CHAPITRE IV
Suites du premier colloque. — Deuxième colloque.
— Les martyrs.
L'importance du premier colloque est moins dans ce qui fut dit ou même dans la décision prise par le conseil y que dans l'attitude hardie de Zwingli et dans la prudente réserve de ses adversaires. De ce moment, la réformation de Zurich avança rapidement.
Dès le 28 avril, un prêtre, Wilhelm Roubli ,
T. II. i
se maria (1). C'était un curé de Bàle, chassé de cette ville pour avoir porté devant lui , dans une procession , la Bible au lieu du saintsacrement. Il s'était réfugié à Witikon. Son mariage attira une grande foule : o le curé , dit le chroniqueur, commença par un beau sermon où il exhorta les fidèles à remercier Dieu d'avoir trouvé dans sa parole l'autorisation du mariage des prêtres et d'avoir tu de leurs yeux , après tant de siècles de tyrannie, le premier prêtre se marier. Après la cércmouie, on se rendit pour le repas dans un verger : tous les arbres étaient en flenrufS). Quelques jours après , \m f^iirgeois de Zurich épousa une qonne. Léon Jud se maria le 19 septembre de la même année. Le 10 août, on commença à baptiser en allemand, avec omission des exorcismes, etc. — En juin , le conseil réforma le riche couvent
d'CE!teiibach : il permit aux religieuses de sortir ou de rester : à celles qui sortaient y dn restitua les biens (|u' elles avaient apportés : celles qui restaient conservèrent leurs revenus , à charge de nourrir les pauvres. — En septembre, le chapitre se réforma lui-même sur les instances de Zwingli. Il comprenait vingt-quatte chanoines, trente-six diacres, sans compter le curé et ses vicaires : ceux-ci avaient seuls des fonctions actives. Les diacres ou chapelains furent supprimés, et les chanoines réduits à huit , savoir : quatre professeurs , deux curés et deux prédicanls. Cependant il fut convenu que les titulaires actuels conserveraient leurs bénéfices pour le reste de leur vie. A mesure que les bénéfices deviendraient vacants, les revenus devaient être employés à entretenir une école savante, surtout poUr renseignement des langues
sacrées : grec, latin, hébreu (5), et le surplus être versé dans la caisse des pauvres. En même temps, le chapitre abolit tout le casuel pour les . baptêmes , les sacrements et les enterrements. Enfin, il abandonna à la ville de Zurich ses drois de haute et basse justice (4). Mais l'opinion ne se contentait déjà plus de ces triomphes. Les plus ardents voulaient arriver d'un seul élan à toutes les conséquences de la réforme. Repoussés par Zwingli qui s'était fait une loi de progresser lentement , ils se jetèrent dans l'anabaptisme où nous les retrouverons bientôt. La plupart désiraient au moins que les thèses proposées dans le colloque et non réfutées portassent leurs fruits. Deux questions surtout agitaient les esprits : la messe et les images. Zwingli écrivit un livre spécial (5) pour prouver que le canon catholique de la messe est contraire
aux données évangéliques. Mais la question des images passionna plus vivement encore le peuple. Un cordonnier, nommé Hottinger, homme très-instruit et très-versé dans les Ecritures y dit BuUinger, abattit un grand crucifix qui se trouvait à l'une des portes de la ville. Le conseil fit arrêter le sacrilège et ^ prépara à le juger. La peine était la mort. Malgré les gages donnés par le conseil à la réforme, il semblait décidé à statuer un exemple. Outre qu'il redoutait cette intervention des passions populaires, il était effrayé du scandale produit parmi les catholiques par cet acte audacieux, et à ceux qui annonçaient que toute religion allait périr, il voulait répondre par un acte terrible de sévérité.
