‹ Etudes sur les réformateurs du xvie siècleChapitre 22 sur 60 · CHARLES HINGRAY, LIBRAIRE-EDITEUR · texte numérisé non relu

CHARLES HINGRAY, LIBRAIRE-EDITEUR

se maria (i). C'était un curé de Baie, chassé de cette tille pour avoir porté devant lui , dans une procession, la Bible au lieu du saintsacrement. Il s'était réfugié à Witikon. Son mariage attira une grande foule : « le curé , dit le chroniqueur , commença par un beau sermon où il exhorta les fidèles à remercier Dieu d'avoir trouvé dans sa parole l'autorisation du mariage des prêtres et d'avoir vu de leurs yeux , après tant de siècles de tyrannie, le premier prêtre se marier. Après la cérémouie, on se rendit pour le repas dans un verger : tous les arbres étaient en fletir»(2). Quelques jours après* titi bourgeois de Zurieh épousa une nonne. Léoû Jud se maria le 19 septembre de la biême année. Le 1 0 août , où commença à baptiser en allemand, avec omission des exorcismes, etc. — En juin , le conseil réforma le riche couvent

d'Œtenbach : i] permit aux religieuses de sortir ou de rester ; à celles qui sortaient , on restitua les biens qu'elles avaient apportés : celles qui restaient conservèrent leurs revenus , à charge de nourrir les pauvres. — En septembre, le chapitre se réforma lqi-même sur les instances de Zwingli. Il comprenait yingt-quatre chanoines, trente-six diacres, sans compter le curé et ses vicaires : ceux-ci avaient seuls des fonctions actives* Les diacres ou chapelains furent supprimés , et les chanoines réduits à huit , savoir : quatre professeurs , deux curés et deux prédicants. Cependant il fut convenu que les titulaires actuels conserveraient leurs bénéfices pour le reste de leur vie. A mesure que les bénéfices deviendraient vacants, les revenus devaient être employés à entretenir une école savante, surtout poqr l'enseignement des langues

sacrées : grec, latin, hébreu (S), et le surplus être versé dans la caisse des pauvres. En même temps , le chapitre abolit tout le casuel pour les baptêmes, les sacrements et les enterrements. Enfin, il abandonna à la ville de Zurich ses drois de haute et basse justice (4). Mais l'opinion ne se contentait déjà plus de ces triomphes. Les plus ardents voulaient arriver d'un seul élan à toutes les conséquences de la réforme. Repoussés par Zwingli qui s'était fait une loi de progresser lentement , ils se jetèrent dans l'anabaptisme où nous les retrouverons bientôt. La plupart désiraient au moins que les thèses proposées dans le colloque et non réfutées portassent leurs fruits. Deux questions surtout agitaient les esprits : la messe et les images. Zwingli écrivit un livre spécial (5) pour prouver que le canon catholique de la messe est contraire

aux données évangéliques. Mais la question des images passionna plus vivement encore le peuple. Un cordonnier, nommé Hottinger, homme très-instruit et très-versé dans les Ecritures, dit Bullinger, abattit un grand crucifix qui se trouvait à l'une des portes de la ville. Le conseil fit arrêter le sacrilège et se prépara à le juger. La peine était la mort. Malgré les gages donnés par le conseil à la réforme, il semblait décidé à statuer un exemple. Outre qu'il redoutait cette intervention des passions populaires, il était effrayé du scandale produit parmi les catholiques par cet acte audacieux, et à ceux qui annonçaient que toute religion allait périr , ' il voulait répondre par un acte terrible de sévérité.

