‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 201 sur 285 · ItnU.,m,iy,ii · texte numérisé non relu

ItnU.,m,iy,ii

SSO PHILOSOPHES MODERNES.

espèce de sensation que nous nommons chaleur. Nous rappelons, pareillement, h notre esprit la conjonction constante de ces deux choses dans tous les cas passés. Sans y faire plus de façons, nous nommons Tune la cause et Tautre Veffety et de Texistence de Tune nous inférons l'existence de Tautre*. »

La conjonction constante représente la part de Texpérience proprement dite, ou, si Ton veut, la part des choses: elle est , impression et accumulation d'impressions. Elle n'épuise pourtant pas le contenu de l'idée de cause ; il y a un autre clément, qu'on a rencontré plus haut, la connexion nécessaire, La connexion nécessaire et la conjonction constante ne se confondent point. Celle-ci n'est rien de plus que l'assemblage des successions constatées dans le passé et dans le présent, elle est un total d'observations. Celle-là, au contraire, va bien au delà, elle déborde sur l'avenir; par elle l'esprit établit que, une conjonction constante de deux faits étant donnée, toutes les fois qu'un fait semblable au premier reparaîtra, un fait semblable au second reparaîtra également; en d'autres termes, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. (]'esl bien \h une notion neuve, qui, par suite, suppose également une impression neuve. La conjonction toute seule est inapte à ce rélc. « De la simple répétition d'une impression passée, y en eût-il une infinité, il ne sortira jamais ime idée originale nouvelle telle que celte idée de connexion nécessaire, et le nombre de nos impressions ne fait pas plus à l'affaire que si nous nous renfermions en une seule*. » Pour qu'il en fût autrement, il faudrait que les^ événements, par leur réapparition, se modifiassent, et par là môme modifiassent les impressions où ils s'expriment; tout au contraire, ils restent indépendants les uns des antres, et le dernier apparu se comporte comme si aucun fait similaire ne l'avait précédé^. Tout change, si on en\isage la conjonction dans ses rapports avec la conscience; à mesure qu'elle se renouvelle, la conscience qui l'accueille

Page 1