A MONSIEUR LE MARQUIS DE VOGÜÉ
Ce livre est un fruit de vos lecons et de vos exemples; je souhaiterais qu'il fût moins indigne de vous étre présenté. Vous avez eu le premier l’idée d’une école biblique à Jérusalem; nous avons essayé de la réaliser comme vous l'aviez conçue, et déjà l’école américaine et l’école allemande, qui sont venues ensuite, attestent la fécondité de cette initiative.
Partout, en Palestine et en Syrie, nous retrouvons vos traces. Votre « Temple de Salomon », vos « Églises de Terre Sainte », vos études d'épigraphie sémitique et d'architecture byzantine dans la Syrie centrale et le Hauran, ne sont pas seulement un point de départ : c’est une moisson; 1 ne nous reste qu'à glaner.
Il est vrai que le champ des découvertes s’est considérablement accru, surtout pour les Sémites. Il va maintenant de Carthage à Suse, et leur importance dans l’ordre religieux devient chaque jour plus manifeste. Vous m'avez dit : « Il est temps que le grand public soit saisi de l’évolution qui se fait dans la critique des sources religieuses que, pour ma part, je considère comme nécessaire au main- * tien de la foi dans les régions intellectuelles ». En même temps vous m'engagiez à entreprendre ce travail. Je ne pouvais me dérober à une invitation si bienveillante. Cependant j'ai pensé que la religion d'Israël ne pouvait être mise dans son vrai jour, à la fois historique et divin, si on n'étudiait les religions des Sémites voisins, non par des allusions détachées, mais dans une vue d'ensemble. Il reste à reprendre séparément la religion des Hébreux : la comparaison ne fera que mieux ressortir son éclatante supériorité religieuse et morale, surtout le germe de progrès qu’elle porte dans son sein, indices as-