‹ Études sur les religions sémitiques (volume 2)Chapitre 17 sur 81 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le culte de la divinité féminine remonte aussi loin que les plus anciens documents. Il est supposé comme la chose la plus normale, et cependant quel mystère! Qu'on ait adoré des forces inconnues, des esprits mystérieux, qu'on leur ait donné le nom de maitres, rien d'étonnant. Mais quand la déesse parait, le divin est donc absolument assimilé à l'humanité. Le caractère sexuel est plus nettement mis en évidence.

Toutefois si certainssystèmes ont pris soin de marier les dieux et les déesses et de ne laisser aucun dieu sans sa déesse parèdre, ces grandes déesses des Sémites ne sont nullement de simples épouses. Wellhausen (1) a fait remarquer qu’elles ont leur rôle à elles, souvent mème elles ne conçoivent pas, n’enfantent pas; Ichtar chez les Babyloniens, Astarté en Syrie, al-Lât ou al-‘Ouzza parmi les Arabes n’ont pas le rôle effacé d’une femme obéissante. On a prétendu qu'elles avaient même la suprématie sur les dieux et qu'il y avait là un indice de l’ancien état social où le matriarcat était la règle. Mais on ne peut pas dire que chez les déesses le caractère de mère soit beaucoup plus en relief que celui d’épouse. La conception du dieu fils ne parait pas très ancienne.

Si nous nous en tenons aux faits généraux, nous reconnaîtrons que pour tous les Sémites la déesse est surtout la dame ou la maitresse comme le dieu était le Baal.

En Babylomie le signe quiindique la divinité, AN, se place aussi bien devant la déesse que devant le dieu, mais en revanche c’est le signe féminin de la dame qui devient à l’occasion l'indice du seigneur dieu (2).

(1) Reste arabischen Heidentums, 2° éd., p. 208. (2) NIN est essentiellement un signe féminin, puisqu'il est composé de l'indice du sexe féminin et d’un autre idéogramme.

C’est ainsi que dans un des plus anciens textes connus Manichdouchou a fait un vœu à la (déesse) dame A-A (1). L'idéogramme NIN se lit donc en assyrien béltu, la dame, ou même bélu, le maître, etc’est précisément le terme que les Phéniciens emploient pour désigner les déesses : c’est toujours la dame, Ba‘alat, de Byblos ou d’autres lieux, ou seulement la grande dame une telle, ou la maîtresse dame. Qu'elle ait été ensuite qualifiée de mère des dieux et des hommes, la déesse la plus vénérée devra ce titre à sa qualité de déesse céleste, mais elle est essentiellement la dame avant d'être la mère, si bien que la vierge céleste ellemême a pu être dite la mère des dieux (2). Par là nous n’entendons pas encore déterminer si elle est avant tout la dame de la tribu ou du groupe social, ou de la cité, ou si au contraire elle est dès le début regardée comme la dame du ciel. Il nous suffit d’avoir dégagé l’idée générale; comme il y a un maïtre, il ya une maîtresse. Son nom propre a moins d'importance encore que celui du dieu; en Babylonie surtout, 1l est comme interchangeable ; les mêmes personnes ont les relations les plus variées et les plus contradictoires : Bau est fille d’Anou, mais Anounit est fille d’Anou et Ichtar est Anounit et aussi Nana à Ourouk. On serait tenté de dire avec Hommel (3) que toutes ces déesses ne sont que la personnification sous des noms différents de l'Océan céleste ; elles sont plutôt toujours la dame. Cette union des déesses en une seule personne se manifeste surtout en Astarté ou Achéra que nous devons étudier spécialement à cause du rôle qu’elle joue dans la lutte des prophètes contres les cultes païens.

Achéra, dans la Bible, est le nom d’une déesse cananéenne. D'autre part, c'est aussi le nom d’un pieu sacré. Certains critiques ont pensé que ce dernier sens répondait seul à la réalité et que si la Bible fait allusion à une déesse Achéra, c'est par une confusion grossière (#4). Rarement les découvertes positives de l'épigraphie ont donné un dé-

(1) Scuriz, Textes élamiles-sém. Le texte figure déjà AB. (Bibliothèque cunéiforme de Schrader).

