‹ Études sur les principaux collèges chrétiensChapitre 41 sur 66 · LES ÉCOLES · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES

DU

DE SAINT-DOMLMQUE

L'origine du Tiers-Ordre enseignant de Saint-Dominique se confond avec les premières traditions du patriarche lui-même, qui, après avoir consacré ses disciples à la prédication, voulut fonder une sorte de chevalerie populaire pour porter les pratiques religieuses au plus profond de la société civile. Cette institution nouvelle, qui avait pris le nom de Milice de Jésus-Christ Qi de Tiers- Ordre de la Pénitence, ^q développa rapidement, et sa règle fut confirmée par un grand nombre de papes. Nul autre titre que celui de chrétien n'était exigé pour en faire partie, mais chaque fois que des frères ou des sœurs ajoutaient à cette règle l'habit de l'ordre, la vie en commun et la pratique des trois vœux, les religieux jouissaient de tous les privilèges de l'ordre auquel ils se rattachaient par leur profession.

Lorsque le P. Lacordaire fut choisi par Dieu pour restaurer en France l'œuvre de saint Dominique, il résolut de donner nonseulement des prédicateurs chargés de combattre l'erreur et l'incrédulité du haut de la chaire chrétienne, mais encore des maîtres qui eussent pour mission le ministère de l'éducation chrétienns. Mais il fallait chercher le moyen d'introduire ces maîtres de la

jeunesse dans la famille dominicaine, sans porter atteinte à l'intégrité de ses observances. « Ce moyen existait depuis longtemps et il fut aisé de le mettre en œuvre. De concert avec les supérieurs de son ordre, le P. Lacordaire choisit, dans la législation séculaire de la famille dominicaine, une autre règle également établie par saint Dominique, également approuvée par l'Église, également propre à former des saints, mais plus facile à accommoder aux usages et aux travaux de l'éducation chrétienne. Ainsi prit naissance, vers la fin de l'année 1852, le Tiers-Ordre enseignant de Saint-Dominique, que son fondateur établit dans l'école d'Oullins et qu'il voulut gouverner jusqu'à sa mort (1). »

Cette mort prématurée fut pour l'œuvre nouvelle le signal d'une crise; mais, grâce à la puissante protection du Rév. P. Jandel, général de l'Ordre des Frères Prêcheurs, les constitutions du Tiers-Ordre reçurent à Rome leur confirmation définitive.

Aux collèges d'Oullins et de Sorèze, fondés par le P. Lacordaire, s'ajouta l'école Albert-le-Grand à Arcueil, fondée par le P. Captier, qui devint bientôt célèbre par les persécutions qu'elle eut à supporter et par le martyre de son fondateur et de douze autres victimes. Puis l'école Saint-Churles, à Saint-Brieuc, et l'école centrale maritime d'Arcachon, complétèrent l'ensemble de ces collèges dominicains, dont le succès va toujours grandissant.

Nous croyons utile de raconter l'histoire féconde et glorieuse de ces collèges, dont l'esprit est éloquemment résumé dans les paroles suivantes du P. Lécuyor :

« Nous sommes catholiques sans équivoque, sans rélicence, jusqu'à la dernière gouUe de noire sang. Il n'y a pas de bornes dans notre dévouement envers la sainte Église, ni dans notre filiale soumission au magistère infaillible de son cbef • Nous sommes exempts de tout engagement politique, mais nous sommes Français jusqu'à la dernière fibre de notre être, et passionnément jaloux de l'honneur de notre pays. Et nous voulons aussi énergiquement que personne laisser après nous des élèves qui continuent notre pensée et qui relèvent notre pays de ses désastres par leur fermeté dans la foi et la constance vis-à-vis de tous les dévouements et de tous les devoirs (2).»

1^1) Lettre à un jeune jnofesseur sur le tiers-ordre enseignant de Saint-Dominique, par le P . Lécuyer. 1873.

(2) Religion, Pairie et Famille. Discours de collège, par le R. P. Laur. Lécuyer- Pans, J. Le Clere. 1874.

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