Centropomus nigrescens
(PI. I Ms, flg. 1, 1 «, 1 1 c.)
Centropomus nigrescens, Günther, i86i; Proceed. zool. Soc. London, p. ihU.
C. nigrescens, Günther, 1868-69; Trans. zool. Soc. London, t. VI, pars VIT, p. /107.
D. VlII-I, 10; A. III, 6.
Ecailles : 1 h.
Hauteur égalant environ le sixième de la longueur totale et moindre que le double de la plus grande épaisseur. Tête à très-peu près égale au quart de la longueur, déprimée ; nuque non relevée. Museau élargi, égalant deux fois et demie l’espace interorbitaire; maxillaire dépassant un peu le centre de l’orbite; le diamètre de celui-ci environ sept fois dans la longueur de la tête , presque égal à l’espace interorbitairo. Sousorbitaire a bord inférieur lisse ou n offrant à sa partie moyenne que quatre ou cinq (lenticules très-fins, a peine perceptibles. Limbe antérieur du préopercule ne présenlant qu’une dent nette, encore est-elle médiocrement développée; bord postérieur finement dentelé, muni sur le côté montant de trente à trente-cinq épines croissant de haut en bas jusque vers l’angle, où sont les plus fortes. Lobe membraneux du soiisoperciilaire n atteignant pas à beaucoup près le niveau de la dorsale épineuse. Ligne latérale tres-visible par sa coloration; elle suit assez exactement le contour du dos. Anus aux deux tiers de la dnstance qui sépare l’origine des ventrales de celle de I anale. Ecailles médiocrement développées. Première dorsale à rayons plutôt grêles; le quatrième un peu plus long que le troisième et ayant environ les deux tiers de la hauteur du corps; abaissé, il n’atteint pas la naissance de la seconde dorsale. Anale prenant son origine à la hauteui- delà partie moyenne de la dorsale molle; son troisième rayon égal au second; couchés, ils occupent les deux cinquièmes antérieurs du pédoncule caudal, et leur longueur absolue ne dépasse pas celle de la plus haute épine dorsale.
Les parties supérieures du corjis sont colorées en gris violacé; les inférieures sont d un blanc jaunâtre, à reflets argentés; des lignes grises traversent longitudinalement toutes les écaillés; les nageoires dorsales, anale et caudale, sont piquetées de petits points dun gris lonce; pectorales et ventrales de couleur jaune; ligne latérale teintée
(le noir,
Ecailles du corps * en carré, à angles arrondis, le côté postérieur saillant, en courbe ; I une d elles mesure 8““,8 de long sur 8“™,3 de haut; foyer petit en ovale transverse, situe au delà des deux tiers antérieurs, contre le champ postérieur; les sillons rayonnants sont nombreux, limitant sur un de ces organes dix-neuf festons, qui occu|)ent
' PI. l Ms, lig. 1 a.
non-seulement le champ antérieur, mais encore la partie avoisinante des champs latéraux; les crêtes concentriques sont très-nombreuses et très-fines, fort régulières et presque aussi serrées sur les champs latéraux que sur le champ antérieur. Les écailles ventrales* offrent exactement le même type, mais en ovale, allongé d’avant en arriéré, ayant 8““,'7 dans un sens, 6 ““, i dans l’autre; le foyer est séparé de l’aire spinigère par des crêtes concentriques plus espacées que celles des champs latéraux et anterieur; les festons, au nombre de dix ou douze, occupent presque tout le demi-contour anterieur. Une écaille de la ligne latérale^ est en quadrilatère arrondi, mesurant 8"’“,9 de long sur 6“'", 8 de haut; canal perforant; paroi externe formée par une lamelle rétrécie en avant et libre sur presque toute son étendue, de manière à pouvoir être soulevée comme un battant de porte, suivant la disposition typique; un énorme feston occupe à peu près tout le bord antérieur; de chaque coté .s’en trouvent quatre ou cinq plus petits remontant sur la moitié des bords latéraux; les sillons rayonnants qui les limitent sont prolongés jusque vers le foyer occupé par le canal : les crêtes concentriques entre ces sillons sont plus rapprochées que celles de la portion antérieure des champs latéraux; aire spinigère triangulaire prolongée jusqu au canal.
La vessie natatoire est simple, sans prolongements en oreilles antérieurement.
Longiieiir totale /joo'""'
Hauteur g g
Epaisseur g..
Longueur de la tête , q3
Longueur de la nageoire caudale gi
Longueur du museau 35
Diamètre de l’œil j5
Espace interorbitaire 1 4
N° ig3/i (lu Catalogue général de la collection du Muséum.
M.Güiilher, en établissant cette espèce, fait remarquer qu’elle est voisine du Cen- Iropotnus appendiculatm , Poey, c’est-à-dire du Centroponius undccimalis, BL, rrne s’en 'f distinguant a 1 extérieur que par les épines de ses nageoires beaucoup plus faibles et ^rplus courtes.» La description ajoute à ces différences une écaille de plus à la ligne transversale dans sa partie supérieure, la hauteur du corps un peu plus grande, la tête très-|)en plus longue, enfin la vessie natatoire simple. D’après l’exemplaire que nous avons sous les yeux, en le comparant aux individus de l’espèce typique du genre, le dernier de ces caractères est le seul positif, les autres sont d’une appréciation trop delicate, et, en 1 absence de ce detail anatomique ou de renseignements sur la station,
PI. Ibis, lig-, 1 è. — - PI. I bis, fig. i c.
ZOOLOGIE
on ne pourrait certainement distinguer les espèces. Nous savons aujourd’hui, en ce qui concerne les animaux placés de chaque côté de l’isthme de Panama , que les données géographiques n’ont que peu de valeur. Quant è la différence observée dans la vessie natatoire, justifie-t-elle absolument la distinction? C’est ce qu’il est difficile de préciser dans l’état actuel de nos connaissances; elle suffit cependant pour faire regarder le Centropomus nigrescens, Gthr. , comme espèce particulière.
Peut-être doit-on rapporter à ce même Centropome l’individu cité par Cuvier et Valenciennes comme jjrovenant de Lima '. C’est un fort grand exemplaire, long de plus de o“,790, par malheur empaillé, ce qui nous laisse sans renseignements sur la vessie natatoire. La formule des écailles 8/71/1 5 étant plutôt celle du Centropomm undecimalis, Bl., la provenance seule, et l’on vient de voir ce qu’il faut en penser, parle en faveur de l’assimilation à l’espèce du grand Océan Pacifique. Ajoutons que la localité même est douteuse; on lit sous la planchette qui supporte le poisson : «Acquis par «échange au duc de Rivoli. Donné au Rio-de-Janeiro par un de ses cousins qui revenait «de Lima.» La détermination exacte de cet exemplaire est donc fort difficile.
Le CentroponniH nigrescens, Gthr., a été établi d’après un individu rapporté de Chiapam au Guatemala; l’exemplaire du Muséum provient de Mazatlan (Salmin).