(2) R. Suirn, The Religion of the Semiles, p. 56, note.

(3) Altisr. Ueb., p. 65. En reconnaissant la déesse pour une et multiple, nous ne prétendons pas nier que les Chaldéens aient eu en vue des entités distinctes. Chaque ville importante ou du moins capitale pensait avoir sa déesse. L'unité n'en est pas moins à la base, dans l’idée d'une maitresse, et elle se retrouvait dans les prédicats qui étaient naturellement les mêmes pour toutes.

(4) Meter, Geschichte des Al., 1, 247; Sraps, Gesch. des V.I., 1, p. 184, p. 4605.

menti plus net à une théorie arbitraire. Achéra était une déesse cananéenne dont le culte fut connu à Babylone au moins dès le temps de Hammourabi et il demeure vraisemblable qu’elle appartient au fonds commun des Sémites.

C'est précisément au pays de Canaan, dans les lettres d’el-Amarna, que le nom de la déesse a d’abord été relevé. Les noms propres Abd-Achrâtu et Abd-Achirta ne peuvent s'expliquer autrement que « serviteur d’Achrâtu » et «serviteur d’Achirta ». Or les deux noms sont l’un le singulier, l’autre le pluriel, probablement le pluriel dit de majesté (1), et ce pluriel achrätu se trouve eten toutes lettres, ach-ra-tum, et équivalant à ach-ta-[arj-ti, c'est-à-dire qu’Achéra estconfondue avec l’Astarté cananéenne. Il s’agit donc bien de la déesse, d'autant que quelquefois le second élément est figuré par l'idéogramme qui désigne Ichtar pour les Babyloniens (2). Le nom dela déesse est toutsimplement le féminin du nom de dieu Achour, que des tablettes cappadociennes (d'environ 2000 ans av. J.-C.) mentionnent sous le nom d'Achir. F. Delitzsch est ici complètement d'accord (3) avec Hommel. Il n’y a plus là-dessus aucun doute, Achéra est la déesse bonne, protectrice, secourable, qui donne le bonheur et la grâce. Il existe encore d’autres textes où la personnalité de la déesse s’accentue. Elle est femme de Rammän, et spécialement déesse des pays occidentaux, du pays de Canaan, dès le temps de Hammourabi (4). M. Pinches publie des listes d'anciens temples babyloniens dont il n'indique pas la date ; on y voit figurer un temple d’Ack-ra-tum (5).11 y a donc un point certain, l’existence de la déesse Achéra à une époque très reculée; mais ses origines ne sont guère éclaircies pour être liées à celles du dieu Achour. Il faut convenir que nous sommes là en plein pays sémite. Achour s’est identifié avec la ville d’Achour et le peuple des Assyriens.

Nous ne le voyons paraître que vers l’an 1850, dans les inscriptions de Samë-Ramman, quoique les tablettes cappadociennesle supposent déjà connu. Il est le dieu bon, le dieu suprême qu’on n’a pu rattacher à aucun élément naturel, soleil, lune ou firmament. Si‘les Assyriens sont venus d'Arabie pour renforcer l'élément sémitique, dont ils sont l’ex-

(1) HomeL, Aufsätlze, p. 209.

(2) KB., V, Die Thontafeln von Tell el-Amarna, cf. les n°° 38,39,40,53 ou simplement la table des noms propres.

(3) Assyr. Leseslüclke, 4° édit., p. 192 : « A$ur (in alter Zeit auch A$ir, wovon AIN = aëirtu das Femininum) Gott A$ur (« heilbringender, heiliger » Gott).

(4) Home, Aufs., p. 209 ss. Ach-ra-tum et Ra-ma-a-nu-um, donc en toutes lettres Ramäân et non Hadad.

