tonfes9iorm, années 1 747-1 7iO
2. Berkeley, évéque de Cloyiie en Irlande, vécut de IGSi à 1753. Ses principaux ouvrages sont Aleiphron ou les Petits j)hilnsnphex, traduit en français, avec VEssai sur une nouvelle théorie de la risiou, eu 1754; les Dialoguef (fthjlns et fie Philonofis, publié'; en 171?» et traduits en iW^; onlin la Siris, publiée en 17ii et traduite en 1745 sous ce titre : lUcherehet sur les vertus de Veau de goudron.
3. Lellre de 1756 (Œuvres complétei, t. XXVII, p. 419-450, éd. Hachette).
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Mais ConJillac quiltn la France, Tannée 1757, pour aller en Italie faire l'éducation de l'infant de Parnrie, petit-fils de Louis XV. Il y resta jusqu'en 1768, écrivant un volumineux Cours d'études, qu'il publia en 1776 avec un ouvrage intiliile» : le Commerce et le gouvernement considérés relativement run à l'autre. L'année même de sa mort, en 1780, parut la Logique^. Quant à son dernier ouvrage, la Langue dea calcuhy on ne l'imprima qu*en 1798.
Voltaire écrivit, lorsque Condillac fut élu membre de l'Académie française en 1768 : c C'est un des premiers hommes de l'Kurope pour la valeur des idées. Il aurait fait le livre de VEntendement humain, si Locke ne l'avait pas fait, et Dieu merci, il l'aurait fait plus court'. » Ailleurs encore il l'appelle lockiste. Condillac, il est vrai, se rattachait à Locke; mais c'était un disciple assez indépendant. Dans un Extrait raisonné du Traité des sensatiom, composé par lui, il reproche à Locke, — d'abord, de n'avoir pas connu combien nous avons besoin d'apprendre à toucher, à voir, à entendre, etc., de sorte que la plupart des jugements qui se mêlent à toutes nos sensations lui ont échappé; - ensuite, toutes les facultés de l'âme lui ont paru des qualités innées et il n'a pas soupçonné qu'elles pourraient tirer leur origine de la sensation'*. Ce sont là les deux idées originales que Condillac développe parallèlement dans son Traité des sen^ salions.
1. Lavoisier, dans le discourt préliminaire de son Traité élémentaire de chimie, écrivait : « C'est en m'occupant de ce travail (nécessité de ré''oriner et de perfectionner la nomenclalure de la chimie) qne j'ai mieux senti que je ne l'avais encore fait jusqu'aloi-s l'évidence des princii>es qui ont ét<'' pos«''s f»ar l'abbé de Condillac dans sa Logique. Il y établit que nous ne pensons qu'ntwr le secourt des mots; que les langues sont de véritaltles méthodes anntyliques: enfin, que Vart de raisonner se réduit à une langue bien faite. » Et Lavoisipr, à la fin du même discours, cite encore avec éloge d'autres passages de Condillac.
2. Lettre du 31 octobre 1768 à La Ifarpe (Œuvres complètes, t. XXXII, p. 335; n;irh»Mlc. 1860.
5. Extrait raisonné du Traite des tensations^ par Condillac lui-même.
§ II. ~ GONNÂlSSÀm:E DU MONDE EXTÉRIEUR.
t. ProMème dn aajet et de l'objel. — Condillac avait d*abord partagé Terreur de Locke à ce siyet. Il ne décomposait pas les perceptions des sens, et croyait qu'elles se faisaient naturellement. C*est Halebranche» dit-il, qui le premier démêla les jugements qui se trouvent dans toutes les sensations. En effet, celui-ci n'y distinguait pas moins de quatre choses : Vaction de l'objet, la passion de l'organe du sens, h passion de Tâme, c'est-à-dire la sensation proprement dite, enfin le jugement que l'âme fait à propos de cette sensation, pour la rapporter à telle ou telle partie du corps, ou même, comme une qualité réelle, â quelque objet extérieur*. Mais, pour Malebranche, c'était un jugement naturel, qui se fait en nous sans nous, c'est-à-dire sans que nous ayons besoin de réfléchir, et il l'attribue h l'auteur de notre être. Dieu nous apprend « tout d'un coup », « en un clin d'oeil I», la grandeur, la situation, la figure, le mouvement et le repos de tous les corps qui frappent nos sens. Condillac entreprend de prouver que de tels jugements ne sont point naturels, mais que nous apprenons peu â peu à les faire par expérience. Non content d'analyser la perception et d'y reconnaître un jugement, il veut encore analyser le jugement lui-môme.
A vrai dire, le problème avait été posé par les Cartésiens de telle sorte, qu'on était presque forcé, comme Malebranche, le recourir à Dieu pour le résoudre. Si Ton réduit toute idée claire et distincte des corps à l'étendue, comment leur attribuer des qualités comme la lumière, les sons, etc.? « La chaleur, la douleur, la couleur, ne peuvent être des modifications de l'étendue ; car l'étendue n'est capable que de différentes figures et de différents mouvements. Or il n'y a que deux genres d'êtres, des esprits et des corps. Donc la douleur, la chaleur, la couleur et toutes les autres qualités