‹ Études sur les principaux collèges chrétiensChapitre 29 sur 66 · LE GÉNIE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LE GÉNIE DE LA FRANCE

Quanta, Germani, inala, quot procellas Solvitis vanas! Genius gubernans Dirigit navem, tumidique ponti ^quora vincet.

Advolant cursu rapide fréquentes Ceu lupi silvae : data vis nocendi, Galliee turmas, solitos triumphos, Pectora turbant!

Mente dicebas, Alemanne bacchans :

Ibo, quin niuros breviter sub armis Diruam : Francus pedibus refringam ; Frangere possum.

Et cadunt aices, cadit et superba Civitas ; ripa; Ligeris stupentes Audiunt pugnas; mediis in agris Magna ruina Sternitur. Yirtus aninios virorum Linquit, ob turbas nimias, inanis ; Teutones vincunt tonitru perenni (1), Mre fragorum.

Risque civilis rabies ministrat, Csedit et cives, honor ut procumbat Ultinius : sedes oleo cremantur Ora sub hostis.

Virgines, luctus operite vestem, Atque tlectatis Dominuui precando :

Filios mater, tenerumque fratrem Flete sorores.

Ut maris fluctus, abeunt retrorsum Teutones tandem; cupidi latrones Auferunt nostris opibus referta Plaustra cientes.

Soia spes Gallis superest minutis, Noster antiquus Genius ruina Exstat ; incumbens Genii lacerto Galiia surgat.

Audiat vocem : « Grave moliendum est, Nunc opus longum toléra : parabo Nunc viros, leges, meliora régna Dignaque priscis.

(I) Var, r Teutonum vinci tonilru perenni

Fragor ahenus.

« Tuque majorum fîdei mémento,

Hujus setatis, ducibus quCi ferebant Nobileslauros, Carolo coronaia Signa Joannse.

« Plurimi heroes hodie supersunt.

Restât in templis pietas puellge, Restât et virtus; patriœ ju venta Servat aniorem.

« Impetum tester peditum ruentem, Et duces magnoS; equitumque turmas Quas humi stravit célèbres iniqua Pugna gigantuni.

« Toile cervicem, genitrix virorum, Galliai tellus ; timene futura; Num tibi tantos liceat timere Inter honores?

« Det tibi Christus rediviva surgens Fata! Germanis méritas rependat Ultio partes; prece sic frequenti Vota fovemus. »

H. Batjtain, Elève de rhétorique.

NOTE SUR L'ECOLE MASSiLLON

Un des membres les plus distingués et les plus zélés du nouvel Oratoire, le P. Lescœur, dans une brochure dont la publication lui sera comptée comme un immense service rendu à notre pays, a soutenu avec beaucoup de talent cette thèse que l'externat, toutes les fois quHl est possible, est préférable à l'internat même chrétien et clérical, parce que cette forme d'éducation, pour laquelle l'Église a toujours manifesté une prédilection particulière, laisse subsister davantage l'influence et la responsabilité de la famille. L'auteur de l'Etat maître de pension s'est surtout attaché à montrer que le système d'internat des lycées est profondément, irrémédiablement vicieux, et qu'aucune réforme sérieuse et générale dans l'éducation française n'est possible si l'on ne commence par supprimer l'internat universitaire, suppression qui d'ailleurs tournerait à l'avantage de l'Université ellemême, délivrée dés lors d'une responsabilité qui l'écrase sans profit pour personne. Il faut espérer que cette transformation radicale s'opérera bientôt, puisque, d'après des témoins trèsautorisés, l'Université convient généralement que l'internat est aussi funeste à la société qu'à l'enfant lui-même.

Pour les familles si nombreuses qui ne peuvent ou ne veulent pas faire sous le toit paternel l'éducation de leurs enfants, il restera les collèges chrétiens à la prospérité desquels nous aimerions tant contribuer, parce que leur rôle est plus important, plus décisif que jamais.

Ceux qui sont capables de comprendre les raisons données par le P. Lescœur doivent éprouver une grande joie à voir l'Oratoire doter Paris d'un nouvel externat dans le genre de ceux que M. l'abbé Thenon a créés depuis plusieurs années et qui ont déjà fait tant de bien.

Pour faire connaître l'externat oratorien, il nous suffit ici de citer quelques lignes du prospectus de VEcole Massillon, qui suit les cours du lycée Charlemagne, et n'admet et ne conserve des élèves qu'aux conditions les plus sévères de moralité, de travail, de discipline et de religieuse confiance envers leurs maîtres.

«11 est inutile de dire d'après quels principes et dans quel esprit les Pères de l'Oratoire dirigent cet établissement. Ce sont les mômes qui ont fait le succès de leurs maisons de Saint-Lô et de Juiliy : donner pour base à l'éducation la connaissance et l'observation des lois de l'Évangile, développer dans l'âme de leurs élèves, stimulés par un travail vigoureux, l'amour de Dieu, du devoir, de leur pays et de leur famille, tel est le résumé de ces principes.

« Un externat a cet arantage qu'en laissant îi des maîtres chrétiens le temps et l'influence nécessaires pour agir d'une manière efficace sur l'esprit des enfants, il ne les enlève pas cependant à l'action toujours bienfaisante de la famille.

« Être les auxiliaires des parents dans l'œuvre de l'éducation, tel est le but que nous poursuivons.

« Quant à l'instruction, elle ne peut que profiter du contrôle exact et minutieux qui sera appliqué aux leçons et aux devoirs. Cette surveillance sera complétée par des répétitions quotidiennes, des conférences et des examens.

a Le règlement de la journée est disposé de manière à concilier les exigences des études avec la vie de famille. Les élèves arrivent à l'école à sept heures du malin ; ils y font tous leurs devoirs et y prennent tous leurs repas. Ils retournent dans leurs familles les jours de classe à sept heures trois quarts du soir (1), les jeudis à midi et demi, et les dimanches après le catéchisme de persévérance.

« Le prix de l'externat est de 800 fr. par an. 11 y a en outre les frais du lycée, qui varient de 180 à 300 fr. par an suivant les classes.

« Chaque élève paye 10 fr. au commencement de Tannée pour le couvert et les serviettes.

«< Les leçons de gymnastique, de chant, de dessin, se payent à part.

« Les élèves peuvent acheter dans la maison les livres et fournitures dont ils ont besoin.

. « Les payements se font d'avance et en trois termes. On verse trois dixièmes le d" octobre, trois dixièmes le l'"' janvier, quatre dixièmes le 1" avril.

a Les élèves payent à dater du jour de leur entrée. Lorsque leurs parents les retirent d'eux-mêmes, ils n'ont droit à aucune remise sur le trimestre commencé, sauf le cas de maladie grave et de longue durée.

« L'époque des vacances, celle de la rentrée et les congés sont les mômes qu'au lycée. »

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