Zwingli aurait désiré que l'opinion ne

s'écartât point de la question fondamentale de

la messe, là était la pierre angulaire de l'édifice catholique : le reste n'était qu'accessoire à ses yeux (6). Mais la Question se posant, il ne recula pas devant son devoir. Il exposa en chaire que le culte des images étant contraire à la parole de Dieu, ceux qui avaient renversé le crucifix n'avaient pas outragé Dieu , qu'on ne pouvait les condamner à mort , et qu'il fallait seulement les punir pour avoir agi contre la volonté du magistrat et causé du désordre. Le prétendu sacrilège n'était plus qu'une contravention de police. Les autres prédicateurs soutinrent la même doctrine : le peuple se déclara pour eux. Dans le conseil même, les opipions opposées se produisirent avec une extrême vivacité: On se tira d'affaire en convoquant un deijxième colloque.

La réunion (28 octobre) ne fut pas moins

nombreuse que la première fois ; mais l'évéque de Constance s'était bien gardé, cette fois, d'y envoyer des députés. Quoique la convocation n'indiquât comme sujet de discussion que la messe et les images , Zwingli crut devoir commencer par la théorie de l'Église, C'était la marche logique et nécessaire : tout tribunal avant de prononcer doit poser sa compétence. Il développa ses précédentes opinions. «L'Écriture parle dp l'Église dans deux acceptions : l'Eglise universelle de tous les croyants, et les Eglises particulières, les paroisses. Les réunions des papes, des cardinaux et des évéques ne sont pas une paroisse : elles ne sont pas non plus l'Église universelle, puisque les prélats ne sont pas tous ni seuls croyants : donc elles n'ont aucun fondement dans l'Écriture ni conséquemment aucune autorité.

L'Église ne peut errer , si elle'se tient à la

seule parole de Dieu. Notre réunion ne peut errer, car elle n'entreprend pas de rien statuer, mais seulement d'écouter et de déclarer ce que contient la parole de Dieu sur les points controversés. »

Cette fois encore il n'y eut presque pas de discussion. Les ennemis de la réforme reculaient devant la force irrésistible des idées nouvelles. Presque tous les prêtres nominativement interrogés déclarèrent qu'ils n'avaient rien à dire en faveur du culte des images ni du sacrifice de la messe. Ému par un si grand triomphe de sa foi , Zwingli se leva, et se tournant vers les membres du conseil; il dit : a Ne craignez rien, chers seigneurs. Dieu est avec vous. Il n'abandonnera pas sa cause. Je reconnais que vous avez bien des difficultés à cause de la parole de Dieu. Mais le Seigneur protégera les siens. Que sa

volonté soit faite ! » Zwingli prononçait ces paroles avec une émotion contenue ; mais à la fin, ne pouvant plus maîtriser les mouvements de son cœur, il fondit en larmes. L'assemblée tout entière était profondément remuée (7).

L'enthousiasme passa de l'assemblée au conseil. C'était une chose grave d'assumer aux yeux de la confédération , irritée déjà par tant de nouveauté et excitée par les pensionnaires et par les prêtres , la responsabilité du sacrilège. Cependant il n'hésita pas, et se contenta de condamner Hottinger à une peine de police (deux années de bannissement) (8).

Il adressa ensuite à tout le clergé de son territoire une instruction sur la prédication de l'Évangile , pour préparer peu à peu les esprits à revenir de leurs erreurs. Quant aux points en discussion , il ne voulut pas

preqdre immédiatement de résolution définitive. Il écrivit aux évêques de Coire, de Constance et de Baie , à l'université de Bâ)e et à tous les Etats 4e la confédération que s'ils avaient des objections à fqire, d'après l'Écriture, aux réformes projetées, ils voulussent bien les présenter avant la Pentecôte de l'année suivante; qu'autrement on procéderait conformément à la parole de Dieu. Mais pendant ce délai, les prêtres devaient être libres de dire lf} messe ou de ne pas la 4 ire, et toutes attaques et controverses à ce sujet étaient interdites. La plupart des prêtres renoncèrent dès lors à célébrer la messe , et la population presque tout entière cessa d'y assister; mais elle ne fut abolie officiellement que deux ans plus tard, comme nous le verrons (9).

