrale les écailles ^ réduites à de petites lamelles en ovale allongé de sur o'"”,8, sont couvertes de crêtes

concentriques a peine interrompues par deux ou trois sillons centripètes et une aire

' Pt. V, fig. 3. — PL V, fig. 3 a. Voyez p. Sa. — * Pi. V, lig. 3 i.

postérieure veriuiculée, rudimentaire. Les écailles delà ligne latérale*, profondément enfoncées dans l’épiderme, n’existent pas sur chaque rangée transversale, ce qui fait, comme on l’a vu plus haut, que cette ligne elle-même est peu marquée; leur forme est celle d’un triangle allongé, la longueur étant de 4’’’“, 4 sur le canal, à trois

ouvertures, s étend sur presque toute la longueur de la lamelle; les lobes marginaux sont au nombre de sept, dont un médian, beaucoup plus considérable vis-à-vis l’orifice antérieur du tube.

Longueur totale

Hauteur

Epaisseur

Loneueur de la tête

Longueur de la nageoire caudale

/il

Longueur du museau

Diamètre de l’œil

Espace interorbitaire

N’’ 5‘21 2 du Catalofjuo fruncral de la colieclion du Muséum.

Le Plectropoma cÀloroptemm , G. V., par la disposition des dents de son préopercule, la structure de ses écailles et le nombre des épines de sa nageoire dorsale se distingue facilement de toutes les espèces du même genre : aussi s’cxplique-t-on que M. Poey 1 ait considéré comme devant former une division particulière à laquelle il a donné le nom de Prospinm

L’espèce a été parfaitement décrite par Cuvier et Valenciennes, et depuis cette époque il n’existe aucun doute sur son identification.

D apres M. Peters, ce Plectroporne est le même que VEpinephclus afer de Bloch, opinion fondée sur l’examen de l’exemplaire original conservé au Musée de Berlin. La figure de 1 Icbtbyologie et la localité, donnée avec une si grande précision par Bloch, rendent jusqu ici le rapprochement incertain; bien que plusieurs espèces de poissons, nous n’en pouvons douter, soient communes aux rives atlantiques de l’Afrique et du nouveau continent, ou n’a pas encore cependant, à notre connaissance, signalé le Plectropoma cliloropleriim , G. V., dans la partie orientale de cet océan. Toutefois, l’autorité .si incontestable de M. Peters conduira très-vraisemblablement plus tard à

adopter le rapprochement proposé.

L’exemplaire appartenant à la Gommission scientifique du Mexique a été pris à la Jamaïque; d’autres individus de la collection proviennent de Haïti (Bicord), de la Martinique (Plée) et du Brésil (Gay). L’espèce, d’après M. Günther, a une aire d’extension beaucoup plus considérable et descendrait jusqu’aux îles Malouines en même temps

PI. V, lig. 3e. — Poey, Mem. .tobre la Um. nal. delà Ma de Cuba, t. II, p. 388, i856-i858.

ZOOLOGIE

qu’on la rencoiilre sur la côte de Panama, dans le Pacifique; ces derniers individus avaient d’abord e'té considérés comme formant un type distinct sous le nom de Plectropoma multiguUatum , Gthr.

Genke LUTJANüS, Bloch.

Cuvier, Bègne animal, i’’° e'ciil. l. II, p. 27^1, 1817.

Percoïdes à ventrales thoraciques; sept rayons hranchiostéges; une seule dorsale, avec x ou xi épines’ et de 12 à i 4 rayons; anale avec 111 épines et 8 à g rayons; des dents canines et en velours aux mâchoires; plaques dentaires vomérienne, palatines et souvent linguales distinctes; préopercule dentelé, peu ou point échancré au niveau de l’articulation de l’interopercule; operculaire avec ou sans prolongement aplati ne constituant pas une véritable épine; lèvres oi'dinaireinent papilleuses. Écailles médiocrement nombreuses, cténoïdes, polystiques, celles de la ligne latérale à canal ramiQé dans Paire spinigère.

Le genre Luijaniis est des plus naturels, et toutes les espèces qui s’y trouvent réunies oflrent entre elles des affinités très-évidentes. On ne peut élever d’objections fj^iie sur la compréhension du groupe, auquel devraient être joints plusieurs genres voisins, qui s’en distinguent à peine.

