‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 54 sur 285 · Rép., VI, e. ▼, et I el m · texte numérisé non relu

Rép., VI, e. ▼, et I el m

i. Voir daiis la GorgUu celle belle Ibéorie do rezpialion.

pas nécessaire qu'elles aient déjà des idées innées. Car enfin la science ne s'explique pas plus dans un autre monde que dans celui-ci sans idées préalables auxquelles on rapporte tout le reste pour le comprendre. Et ces idées, d'où viennentelles à leur tour? Si c'est d'une autre ekistence encore, la môme question se pose de nouveau, et il faut à la fin reconnaître que ces idées ont toujours été dans l'âme, qu'elles en sont la substance, ou plutôt qu'elles sont l'âme même vivante et agissante ^ Mais Platon n'allait pas sans doute jusque-là. Pour lui, comme pour tous les anciens, l'objet préexiste à la connaissance que nous en avons, et c'est lui qui a la réalité véritable. Les idées existent en elles-mêmes, séparées de tout; séparées de ce monde, comme Aristote le reprochera sans cesse à Platon; séparées de l'intelligence divine, comme le lui reprocheront plus tard saint Augustin et Halebranclie; enfin séparées de notre esprit. 11 semble cependant que c'est là qu'elles se trouvent, et que c'est de là que Platon les a détachées, pour en faire des êtres au dehors. Dominé, fasciné par elles, tout entier sous leur empire, il n'a pas su se ravoir lui-môme, ni Tâme de l'homme pour lui assurer une existence propre. 11 ne la sépare pas de ces idées qui font son être et ifa vie; elle gravite autour d'elles dans l'Olympe, comme ce char dont il parle accomplit sa course à la suite des dieux autour de la beauté. Et plus tard

1. Voici le texte de Leiluiiz : « Celait l'o/ûnion dos Plalonicicns que toutes nos connaissances élaitiit des rorninisceiices, et qu'ainsi les vérités que l'âme a apportées avec la naissance de riionimc, et qu'on appelle innées, doivent être des rebtcs d'une connai.'^safice expresse antérieure. Hais celle opinion n'a nui rondement, et il est aisé de jn^^er que l'âme devait déjà avoir dos a>nuaissances innées dans l'élat prérodent /si la préexi'^teiice avait lieu), quelque reculé qu'il pût être, toul comme ici ; elles devraient donc aussi venir d*un autre état précédent, où elles sernienl enfin innées ou au moins concréées; ou bieu il laudrait aller a l'infini el faire les âmes éternelles, auquel cas ces connaissances seraient innées en eifet, parce qu'elles n'auraient jamais de comroeucemont dans l'âme ; el si quelqu'un prétendait que chaque état autérieur a ea quelque chose d'un autre plus antérieur qu'il n^a point laissé aux suivants, oa lui répondrait qu'il est manifeste que certaines vérités évidentes devraient avoir élé de tous ces états ; et, de quelque manière qu'<th se pranne, il est toujours clair, dans tous les étais de l'dme, que les vérités nécessaires sont Minées et se prouvent par ce qui est interne, ne pouvant point être établies par les ezpéiienccs. comme ou établit par là lestérités de IUL » (iVoaumuM Etsais, liv. 1, c. i, 1 5.1

si Tâme connait 1c vrai, c*esl moins par elle-même et son activité propre, que parce que le soleil du monde intelligible rêclaire. L*œil, dit Platon, n*est pas la lumière; celle-ci lui vient d'ailleurs ^ De même cette clarté qui se répand sur les objets de notre connaissance ne vient pâs de nous, mais de rintelligence absolue. Notre esprit, disait Platon reprenant le mot de Protagoras, n*est pas la' mesure de toutes choses ; c*est Dieu qui est notre mesure, à nous comme à tout le reste, 6 Ik Otoç- îjuTv tovkuv ^(^pt) ioctuv ^érpov àv siv)

1 Rép.. VI, c. xn : oux 6<ttiv TiXio; rj ^r|;i;,... xa\ tyiv 8jva|iiv, îiv ï^^^ (^^ 6\iu.<x)» t% TO'JTOU Tot|iieuo{AévTjv cSoicep CTCîopvTov xIxT/jifai— 'Ap* ovv où xai i tjXio; o4'iÇ^|i6v oux eativ, artio; 5 ûv orjTTJ; ôp&tai Oir* auTY); tauTT.ç ;.... Tov viov Toï; op(i>(iivoi: oO fJiovov, oijtai, rnv toO 6pa<rdai Svvauiv icapé^etv ^TJdei;, àXka. xa\ t^v Yév£<Ttv xai auÇtjv xai Tpoqpiqv, où Ycvcffiv flWTOv ovta,... xai xoî; YtYvaxrxopilvoiç xos'vuv jxyj jjuSvov to yiy/coTXCvOott çctvai 6irb toO àyaBoO Tcxpelvat» âXXà xa\ to eivaî te xott TTjv o'jvîav u7^/ Èxeivou aûxolç icpovsivai* oux oùvîaç ovto; toO àyadoO, dÀX* STi iiccxeiva i^i; oùaiac. (P. 5U6 B, P. 5(X) 6.)

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