COSMOGONIE APPLIQUÉE, OU CRÉATIONS CONTREMOULÉES
« Analysons la modulation ou série des fruits rouyes, créés par la terre et par son clavier de cinq lunes, qui sont :
» Mercure, Junon, Cérès, Pallas et Phœbina, dite Vesta, Plus l’Ambiguë, dite Vénus.
» Les planètes étant androgynes comme les plantes, copulent avec elles-mêmes et avec les autres planètes. Ainsi la terre, par copulation avec elle-même, et par fusion de ses deux aromes typiques, le masculin versé du pôle nord, et le féminin versé du pôle sud, engendra le cerisier, fruit souspivotal des fruits rouges, et accompagné de cinq fruits de gamme, Savoir : /
» La terre copulant avec Mercure, son principal et 5° satellite, engendra la fraise;
» Avec Pallas, son 4e, la groseille noire ou cassis ;
» Avec Cérès, son 3e satellite, la groseille épineuse ;
» Avec Junon, son 2 satellite, la groseillé en grappe ; » Avec Phœbina, son 4er satellite, RIEN, lacune.,
» Avec le Pivot ou Sozeir, en direct, le raisin, fruit pi votal ascendant, en inverse, RIEN.
» À la prochaine création, nos cinq satellites nous donneront, entre autres merveilles, les quadrupèdes minimes agricoles, cheval nain, bœuf nain, chameau nain, qui ont avorté dans celle-ci.
» À chaque pas, on reconnaît un grand désordre dans le mobilier actuel du globe. C’est une éclosion contre-moulée qui nous a donné l’aimable voisin de campagne nommé le loup, en place duquel nous devions avoir un chien majeur Où un HYPO-CHIEN, apte à parcourir les abimes comme le font le chamois et les bouquetins, et de même en place de la loutre qui dévaste nos ruisseaux et nos viviers, nous devions avoir un castor majeur Ou Hypo-CASTOR, aidant à traquer le poisson ou disposer les filets. On ne saurait trop répéter que notre globe est de tous les globes le plus mys- tifié en créations et le plus intéressé à se délivrer sans délai du mobilier odieux que lui ont donné les créations actuelles.
» Ce serait pour nous une connaissance bien vaine, que celle du système de la nature, si elle ne nous donnait pas les moyens de corriger le mal existant, et de remplacer les produits scissionnaires, les êtres nuisibles à l’homme par des: contre-moulès où serviteurs utiles. Que nous importerait de savoir en quel ordre chaque astre est intervenu dans la création; de savoir que le cheval et l’âne furent créés par Saturne en cette modulation; le zèbre et le quagga par Protée (étoile non découverte et bien existante pourtant, puisqu'on voit ses ouvrages en tous genres); que dans cette modulation Jupiter donna le bœuf et le bison, et Mars le chameau et le dromadaire? Après ces notions acquises, il nous resterait la fà-
cheuse certitude que ces astres, qualifiés de promeneurs oisifs, ont au contraire fait, sur notre globe, sept fois trop d'ouvrage, en nous donnant un mobilier dont les 7/8es sont. malfaisants.
» Ce qui nous sera précieux, ce sera l’art de les ramener en scène de création par un travail contre-moulé, par lequel celui qui nous a donné le lion nous donnera en contre-moule un superbe et docile quadrupède, un porteur élastique, l'ANTI-LION, avec des relais duquel un cavalier partant le matin de Calais ou Bruxelles, ira déjeuner à Paris, diner à Lyon, et souper à Marseille, moins fatigué de cette journée qu’un de nos courriers à franc-étrier ; car le cheval est un porteur rude et simple (solipède), qui sera à l’anti-lion ce qu'est la voiture sans soupente à la voiture suspendue. Le cheval sera laissé pour attelages et parades, quand on possédera la famille des porteurs élastiques, anti-lion, anti-tigre, anti-léopard, qui seront de dimension triple des moules actuels. Ainsi, un anti-lion franchira aisément, à chaque pas, quatre toises par bond rasant, et le cavalier, sur le dos de ce coureur, sera aussi mollement que dans une berline suspendue. 1l y aura plaisir à habiter ce monde quand on y jouira de pareils serviteurs. Les nouvelles créations qne l’on peut voir commencer sous cinq ans, donneront de semblables richesses en tous rêgnes, dans les mers comme sur les terres. Au lieu de créer baleines et requins, hippopotames et crocodiles, en aurait-il plus coûté de créer des serviteurs précieux : «
» Anti-baleines. traînant les vaisseaux dans les calmes;
» Anti-requins aidant à traquer les poissons ;
» Anti-hippopotames, trainant des bateaux en rivière;
» Anti-crocodiles, ou coopérateurs de rivières ;
» Anti-phoques, ou moutons de mer.