Le conseil fut plus hardi pour lçs choses

purement extérieures : il supprima les orgues, les cloches pour les morts, les sonneries pour détourner les orages , la bénédiction des rameaux, du sel, de l'eau, des huiles, etc. Quant aux images , il suivit la théorie de Zwingli. Après l'expiration du délai fixé dans sa première résolution, les images consacrées au culte furent enlevées. Voici comment Zwingli raconte l'exécution de celte importante mesure :

a Plusieurs particuliers s'étant mis à abattre çà et là les idoles, le conseil statua d'abord que leurs propriétaires seuls pourraient les enlever. En conséquence, beaucoup d'images furent re* tirées par ceux à qui elles appartenaient. Ensuite (juin 1 524 ) le conseil décida que chaque paroisse pourrait enlever les images, si la majorité le voulait : mais dans les lieux où les fidèles n'étaient pas encore assez éclairés, le

pasteur devait les instruire en leur expliquant les divers livres de la parole de Dieu. Personne n'a été contraint. Dans la ville et la partie du territoire qui dépend des trois curés, voici comment on a procédé. L'on a donné d'abord plusieurs jours de délai à ceux qui voudraient retirer les images. Puis les trois curés, un membre de chacune des douze tribus , tous les membres du conseil, avec des charpentiers, des tailleurs de pierre et des maçons se rendirent dans les temples, fermèrent les portes et ôtèrent les images avec beaucoup de soin. Et quoi qu'on ait pensé et prédit, nulle ne s'est défendue : elles se sont toutes laissé faire sans dire mot » (10). On les déposa d'abord dans une chapelle pour les remettre à qui les réclamerait ; mais personne ne s'étant présenté, elles furent brisées ou brûlées (11).

Ainsi fut accompli à Zurich , avec toute la gravité d'un acte officiel , et le calme d'une résolution réfléchie , la plus grave innovation qui ait jamais été tentée dans le culte. Tandis que les autres religions convoquent pour leurs cérémonies tous les arts et toutes les magnificences, Zwingli voulait absorber uniquement Tâme dans la méditation religieuse (12). 11 était profondément pénétré de cette maxime de Caton : a Si Dieu est esprit, il doit être honoré spirituellement » et de cette grande parole de Sénèque : « Dieu échappe au regard : il ne peut être contemplé que par la pensée. » Il craignait, il repoussait tout ce qui pouvait détourner l'âme et la distraire de la contemplation intérieure (13). Jamais culte assurémentne fut plus spirituel : resta-t-il assez humain ? Je ne me sens pas compétent pour résoudre cette question. Beaucoup parmi les

réformés eux-mêmes ont trouvé que Zwingli était allé trop loin : les protestants n'ont jamais touIu le suivre jusque-là (14). Quoi qu'il en soit, il n'est pas inutile peut-être de faire remarquer que cette simplification de culte ne venait pas d'une opposition systématique aux arts. Zwingli tie dédaignait pas les arts : encore moins les considérait-il comme corrupteurs. Il les excluait du culte : car le culte n'était pour lui que le recueillement de la pensée en Dieu, la prédication et la méditation de la Parole ; mais hors du culte, il leur faisait une large et haute place dans la vie. Nous avons déjà vu son admiratioû enthousiaste pour les poètes, sa passion pour la musique. 11 ne songeait certainement pas à les proscrire , ces arts divins, lui qui les cultivait avec tant d'amour; mais il ne repoussait pas davantage la peinture. 11 dit lui-même i « J'ai grand plaisir

aux belles injages, aux belles statues* » Ce qu'il proscrit, ce ne sont pas les images, c'est l'adoration des images : « Je n'attaque pas les images ou statues qui ne peuvent léser la foi ni les droits de Dieu, mais celles-là seulement auxquelles on rend des hommages. Là où n'existe pas le danger de l'idolâtrie , on n'a pas à s'inquiéter des images. — Quelques-uns ont brisé jusqu'aux vitraux; mais le magistrat l'a interdit, pourquoi? Parce que personne ne songeait à les adorer. — On peut bien conserver les statues des anciens dieux que personne n'adore ni n'honore. Toute la distinction est dans ce mot : on ne les adore pas! si on les adorait, il faudrait les ôter » (15). Enfin , je trouve un passage où Zwingli applique à la peinture et à la statuaire un nom qu'il réserve aux choses qui ont à ses yeux

le plus de prix : il les appelle des dons de Dieu (16).

