DOMESTICITÉ
« Dansune Phalange, le service domestique est géré, comme toute autre fonction, par des séries qui affectent un groupe à chaque variété de travaux. Lesdites séries, dans les moments de service, portent le titre de pages et de pagesses. Nous le donnons à ceux qui servent les rois ; on le doit à plus forte raison à ceux qui servent une Phalange.
» À l’ennoblissement idéal du service, se joint l’ennoblissement réel, par la suppression de dépendance individuelle qui avilirait un homme en le subordonnant aux caprices d’un autre. Analysons le mécanisme du service collectif libre, dans une fonction quelconque, celle de camériste (femme qui fait les chambres, les lits).
» La pagesse Délie sert dans le groupe des caméristes de
l'aile droite : elle est brouillée avec Léandre : elle omet son appartement ; mais d’autres la suppléeront. Églé et Philis, deux pagesses du même groupe, se chargent de l’appartement de Léandre, qu’elles affectionnent. Il en est de même aux écuries; si le cheval de Léandre est quitté aujourd’hui par un de ses pages, il est repris et pansé par un autre page, ami de Léandre, ou par les pages de ronde. Philis et Eglé ont fait le lit de Léandre; ce ne sont pas elles qui battront son habit. Elies le portent à la salle du battage où il est pris par Clitie, autre amie de Léandre. Sur cet habit se trouve une tache ; Clitie, après l'avoir battu, le porte à la salle de dégraissage où il est soigné par Chloris, autre amie de Léandre.
\» Chacun peut, d’ailleurs, dès l’heure suivante, rencontrer dans d’autres fonctions ceux qui l’ont servi l'instant d’auparavant et qui se trouveront peut-être leurs supérieurs en changeant de travail. Eglé servait Léandre à sept heures ; mais à neuf heures il y a séance à l’Abeillerie, Léandre est un des nouveaux sectaires, il est neuf dans ce travail. Eglé, qui l’exerce depuis l’enfance y est très-habile et Léandre se trouve sous ses ordres à l’abeillerie, »
(Ibid., pag. 85.)