Èmils, liv. n, p. 03 (éd. Garnlcr
Rous^au retrouva Condillac à Paris, a Je suis le promior peut-être, dit-il encore, qui ait vu sa porléc et qui l'ail estimé ce qu'il valait. Il travaillait alors à VEfisiai mrVoriifhie de% connamances humaines, qui est son premier ouvraj^^e. Quand il fut achevé, l'embarras fut de trouver un libraire qui voulût s'en charger. Je parlai à Diderot de Condillac: je leur fis faire connaissance. Ils étaient faits pour se convenir, ils se convinrent. Diderot engagea le libraire Durand à prendre le manuscrit de l'abbé. » Ceci se passait en 174(î. Rousseau parle encore de « petits dîners hebdomadaires »>, qui réunirent pendant quelque temps les trois amis*.
En 1749, Condillac publia son second livre, le Traité défi syalèmes. Et la même année, Diderot, dans sa Lettre sfttr le^a aveugles, souhaitait de le voir aux prises avec le philosophe anglais Berkeley, dont on venait de traduire plusieurs ouvrages. « Il y trouverait, dit-il, matière à des observations utiles, agréables, fines, et telles en un mot qu'il les sari faire'. »
Le Traite' des senmtions parut en 1751. Condillac avnil alors prés de quarante ans. Buflbn se plaignit d'y retrouver, sans que son nom fut cité, des opinions qu'il avait soutenues dès 1749 dans son Histoire naturelle, Condillac lui répondit l'année suivante dans son Traite' des animaux.
Voltaire le lut à ce moment, et lui conseilla « de rassem hier en un corps les idées qui régnent dans ses trois derniers volumes, et d'en faire un ouvrage méthodique et suivi qui contiendrait, dit-il, tout ce qu'il est permis aux hommes de savoir en métaphysique »r 11 ajoutait : a Tantôt vous iriez plus loin que Locke, tantôt vous le combattriez, et souvent vous seriez de son avis. Il me semble qu'un tel livre manque à notre nation^. »