Ces textes me paraissent décisifs : ils démontrent que Zwingli n'était pas ennemi des arts. En les bannissant de l'église il ne les bannissait pas de la société (17). Quant à savoir si les arts n'auraient pas gagné à être sécularisés dès cette époque, qui pourrait l'affirmer? L'on peut blâmer l'inflexible rigidité de Zwingli , mais deux choses restent certaines : la première , qu'il ne ferma pas l'église aux arts par ignorance ou par dédain ; la seconde, qu'il fallut une singulière énergie de conviction pour concevoir une telle réforme et pour l'exécuter.

Devant cette marche résolue et décidée de la réforme à Zurich , les catholiques indignés crurent que le moment était venu d'essayer de la terreur. La diète , réunie à Lucerne, rendit un décret aux termes duquel il

était défendu sévèrement de rien innover en

matière de religion jusqu'à la décision d'un concile de toute la chrétienté. Ce décret fut envoyé à tous les magistrats avec ordre de l'exécuter rigoureusement (18). L'échafaud fut dressé pour la première fois dans la confédération et resta debout pendant une longue série d'années. Je ne veux pas faire le récit de ces scènes de sang : cependant il est nécessaire de s'arrêter au moins sur les supplices

qui causèrent rémotion la plus profonde. C'est en face de la mort que les doctrines , comme les hommes, révèlent le plus clairement leur vrai caractère.

La première victime fut ce Hottipger que nous avons vu «donner une si vive impulsion à la réforme à Zurich. Réfugié dans un pays catholique, après sop bapnissement, il continua de confesser librement sa foi* ]\ fut arrêté sur le territoire de la prévôté de Baden pour avoir parlé contre le culte des images. Les juges locaux refusant de le condamner, la diète ? réunie à Lucerne, décida qu'elle le jugerait elle-même. Hottinger soutint sa croyance avec une constance admirable. A toutes les insinuations , à toutes les menaces , il ne fit qu'une seule réponse : « Je suis dans la vraie doctrine chrétienne. Ce que j'ai dit est conforme à l'Ecriture. Avec

l'aide de Dieu, je persisterai dans ma foi, dût le monde entier iq'appeler hérétique. » La diète le condamna à être décapité. Quand il entendit son jugement, \l se mit à parler de Dieu et de la rédemption par le Christ. L'ammand'Uri l'interrompit durement: a Nous ne sommes pa$ ici pour entendre un prêche. Trêve à ce bavardage! » Et le bailli Aip Ort, de Lucerne (l'histoire est aussi un tribunal, et c'est justice de conserver ce nom) : « II faut que sa tête tombe : gi elle revient sur ses épaules, nous admettrons sa foi! » A cette inepte plaisanterie , odieuse surtout dans un juge en présence de sa victime , l'ouvrier répondit noblement : « Qu'il me soit fait selon la volonté de Dieu ! Qu'il pardonne à ceux qui me font mourir. Quand le Christ était sur la croix , 019 lui disait aussi : Descends de cette croix et nous t'adorerons! » Et comme un