Zwingli aurait désiré que l'opinion ne s'écartât point de la question fondamentale de
'4t ttMWW'. LWlait la pierre anguhirede l'édi- Kv iH;hi«1iqtie : le reste a'étail qu'accessoire t -o/K tviit (ti). Mais la question se posant, il *t nvrHila pas deranl son deroir. Il exposa en >.\<Hv que le culte des images étant contraire ^ U (ittrole de Dieu, ceux qui avaient ren- >vi^« le cruciiix n'aTaient pas outragé Dieu , <4f\\\'a ne pduvait les condamner à mort , et t)ii'il fallait seulement les punir pdur avoir Nt{i contre la volonté du magistrat et causé du désordre. Le prétendu sacrilège n'était plus qu'une contravention de police. Les «litres prédicateurs soutinrent la même doc- Irino : le peuple se déclara pour eux. Dans la conseil même, les opinions opposées se produisirent avec une extrême vivacité. On se. lira d'affaire en convoquant un deuxième colloque.
La réunion (28 octobre) ne fllt pas moins
nombreuse que la première fois) ; mais l'évéque dé Constance s'était bien gardé, cette fois, d'y envoyer des députés. Quoique la convocation n'indiquât comme sujet de discussion que la messe et les images , Zwingli crut devoir commencer par la théorie de l'Église* G^ était la marche logique et nécessaire : tout tribunal avant dé prononcer doit poser sa compétence.
Il développa ses précédentes opinions. «L'Écriture parle de l'Église dans d^ux acceptions : l'Eglise universelle de tous les croyants ^ et les Eglises particulières^ les paroisses. Les réunions des papes, des cardiiiaux et des évéques ne sont pas une paroisse : elles ne sont pas non plus l'Église universelle, puisque les prélats ne sont pas tous ni seuh croyants : donc elles n'ont aucun fondement dans l'Écriture ni conséqtiemment aucune autorité.
L'Église tie peut errer , si elle se tient à la
seule parole de Dieu. Notre réunion ne peut errer, car elle n'entreprend* pas de rien statuer^ mais seulement d'écouter et de déclarer ce que contient la parole de Dieu sur les points controversés. »
Cette fois encore il n'y eut presque pas de discussion. Les ennemis de la réforme reculaient devant la force irrésistible des idées nouvelles. Presque tous les prêtres nominativement interrogés déclarèrent qu'ils n'avaient rien à dire en faveur du culte des images ni du sacrifice de la messe. Emu par un si grand triomphe de sa foi , Zwingli se leva, et se tournant vers les membres du conseil; il dit : ce Ne craignez rien , chers seigneurs, Dieu est avec vous. Il n'abandonnera pas sa cause.' Je reconnais que vous avez bien des difficultés à cause de la parole de Dieu. Mais le Seigneur protégera les siens. Que sa
volonté soit faite ! » Z^ngli prononçait ces paroles avec une émotion contenue ; mais à la fin, ne pouvant plus maîtriser les mouvements de son cœur, il fondit en larmes.
L'assemblée tout entière était profondément remuée (7).
L'enthousiasme passa de l'assemblée au conseil. C'était une ebose grave d'assumer aux yeux de la confédération , irritée déjà par tant de nouveauté et excitée par les pensionnaires et par les prêtres , la responsabilité du sacrilège. Cependant il n'bésitapas, et se contenta de condamner Hottinger à une peine de police (deux années de bannissement) (8).
Il adressa ensuite à tout le clergé de son territoire une instruction sur la prédication de l'Évangile , pour préparer peu à peu les esprits à revenir de leurs erreurs. Quant aux points en discussion , il ne voulut pas
prendre immédialement de rétolution définilive. Il écririt aux évèijueB de Goire, de Constance et de BÂid , à l'uniTersité de Bftte et à tous les ÉlatB de la coofédéralion que s'ils aTaient des objeclions à faire, d'après l'Écriture, aux réformes projetées, ils voulussent bien les présenter avant la Pentecôte de l'année suivante; qu'autrement on prbcéderait conformément à la parole de Dieu. Mais pendant ce délai , les prêtres devaient être libres de dire la messe ou de ne pas la dire, et toutes attaques et controverses à ce sujet étaient interdites. La plupart des prêtres renoncèrent dès lors à célébrer la messe , et la population presque tout entière cessa d'y assister; mais elle ne fut abolie officiellement que deux ans plus tard, comme nous le verrons (9).
