PHILON DE BYBLOS
At Persaeus, eiusdem Zenonis auditor, eos dicit esse habitos deos, a quibus magna utilitas ad vitae cultum esset inventa. (Cic., De naturû deorum, I, 15.)
Presque tout ce que nous savons de la cosmogonie et de la mythologie des Phéniciens se rattache au nom de Philon de Byblos (1) et par lui à Sanchoniathon, écrivain phénicien qu'il prétend traduire. « Peu de problèmes... dans le cercle des études sémitiques et de l’histoire ancienne en général, ont plus d'importance que celui-ci. Si l'Histoire phénicienne de Sanchoniathon nous représente réellement la cosmogonie et l’histoire primitive telles que l’entendaient les Phéniciens, aucune des pages léguées par l’antiquité ne peut le disputer en intérêt à celles qu'Eusèbe nous a transmises. A côté de la Genèse, représentant les vieux souvenirs de la race hébraïque, nous aurions, dans cette hypothèse, une version écourtée et altérée, il est vrai, mais sérieuse et intelligible encore des traditions de Chanaan (2) ».
Problème difficile aussi, puisque tant de savants ne s’en sont occupés que pour aboutir à des solutions contradictoires (3).
L'opinion du savant français, mitigée, nuancée, comme il fallait s’y attendre, et parfois jusqu'à la contradiction, est en somme favorable.
Il suppose que les cosmogonies mythologiques des Phéniciens étaient écrites sur des stèles sacrées dans les temples : « nous en possédons six ou sept, misérablement écourtées (4) », dans l’œuvre de Philon de
(1) Philon, qui prit le nom d’Herennius, est né d’après Suidas vers 42 après J.-C. et vivait encore au temps d'Hadrien (117-138).
(2) RENAN, Mémoire sur l'origine et le caractère véritable de l'Histoire phénicienne qui porte le nom de Sanchoniathon, Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, XXIII, p. 241-334.
(3) Movers, d’abord très hostile, a fini par admettre des documents originaux; voir surtout die Phoenizier, p. 116-147.
(4) RENAN, op. laud., 332 5.
Byblos. Il admet l'original phénicien. « Un Phénicien de l’époque des Séleucides, voulant relever la Phénicie, et imbu d’un système absurde d’exégèse mythologique, écrivit en phénicien un grand recueil d’histoire et de mythologie, où il mit bout à bout, en les rattachant l’une à l’autre de la façon la plus grossière, les traditions des différentes villes de la Phénicie et des écrits antérieurs, dont l’unité se laisse encore apercevoir. L'auteur s'appelait ou feignait de s’appeler Sanchoniathon (1) ». Ce préjugé sympathique à inspiré les rapprochements ingénieux de Fr. Lenormant et il semble dominer en France où on parle volontiers de Sanchoniathon.
En Allemagne l'opinion est plus sévère pour Philon de Byblos. Baudissin a commencé ses études sur les religions sémitiques par un examen du célèbre écrit (2). Ses conclusions sont assez radicales contre l'authenticité et cependant il admet des sources phéniciennes que Philon aurait traduites et groupées en les mêlant à des éléments étrangers. Otto Gruppe refuse, lui aussi, d'admettre l’existence de Sanchoniathon. Son analyse (3) est sans contredit la plus attentive de toutes, avec ce mélange de perspicacité et de subtilité extrème qui caractérise tout son livre sur les cultes et les mythes grecs. Sanchoniathon est un pseudonyme. La cosmogonie est égyptienne, comme le voulait Movers, et empruntée à Hécatée. L'histoire des Ouranides, où Renan avait déjà soupçonné un poème, est en effet un poème théogonique qui pourrait remonter, sous une forme, il est vrai, différente, au vin* siècle av. J.-C. L’anthropogonie qui précède serait l’œuvre propre de Philon de Byblos qui suivait peut-être en cet endroit une source historique. Il semble qu'après tant d'essais la matière soit épuisée. Et cependant Maspero le déclare : « Tous ces travaux devraient être refaits avec Les éléments nouveaux que l’assyriologie fournit (4) ». Les documents assyriens peuvent en effet servir de pierre de touche. C’est grâce à eux qu'on a reconnu la suffisante exactitude des renseignements fournis par Bérose et même par Damascius. Si le philosophe néo-platonicien du vr° siècle a su transcrire presque littéralement le début d'un poème babylonien cunéiforme, Philon de Byblos était dans une situation plus favorable pour nous renseigner sur la Phénicie.
Si l’Assyrie est éloignée, et ne fournit qu'un fonds d'idées communes, le nombre des inscriptions phéniciennes augmente de jour en
(1) RENAN, 0p. laud., p. 333.
