‹ Études sur les religions sémitiques (volume 2)Chapitre 4 sur 81 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le quart environ de ces Études a déjà paru dans la Revue biblique. C’est dire qu’on se proposait surtout d’éclaireir certains points de l’histoire d'Israël par la comparaison avec les peuples voisins. Peu à peu de nouveaux objets se sont présentés de façon à constituer presque un ensemble. Il est cependant loin d’être complet et si les titres longs étaient encore de mode, il eût fallu intituler ce volume": Quelques études sur les religions sémitiques en ce qui touche de plus près à la religion des Israélites, soit par le contraste des idées, soit par la ressemblance des traditions et des rites.

En dehors de ce but indirectement biblique, ce qui peut nous excuser de publier une œuvre aussi imparfaite, c’est qu’il n’en existe aucune qui fasse connaître toutes les institutions religieuses fondamentales des Sémites.

Le seul ouvrage qui porte à peu près ce titre est celui de W. R. Smith. On y trouve semés à pleines mains les détails d’érudition les plus rares, mêlés aux vues les plus pénétrantes ; mais l’unique volume qui ait paru roule presque entièrement sur le sacrifice, tient peu de compte de la religion babylonienne, et il est constamment dominé par une idée fausse, l'importance exagérée du totémisme dans l’histoire de la religion. Comme il arrive ordinairement, les élèves ont été encore plus systématiques que le maitre, d’où l'inondation de totémisme dont nous avons souffert.

Baudissin a donné des Études très documentées mais spéciales, déjà en partie vieillies. Les Contributions de Baethgen sont soignées, mais concentrées autour des idées sur Dieu qu’il analyse d’ailleurs fort bien.

Les Restes du paganisme arabe de Wellhausen sont un excellent recueil de ce que peuvent fournir les écrivains musulmans sur l’Arabie.

Dans le champ de la Mésopotamie, Jastrow a condensé les prinei-

paux résultats; une foule d'observations ingénieuses se rencontrent RELIGIONS SÉMITIQUES, b

à AVANT-PROPOS.

dans les ouvrages de Hommel, de Winckler, de Zimmern, de Jensen, de Scheil, de Loisy, mélées chez les deux premiers à des théories très aventureuses.

Pour les régions araméennes, le marquis de Vogüé est demeuré le maître respecté de l’érudition archéologique et épigraphique.

En pays de Canaan, personne n'a exercé plus de perspicacité que Clermont-Ganneau dans ses Études et dans son Recueil pour l'archéologie orientale. Malheureusement ce savant, dont les rapprochements inattendus attestent l’érudition la plus variée, ne parait pas se soucier de faire une synthèse, qui demeure, nous land l'œuvre de l'avenir.

Aussi nous sommes-nous proposé surtout d'encourager à ces études les jeunes travailleurs catholiques; à eux de remplir le cadre que nous esquissons.

C'est dans leur intérêt que nous avons composé les appendices qui terminent ce volume. On ne pouvait songer à reproduire les textes assyriens qui sont assez accessibles dans la Keilinschriftliche Bibliothek; il eût fallu insérer en particulier tout l’excellent travail de Jensen, Mythen und Epen. Nous avons choisi de préférence des textes phéniciens, puisque les Phéniciens étaient les plus rapprochés des Hébreux par la langue comme par l'habitat. Les plusimportants de ces textes se trouvent dans le Corpus des inscriptions sémitiques, mais tout le monde ne l’a pas sous la main, et, pour le tarif de Marseille en particulier, la traduction du Corpus est déjà un peu surannée. Le manuel d'Épigraphie sémitique de Lidzbarski est appelé à rendre aussi de très bons services.

M. Maspero et la maison Hachette ont bien voulu nous autoriser à reproduire quelques-unes des illustrations de la grande Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, à laquelle nous renvoyons souvent. Qu'ils veuillent bien accepter ici tous nos remerciements.

Les transcriptions suivent les usages reçus. Quand le mot est censé devenu français, nous écrivons ou le son indiqué par « dans les mots sémitiques écrits en italiques. Quand la prononciation est incertaine, le mot se présente parfois sous plusieurs formes, ainsi Khamôn ou Khammän, etc.

Ce volume suivra de très près le Commentaire des Juges; en fait, il représente notre travail des deux dernières années, l'impression Ab Juges ayant été retardée pour divers motifs.

6 novembre 1902.

Fr. M.-J. LAGRANGE.

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