‹ Études sur les réformateurs, socialistes modernesChapitre 4 sur 34 · DE M. JAY · texte numérisé non relu

DE M. JAY

c se promenai l glorieux, dit M. L. Reybaiid, au 4 milieu de populations libres et enthousiastes i qui le saluaient comme un bienfaiteur et le

< couronnaient comme un roi; il parlait à ces « élres , à ces enfants de ses rêves, une langue

< que seuls ils paraissaient comprendre : il bâ- € tissait son Phalanstère y le peuplait, Torgani- ( sait, conduisait lui-même au travail ses

< groupes à^Harmonienê, fondait une ville,

< une capitale, une métropole; unissait par le c lien sociétaire TOrient à TOccident, le Nord 4 au Midi. Douces fêtes de Timagination, seules « joies permises à la fière et noble pauvreté de

< celui qui semait ainsi des perles sur un « globe idéal !

Voici d'un autre côté, ce quedit de lui-même Robert Owen, répondant S. R. l'évêque d'Exeler , Philpot , qui , en plein parlement , avait lancé contre lui de foudroyants anathcmes :

€ Depuis le commencement de ma carrière, c quandjen*avais aucune sorte d*appui, je n*aî t pas craint, dans le seul intérêt de la vérité, 4 de me mettre en opposition directe et ou- « verte avec les préjugés les plus enracinés des i siècles antérieurs. Je me préparai dès lors à

< encourir des amendes pécuniaires, l'empri-

< sonnement, la mort même, et jusqu'à la po-

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c lence. Mais au lieu d*essiiyer des amendes ,

< remprisonnement et une fin ignominieuse ,

< j'ai élé , au contraire , le favori de Tuni- * vers. *

Vous le comprenez maintenant : il y a deuiL points frappants de ressemblance entre nos réformateurs : une invincible opiniâtreté et Tamour-propre exalté jusqu'au délire. Ce n'est pas avec de telles dispositions d'esprit qu'on peut travailler efficacement au bonbeur de Thumanilé , mais elles expliquent la conduite de ces téméraires rêveurs. On ne doit pas applaudir à leurs folies, mais on peut les plaindre ; ils excitent personnellement moins d'antipalbie que de pitié. 11 ne faut être inexorable que pour les parties dangereuses de leurs doctrines.

Telle est aussi l'opinion de M. L. Reybaud ; c'est ce sentiment qui a dicté les conclusions de son livre, conclusions écrites avec une grande vigueur de pensée et d'expression, sans aucun mélange de néologisme et de mauvais goût, qualités précieuses auxquelles l'Académie n'est jamais restée indifférente.

< Depuis dix ans, il n'est aucun sentiment ,

< aucune croyance morale que l'on n'ait im-

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