Serrainus maculato-fasciatus
(ri. IV, fig. 1 ; PI. I ter, lig. . 3 , 3 a.)
Serranus maculato -fasciatus , Sle'mdachntir, 1868; Sitzbungs. Akad. IFws. Wien, t. LMI, Ichth. AoC Y!l, p. 969,pl. 11.
S. acantophorus , Bocourt, 1868; Ann. Sc. nal. 5 ° série, t. X, p. 228.
ü. X, lA; A. III, 7.
Écailles; 18/92/80.
Hauteur inférieure au quart de la longueur totale et moindre que le double de la largeur. Tête occupant près du tiers de la longueur, chanfrein insensiblement continué avec la ligne dorsale. Museau équivalant environ aux deux cinquièmes de la longueur de la tête, le maxillaire atteint le centre de l’œil; mâchoires supérieure et inférieure, outre les dents en velours, armées toutes deux de chaque côté d’une dizaine environ de dents subégales, les antérieures à la mâchoire d’en haut, un peu plus développées, il est vrai, mais méritant à peine le nom de canines; dents vomériennes formant une plaque en chevron, les palatines en bande élargie relativement à ce qu elle est chez la plupart des Serrans. Le diamètre de l’œil fait le cinquième environ de la longueur de la tête et l’espace interorbitaire a la même dimension. Sous-orbitaire lai'ge, couvrant la partie supérieure du maxillaire. Préoperculaire en angle obtus,
arrondi, des denticulations le long de son bord montant et sur la partie postérieure du bord inférieur; les trois dents operculaires équidistantes, la moyenne beaucoup plus développée et plus saillante que les deux autres; lobe membraneux en pointe émoussée; écailles plutôt petites, couvrant toute la tète, sauf la portion antérieure à partir du niveau du centre orbitaire. Ligne latérale bien visible. Anus très-peu en arrière du milieu de la longueur du corps, à une petite distance de la nageoire anale. Surscapulaire arrondi , portant sept à huit dentelures.
La troisième épine de la dorsale est remarquablement développée et équivaut à plus des trois quarts de la hauteur du corps; elle porte à son extrémité une petite lanière membraneuse analogue à celle que présentent un grand nombre do poissons tels que ÏAnthias sacer, Bl., de la Méditerranée : la dernière épine est un peu plus longue que l’avant-dernière. Anale courte, pins haute que la portion molle de la dorsale. Pectorale arrondie, son extrémité de niveau avec celle des ventrales qui n’atteignent pas l’anus.
La coloration du dessus et des côtés du' corps est de teinte lilas, à la partie ventrale d’un blanc jaunâtre ; cinq ou six bandes verticales, formées par de petites taches brunes et arrondies, existent sur chaque côté; entre les bandes se voient d’autres petites taches de meme conliguration, plus faiblement colorées, qui forment, avec les premières, des ondulations longitudinales; la tête, excepté à sa partie inférieure, est couverte de taches pareilles, un peu plus petites; une bande légèrement nuancée de brun s’étend obliquement en arrière de la partie inférieure de l’œil à l’interopercule et se prolonge même sur la membrane branchiostége , cette dernière chargée, comme le reste du corps, de ponctuations sombres; le dos porte six taches d’un brun foncé, l’antérieure placée en avant du premier rayon épineux de la dorsale, les quatre suivantes espacées presque également sur la base de cette nageoire, et la sixième sur la racine des premiers rayons de la caudale ; la membrane de la dorsale est ornée de taches brunes, arrondies et entourées d’un cercle jaune, légèrement verdâtre ; les mêmes dessins se retrouvent sur les nageoires caudale et anale, mais marqués plus faiblement; ventrales brunes avec les extrémités jaunes; les pectorales sont teintées de cette dernière couleur, avec cinq ou six points bruns à leur articulation.
Ecailles des flancs quadrilatères à bord postérieur arrondi; foyer soit reculé, circulaire, soit antéro-médian, allongé; bord adhérent avec huit ou neuf festons marginaux; aire spinigère portant cinq ou six rangs de spinules au centre, celles du bord libre, au nombre de trente-six à trente-neuf, seules développées, les pointes en étaient émoussées, légèrement élargies, sur l’écaille que nous avons examinée; les dimensions étaient de 3"'“*, 4 de long sur 9 ““. 8. Sur la ligne ventrale, une écaille est fort allongée mesurant b d’avant en arrière sur o“’“‘,8 de large; elle n’a que deux festons marginaux et ne présente aucune trace de spinules. Ecailles de la ligne latérale* subtriangulaires,
^ PI. I ter, üg. 3 et 3 rt.
ZüOLOüIK Ul MEXIQUE.
ZOOLOGIE
canal infundibulilorme, terminé par une portion rétrécie, qui traverse toute l’aire spinigère; un grand feston marginal médian, deux à quatre plus petits de chaque côté; spinules peu nombreuses existant de chaque côté du canal: l’une de ces écailles mesure 3 millimètres de long sur 9 '"'",8 de large.
Une pseudobranchie ; vessie natatoire simple, argentée, assez grande. Estomac en cul-de-sac; il contenait, dans rexem|)laire examiné, des rachis de petits poissons indéterminables, quelques petits ci-abes, une holothurie dans le cloaquede laquelle se trouvait un Pinnothère, enfin divers fragments charnus paraissant provenir de pieds de Gastéropodes; appendices pyloriques au nombre de neuf, quatre à gauche, cinq à droite; intestin assez long, dirigé d’abord en arrière et parcourant toute la cavité abdominale, revenant un peu en avant pour se recourber de nouveau vers le tiers postérieur de la cavité, puis remontant pour décrire une dernière courbe de même longueur à peu près que la première. Foie médiocre, peu prolongé en arrière. Cet individu était pourvu de deux ovaires creux, allongés, symétriques; rien ne nous a paru indiquer la coexistence d’organes mâles.
