Les protestants
mentm^gé t^l qu'il éfaût^ passible» vulnérable , non encore glaii0é. £t ^ l'oa me (jlit : Hs ne l'ont pas mangé en, tant que passible»
mais tel qu'il fot après la résurrection; je réponds : Christ avait donc deux corps » ou le même était à la foh passible et impassible* Il n'a donc pa^ souffert réellenaeat » laais seulement par image (26). »
Je n'ai pas à jug^ la valeur de cette argumentation. Je dois ajouter seulement qu'outre son importance dogniatique» U thèse avait dans la pensée de Zwingli une portée pratique très-grande. Non-seulement elle se rattachait à son principe fondamental de la justification par la foi seule et à ses doctrines sur la simplification du culte, mais par un côté ^ elle lui paraissait merveilleusement appropriée à produire des fruits de concorde et de bonne harmonie dans la
société civile elle-même. Il s'attachait fortement au mot de saint Paul , que nous sommes un même corps , puisque dous mangeons du même pain, et au commentaire si éminemment social qu'en donne l'apôtre lui-même ( I Corintb. xi.) : le rituel de l'Eucharistie devait rappeler à tous, avec la communauté de la rédemption, la communauté d'origine et les devoirs qui en résultent. L'indigne , c'est celui qui manque à ce qu'il doit à ses semblables, et celui-là se rend coupable du corps et du sang du Seigneur.
Zwingli assure que la première application de son rituel produisit la réconciliation d'en- TKîrais jusqu'alors irréconciliables et releva singulièrement l'esprit public à Zurich (27). «Tous, dit-il quelque part, en recevant cette doctrine, ont commencé à respirer plus librement, comme des captifs délivrés d^un long
esclavage et sortant des ténèbres et de la solitude pour tomber au grand jour, dans les bras de leurs amis (28) . »
n me reste à dire quelle attitude fut prise par Zwingli vis-à-vis àe Luther. C'est un des détails essentiels de sa biographie , et il n'en est pas qui fasse mieux ressortir l'élévation de son caractère. Aux attaques violentes, passionnées de Luther, à ces furieuses tempêtes ^^
qui grondaient incessamment dans l'âme du réformateur saxon et qu'il déchaînait contre ses adversaires, Zw^ingli oppose toujours un calme admirable. Jamais il n'oublie ce qu'on doit à l'illustre athlète de la réforme, a à ce
yaillant Dîomèâe qui a poursuivi la Véuus romaine (29) » : seulemept au-dessus de l'homme, tel grand qu'il soH^ il montre T&efà plus grand encore (30).
L'une des choses qui le blessèrent le plus, fut de voir Luther et ses amis interdire les ouvrages des sacramentaires dans les pays où ils dominaient : à Wittenberg , Nurenberg, dans le paya de Bade9> dans la Saxe (Si).
C'était violer le ]irinetpe fendemettla) de k réferme , la libre diaeussieo ; e'éttil y cmaïae le dit le doux Œoolampade , imiter les pa** pistes : « Us prohibent nos livres, pour que les leurs étant seuls lue, ils triomphent sans peine d'adversaires qui ne peuvent se dé* fendre (32). u Bien loin de smwe cet eiemple^ Zwingli ne cessa de recommander k leetiue des écrits des proteatants et de suj^lier ses amis de ne furet past ïa jHirofe i'«uctm
maître^ ék n$ ^ /amer infltm^er par- au^ cuna autorité^ cb chercher uniqwmmt^ et par kur propre tr<mailf la t>énU (33).
Mm ce procédé mèmn^ xn^ |mt k iià^^ sos^ tir de la Ugoci de wodératiaii ^'il i^é^t b^aeée et 09 se& wm le» {4ust chwi^ )^e:(lMV^ trient à s^ mûoteoir.