(2) Studien zur semitischen Religionsgeschichte, 1 (1876), p. 1-46.
(3, Die griechischen Culte und Mythen (1887), p. 348-409.
(4) Histoire., IT, p. 168, note 4. Dans cette bibliographie ne figure pas l’étude d'Otto. Gruppe.
jour, le contrôle est plus aisé. Il est donc à propos de reprendre le problème à la suite de tant d’illustres maïtres. A la vérité, notre espoir a été déçu. La contre-épreuve tourne contre Philon de Byblos. Si ce candide aveu enlève une grande partie de leur intérêt aux pages qui vont suivre, nous avons pensé néanmoins qu'un résultat négatif est encore un résultat, si d’ailleurs en pareille matière un résultat peut être purement négatif. Au lieu de pénétrer les origines religieuses, — il faut si souvent y renoncer! — nous assisterons à la décomposition des mythes dans un syncrétisme de mauvais aloi.
Dans ces conditions l’exégèse des fragments philoniens doit être précédée d’un examen de leur valeur, car la méthode qui a présidé à leur composition fixe la règle de leur interprétation (1).
Et d’abord qu’avons-nous de Philon de Byblos lui-même? C'était le but d’Eusèbe, dans sa Préparation évangélique, de frayer la voie à l’exposé de la doctrine chrétienne en rappelant, pour les réfuter, les diverses religions du paganisme. Il a dû faire une place aux Phéniciens et c’est ainsi qu'il était amené à résumer et à citer l’histoire phénicienne de Philon de Byblos. Soucieux de ne pas paraitre se battre contre des fantômes — tant les théories de Philon lui faisaient la partie belle, — il a eu soin de constater que Porphyre, le grand ennemi des chrétiens, avait expressément reconnu la valeur de cet ouvrage. On est cependant d’accord aujourd'hui pour reconnaitre qu'Eusèbe avait en mains Philon lui-même, et d'autre part il est certain qu'il n’en a extrait que ce qui convenait à son but, et que, s’il a reproduit soigneusement ce qu'il citait à la lettre, il ne s’est pas proposé, dans ses résumés, de donner un abrégé complet de tout ce que contenait le premier livre de cet ouvrage (2). Nous pouvons donc faire état de ses renseignements et si nous n'avons pas toute la théorie de Philon de Byblos sur les Origines, nous ne pouvons nous tromper sur ses idées générales, à la condition de discerner exactement ce qui lui est assigné.
Mais est-ce seulement d'un littérateur du temps d'Hadrien qu'il s’agit? Porphyre et Eusèbe considèrent comme le véritable auteur de l'histoire phénicienne Sanchoniathon, écrivain phénicien que Philon aurait traduit (3), et 1ls ont dû emprunter cette conviction à des
(1) Nous citons d’après l'édition de C. Müller, FHG., HI, p. 560 ss.
(2) Gruppe n’a pas eu de peine à relever une contradiction dans Renan, p. 303 : « En effet l'extrait donné par Eusèbe se suit d'une manière assez rigoureuse ; on voit qu’il omet peu de chose et que l'original devait être à peu près tel qu’il le donne ». Et p. 308 : « Eusèbe n’a pris dans l’œuvre originale que ce qui allait à sa polémique contre le paganisme ».
(3) D'après Porphyre(De abst. II, 56), l'histoire de Sanchoniathon traduite par Philon avait
textes clairs de Philon lui-même. C’est aussi à Philon que Porphyre a pris la date qu’il attribue à Sanchoniathon; selon lui, l’auteur phénicien avait écrit la partie relative aux Juifs d'après Hiérombalos, prêtre du dieu leuÿ, et avait dédié son ouvrage à Abibalos ou Abelbalos (1) qui en avait reconnu l'exactitude, lui et les critiques de sa cour. C'est sur cette base que Porphyre raisonne pour conclure que cette époque, voisine de Moïse, est plus ancienne que la guerre de Troie, et contemporaine de Sémiramis.