Le conseil fut plus hardi pont les choses
purement extérieures : il supprima les orgues, les cloches pour les morts, les sonneries pour détourner les orages , la bénédiction des ra^ meaux, du sel, de Teau, des huiles, etc. Quant aux images, il suivit la théorie de Zwingli.
Après Texpiration du délai (ixé dans sa première résolution, l^s images consacrées au culte furent epleyées. Voici coairnent Zmn^ gli raconte l'eiij^écution de cette importante mesure :
a Plusieurs partioiiliars s' étant mis à abattre çà et la les idoles, le conseil statut d^ abord que leurs propriétaires seuls pourraient }es enlever. En conséquence, beaucoup d'images furent retirées par ceux à qui elles appartenaient. Ensuite (juin 1 524 ) le conseil décida que chaque paroisse pourrait enlever les images, si la majorité le voulait : mais daps les lieux où le$ fidèles n'étaient pas encore assez éclairés , le
pasteur devait les instruire en leur expliquant les divers livres de la parole de Dieu. Personne n'a été contraint. Dans la ville et la partie du territoire qui dépend des trois curés , voici comment on a procédé. L'on a donné d'abord plusieurs jours de délai à ceux qui voudraient retirer les images. Puis les trois curés^ un membre de chacune des douze tribus, tous les membres du conseil, avec des charpentiers, des tailleurs de pierre et des maçons se rendirent dans les temples, fermèrent les portes et ôtèrent les images avec beaucoup de soin. Et quoi qu'on ait pensé et prédit, nulle ne s'est défendue : elles se sont toutes laissé faire sans dire mot » (10). On les déposa d abord dans une chapelle pour les remettre à qui les réclamerait ; mais personne ne s'étant présenté, elles furent brisées ou brûlées (H).
Ainsi fut accompli à Zurich , avec toute la gravité d'un acte officiel , et le calme d'une résolution réfléchie , la plus grave innovation qui ait jamais été tentée dans le culte. Tandis que les autres religions convoquent pour leurs cérémonies tous les arts et toutes les magnificences, Zwingli voulait absorber uniquement l'âme dans la méditation religieuse (12). Il était profondément pénétré de cette maxime de Caton : « Si Dieii est esprit, il doit être honoré spirituellement » et de cette grande parole de Sénèque : « Dieu échappe au regard : il ne peut être contemplé que par la pensée. » Il craignait, il repoussait tout ce qui pouvait détourner Tâme et la distraire de la contemplation intérieure (13). Jamais culte assurément ne fut plus spirituel : resta-t-il assez humain ? Je ne me sens pas compétent pour résoudre cette question. Beaucoup parmi les
réformés eux-méoies ont trouvé que ZwÏDgli étaitallé trop loin : les protestants n'ont jamais voulu lo suivre jusqup-là (14). Quoi qu'il en soit, il n'est pas inutile peut-être de faire remarquer que cette simplitication de culte ne venais pqs d'une opposition systématique aux arts.
ZwingU ne dédaignait pas les arts : encore moins les con»dérai|-il comme corrupteurs. Il les excluait du culte : car le culte n'était pour lui que le recueillement de la pensée eu Dieu, la prédication et la méditation de la Parole ; mais hors du culte , il leur faisait une lat^e et haute place dans la vie. Nous avons déjà vu sou admiration enthousiaste pour les poètes, sa passion pour la musique. U ne songeait certainement pas à les proscrire , ces arts divins, lui qui les cultivait avec tant d'amour; iiiuis il ne repoussait pas davantage la peinture. 11 dit lui-même : « J'ai grand plaisir
aux belles images , aux belles statues. » Ce qu'il proscrit^ ce ne sont pas les images , c'est FadoratioD des images t « Je u'attaque pas les images ou statues qui ne peuvent léser la foi ni les droits de Dieti^ niais celles-là seulement auxquelles on rend des hommages. Là où n'existe pas le danger de l'idolâtrie , on n'a pas à s'inquiéter des images. — Quelques-uns ont brisé jusqu'aux vitraux ; mais le magistrat l'a interdit , pourquoi? Parce qile personne ne songeait à les adorer. — On peut bien conserver les statues des adciens dieux que personne n'adore ni n'honoré. Toute la distinction est daiis ce mot : on ne les adore pas ! si on les adorait ^ il faudrait les ôter » (15). Enfin, je trouve un passage où Zwingli applique à la peinture et à la statuaire un nom qu'il réserve aux choses qui ont à ses yeux
le phu de prix : 3 les appdle des dons de Dieu (16).