YQ»ci âim& fueU tarmef Z^ÛBgli 99tK(^ dans la potéaûque, si vi^meiit eopumme^i par I^mtber : « j^i je me^ sw» ^y«idé è to r4^ pondre ^ c'est surtout ex^ raisoa d» cette sou^f Yenuae liberté de l'Égë^ qui pe^i^^çt à ehaeim de prophétiser j ^ saint Paul , môttie à eeliiî (pu est assia a^ dernier raing} liberté fu'il faut saniregardar préâett$eaieat| si tious^ 69 Toulons retomber daœ Vaueienaa fler¥i(iide« Puis la piété mec iàîsgit jm. àwok 4e ne pas^ désertef 1^ vérité ; ear ^'est uaa fsfcuese pîété eeUa çpà a'aeeovrt ptf «u seewesr de k téctlé
et qui abandonne lâchement la victoire à ceni qui font violence à l'Ecriture. Enfin (car il faut avouer cette faiblesse), je n'ai pas été insensible à l'éperon de ceux qui me poussaient au combat en me promettant la vietoire. Quelques-uns m'ont conseillé de t'attaquer rudement; les autres, d'essayer plutôt de la douceur. Tu verras lesquels j'ai suivis. Écoute-moi, car lu m'as condamné sans me connaître. Fais comme ce Macédonien qni, au bout de trois jours, se réconcilia avec l'ami qu'il avait oRense dans un moment de colère. J'en appelle abs te irato ad placatum et conciliatum (34). — Tu as été suscité par Dieu, dit-il ailleurs, comme un autre David : lu t'es posé devant l'ennemi avec un tel courage que les plus faibles ont élé fortitiés et ont volé pour se réunir à loi. C'est poui^ loi nous devons bénir Dieu, qu'il t'ait éveillé
quand personne encore n'osait regarder en face l'antechrist. Nous devons t'honorer comme le plus utile instrument de Dieu et nous le faisons volontiers. Mais la colère est ennemie de la charité et trouble la raison autant que peut le faire la folie elle-même.
Qui serait assez peu sage de s'emporter contre l'homme éminent dans son délire? Plus il est aveuglé par là colère , plus il faut le plaindre. C'est pourquoi nous reconnaissons bien volontiers (et c'est la vérité) que tu as renversé le pape , et malgré la violence avec laquelle tu nous attaques, nous ne voulons nous souvenir que de cet immense service (35). »
Au moment même où Zwingli s'adressait à Luther dans les nobles termes qu'on vient
de lire, celui-ci dirigeait contre lui une violente attaque dans son sermon contre les en-
thomiastes et les^ prophètes célestes (|anyier 1525) (56). Elle ne l'entraîna pas à des r^ présaiUes. Toujours il conserva de son côté la modération et le calme , ce qui , du reste , n'excluait pas l'esprit. Voici , par exemple , comment il repousse le nom d'enthousiaste ou de fanatique (schwœrmer) : « QueU sont les vrais fanatiques de nous qui, nous en te* nant au sens évident de la parole de Dieu, repoussons la manducation corporelle , ou de ceux qui donnent aux mots une signification telle qu'il est impossible d'y rien comprendre et par conséquent d'y croire? Si ce nom s'applique à quelqu'un, c'est sans doute à ceux qui disent que le corps est mangé tout à la fois corpprellement et spirituellement : car ils font rage pour une cause qu'ils ne comprennent pas i et ils veulent persuader à tous qu'ils la comprennent hm, mais qu'où qe
pent' s^ élever à lear hauteur. Semblables à cet imposteur qui disait à eertainS nobles qu'il avait orné leur église de tableaux magnifiques, mais que les personnes nées en légitime mariage pouvaient seules les voir :
les nobles, qui ne voulaient point passer pour des bâtards, se mirent aussitôt à déclarer qu'ils voyaient parfaitement ces peintures. De même ici, ces grands docteurs se mettent à crier d'un ton tragîc[ue que cent qui ne croient pas à la présence corporelle ne sont pas chrétiens : aussitôt chacun de dire qu'il croit ce qu'en réalité il ne croit pas , pour ne pas être exclu du nombre des chrétiens (37), »
Je citerai encore les conclusions de YAmica exegesis : « Je ne te quitterai pas , cher lecteur, sans une admonition. Souviens-toi que nul ne peut vaincre ni être vaincu que par la
Tolonté de Dieu. Es-tu pour Luther? Sache qu'il ne remportera pas la victoire, s'il n'est soutenu d'en haut. Es-lu pour notre opinion?
Ne chante pas victoire à cause de ce livre :
car si Luther résiste, nous vaincrons sans doute avec l'aide de Dieu, mais si laborieusement , je le crains , que le vainqueur devra pleurer sa victoire. Prions Dieu très-instamment qu'il ne laisse pas fléchir cette colonne de l'Eglise. .. Et s'il faut absolument combattre, que nul ne prononce avant d'avoir entendu les deux parties. . . Si tu veux bien peser qu'une certaine vivacité de langage est inévitable dans un livre écrit si vite sur un sujet si grave, tu reconnaîtras, je le pense, que cet opuscule est plutôt libéral qu'agressif et que nous n'avons pas manqué aux devoirs que nous impose notre respect et notre admiration pour Luther (38), »
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