‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 254 sur 285 · IV. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

IV. — CONCLUSION

La tendance constante de Cl. Bernard à relier les contraîics a sa cause dans un équilibre heureux de facultés pareillement contraires, imagination et raison, inspiration et n'»flexion, enthousiasme et sang-froid. Il appartient à la famille des grands créateurs, Galilée, Lavoisier, Ampère, tout de suite après lui, Pasteur. Par sa philosophie il se rattache à des traditions non moins hautes. Il a condamné dans A. Comte la prétention de créer une spécialité des généralités*. En revanche, comme A. Comte, il écarte du domaine de la recherche scientifique toute entité, toute métaphysique. La vie, hien qu'irréductible à la matière, reste un arrangement de phénomènes. La cause première en tout nous échappe; seule la cause prochaine, la condition constante est objet de recherche. La science trouve le comment^ non le pourquoi''. Klle fait mieux : elle accuse chaque jour d'avantage les (litîérences du comment et du pourquoi. De plus en plus l'homme s*aperçoit que la pure intelligibilité lui échappe; de plus en plus il comprend qu'il ne comprend rien. Mais en même temps que la modestie s'impose, le sentiment s'éveille en lui d'une puissance grandissante sur les choses, a II peul plus qu'il ne sait », et ceci le console de cela.

C'est «à la .pensée qu'est dû ce progrès, et par là CL Bernard retrouve l'inspiration cartésienne. Tout en effet est pour lui idée : la découverte, c'est l'idée dans une enveloppe de raisonnement; l'expérience, c'est une idée dans -une enveloppe de faits. Hors de la conscience, la vie est une idée dans une enveloppe de fonctions; les lois de la nature sont les idées des choses, des idées dans des enveloppes de phéno-

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