» Tous ces brillants produits seront les effets nécessaires d’une création en aromes contre-moulés, qui débutera par un bain aromal sphérique, purgeant les mers de leur bitumes. Bis |
Entraves cosmogoniques de notre univers.
» C’est sans doute l'annonce la plus surprenante que celle de nouvelles créations qui pourront commencer prochainement à époques fixes, dès qu’il plaira à l’homme d’en donner le signal. N'est-ce pas attribuer à l’homme plus de pouvoir que les préjugés n’en attribuent à Die même, car ces préjugés supposent que l’être qui a fait les créations actuelles, n’en saura pas faire d’autres et de moins désastreuses.
» On s’est étrangement trompé sur le rang assigné à l’homme quand on l’a traité de chétive créature, de ver de terre, etc.; c'est au contraire un être d’un grand poids dans les destinées universelles; et l’on va reconnaître qu’une erreur scientifique de notre globe, un retard d'intervention peut compromettre l'univers entier, la masse des planètes et le soleil de la voûte céleste qui, depuis plusieurs mille ans, essuient ce dommage de la part de notre planète.
» Pour expliquer ce problème, observons que le tourbillon de nos planètes est central dans l'univers; il est donc tourbillon foyer ou pivotal pour tous ceux de voûte. Il est en mécanique aromale ce qu’est le général dans une armée; de sorte que, si notre tourbillon est en retard, toute la voûte céleste se trouve en retard d’opération. ï
» Le soleil, quoique fort actif en fonctions lumineuses, est entravé en fonctions aromales par défaut de versements de notre globe qui ne peut fournir que des aromes en faux titres, tant qu’il n’est pas organisé en harmonie. Le soleil réduit aux versements de Saturne, Jupiter et Herschell, et obligé de refuser ceux de la Terre qui sont méphitiques, se trouve dans l’état d’un char privé d’une de ses quatre roues;il manque de son quadrille d’aromes ca’dinaux, levier sans lequel un seleil ne peut pas fonctionner en haute mécanique sidérale. Il en résulte pour l’univers une foule de lésions et internes et externes.
» Lésion interne bornée au tourbillon. La première est l’impossibilité de fixer les comètes ; retard bien préjudiciable
aux planètes, car bon nombre de nos comètes son très-müûres et aptes à entrer en plan. Le tourbillon en a besoin. S'il est vrai qu'Herschell n’ait que six satellites, il est bien urgent de lui en procurer deux autres pour élever son clavier au complet. Elles sont assez abondantes; il n’y a pas d’années où l’on n’en voit passer; mais le soleil se trouve dans l'embarras d’un chasseur sans poudre, qui verrait passer force lièvres et perdrix sans pouvoir abattre la moindre pièce. Tant que le quadrille d’aromes cardinaux est faussé, le soleil est hors d’état d'opérer sur les comètes.