Ces testes me paraissent dédsib : ils déinontreDt que Zwiogli d' était pas ennemi des arts. En les bannissant de l'élise il ne les bannissait pas de la société (17). Qaant à savoir si les arts n'auraient pas gagné à èbK sécularisés dès celte époque, qui pourrait l'aflirmer? L'on peut blâmer l'inQexible rigidité de Zwingli , mais deux choses restent certaines : la première , qu'il ne ferma pas l'église aux arts par ignorance ou par dédain ; la seconde, qu'il fallut une singulière énergie de conviction pourconcevoir une telle réforme et pour l'exécuter.
Devant cette marche résolue et décidée de la réforme à Zurich, les catholiques indignés crurent que le moment était venu d'essayer de la terreur. La diète , réunie à Lucerne, rendit un décret aux termes duquel il était défendu sévèrement de rien innover en matière de religion jusqu'à la décision d'un concile de toute la chrétienté. Ce décret fut envoyé à tous les magistrats avec ordre de l'exécuter rigoureusement (18). L'échafaud fut dressé pom* la première fois dans la confédération et resta debout pendant une longue série d'années. Je ne veux pas faire le récit de ces scènes de sang : cependant il est né*
cessaire de s'arrêter au moins sur les supplices
qui causèrent Tcinotion la plus profonde.
C'est en face de la mort que les doctrines , comme les hommes^ révèlent le plus clairement leur vrai caractère.
La première victime fut ce Hottibger que
nous avons vu donnet* une si vive impulsion à la réforme à Zurich. Réfugié dans un pays catholique, après sofa bannissement^ il continua de confesser libreitient sa foi. Il fut arrêté sur le territoire de la prévôté de Baden pour avoir parlé contre le culte des images. Les jugea locaux refusaht de lé condamner, la diète, réunie à Lucerne, décida qu'elle le jugerait elle-même. Hottinger soutint sa croyance avec une constance admirable. A toutes les insintiations 9 à toutes les menaces , il ne fit qu'une seule réponse : (c Je suis dans la vraie doctrine chrétienne. Ce que j'ai dit est conforme à TÉcriture. Avec
l'aide de Dieu, je persisterai dans ma foi^ dût le inonde entier m'appeler hérétique. » La diète le condamna à être décapité. Quand il entendit son jugement ^ il se mit à parler de Dieu et de la rédemption par le Christ.
L'ammand'Uri l'interrompit durement: «Nous ne sommes pad ici pour entendre un prêche.