C'est encore d’après Philon que Porphyre a pu affirmer que Sanchoniathon s'était appuyé sur les mémoires que chaque cité conservait dans les archives des temples. Nous avons d’ailleurs ici le texte de Philon lui-même (2). Sanchoniathon a consulté des stèles demeurées longtemps dans le mystère des sanctuaires. Il n’y a donc aucun doute sur la personnalité que Philon attribuait à son auteur. Il a pris soin aussi de marquer le but que se proposait le vieil historien. Au temps de Philon, la lutte était vive entre les différents systèmes qui se proposaient d'expliquer la mythologie. Au christianisme grandissant et aux attaques de la philosophie, les âmes religieuses qui voulaient maintenir le paganisme opposaient l’exégèse naturaliste des stoïciens ou l’allégorie subtile des néo-platoniciens. Mais l’école d'Évhémère n’avait pas désarmé. Elle ne refusait pas de reconnaître des objets naturels dans certains dieux, le soleil, la lune, les planètes; elle s’efforçait du moins de considérer comme des hommes tous les autres dieux et de transformer toute la mythologie en une histoire ancienne. C’est à cette école qu'appartenait Philon de Byblos, et c’est cette controverse qu'il transporte dans le passé. Dès l’époque antérieure à Sanchoniathon, des théologiens se seraient efforcés de faire prévaloir les explications naturelles ou allégoriques, et c'est pour s'opposer à ces tendances que Sanchoniathon, s’aidant des livres de Taaut, aurait rétabli le véritable ordre des faits (3). Malheureusement l'erreur prévalut encore, lorsque enfin il fut donné à Philon lui-même de frouver l'ouvrage de Sanchoniathon. Déjà les controverses interminables des Grecs l'avaient persuadé qu'ils ne
huit livres; Eusèbe (I, 3) prétend que Philon a divisé en neuf livres toute l’œuvre de Sanchoniathon. Peut-être le premier livre ne comptait-il pas comme histoire phénicienne.
(1) Lecon incertaine; ’A6e)6@10ç serait en tout cas A6:06%)05. Les inscriptions phéniciennes ont 02 an et 5y272y. |
(2) ‘O SE cuuBalwv toi; amd Tv &dUTwv eboeheïorv &xoxpÜpors ’Auuouvéwy ypéuuaor cuyxEuÉ: vos. Ces fameuses stèles sont probablement dans la pensée de Philon des BY321.
(3) Sanchoniathon est un nom théophore où Sacoun est l'élément divin; or Sacoun ou TON est précisément l'équivalent d'Hermès qui est Taaut; cf. CZS. sur n° 117 phen. L'allusion est transparente.
possédaient pas la vérité. Son évhémérisme radical fut done merveilleusement confirmé par les documents archéologiques employés par Sanchoniathon et les hautes approbations qu'il avait recues. Dans cette voie les Phéniciens allaient si loin qu’ils donnaient même aux éléments de la nature le nom de leurs rois! En présence de ces faits, il faut bien conclure du moins à une certaine fraude littéraire (1). On peut se montrer très indulgent, car les idées de l'antiquité sur ce point n'étaient pas aussi délicates que les nôtres, mais il est évident que Philon a pris le masque de Sanchoniathon poursoutenir l’'évhémérisme. On peut même affirmer que dans ce système, la fraude, et une fraude qui allègue une haute antiquité, est absolument de rigueur. Lorsqu'on prétend, comme Évhémère, qu'une mythologie, déjà mise en œuvre par les plus anciens poètes nationaux, n’est que la transformation d’une histoire vraie, on se met dans l’obligation de citer des documents qui remontent à une époque antérieure aux débuts de la poésie. Évhémère a prétendu avoir trouvé son roman sur une stèle d’or qui contenait en résumé les actes d'Ouranos, de Kronos et de Zeus (2). C'était un perfectionnement que de supposer une source ancienne, ayant, elle aussi, l'autorité des stèles sacrées, qu’on ne ferait que traduire. Gruppe a remarqué finement qu'en se vantant de sa découverte Philon confessait que son auteur n’était pas dans la circulation.
Il a répugné à Renan d'attribuer cette fraude à Philon lui-même : « Tout ce que nous savons du caractère de Philon repousse l’hypothèse d’une supercherie (3) ». Du caractère de Philon nous ne savons rien du tout, mais il suffit qu'il ait été érudit : « toutes les fraudes littéraires sont venues des passions religieuses ou politiques; on n’en pourrait citer une seule qui soit l’œuvre d'un historien érudit (4) ». Sans discuter le principe, nous n'avons qu’à l'appliquer à Philon, dont la passion religieuse ou plutôt antireligieuse est aussi notoire et moins voilée que celle du savant romancier. Renan a préféré se rejeter sur l’inconnaissable : « Qui sait si ce n’est pas quelque erreur de Philon ou de Porphyre qui nous cause ces insolubles embarras? Qui sait si un préambule apocryphe n'a pas été attaché à une œuvre sérieuse pour en relever la valeur (5)? » Un argument plus sérieux pour établir l'existence de Sanchoniathon est tiré de
(1) Renan, loc. laud., p. 299 : « En effet, il semble difficile de disculper lauteur, quel qu'il soit, de l'Histoire phénicienne d'une certaine fraude littéraire ».
(2) Eusèse, Præp. ev., IL, 11, 57.
