‹ Études sur les réformateurs (volume 2)Chapitre 24 sur 56 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ce n’est guère qu’à la suite de l’affaiblissement des idées religieuses qu’a pu se faire jour la morale moderne qui se fonde sur le calcul, et dont Bentham est l’un des représentants les plus célèbres. Dans les siècles qu’animait une ombre de croyance, jamais il ne fût venu à l'esprit d'aucun penseur de conduire les hommes à la vertu par le chemin de l'intérêt. Les théories qui concluent à la pratique du bien à cause de l'utilité qui en résulte sont donc d'invention récente : elles ont cela de triste qu’elles attestent à la fois une décadence dans les mœurs publiques et un abaissement dans le principe qui gouverne les générations humaines.

La plus grande erreur des écrivains qui ont proposé aux sociétés cette nouvelle règle de conduite, . c'est d'avoir confondu deux choses qui demeureront éternellement distinctes, le sentiment et la raison.

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