‹ Études sur les poissonsChapitre 8 sur 20 · Centropomus CUVIERl · texte numérisé non relu

Centropomus CUVIERl

(PI. I ier, üg. i, i a, 1 b, 1 c; pl. Il, fig'. a.)

Centropomus Cuvieri, Bocourt, i868, Ann. Sc. nat. 5 “ sér. t. IX, p. ()i.

D. VIII-I, lo; A. III, 7.

Écailles : (jl'ôxjxh.

Corps assez allongé, la hauteur étant très-peu moins du cinquième de la longueur totale et égale à deux fois et un tiers l’épaisseur. Tête aplatie, faisant le quart de la longueur; nuque relativement basse; parties triangulaires du crâne peu allongées; museau déprimé, court, plutôt étroit, équivalant à une fois un tiers l’espace interorbitaire; maxillaire étendu au plus jusqu’au tiers antérieur de l’orbite; œil grand, occupant plus du cinquième de la longueur de la tête; espace interorbitaire proportionnellement large, il atteint plus du sixième de celte dernière dimension; sous-orbitaire avec six ou sept dents très-nettes. Préopercule à bord antérieur du limbe armé de deux épines courtes, élargies, triangulaires; bord postérieur avec une vingtaine d’épines sur la portion montante, les supérieures plus petites et se dirigeant vers le haut; lobe membraneux ne se |>rolongeant pas jusqu’au niveau du premier rayon de la nageoire dorsale. Anus Irès-peu au delà du milieu de la distance ({ui sépare la base des pectorales de l’anale. Ecailles |)lutôt grandes; sur-scapulaire avec trois dents fortes. Bayons de la première nageoire dorsale robustes, atteignant la seconde lorsqu’ils sont abaissés; troisième rayon dépassant à peine le quatrième comme longueur et su])érieur aux cinq septièmes de la hauteur. Anale portée sur une partie très-saillante et anguleuse; son origine en face du huitième rayon mou de la seconde dorsale; troisième épine de l’anale égale à la seconde ou même la dépassant un peu, au moins aussi longue que le pédoncule caudal et égalant la plus grande hauteur du corps.

La couleur de celle espèce, qui n’est encore connue que par des individus depuis longtemps dans la liqueur, doit se rapprocher beaucoup de celle du Centropomus undecimalis, Bl.; la ligne latérale offre une teinte plus sombre, comme dans cette espèce; l’extrémité des ventrales paraît sablée de noirâtre.

Les écailles sont construites sur le type habituel; celles du corps ^ assez régulièrement quadrilatères, à bord postérieur libre un peu saillant en angle, mesurent sur l’exemplaire h””, 3 de long sur autant de hauteur; le foyer est petit antérieur; le bord adhérent montre six lobes marginaux; le champ postérieur est limité en avant par une ligne droite; il y a au maximum quatorze ou quinze épines sur une rangée centripète, les cinq ou six externes seules sont de véritables spinules; le bord libre porte plus de soizante-quinze de celles-ci. Une écaille ventrale^ est très-irrégulièrement ovalaire, à foyer occupant, par érosion , près du quart de la surface; au bord adhérent se trouvent cinq festons marginaux peu visibles; le bord libre porte environ ving-cinq épines inégalement réparties sur une seule rangée. Une écaille de la ligne latérale ^ rappelle la précédente plutôt que l’écaille des flancs; sa longueur est de 5""", 8, sa largeur de à la partie antérieure d’un foyer large, vermiculé, se voit le canal limité, suivant la forme habituelle, par un battant libre sur la plus grande partie de son étendue; au bord adhérent existe un large feston central, et de chaque côté un ou deux festons beaucoup plus petits; Faire spinigère est très-irrégulière, avec une série de trente à quarante spinules le long du bord; cette série est interrompue sans ordre de distance en distance; d’un côté seulement se voient trois ou quatre spinules rudimentaires en rangée centripète.

La vessie natatoire est enlevée sur cet individu; sur un autre de plus petite taille, elle est simple.

Longueur totale

Hauteur

Epaisseur

Longueur de la tête

Longueur delà nageoire caudale

Longueur du museau

l)iamètr(! de l’œil

Espace interorbitaire

N" 5i 13 (lu Catalogue g(în(5ral do la collection du Muséum.

Ce Cenlropome est assez voisin, au premier coup d’œil, de l’espèce typique du genre, avec laquelle elle a été confondue, comme on le verra plus bas; cependant, en y regardant d’un peu près, il est facile de trouver des diflérences nombreuses, dont quel-

‘ PI. 1 ter, fig. 1 rt. — * PI. 1 1er, (îg. i b. — ® PI. I ter, fig. i c.

ZOOLOGIE

ques-unes importantes. La hauteur est notablement plus grande, le cinquième au lieu du septième par rapport à la longueur; la tête plus courte', le maxillaire egalement; l’œil plus grand occupe le cinquième au lieu du sixième de la longueur de la tête; l’espace interorbitaire est aussi plus large; le sous-orbitaire présente des denticulations très-nettes, il est, au contraire, à peine festonné chez le Cenlroponms undecimalis, BL; la ligne latérale a seize à vingt écailles de moins; l’anus est plus en avant; enfin sur la ligne du profil ventral se voit une saillie qui porte la nageoire anale; la troisième épine de celle-ci est plus longue que la seconde et que le pédoncule caudal; il y aurait un rayon mou de plus à la nageoire anale. Plusieurs de ces caractères demandent un examen attentif pour être reconnus, mais on ne peut contester la valeur de la plupart d’entre eux. 11 est bon de remarquer que les différences de proportions de l'orbite, des épines, etc., ont été étudiées sur des exemplaires assez ])eu différents de taille, 99 et 98 centimètres, pour qu’on puisse très-légitimement en tenir compte.

L’histoire de cette espèce est assez singulière ; les deux individus qui la représentent, celui que nous avons décrit et un second beaucoup plus petit, long de o”*, i 46 seulement, ont été envoyés par Ricord à la collection du Muséum avec un Centropomus undecimalis, BL, vrai; les trois Poissons furent réunis dans un même bocal sous la dénomination de la seule espèce admise alors. Si l’on examine la figure donnée par Cuvier et Valenciennes^, on est frappé d’y voir indiqués certains caractères dont il n’est pas question dans le texte ou qui même sont en contradiction avec lui; M. Poey a déjà relevé ce fait avec beaucoup de sagacité : ainsi, la hauteur est trop grande, l’œil également; le sous-orbitaire offre de véritables denticulations; l’anale est supportée sur une partie saillante Or on peut remarquer que cos particularités conviennent parfaitement à l’espèce qui nous occupe ici; il devient dès lors probable que la description a été faite, comme nous l’avons dit plus haut, sur un individu appartenant au Centropomus undecimalis, BL, tandis que le dessinateur, pour faciliter peut-être la réduction sur la planche, choisissait le petit exemplaire, c’est-à-dire un Centropomus Cuvieri, Boc.

Le Centropomus Cuvieri, Boc., habite Haïti (Ricord).

■’ Poey, Mem. sobre la liist.iuit. de la isla de Cuba, t. II, p. 119.1 856 - 58 .

' Pi. II, fig. 1 et 2.

* Cuvier et Valenciennes, Hist. des Poissons, pl. XIV.

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