(5) The temples of ancient Babylonia, dans Proceed. of the Society of biblical Archacology, vol. XXII (1900), p. 159.

pression la plus tranchée et la plus énergique, le dieu Achour peut avoir été longtemps adoré avant d’être mentionné par l'écriture. Quoi qu'il en soit, on comprend très bien qu’Achéra n'ait jamais fait très grande figure chez les Assyro-Babyloniens. Achour a eu de hautes destinées comme la divinité suprème et unique en son genre de la puissante monarchie assyrienne; il a d’ailleurs disparu complètement’ avec elle. Chez les Assyriens eux-mêmes Achéra n'avait que peu de chances de succès; son caractère de doublet était trop accentué. Les grandes divinités féminines n’ont dominé que grâce à une personnalité distincte de celle du dieu, et nullement à titre de compagnes. Dans la Babylonie, Bau, Nana, Ichtar avaient leur position faite et ne pouvaient le céder à cette divinité probablement presque étrangère.

Si elle venait d'Arabie, l'Arabie a dù en conserver des traces, et c’est précisément ce que Hommel a mis en lumière (1). Les inscriptions qatabaniennes ne laissent aucun doute sur l'existence d’une déesse Athuirat, dont le nom existait sans doute aussi chez les Minéens (2).

L'existence de la déesse étant si bien constatée, soit en Babylonie, soit en Arabie, il nous paraïtrait exigé de la reconnaitre aussi chez les Araméens dans l’inscription de Teima. On a préféré traiter de quantité inconnue le mot de Achira qui figure parmi les divinités de la stèle. Nous y reconnaissons sans hésiter notre déesse (3).

Plustard encore on retrouve Achéra au pays de Canaan. Lesens de ce mot dans l'inscription phénicienne de Ma‘soub demeure très douteux. Astarté y est envisagée sous la raison d’Achéra de El Khammän (4). La Bible, avons-nous dit, cite Achéra comme une déesse. Dans son zèle à trouver partout son parèdre Acher, M. Hommel a même cru entrevoir le nom de ce dieu dans les textes où Israël exprime sa foi propre (5). Ce sont autant de changements du texte recu qui ne s'appuient que sur des conjectures; la monolâtrie des Israélites — à défaut de monothéisme — suffirait à les écarter, à moins de supposer qu'Acher ne soit qu’une épithète dont le sens de bon aurait encore été connu, ce qui ne cadre pas mieux. Le pluriel achérim n'implique pas l’existence d’un singulier

(1) Aufs., p. 150, note 4; p. 157, note 2; p. 159 et p. 206 s.

(2) Cf. le nom du mois dhü Athirat, loc. laud., p. 157.

(3) CIS., ar., n° 113, 1. 16, NN; il est étonnant que le iod soit écrit, mais est-ce une objection insurmontable? Achour figure dans l'inscription araméenne n° 36, 2nTwNS, trouvée à Koyundjik. Le rapprochement avec NWDN27T (Tarif de Palmyre, I, 10) proposé par Lid. n’est guère séduisant.

(4) Cf. inscription de Ma‘sub aux Appendices.

(5) Donc, sans parler de Num., xx1v, 4, dans Dt., xxxut, 29 et même Dt., xxxir, 37; XXXIN, 8 et Gen., xxvir, 40; Aufs., p. 269.

acher dans le sens d’un dieu; puisqu'il signifie toujours les pieux sacrés, le singulier postulé par Hommel signifierait seulement le pieu ou l'arbre sacré (1).

Contentons-nous donc de trouver dans la Bible la déesse Achéra, combattue par les prophètes. Ce qui prouve d’ailleurs qu’il ne faut pas attribuer aux Juifs d’une basse époque la création de la déesse d’après le symbole du pieu, c’est que les Septante avaient complètement oùblié le sens de ce mot qu'ils ont traduit par « bois sacré » à la mode grecque.

A vrai dire, cette Achéra ne paraît pas avoir eu de personnalité bien distincte. A l’époque où nous transportent les livres bibliques, la confusion entre Achéra et Astarté, commencée au temps d’el-Amarna, devaitavoir atteint son terme. Le nom traditionnel d’Achéra était maintenu dans l'usage (2), mais il est probable qu'il n’était guère usité que comme une épithète de la grande déesse cananéenne, épithète qui pouvait être employée seule et la désignait suffisamment comme la déesse du bonheur, la Fortune ou la Tyché des villes.