moine lui présentait un crucifix : « La passion du Christ, dit-il en le repoussant, doit être recueillie avec une vraie foi dans le cœur: ce n'est pas l'honorer que d'en faire de vaines images. » La foule était nombreuse, émue par la fermeté de son attitude et par ses paroles. Beaucoup pleuraient; il leur dit : « Ne pleurez pas sur moi, car je vais être délivré de cette misérable vie et entrer dans l'éternité bienheureuse ! » Arrivé sur le lieu de l'exécution, il se tourna vers le peuple et dit : « Chers compatriotes, si j'ai offensé quelqu'un d'entre vous qu'il me le pardonne, comme je pardonne à tout le monde. Veuillez aussi , au dernier moment de ma vie, prier Dieu pour moi, car il est inutile de prier pour ceux qui sont morts et qui ont subi leur jugement. Je remets mon âme entre tes mains, ô mon seigneur et

rédempteur Jésus-Christ. » Puis il livra sa tète au bourreau. «Ce fut le premier homme, dît Bullinger, qui, pour la doctrine évangélique, subit le martyre dans la confédération. Beaucoup étaient tellement endurcis que la bienheureuse mort de ce fidèle chrétien ne put les toucher. Mais d'autres en recueillirent un grand bien et furent amenés par elle à la vérité chrétienne et au salut éternel. Car le martyre des élus de Dieu a toujours porté ses fruits (19).»

Cette exécution accéléra le mouvement de la réforme dans la confédération. Le conseil de Constance ordonna à ses prédicateurs de ne prêcher que la parole de Dieu. Celui de Berne en fit autant. Schaffbuse sécularisa ses couvents. Bienne s'agita sous l'éloquente parole de Thomas Wittembach. Beaucoup de prêtres se marièrent. Zwingli lui-même crut

devoir mettre fm aux ménagements qu'il avait gardés jusqu'alors. Il se maria le 2 avril 1524, ou, comme le veulent plusieurs auteurs, il repdit public le mariage qu'il aurait contracté eu secret précédemment et peutêtre dès 1522 (20). Ses amis le félicitèrent de cette résolution : ils avaient toujours considéré sa réserve comme une faiblesse.

Il épousait Anna Reinhard, veuve de Meyer dp Knonau, dont elle avait un fils que Zwingli tenait en grande affection. Il avait remarqué, dans ses fréquentes visites aux écoles, la vivacité de cet enfant, son heureuse physionomie et son application : il s'attacha à lu| et dirigea ses études. En 1523, il lui dédia un petit écrit, plein de choses excellentes, sur l'éducation (21). Jl gagna en piême temps l'affection du jeune homme (22) et celle de sa mère. C'était une noble femme âgée de

quarante ans (25), pleine de piété, de dévouement, et dont le cœur se montra an niveau des plus cruelles épreuves* On accusa Zwingli de l'avoir épousée par intérêt : mais il établit qu'elle n'avait pour toute fortune que 400 florins, outre ses vêtements , ses bagues et ses bijoux : « Elle a de magnifiques babils* c'est vrai, mais depuis qu'elle m'a épousé elle ne porte plus ni bijoux, ni robe de soie : elle est mise comme les femmes des simples ouvriers (24). » Elle assistait Zwingli dans son inépuisable bienfaisance. Leur maison était ouverte à tous les malheureux, surtout aux proscrits que chassait de leur patrie l'intolérance religieuse. Plus d'une fois leurs amis les blâmèrent d'exagérer la charité.

Cependant le conseil de Zurich continuait la sécularisation des couvents. L'abbesse du Frauenmiinnter, qui possédait à Zurich le droit

de haute et basse justice et celui de battre monnaie, abandonna ces droits à la ville , ainsi que tous les revenus de l'abbaye. On mit ensemble dans la maison des franciscains tous lesmoinesdesdifférentsordres qui ne voulurent pas rentrer dans le monde : de même les religieuses furent réunies dans un seul couvent. Les autres maisons religieuses furent utilisées pour les pauvres. On en 6t des hôpitaux, des hospices, des maisons de refuge pour les orphelins. *

On organisa des secours à domicile et des distributions de soupe et de pain. Pour n'être pas soupçonné d'avoir été conduit à la sécularisation des biens du clergé par des vues intéressées, le conseil ne voulut pas que leurs revenus tombassent dans la caisse commune,

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