LE SITE
Guillaume Ybert, professeur au collège en 1666, peignait ainsi la situation pittoresque de la ville de Saint-Lô :
Quidquidab his Icoti supeiest, pomœria circum, Vindicat ipsa sibi rerum natura creatrix; Scilicet hic donis hilarant cerealibus arva, lllic leeta videt Pouiona gravantia ramos Fronde ; hic horti speclacula grata refundunt, Hic accUne solum pascit cum matribus agnos. lllic frondoso pendens acredula ramo In varias solvit tenuissima guUura voces, Dulcisonumque melos vacuas diffundit in auras. Hue velut ad portum remis, longove subactas Navita, quem vexai lucri vesana cupide, Fluctibus adversis naves appellere conto Nititur; hic rident vernantia gramine prata. Ima tenens mediis convallibus incubât ainnis Qui turrita fere Sanlaudi uiœniastringens, Post longos liquidis errores alluit undis. Viria nomen habet, quod praeter nomen eunti Ante vel obscuruni vel nullum viria fecit. Nam procul hinc altis ducens ab rupibus ortum Oonsociansque sibi tenues sine nomine rivos, Factus ab exiguo spatiosum crevit in amnem, Arvaque qua fertur perrumpens transilit unda Obvia quaeque suos passim remorantia cursus, Prcecipitansque fugani sinuosa tramite vastis Aller ut obliquus Meander ludilin undis, In gelidoque sinu spalientes agmine mulo Quos aluit pisces saitu perrumpere gaudet,
{In urbem Sanlaudum carmen.)
]30 LES MAISONS d'ÉDUCATION DE l'ORATOIRE.
« Toutes les beautés que l'œil admire aux environs de Saint-LO sont dues à la nature, celte mère si féconde. Ici, s'étendent des champs comblés des dons de la gracieuse Cérès; là, Poinone joyeuse voit les rameaux ployer sous les fruits qu'ils cachent de leur feuillage verdoyant. Ici un jardin semé de fleurs réjouit le regard ,• là, suspendue au penchant d'une colline, des agneaux paissent avec leurs mères; plus loin, le rossignol, se balançant sur un vert rameau, répète de sa voix sonore des chants variés, et ses douces mélodies vont se perdre dans l'air silencieux.
« Ici sur le bord du fleuve s'élève une colline à pic, d'où roulent des pierres détachées par un pénible travail. Plus loin le batelier, que tourmente la soif du gain, dirige sa barque vers le port et lutte contre le courant pour la faire aborder. Sur les rives s'étendent de riantes prairies, tapissées d'un vert gazon. Le fleuve occupe le fond de la vallée : il effleure presque les murs garnis de tours de la ville de Saint-Lô. C'est la Vire. Ce nom, jadis obscur et même inconnu, lui vient de la ville de Vire, près de laquelle elle prend sa source, au milieu de roches abruptes. Dans son parcours elle reçoit de petits ruisseaux inconnus ; peu à peu elle devient un grand tleuve qui baigne de vastes plaines et renverse tous les obstacles qui s'opposent à sa marche. Comme un autre Méandre. il se joue dans ses vastes replis et se réjouit de voir dans son sein les poissons ses enfants voyager en bataillons silencieux. »
(Traduit par un élève de secoiulC; membre de racadémie de Saint-Philippe de Néri.)
Le nouveau collège est bâti à l'une des exfrémités les plus riantes de la ville, sur un plateau qui domine une vallée charmante, et fait face à des coteaux tout couverts de pommiers qui au printemps présentent un coup d'œil enchanteur. Dans cette saine et heureuse maison d'éducation, partout il y a de l'air, de l'espace, de la verdure. Aucun mur n'assombrit les cours de récréation. Aussi combien les jeux y sont animés et ardents ! Les professeurs, en les partageant, ajoutent à leur entrain et à leur gaieté. Nulle part l'on n'aime mieux les grands joueurs, qui sont généralement les grands travailleurs. Les maîtres redisent souvent à leurs élèves ce mot de Washington visitant les cours de récréation du collège où il avait fait ses études : « Messieurs, c'est ici que j'ai gagné la bataille de Waterloo. »
l'aCADPÎMIE de SAINT-PHILIPPE DE NERI.
V An7uiaire du collège diocésain de Saint-Lô, nouvellement fondé, nous permet de donner un extrait du règlement de l'académie de Saint-Philippe de Néri, dont les principales dispositions sont assez seiTiblables à celles des petits séminaires de Paris et d'Orléans :
V académie littéraire de Saint-Philippe de Néri est composée
des élèves des classes supérieures qui se distinguent par leur talent, leur amour du travail et leur bonne conduite. Leur nombre peut s'élever jusqu'à douze.
Elle a pour but de faire estimer l'étude, d'inspirer le goût des travaux sérieux et classiques, de récompenser la piété, le travail et Je succès.
Les membres se partagent en deux classes : titulaires et candidats.
Pour devenir titulaire, il faut : 1' être arrivé au moins en seconde ; 2° avoir obtenu un prix ou un accessit d'excellence ; 3"étre accepté parles académiciens, à la majorité des suffrages, et par le conseil de direction du coUése.
Pour être candidat, il faut avoir obtenu un prix d'excellence ou s'être signalé par un certain nombre de bons devoirs présentés par l'élève et admis par l'académie.
A la fin de l'année, l'académie décerne un prix à l'élève de chaque classe qui a fait accepter les meilleurs devoirs. Le nombre de ces devoirs ne doit pas être inférieur à six.
Les officiers ou dignitaires de l'académie sont : le président, le chancelier ou bibliothécaire et le secrétaire.
Pour remplir une des charges, il faut faire partie de la congrégation de la Saiate-Vierge ou de la conférence de Saint- Vincent de Paul.
Les dignitaires forment, sous la présidence du directeur, le conseil ordinaire de l'académie.
Pour mieux permettre d'apprécier ce qui se fait dans cette académie, nous transcrivons ici le programme complet de deux séances diversement remarquables :
Soirée académique du 8 août 1870; présidée par 11. le préfet.