Les dents sont celles des Serrans, c’est-à-dire qu’on trouve quelques canines à la partie antérieure de la mâchoire, et en arrière, des dents en carde, ou plus souvent en velours. Dans aucun cas, nous n’avons observé la mobilité de ces organes. La force, le nombre des dents canines peuvent varier suivant les espèces.

Les plaques dentaires buccales ont plus d’importance pour la classification; on n’a noté cependant jusqu’ici aucune différence, quant aux plaques palatines. 11 n’en est pas de même de la plaque vomérienne. Déjà M. Güntber, à propos du Lutjümis üuroruhens , C. V.', avait insisté sur la forme de celte partie chez ce poisson. On peut, en effet, distinguer deux dispositions principales : ou bien cette plaque est en triangle plus ou moins surbaissé la base peut même être

‘ Excepté Liitjanus aitroniLens, C. V'. — ^ Günther, Catal. Brit. Mus. Fishes, t. l, p. 207, 1809. — ' CI. V Ijis, fig. 1 a.

parfois en angle rentrant, ce qui ramène à la forme en chevron; ou bien elle oflr(' un prolongement postérieur en triangle plus ou moins allongé, donnant tantôt la forme d’un clou, tantôt une forme losangique'. l.ie prolongement postérieur nous a paru snbir certains cbangements de forme suivant l’àge, étant à propoi'lion plus étroit et moins développé chez les jeunes sujets, mais il ne paraît jamais faire complètement défaut là où il existe normalement.

La placpie dentaire linguale, dont M. Knerr'^, le premier croyons-nous, s'est servi pour la classification, ne donne pas, quand elle existe, des caractères aussi précis. Sa forme et sa composition présentent cependant quelques variations. La première se rapproche généralement de celle d’un ovale allongé L ou, si l’on veut, d’une semelle. Tantôt elle est constituée par une seule plac[ue, d’autres fois elle est divisée j)ar une articulation transversale en deux portions, une antérieure et mie postérieure; la première peut être dédoublée longitudinalement, comme chez le LiUjaiius dentatm, A. Dum.; enfin chez le Lutjaiius Yapilli, Russ., tonte la plaque forme nue sorte de mosaïque composée d’un grand nombre de petites plaquettes irrégulières. Dans bon nombre d’espèces, les dents linguales font complètement défaut et un point très-important dans la pratique, c’est que celte plaque se développe seulement avec l'àge, comme M. Bleeker'' en a fait la remarqua, il faut donc, pour les déterminations, avoir soin do choisir les individus adultes, mais, dans ce cas, le caractère peut être considéré comme ayant une réelle importance'’.

Les lèvres présentent aussi une particularité à noter. En comparant ces parties avec leurs homologues dans la série des l’ercoïdes, on voit qu’ici elles sont généralement plus épaisses et toujours chargées do papilles, de villosités, allongées, fines, serrées les unes contre les autres et rappelant assez l'aspect du velom-s. Le développement n’en est pas toujours le même et pourrait peut-être fournir quelques distinctions spécifiques, si des recherches étaient laites dans ce sens. Eu tout cas, il est légitime de conclure de cette observation que le toucher labial doit êtia^

' PL V lus, fig. a a; pl. V ter, lig. i n et a a.

■ Knerr, Reine àerNomra. Fische, p. 3 o, i 865 .

^ Pl. V his, fig. a a; pl. V 1er, fig. i « et a a.

' l’Ieeker, Révinion des espèces indo-nrchipélagiques des

genres Luljanus et Aprion, p. fi, 1878. — ^ l.éoii Vaillant, Sur quelques espèces critiques du genre Lutjnnus. [Bidl. Soc. Philomathique, nouvelle série, t. XI, p. A?>. 187/1.)

ZOOLOGIE

très-développé chez ces poissons, et l’étude du but pliysiologic[ue de ces organes sur le vivant présenterait un réel intérêt.

Les pièces operculaires n’offrent que des caractères, on pourrait dire négatifs, par l’alîsence d’épine à l’angle operculaire, et d’échancrure au préoperculaire chez les véritables Lutjans. M. Bleeker a montré que, dans certaines espèces, l’angle préoperculaire pouvait se développer chez les jeunes sujets en une dent saillante, dent qui disparaît complètement chez l’adulte, et, par conséquent, le genre Évoplites, fondé par M. Gill, ne doit pas être conservé. Celte observation, des plus intéressantes, est de nature à faire réfléchir sur l’importance attribuée à certains caractères génériques, regardés jusqu’ici comme ayant une grande

valeur, et montre combien l’étude des Poissons doit attendre dans l’avenir de la connaissance des métamorphoses chez ces êtres si difficiles à suivre au milieu de l’élémeut qu’ils habitent.

