DE LA SECONDE ÉDITION
sure des actes humains varie de peuple à peuple, de zone à zone, et la civilisation seule, l’éducation progressive des races, pourront conduire à une morale universelle. Quant au bonheur, quoi de plus relatif! On parle de le fonder par une satisfaction illimitée. Mais chaque jour cette expérience se fait en détail, et tout homme peut dire si la passion, pleinement assouvie, est le bonheur; si la privation même, la privation réfléchie et volontaire, ne renferme pas souvent plus de joies réelles qu’une satisfaction sans bornes. Le bonheur absolu sur terre aurait un autre écueil, celui de supprimer toute aspiration vers un état meilleur et d’entourer notre départ de cette vie des conditions les plus douloureuses. Le bonheur absolu exigerait encore la suppression de la souffrance physique; car ce serait peu que d’avoir guéri l’âme, si le corps demeurait en butte aux infirmités qui l’assiégent.
Cherchons le mieux, soit; cherchons-le ardemment ; c'est le plus noble emploi que l'homme puisse faire de son intelligence. Mais cherchons-le dans la sphère du possible et sans rêver dans les destinées humaines une solution de continuité, une métamorphose soudaine, un changement à vue. Sur les idées qui s’en vont entons les idées qui arrivent, de manière à ce que la séve ancienne profite aux fruits nouveaux. « Toute créature gémit, » a dit saint Paul, et le problème du bonheur semble encore en être là. Cependant, depuis l’Apôtre, le genre humain à marché vers un état relativement meilleur ; il a mesuré le globe et lui a imposé son empreinte ; il a dompté les éléments et les a enchainés à son service; il a remporté sur la nature des