‹ Etudes sur les réformateurs du xvie siècle (volume 2)Chapitre 16 sur 25 · J*adonci8 le mot · texte numérisé non relu

J*adonci8 le mot

son honneur est son fils....(S2). » Ne crois-tu pas que Marie elle-même s'écrierait : ô insensés ! tout Thonneur que j'ai n^est pas à moi : Dieu m'a donné sa grâce : il a fait que seule parmi les femmes , je fusse à la fois vierge et mère. Je ne suis |)as une déesse^ ni la source du Keni Dieu seul est celte sourbe : il tous donne tout bien par rentremise de mon fils (55). (f Non, ce n'est pas honorer Marie que de lui élever des autels et que de caracoler dans les processions à côté des jolies femmes ! Non ! pour l'honorer, volez au secours de ceux qui ont foi en son fils, et aii lieu d'orner jet de parer ses autels /consacrez ces sommes aux pauvres filles et femmes que leur beauté et leur misère exposent à la séduction » (54).

Vers ce temps était arrivé à Zurich un personnage singulier. C'était François Lam*

bert, mmne d'AyigQOii. Orphelin à Tâge de quinze ans , il était entré dans un couvent de Franciscains ; mais an lieu de la piété qu'il y cherchait 9 il n'y trouva que l'hypocrisie et la plus misérahle jalousie monacale. Il se réfugia dans Fétude et dévora les écrits de Luther. Un jour on les découvrit dans sa cellule, et sa perte fut jurée. Il réassit à s'échapper et à gagner la Suisse. Revêtu de sa robe de moine , monté sur un âne , il se mit lH>avement en route pour Wittemberg. Il prêcha à Genève, à Lausanne , à Berne, avec un grand succès : le réformateur de Berne , Haller, écrit à Zwingli: «Il a dit sur l'Église, le sacerdoce , la messe , sur les petites traditions romaines, sur les superstitions ridicules et les hypocrisies des moines , des choses excellentes : non pas que ces choses fussent nouvelles pour nous , mais de la part d'un Fran-

$ais , d'on moine , elles étaient vraiment inouïes » (35 ). Il arriva à Zurich en joillet 1532. QuoiqUefrès-hardi sur plusieurs points, il n'avait pas encore rompu avec toute la tradition romaine, et spécialement il restait attaché au culte des saints. Un jour qu'il prêchait sur ce sujet, Zwingli l'interrompit en disant :~ a Frère , ta te trompes. » Les ennemis de la réforme croyant trouver un appui dans ce moine éloquent , s'empressèrent d'organiser un colloque. Hais Lambert était d'une bonne foi admirable; convaincu par les textes que lui cita Zwingli , il leva les mains an ciel , remercia Dieu de l'avoir éclairé, et jura qu'il n'invoquerait plus que lui. Puis il remonta sur son âne et continua sa route (36).

Page 1