PREMIÈRE PARTIE
CnAPITRE PREMIKR
ÔOCRATE
d'aPRËS les « MÉMORABLES )) DR XKJiOPIIO.N * (4G9-399 av. J.-C)
!. Sa vie et $on proch.
II. Réponteà Faccvsation d'impiété. — \. Les pliysinlognie'. — Î.Sorrate est un moraliste. ~ 3. De la divination.
ni. Réponse à V accusation de corrompre les jeûnent gens. — 1. Tempérance. — 2. Devoirs du citoyen. — 3. La lamille. — 4. La piéti'
IV. Méthode de Socrate. — 1. Ironie. — 2. Maïeulitiue. — />. Induction et déflnition. — 4. La vertu est une science. — 5. Socrate et les sophistes.
5 I. — SA VIE ET SO^ PROCfiS.
Socrate naquît en 469 avant Jésiis-CIirisl. Son poro, Sophronisque, était sculpteur, et sa ni(''i'e, IMiénarôte, snge-
1. Consalter la Vie de Sacrale, de M. Chaisrnel, la Philosophie df Sooratr, do M. A. fouillée, et surtout Sacrale fondateur de la science morale^ de
; 2 rniLOSOPHES ANCIENS.
1 IVmiTie. Lui-môme, dit-on, fut quelque temps sculpteur. Il
\ ne quitta jamais Athènes, si ce n'est pour des expédilionï
militaires, comme soldat. Sa bravoure sur les champs de
bataille était remarquable ; une fois il sauva la vie à Xéno
j)hon, une autre fois àAlcibiade*. Comme citoyen, il donns
[ loniours l'exemple d'une parfaite obéissance aux lois. C*es1
. ■; ainsi que, présidant le sénat, le jour où la multitude vou
lait condanmer par un vote unique neuf des généraux vain
.; quours aux Arginuses, parce qu'ils n'avaient pas enseveli
■{ les morts, Socrate s'opposa seul h cette mesure illégale,
malgré les menaces qu'on prolérait contre lui '. Plus tard,
i il sut aussi résister aux tyrans, et, sous le gouvernement des
il Trente, (Iritias, lui ayant donné l'ordre d'arrêter un certair
^i Léon de Salamine, qu'on aurait fait périr, Socrate refusa dt
|.| s'associ(M' à c<'lte injustice •'•. Le mémtî Critias, à qui il
r, n'avait |)as é|>ai'i;né ses railleries, défendit qu'on enseignfti
;;; l'art du disctuirs dans Athènes; Socrate demanda quel-
{„ (pn's ex|)lii-ations : on lui défendit, à lui surtout, de dis-
^1 courir avec les jeunes gens*. C'est que toute sa vie s(
r passait iMi libres conversations sur la justice et la vertu, sui
S la politi(|ne et la morale. Kl tel était le charme de sa parole,
\* tantôt |)laisante et familière, qiielqueîois inspirée et presque
f mysli(|Ut', que beaucoup de ceux avec qui il s'enlrelenail
ï d'ordinaire éjirouvaient pour lui un respect et une affectior
■■î ' sans bornes. Xénophon nous cite Criton, Chéréphon el
,. Chérécrate, llermogène, Simmias el Cebès, etc. ', parmi seî
[ jeunes amis. 11 aurait pu ajouter à cette liste le nom de Plalor
!; el le sien. On raconte ainsi la première entrevue de Xénophoi
|; M. f.rnilc Hoiilroux (Orléans, 18S3). — Lire au«<i Xénophon, son caractère r
1 son talent, par M. Croisel (Thorin, 1875). Xciiophon vécut de 435 à SS') avan
Jt-Mi^-Clirist. Le principal év«>noineiit de ^a vie lut, on le sait, la retrait! \ (l«s Oiv iiiilh\ qu'il diiifîca heureiiH'iiirnt A travers l'eiiipire des f'erscs, c
^ d ni il noux a donné le récit dans VAnnhasf. Il reprit aussi rhi<>toire de
^ :ill iin>< hi-IUMuqui'"! nu point où 'lliur)(lid<! r.ivnit l:ii>séc. Il écrivit plusieur
: aiil:»'- pi'lils ir.iitf^s. I.a date des Mt^nionihl'-.s ?.«• pLir»! • ntie 581 et 380.
]. I. I.i pMMiiier do CCS deux faits priniit iié;iiini>.ins tréb contestable. Il se pis-
s<'iii il la lialailie de Déluim, en 4:24. Or XcnojiUuD n'avait alors que onze aus. •■ i. M'in , 1, c. 1, 18.