La déesse Astarté appartient certainement au plus ancien fonds de la langue des Sémites, car elle se retrouve dans toutes leurs branches et avec des différences phonétiques assez caractéristiques pour prouver qu’il de s’agit pas d’un emprunt (3). IL semble mème que le nom di-

(1) Il résulte cependant de l'existence démontrée de la déesse que l’Achéra dans le sens de pieu est plus probablement une sorte de personnification de la déesse et non un nomen unitatis comme le pensait Stade, Grammaire, 311 el 334. De la déesse Achéra on a fait le pluriel acherôt dans le même mode que baalim pour les baals (Jud., x, 7), et ‘Achtarôt pour les Astartés, Ce pluriel féminin a été pris deux fois dans le sens de pieux à une époque tardive (II Chr., x1x, 3 et xxx, 3).

(2) Nous passons rapidement en revue les textes qu'on peut alléguer, tous ceux où le mot signifie pieu étant réservés pour une autre étude.

I Reg., xvunt, 19; d’après Klost. et Kittel les quatre cents prophètes d’Achéra ont été ajoutés par un glossateur, car au v. 22 on ne voit figurer que les quatre cent cinquante prophètes de Baal, —1 Reg., xv, 13 etIl Chr., xv,16: ITIUNS NY99N et NY9DD HIUN); dans les Chr. le grec : ’Actäptn, Vg. : in sacris Priapi et simulacrum Priapi pour nx52n, d’après la tradition juive qui s’est perpéluée jusqu'à Raschi (V9 serait-il en rapport avec xrvatôos?). Klost. change en n95 (ef. IT Reg., xxur, 5), sans'raison suffisante ; en tout cas, il s’agit bien de la déesse Achéra. — II Reg., xxt, 7 : une idole d’Achéra, pour Astarté. —1IReg., xxx, 4: Baalat Achéra et toute l’armée du ciel; c'est la reine des cieux assyrienne qui était aussi cananéenne.— Il Reg., xxI11, 7 : AIN 072; Klost., d’après la lecon yertueuv, conjecture N2N3, des uniques, « les chemises vendues pour le compte d’Astarté devaient être très recherchées » ; mais il s’agit d'un objet destiné à la déesse. On peut songer soit à des édicules en toile, sortes de dais placés sur la déesse, soit à des vêtements dont l'idole eût été revêtue; cf. par exemple le pieu qu’Isis consacre à Byblos : eira tabrnv iv 006vn meprux]dbacav etc., Is. et Os., $ 16.

(3) Babylonien : i$tar; hébreu : NNÈY; aram. : NY, par fusion des deux N; sabéen :

vinisé est antérieur à la notion du sexe, car non seulement le mot se trouve sans terminaison féminine et avec cette terminaison, mais il est employé aussi au masculin. Ce n’est donc pas la déesse qui a reçu un nom spécial, c’est un objet divin ou du moins reconnu tel qui dans certains milieux a été pris pour féminin, dans d’autres pour masculin. Cet objet n’est autre que la planète Vénus, qu'on adora comme donnant l'abondance et la richesse. Cette conclusion ressortira d’un coup d’œil rapide jeté sur les différents aspects du culte de la déesse.

La grande déesse des Cananéens figure, d’après la vocalisation du texte massorétique, sous le nom d’Achtoreth. On a reconnu qu'il y avait là un exemple de cette haine pour l’idolâtrie qui allait jusqu'à éviter de prononcer le nom des divinités païennes. L’extrême respect et l'extrême horreur conduisirent ici au même résultat. On ponctua Adonaï le nom de Iahvé et Bochét (abomination) celui d’Astarté. La vraie prononciation nous à été transmise par l'usage grec, dérivé de celui des Phéniciens, et les Septante eux-mêmes ont rendu Astarté (1). La déesse parait dans la Bible comme la divinité spéciale des Sidoniens (IReg., x1, 5, 33; IL Reg., xxnt, 13) : cependant le pluriel est employé en conjonction avec Baal pour signifier les déesses. On suppose même que son culte était dominant chez les Philistins (2). Rien dans la Bible n'indique son caractère particulier; l’idée de fécondité est demeurée dans la locution du Deutéronome relative à la multiplication des troupeaux (3).