» Cependant j'ai dit qu'il en a fixé une depuis le déluge, la petite lune Vesta ou Phœbina. Il peut en avoir fixé d’autres encore et peut-être les deux premiers satellites de Saturne, récemment découverts, n’étaient-ils pas en place il y a deux mille ans. Mais ce qu'il y a de certain, c’est que le soleil a usé le peu d’arome tétra-cardinal qui lui restait. D'où vient que notre planète n’en fournit plus? Ce n’est ni d'impuissance ni de vieillesse, car elle est fort jeune et infra-yubére. C’est une suspension d'exercice aromal, causée par la chute de l’astre en subversion ascendante, où il tomba environ cinquante ans avant le déluge. Cette crise est inévitable, sur tous les globes, excepté le soleil; ils en souffrent tous plus ou moins, comme les enfants souffrent de la dentition. La terre en a si prodigieusement souffert qu’une fièvre putride résultant de cet accident s’est communiquée au satellite Phœæbé qui en est mort. Notre planète n'en est pas moins un petit astre des plus vigoureux. On ne confie pas à un astre faible et douteux le poste important de cardinale miniature d'un foyer d'univers.
» Tel est le rôle de la terre pourvue de facultés nécessaires. Pendant trois siècles antérieurs au déluge, elle versa en bon titre, et le soleil put s’approvisionner d’une petite masse d’arome tétra-cardinal dont il a fait usage pour fixer et 2mplaner Vesta. Mais la provision était déjà épuisée du temps de César, où le soleil fut affecté d’une forte maladie, dont il a ressenti, en 1785, une nouvelle atteinte. Il est faux qu’il ait été malade, cn 41846, comme on l'en soupçonna : c'était Ja
Terre qui était affectée et qui l’est de plus en plus, ainsi qu’il appert par la dégradation climatérique et les dérangements des saisons. Le soleil périclite de même; car tout astre pivotal est en souffrance dès qu'il est faussé en arome fétracardinal. |
» Une autre lésion interne est celle qui frappe sur notre globe exclu du commerce aromal, hors d’état de se conjuguer ses cinq lunes vivantes et réduit à un astre mort, à la lune Phœæbé, pour son service d'absorption et résorption aromale. En effet, une planète, quoique morte et inhabitable, fait encore un service matériel de momie, d’aimant aromal : mais en tenant le poste trop longtemps, elle se putréfie et nuit à celle sur qui elle est conjuguée. Tel est l'effet que Phœbé produit sur notre globe frappé de double disgrâce, vicié par la corruption de son arome typique et de celui de Phœbé dont il est forcé de faire usage. — Les Cardinales, ‘ comme la Terre, n’ont jamais qu'un satellite avant d’être parvenues à l'harmonie composée : jusque-là leurs autres lunes se tiennent en orbite simple, comme Junon, Cérès, Pallas, Phœbina et Mercure. Mais, dès que nous serons parvenusà l'harmonie, notre globe régénéré d’arome reproduira sa couronne boréale qu’il portait avant le déluge. Aussitôt nos cinq Satellites se désorbiteront de leurs entre-ciels, se mettront en marche et viendront se conjuguer sur nous à peu près aux distances qui suivent : Phœbina, environ 20,000 lieues ; — Junon, 40,000 ; — Cérès, 60,000 ; — Pallas, 80,000 ; — Mercure, 200,000. »
(Suivent les avantages que nous procureront nos lunes nouvelles.)
« Mercure, notre plus précieux satellite, nous apprendra à LIRE. Il nous transmettra l’alphabet, les déclinaisons, enfin toute la grammaire de la langue harmonique unitaire, parlée dans les soleils et les planètes harmonisées et. dans tous les soleils et tourbillans de la voûte céleste.
» Mercure, par sa pivotation, nous sera très-précieux en correspondance, et nous donnera à chaque instant, sauf réciprocité, des nouvelles de nos antipodes à l'intervalle de 20
4ln - ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
à 30 heures au plus. Tei vaisseau parti de Londres arrive au Bengale, en Chine, au Japon : demain Mercure, avisé des arrivages par les astronomes'de l’Asie, en transmet la liste aux astronomes de Londres, qui alors sont dégagés de leur brumeuse atmosphère.lls auront, avec le ciel de Provence, l’olivier sur les rives de la Tamise, et souvent des nuits bien plus belles que nos plus beaux jours, quand, par un temps serein elles seront éclairées de trois ou quatre et quelquefois de cinq flambeaux lunaires, à cristallin vif et lustré, comme le sont ceux des vivants.