Trêve à ce bafardagel x> Et le bailli Am Ort^ de Lucerne (rhistoire est aussi un. tribunal, et è'esl justice de conëerver ce nom) : et II faut que sa tête tombe : si elle reyient sur ses épaules ) nous admettrons sa foil » A cette inepte plaisanterie ^ odieuse surtout dans un juge en présence de sa victime 9 l'ouvrier ré{)ondit noblement ! ce Qu'il me soit fait selon la volonté de Dieu I Qu'il pardonne à C^eux qui me font mourir. Quand le Christ était ^r la croix , on lui disait aussi : Descends de cette croix et nous t'adorerons! » Et comme un
moine lui présentait un crucifix : « La passion du Christ, dit-il en le repoussant, doit être recueillie avec une vraie foi dans le cœur: ce n'est pas l'honorer que d'en faire de vaines images. » La foule était nombreuse, émue par la fermeté de son attitude et par ses paroles. Beaucoup pleuraient; il leur dit : « Ne pleurez pas sur moi, car je vais être délivré de cette misérable vie et entrer dans l'éternité bienheureuse ! » Arrivé sur le lieu de l'exécution, il se tourna vers le peuple et dit : « Chers compatriotes, si j'ai offensé quelqu'un d'entre vous qu'il me le pardonne, comme je pardonne à tout le monde. Veuillez aussi, au dernier moment de ma vie, prier Dieu pour moi, car il est inutile de prier pour ceux qui sont morts et qui ont subi leur jugement. Je remets mon âme entre tes mains, ô mon seigneur et
rédempteur Jésus-Christ, n Puis il livra sa tête au bourreau. « Ce fut le premier homme, dit Bullinger, qui, pour la doctrine évangé* lique, subit le martyre dans la confédération. Beaucoup étaient tellement endurcis que la bienheureuse mort de ce fidèle chrétien ne put les toucher. Mais d'autres en recueillirent un grand bien et furent amenés par elle à la vérité chrétienne et au salut éternel. Car le martyre des élus de Dieu a toujours porté ses fruits (19).»
Cette exécution accéléra le mouvement de la réforme dans la confédération. Le conseil de Constance ordonna à ses prédicateurs de ne prêcher que la parole de Dieu. Celui de Berne en fit autant. Schaffouse sécularisa ses couvents. Biennè s*agita sous l'éloquente parole de Thomas Wittembach. Beaucoup de prêtres se marièrent. Zwingli lui-même crut
devoir mettre fiil aux hlénagënients qu'il avait gardés jusqu'alors. 11 se maria le 2 avril 1524, ou, comme le veulent plusieurs auteurs, il reiidit public le mariage qu'il aurait contracté en secret précédemment et peutêtre dès 1522 (20). Ses amis le félicitèrent de cette résolution : ils avaient toujours considéré sa réserve conime une faiblesse.
Il épousait Anna Reinhard, veuve de Méyer de Knonau, dont elle avait un fils que Zwingli tenait en grande affection. Il avait remarqué, dans ses fréquentes visites aux écoles, la vivacité de cet enfant, son beureuse physionomie et son application : il s'attacha à lui et dirigea ses études. En 1523, il lui dédia lin petit écrit, plein de choses excellentes, sur l'éducation (21). 11 gagna en même temps l'affection du jeune homme (22) et celle de sa mère. C'était une noble femme âgée de
quarante ans (23), pleine de piété ^ de dévouement, et dont le cœur se montra au niveau des plus cruelles épreuves. Oi^ accusa Zwingli de l'avoir épousée par intérêt : niais il établit qu'elle n'avait pour tpute fortune que 400 florins, outre ses vêtements, ses bagues et ses bijoux : « Elle a de ipagnifiques h^l^î^t c'est vrai, mais depuis qu'elle ni'a épousé elle ne porte plus ni bijoux, ni robe de soie : elle est mise comme les femmes des simples ouvriers (24). » Elle assistait Zwingli d^psson inépuisable bienfaisance. Leur maison était ouverte à ^ous les malheureux, surtout aux proscrits que chassait de leur patrie l'intolérance religieuse. Plus d'une fois leurs amis les blâmèrent d'exagérer la charijté.
Cependant Je conseil de Zurich continuait la sécularisation des couvents. L'abbesse du Frauenmunsterf qui possédait à Zurich le droit
de haute et basse justice et celui débattre monnaie^ abandonna ces droits à la yille , ainsi que tous les revenus de l'abbaye. On mit ensemble dans la maison des franciscains tous lesmoinesdesdiiïérentsordres qui nevoulurent pas rentrer dans le monde : de même les religieuses furent réunies dans un seul couvent.
Les autres maisons religieuses furent utilisées pour les pauvres. On en fit des hôpitaux^ des hospices, des maisons de refuge pour les orphelins. '
On organisa des secours à domicile et des distributions de soupe et de pain. Pour n'être pas soupçonné d'avoir été conduit à la sécularisation des biens du clergé par des vues intéressées, le conseil ne voulut pas que leurs revenus tombassent dans la caisse commune,