L'inscription de Mésa contient l'expression si diversement inter-

Je. Les lois relatives aux sifflantes dans les différents dialectes sont rigoureusement observées. Le son |, arabe est souvent correspondant au W hébreu et au TN araméen, comme dans l'exemple classique de PL «taureau », hébreu W®, aram. NN; l’assyrien a le plus souvent la même sifflante que l'hébreu, sûru. Cette loi s'applique au nom de la déesse dans lequel le N est manifestement ajouté à la racine comme dans la huitième forme arabe ou dans la forme hithpa‘ël en cas de sifflante. Dès lors il est de toute évidence que c’est dans le son intermédiaire et la forme pe que doit se trouver la racine. Nous aurions songé au sens de broncher qui indiquerait la marche irrégulière de la planète Vénus, maïs la question paraît tranchée par la découverte en minéen de JE avecle sens d’ «être abondant, riche » (Hommel, Aufs., p. 156) dans l'inscription de Glaser 282. Mais s’agit-il bien, comme le veut Hom-

mel, d'une forme primitive ‘Uttäru, thème JS» cela paraît beaucoup moins bien établi. (1) La forme hébraïque serait proprement NNNŸY dans le système normal des Massorètes.

(2) I Sam., xxxt, 10. Les Philistins transportent les armes de Saül NNÈY N°2, «dans le temple d’Astarté »; en grec tù ‘’Aotapreïov, donc NNŸY au singulier; l'endroit n'est pas indiqué. Ce peut être Ascalon, célèbre par le culte de la déesse. La Chron. I, x, 10, DA'AÔN, « de leur dieu » ou « de leurs dieux », ne tranche pas la question.

(3) Dt., vis, 13; xxvunr, 4, 18, 51.

prétée Astar-Camos. Les Moabites étant si voisins des Cananéens, il est probable que la divinité est aussi féminine parmi eux, d'autant qu’ils n'ont pas la forme de l’Arabie du sud, Athtar. Mais la désinence féminine manque, comme en Assyrie. Astarté est donc conçue ici comme l'épouse de Camos, sa déesse parèdre, de même que chez les Phéniciens Astarté par rapport au baal de la ville.

C’est du moins ce qui paraît ressortir pour les Phéniciens du titre de « Astarté du nom de Baal » dans l'inscription d'Echmounazar (1) : on bâtit deux temples, l’un pour le Baal de Sidon, l’autre pour Astarté en qualité de dame de la ville, placée sur le pied d’un baal. D'ailleurs 1l faut convenir que les inscriptions phéniciennes ne nous apprennent guère que cela sur le compte d’Astarté. Nous la voyons surtout honorée à Sidon (2), ce qui concorde très bien avec le renseignement biblique; ensuite à Ma‘soub, dans un rapport énigmatique avec El Khammäân (3), puis à Larnaca (4), dans l'ile de Golo (5), en Sicile (6), en Sardaigne (7), à Carthage (8).

On à beaucoup écrit déjà sur son rôle de vivifiante d’après l’inscription d’Eryx qui paraissait aux éditeurs du Corpus la nommer « Astarté qui donne longueur de vie ». Mais la déesse est simplement qualifiée Astarté d'Eryx (9), ce qui nous montre de nouveau Astarté jouant le rôle de Baal d’un lieu, le nom était devenu ici presque un nom commun. |

Il n’y a guère à noter qu'une épithète assez insignifiante, probablement « Astarté la magnifique » (10).

Nous avons une autre source d’information : les figurines qui représentent la déesse.

(1) Ly2 ow NN Y, L 18; ce titre a été très bien expliqué par G. Hoffmann (Ueber einige phoenikische Inschriften, p. 56).

(2) Inscription de Tabnith, prêtre d'Astarté, roi des Sidoniens, 1. 1, 2 : c’est une abomination aux yeux d’Astarté que de violer les sépultures. Inscription d'Echmounazar (C1S., n° 3), 1. 15 : Astarté notre dame; 1. 16, le temple d’Astarté sur la côte de Sidon. Inscription de Sidon (CIS., 4), le roi et sa déesse Astarté.

(3) Ma‘soub, I. 4.

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