Longueur totale
Hauteur
Epaisseur
Longueur de la tête
Longueur de la nageoire caudale
Longueur du museau
Diamètre de l’œil
Espace interorbitaire
N” 49.55 (lu Catalogue général de la colieclion du Muséum
La division du genre Serran à laquelle appartient cette espèce ne comprend, comme on l’a vu plus haut, que trois types. Le Serranus clathratus, Grd.^, se distingue aisément de celui qui nous occupe ici par son profil allongé, plutôt un peu concave, ce qui fait paraître la tète plus fine et donne un aspect rappelant davantage celui des Serrans proprement dits; les dents sont encore plus laibles; les ni® et iv® épines dorsales, à peu près égalés, ont seulement environ la moitié de la hauteur du corps; il paraîtrait aussi y avoir un rayon de moins à la portion molle, mais cela, on l’a vu, n’a qu'une médiocre valeur; le système de coloration dans lequel les ponctuations font défaut peut aussi servir à caractériser cette espèce au premier coup d’œil. La formule des écailles 18/79/99 est encore à noter.
/it;
Girard, Expl, and Survey Pacific railroad. Fishec, p. 34 , pl. XII, fig. ,5-8; i858. Le Muséum possède deux (ypes provenant Ions deux de Californie, envoyés, run par
M.Salmin (rC ydôd. Cal. gén.), l’autre par M. Steindacli ner (n“ 9861 , Cal. gén,).
Il est plus dilRcile d établir une diagnose diffe'rentielle entre ce Serranm rnaculato-Jusciatm, Steind., et le Serranus nebulijer, Grd.'; si même on s’en rapportait à la comparaison faite avec un exemplaire envoyé comme type de ce dernier poisson par M. Salmin'^, nous croirions volontiers à l’identité de ces deux espèces. Cependant la coloration, d’après les détails fournis par M. Girard et la ligure donnée dans ce même travail, indiquent quelques différences; il est vrai que le dessin est si défectueux en des points essentiels, comme le nombre des épines, qu’on ne peut l’accepter qu’avec doutes. Des études ultérieures sur les types authentiques sont donc nécessaires pour juger définitivement cette question.
La longueur inusitée delà troisième épine dorsale donne à ces deux dernières espèces du groupe des Paralahrax une physionomie spéciale ; parmi les Serrans, le Serranus spiniger, Gthr., présente seul quelque chose d analogue, à cela près que l’élongation porte sur le second rayon; d ailleurs, ce poisson, dont nous avons trouvé un exemplaire dans les collections du Muséum, offre tous les caractères des véritables Mérous.
Deux des trois espèces de cette section avaient été soumises à l’examen de M. Ch. Girard et furent d’abord regardées par lui^ comme se rapportant au genre Lahrax, mais plus tard'’ il reconnut que ces poissons avaient des rapports beaucoup plus intimes avec les Serrans. Toutefois, cet ichtbyologiste crut devoir les séparer de ces derniers et en forma le genre Paralahrax, distingué des Serranus «par la forme du contoui de la nageoire doisale epineiise et le développement relatif des canines, qui sont assez petites pour avoir induit a penser que ces espèces appartenaient au genre habraxT, Ces caiacteres sont loin d etre suffisants pour justifier une distinction de cette importance, et M. Steindacliner parait avoir mieux apprécié les rapports réels de 1 espece qii il a eue sous les yeux en la faisant entrer dans le genre où ces animaux sont laisses aujoiirdhui, mentant a peine d etre considères comme y formant une section^, lis ofïient des rapports plus intimes avec les Serranus s. sir. quavec les Epinephelus , non-seulement par leurs caractères extérieurs, mais encore par certains détails anatomiques tels que le petit nombre des appendices du pylore.
L’exemplaire appartenant à la Commission du Mexique et représenté sur la planche IV avait d abord été indiqué sous le nom de Serranus acantophorus , Boc. ; en même temps
‘ Girard. Expi. and Suney Pacific failrond. Fishes, ],. 33, pt. XII, %. i-4;i858.
- N° 7655 du Catalogue général de la collection du Muséum.
^ Girard, Obn. coll. Fishes mnde on the Pacific coast of United States (Proceed. Acad. Nat. Sc. Philadelphia, i854, p. 1 42 et i43).
* Girard, Contrib. Ichthyol. West, coast of the U. S. [Proceed. Acad. Nat. Sc. Philadelphia, i85C, p. i3i). —
Liiiited States and Mexican Boundary Survey. Ichthyology of the Bouiidary, p. .33. Dans la diagnose générique, I auteur donne à tort le nombre vi pour Ibrmule des rayons branchiostéges ; cette erreur s’explique d autant moins que dans la de.scription des espèces on tî'ouve le nombre
réel VII.
Steindacliner, Bemerkungen über SeiTanus nebulfer e^ Serranus clathratus sp. Gird. [Sitziingsb. Akad. Wiss Wieii, t. LXXII; 1875 . Ichlh. Beitr. III; p. 1 , tir. à part).
] espece était décrite et figurée par M. Steindachner sous le nom que nous lui conservons iciL Le Muséum en a reçu de M. Salmin un second, long de o“,36o^
Tous les individus jusqu’ici connus proviennent du Pacifique et des côtes de la Californie, région dans laquelle paraît se trouver cantonnée la division du genre Serran à laquelle ils appartiennent.