Les nageoires sont analogues, dans leur disposition générale, à celles des Serrans. La dorsale unique, peu ou point échancrée à l’union des portions dure et molle, offre, dans la grande majorité des cas, x ou xi épines, et 12 à ik rayons. Cependant, chez le Lutjanus aurorubens, C. V., la formule est : xii, 10 ou 11; il send)le qu’un rayon se soit transformé en épine. L’anale a constamment ni épines, le nombre des rayons mous ne varie que de 8 ii 9; chez le Luljanus elongatus, IL et J., nous avons trouvé, il est vrai, 7 rayons, mais l’exemplaire unique de cette espèce est dans un tel état de conservation, qu’il peut exister des doutes sur ce point. La constance des epmes et des rayons, dans une espece donnée, est d’ailleurs la même et suit l’ordre que nous avons établi à propos des Serrans et des Plectropomes b La caudale est quelquefois lortemenl concave, à angles prolongés d’autres fois, à peine émarginée^; très-rarement, elle est légèrement convexe, car on ne connaît jusqu’ici comme exemple de cette disposition que le Lutjanns caudabs, C. V.

Les écailles, appréciées dans leur taille proportionnelle d’après les formules des lignes latérales et transversales, n’offrent pas des variations aussi considérables c{ue chez les Serrans et surtout que chez les Plectropomes. La formule des écailles

Voy. p. 5 i et 97. — ^ PI. V ter, fig. a. — ’ PI. V 1 er, lig. 1.

de la ligne latérale oscille généralement entre kb et 56. Le maximum, d’après nos études, se présente chez le Lutjanus chrysotamia , Blkr., pour lequel le nombre serait de 63; chez le Lutjanus grtseoïdes, Guich. , nous avons trouvé le chiffre 89 , c’est le nombre minimum. Quant à la ligne transversale, le nombre des écailles varie de 7 à 1 4 au-dessus de la ligne latérale et de 12 à 29 au-dessous.

M. Bleeker, dans un travail que nous avons eu fréquemment déjà l’occasion de citer, a montré^ tout le parti qu’on pouvait tirer de la disposition des écailles pour la distinction des espèces, en ayant égard, non-seulement à la formule habituellement employée, mais encore au compte de ces organes en séries longitudinales, tant au-dessus qu’au-dessous de la ligne latérale; malheureusement, nous ne savons où a été exposée la méthode pratique employée pour obtenir ces nombres, et, sur des types que le Muséum doit à la générosité de ce savant, nous ne sommes pas parvenus à retrouver exactement ses formules. Il indique aussi des caractères à prendre, soit de la direction des séries d’écailles, tantôt ascendantes, tantôt parallèles au contour du dos, soit de l’écaillure de la tête et du nombre des rangées qui couvrent la joue. Ces recherches, fort intéressantes, ne s’appliquent qu’aux espèces insulindiennes , mais mériteraient d’être étendues à tout le groupe pour bien juger la valeur de ces caractères.

Les écailles, chez les Lutjans, d’après nos recherches portant sur toutes les espèces de la collection du Muséum, au nombre de quarante environ, et sur plus de cinquante individus, sont construites sur un type très-uniforme; nous n’y trouvons pas de variations de l’ordre de celles que nous avons signalées dans quelques-uns des genres précédemment étudiés.

Les écailles des flancs, en quadrilatères réguliers plus ou moins arrondis sur les angles, offrent quant à la position et à l’étendue du foyer des modifications analogues à celles que nous avons déjà signalées; ces modifications, on l’a vu, dépendent de l’àge de l’organe. Les festons marginaux varient en nombre de huit^ à quatre-vingt-cinq^, d’après les chiffres que nous avons pu rassembler; cette différence tient à la taille sans doute, mais aussi à l’esjvèce. C’est ainsi qu’on verra

‘ Bleeker, Uèomon des espèces tndo-archipélagiques des genres Lutjanus et Aprion, p. 4 , 1878.