» La momie Phœbé, notre lune actuelle, qui, à raison de sa mort, est privée d’atmosphère, ne peut avoir que le cristallin terne et mat. Il faut tout le mauvais goût des civilisés pour admirer ce cadavre blafard, bien plus odieux encore par ses résorptions délétères et par le fléau de lune rousse ou deuxième hiver qui vient chaque année déshonorer le printemps, nous enlever, non la dîime ni le quint, mais souvent la moitié de nos récoltes; enfin, nous entraver dans tout le cours de l’année par des températures toujours outrées en durée et pernicieuses à l’homme, à l’animal, au végétal, dont les besoins exigent la fréquente variété.
» Lésion externe étendue à notre univers. Sujet effrayant pour les pygmées ? Il faut considérer notre univers comme une pomme sidérale jouant son rôle parmi des millions d’autres univers, et sujet aux phases d’accroissement et de décroissement.
» Lorsque notre univers entrera en puberté, les astres de voûte se rapprocheront, formeront des chaînes de tourbillons entre notre soleil et la masse des étoiles fixes. Nos planètes se concentreront : Herschell dans ses oppositions ne sera pas plus éloigné de nous que ne l’est aujourd’hui Jupiter qui, dans ce cas, serait parfois assez voisin de la terre pour lui former une sixième lune, Vénus et Mars, une septième, une huitième.
» Lorsque les cent deux comètes seront implantées, trempées et aptes à la manœuvre, notre tourbillon s’élèvera de
troisième en quatrième puissance, formant quatre tourbillons secondaires, dont chacun sera groupé sur un prosolaire à cristallin nuancé et anneau igné, en titres majeurs. Alors le soleil, en place de la souillure fumeuse, nommée lumière zodiacale, aura une auréole nuancée moirée. Saturne, Jupiter et Herschell seront élevés en grades et promus au prosolariat. Notre globe y aurait les mêmes droits, mais notre planète est si affaiblie par la catastrophe diluvienne, que je doute fort qu’elle soit jugée apte aux fonctions de prosolaire miniature.
» Dieu, prévoyant qu’un globe encroûté de philosophie et rebelle aux impulsions de la natüre, pourrait à lui seul paralyser le mouvement, le progrès social d’un million de tourbillons, a dû pourvoir au remède qui est une opération exigeant vingt à vingt el un siècles de préparatifs. On n’y a recours que dans les cas où un univers périclite par quelque fâcheux incident, comme le désordre du tourbillon foyer; ce vice ayant été constaté à l’époque de la mort de César, soit par la maladie que subit alors le soleil, soit en politique, par le crétinisme avéré de la civilisation. Elle avait déjà dévié en Grèce et échouait une seconde fois à Rome par l'influence des mêmes sophismes. Il devenait évident que l’on ne pouvait faire aucun fond sur notre globe, que son organisation harmonique allait être retardée indéfiniment et que le: soleil allait être privé à jamais de son quadrille d’aromes cardinaux.
» Entre temps, la hiérarchie sidérale de voûte n’a pas moins fait ses dispositions, qu’elle continue visiblement par ses dissolutions de voie lactée, constatées par Herschell ; mais, grâce à l'invention qui va tout réparer, il n’y aura eu que 4,800 ans de perds. Dans tous les cas, il ne saurait y avoir plus de 2,100 ans de délai; car, en supposant le prolonsement du désordre, la restauration n’en aurait pas moins lieu sous trois siècles à peu près, par suite des mesures arrêtées depuis dix-huit siècles, en conseil sidéral, et dont il est inutile de rendre un compte détaillé. »
(Traité d’Association, t. 1, pag. 519, 524, 531.)