‹ Études sur les principaux collèges chrétiensChapitre 27 sur 66 · JUILLY PENDANT LA GUERRE · texte numérisé non relu

JUILLY PENDANT LA GUERRE

Aux premiers jours du mois de septembre 1870, le général Vinoy campait dans la plaine de Saint-Maur. La fontaine Sainte- Geneviève, cette source légendaire dont le souvenir s'associe à celui de toutes les invasions barbaresques depuis Attila jusqu'à Guillaume, voyait chaque jour nos soldats venir faire leur provision d'eau. Quand ils partirent, la plaine située entre Paris et Juilly était en feu : on incendiait les meules pour que les Prussiens n'en pussent profiter. ♦

Le 1 1 septembre le collège de Juilly recueillit encore quelques cuirassiers du 9* régiment qui allaient en éclaireurs sur la route deMeaux. Les jours suivants d'autres éclaireurs traversèrent le village.

Le flot envahisseur montait toujours. Le J4 septembre les Prussiens entraient à Meaux. Quatre lieues seulement les séparaient de Juilly, qui fut envahi le 16.

Le 18, les maîtres qui étaient restés eurent la douleur de voir passer d'innombrables troupes se dirigeant sur Paris. Six mille soldats ennemis s'établirent dans toutes les maisons du village, douze cents se répandirent dans les corridors, dans les dortoirs, dans toutes les salles du collège. L'occupation fut longue, pénible et rendue plus douloureuse encore pour des cœurs généreux par la conduite antipatriotique et immorale des habitants du pays.

Les maîtres restés dans la maison montaient souvent, l'âme navrée, au belvédère, d'où, avec une lunette astronomique, ils apercevaient la capitale investie, et bientôt la virent bombarder, puis incendier.

Donc Juilly, moins heureux que le petit séminaire d'Orléans, dut suspendre ses cours. Mais la prospérité de ce bel établissement, un moment interrompue, ne tarda pas à reprendre, et le présent, déjà très-satisfaisant, promet un magnifique avenir.

LES MAISONS d'ÉDUCATIOX DE l'oRATOIRE. 165

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