Lutjanus aurorubens, C. V., n° 6981 du Catalogue

ZOOLOGIE Bü BEXlQüE. — I?* PARTIE.

géaéralde la collection du Muse'uni. — ^ Lutjanus YupUli , Russ., n° 8200 du Catalogue général de la collection du Muséum.

114 ZOOLOGIE

plus loin qu’un Lutjanus aTutiis, Gtlir., de 92 inillnnetres, offre a une de ses écailles des flancs dix-sept festons, tandis qu’un Lutjanus chrysurus, de 210 millimètres, n’eu porte que quatorze. Ces festons occupent non-seulement le bord postérieur, mais encore s’étendent plus ou moins sur les bords latéraux; cependant, ou trouve tous les intermédiaires, depuis le cas où un ou deux lestons dépassent les angles antérieurs du quadrilatère, jusqu’à celui onces lestons occupent tout le demi-contour. L’aire spinigère est toujours ])lus ou moins en segment de cercle. Le nombre des spinules du bord libre varie considérablement avec la tadle des poissons, et peut-être l’espèce; ces différences soid; analogues à celles du nombre des festons et, dans les deux exemples extrêmes cités à ce propos il y a un instant, nous avons trouvé sur l’un quarante, sur l’autre cent quatre-vingt-neuf spinules. Les écailles sont d’ailleurs toujours nettement cténoïdes.

Les écailles de la ligne latérale sont curieuses et d’un type très-uniforme. Le contour en est toujours assez nettement arrondi. Le canal, dans sa portion locale, ne présente rien de particulier, l’orilice antérieur est largement ouvert, et la perforation centrale, constituant l’orilice postérieur, est très-nette; mais, en outre, on voit dans l’aire spinigère un nombre variable de ramifications ' sur lesquelles les épines font défaut, et qu’on doit considérer sans doute comme des divisions centrifuges du canal principal; seulement, au moins sur le sec, ces ramifications ne forment que des gouttières à concavité tournée en bas et non des tubes com- |)lets, comme le canal terminal de la Perche ou des Serrans ordinaires; il est à présumer que, sur le frais, il n’en est pas de même, et que le tube est complété dans sa portion profonde par les parties molles. Ces ramifications, tort apparentes et dont le nombre parait varier de trois à buit, donnent a ces écailles un aspect toid spécial qui ne permet pas de les méconnaître. Toutefois, ce meme type se rencontre dans d’autres genres, tels que les Etehs, lort voisins, sinon identiques, aux Lutjans, comme M. Bleeker en a déjà lait la remarque, et également dans d’autres hunilles; M. Sauvage a rencontré" une disposition analogue chez certains Sciénoides vrais. Dans une espèce, le Lutjamis lapilli, Russ. , sin un individu do grande taille ^ dont une écaille ne mesure pas moins de 10™™, à, celle-ci pré-

‘ Vny. pl. V bis, fig. 1 c, pl. V 1 er, lig. i c, -i c. ’ N” 8200 du Catalogue général de la collection du

- Bull Soc. Philomathique. Séance du ih juillet 1877. Muséum. Cet individu mesure 4 oo rmllimètres.

seule une aire spinigère occupée par une multitude de canaux anastomoses et formant un réseau au lieu de quelques traînées se rendant directement au l)ord

postérieur. C’est la seule espèce qui nous ait jusqu’ici présenté cette particularité. Les festons marginaux ne nous ont montré qu’une différence, dont il nous est impossible jusqu’ici d’apprécier la valeur; dans certaines espèces, un seul feston plus développé que les voisins répondrait à l’orifice antérieur du canal ' , chez d’autres, cette particularité ne s’observe pasL Quant aux spinules, elles se rencontrent toujours, mais n’existent qu’entre les ramifications du canal.

M. Poey ^ a récemment publié un fait d’une très-bante importance en ce qui

concerne les organes de la génération chez ces animaux; il aurait constaté sur plusieurs d’entre eux un liermapbroditisme rappelant celui de quelques Serrans.

Par l’ensemble de ces caractères, on voit que les Lutjamis se différencient tresnettement des Serranus, et la plupart des naturalistes modernes, dans les subdivisions qu’ils ont proposées pour les Percoïdes, les ont, avec raison, places dans des groupes distincts ^ Il n’est pas aussi facile de les séparer des Diacope et des Etel'is. Quant aux premiers , bon nombre d’icbtbyologistes n’admettent pas la division comme fondée et considèrent les deux genres comme n’en formant qu’un. 11 est ceidain que ces êtres sont très-voisins les uns des autres et, de plus, que l’écliancrure profonde du préopercule, qui caractérise les Diacopes, est un tait d’âge; elle manque en effet chez les jeunes individus. On ne doit donc regarder ces

groupes que comme des sortes de sous-genres; toutefois, ce caractère étant commode, ou pourrait, à ce titre, le conserver provisoirement. Il nest gtiere plus facile de distinguer les Lutjanus des Etehs, mis à tort par (mvier et \alenciennes avec les Percoïdes à deux dorsales, car, en réalité, ces nageoires sont aussi continues chez ces derniers que chez un grand nombre de Lutjans. M. Bleeker'’ donne pour caractère aux Etelis d’avoir la nageoire dorsale non squameuse, tandis que les écailles se prolongent sur elle chez les Lutjanus.

Nous avons cru, à l’exemple de M. Poey et de M. Bleeker, devoir abandonner le nom de Mesopriou. Dans la première édition du Règne animal, Cuvier® admit

‘ Pi. V èîS j iig'. 1 f et 2 c.

’ PI. V 1 er, Iig. 1 c.

’ \*oey,Ann.L\jc.Hat.Hkl.Neiv-York, l.IX.p.Socj, 1870.

" lileeker, Systemu Peveurum verisum, p. 5 et 96 , 1 875. ‘ Bleeker, î 7 «V/. p. So, 1875.

‘ Cuvier, Règne animal, p. 97/1 , 1817.

ZOOLOGIE

le genre Lutjanus, emprunté à Bloch, tout en retirant les espèces hétérogènes introduites par cet ichthyologiste ; ce groupe renfermait le Lutjanus Lutjanus, BL, L. brasiliensis, Bl. Schn., enfin, YAlphestes gembra, Bl. Schn. Dans la seconde édition, le nom de Mesoprion fut substitué comme synonyme, semblet-il, à celui de Lutjanus, c’est au moins ce que porte à supposer la note qui s’y trouve jointe'; le Lutjanus Lutjanus, BL, aussi bien que VAlph,estes gembra, BL, Schn., se retrouvent dans le nouveau genre. Quelles raisons justifiaient ce changement? Nous manquons d’explications à ce sujet. Un passage de l’Histoire des Poissons ^ qui date à peu près de la même époque, peut seulement faire supposer que ce nom paraissait trop barbare. C’est là un argument inadmissible, dès l’instant qu’on est d’accord sur les types, et il ne peut y avoir aucun doute sur la priorité du nom de Lutjan.

La difficulté que l’on éprouve à limiter le genre Lutjanus ne permet pas de se faire encore une idée exacte du nombre d’espèces qu’il peut renfermer; de plus, l’homogénéité très-grande du groupe fait que toutes ces espèces, très-voisines les unes des autres, sont fort difficiles à distinguer. Cuvier et Valenciennes en ont énuméré près d’une cinquantaine. M. Günther, dans son Catalogue de 1869, en retranche un bon nombre, comme formant double emploi ou n’étant pas suffisamment connues pour prendre place dans une énumération systématique; toutefois, avec les types décrits par lui ou divers auteurs et en faisant entrer dans le genre plusieurs espèces placées mal à propos dans des genres voisins, il arrive au total de quarante -cinq espèces. Depuis on en a indiqué quelques autres; on peut donc estimer que le nombre des Lutjans connus aujourd’hui est de quarante a cinquante.

Dans l’arrangement des collections du Muséum, nous avons cru devoir regarder comme distinctes les espèces dont on trouvera l’énumération dans le tableau cijoint. Nous nous sommes servis de la configuration de la plaque vomérienne pour les partager en deux sections dans le but de rendre simplement plus facile la distinction de ces Poissons, dont les caractères spécifiques sont, nous le répétons, très-délicals à apprécier.

Cuvier, Règne animal, p. i W, 1829. — ® Cuvier et Valenciennes, Hist. des Poiss. t. II, p. i 3 g , 18a 8.

Genre LUTJANÜS, Bloch. ^

r SECTION.

Plaque dentaire vonidrienne en chevron , ou triangulaire. a. Langue lisse.

Page 1