(3) Loc. laud., p. 286.
(4) Loc. laud., p. 287. Renan ne connaissait-il pas la fraude de Wagenfeld dans cette même question de Philon de Byblos?
(5) RENAN, loc. laud., p. 301.
Suidas. Ce lexicographe, au mot Zcyywviéfuy, nomme trois ouvrages : Ilept ns où Eppoë œuoiohoyiac, ris meteppéoôn" Ilérpux Tupuwwv, vi Pouirwy diakéxrw" Atyurriany Oeohoyiav" ŒAAX rive. Mais il est très probable que ces ouvrages ne sont que des titres inventés par Suidas et qui correspondaient tant bien que mal à ce qu’on savait par Eusèbe du Sanchoniathon de Philon de Byblos. Athénée (1), qui vivait du moins un siècle après Philon, a pu citer Ecuviafluy d’après cet auteur, malgré le léger changement d'orthographe. Au reste, il se pourrait qu'un Sanchoniathon phénicien ait laissé le souvenir d’un mythologue érudit et personne ne discute plus aujourd’hui la frappe de ce nom qui s’est retrouvé dans une inscription d'Hadrumète (2). Le seul point qui intéresse le caractère de Philon est de savoir s’il a traduit, en le modifiant plus ou moins, un Sanchoniathon évhémériste. Car il y a fraude, évidemment, pour tous ceux qui considèrent l’évhémérisme comme un système absurde d’exégèse mythologique; on se demande si Philon en est l’auteur ou la dupe. En soi il importerait assez peu, mais il ne s’agit pas seulement de Philon. C’est la grave question des origines de l'évhémérisme qui est posée. Peut-on parler avec Renan de « l’évhémérisme naturel aux Sémites (3) »? Et, en conséquence, lorsque la Bible refuse toute existence aux êtres mythologiques, suit-elle un instinct de la race ou obéit-elle à un instinct supérieur? Il faut reconnaitre que nous sommes maintenant mieux placés pour juger de l’évhémérisme des Sémites. Ce phénomène étrange a cela de plus remarquable encore qu’il peut naître de deux principes absolument opposés, le monothéisme et la mythologie. Le monothéiste mis en présence des dieux qu’on adore ne saurait, en vertu de son propre principe, que nier leur existence comme dieux. Mais il lui reste à expliquer l'empire qu'ils ont acquis sur d’autres hommes, et dès lors 1l les considère ou comme des esprits mauvais, ou comme des forces naturelles, ou comme des hommes divinisés. Ces trois points de vue alternent dans les écrits bibliques et Renan a très ingénieusement trouvé dans quelques vers sibyllins écrits par un Juif vers 140 avant Jésus-Christ, une expression semblable à celles de Philon de Byblos. 7
Or cet évhémérisme demeure, dans l'antiquité, une exception absolument restreinte aux Juifs, et l’'évhémérisme des Sémites, très bien reconnu par Renan, n'était point d'une autre qualité que celui des
(1) Deipnos, III, c. xxxXVII.
(2) Sous la forme de Fn9220. Le thème est d'autant plus normal que le nom divin 120 a été reconnu dans deux autres noms, 12074 et 12072}.
(3) Loc. laud., p. 263.
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Grecs, il venait en droite ligne de la mythologie et en même temps d'un sens historique assez juste qui attestait que certains héros du temps passé jouissaient réellement des honneurs divins. Les Babyloniens avaient parfaitement conscience que quelques-uns de leurs dieux avaient été des hommes. Goudéa, par exemple, appartenait à l’histoire autant qu'à la religion. Dans d’autres cas, comme pour Gilgamès, les souvenirs étaient plus flottants. Ce point acquis marquait d'avance le terme où devaient aboutir les mythologies. Lorsque les dieux les plus authentiques eurent été mèêlés aux aventures les plus humaines, on fut contraint, par ce qui demeurait d'estime profonde de la nature divine, de les considérer comme des mortels divinisés. Le succès de l’évhémérisme fut dû autant au sentiment religieux qu’à l'ironie sceptique de quelques philosophes. Or nous savons maintenant que les Sémites ont pratiqué le mythe beaucoup plus que ne le soupçonna Renan. Ils ont donc pu, eux aussi, arriver à l’évhémérisme par l’abus même de la mythologie. Il est difficile d'admettre que leur évhémérisme ait été radical avant l'influence grecque. Entre les hommes divinisés et la divinité elle-même représentée par les astres ou les forces de la nature, il n’y a pas de commune mesure. Ce que nous savons de positif nous permet seulement de conclure qu'on fit la part de l’évhémérisme en considérant les dieux locaux, les baals ou patrons des villes comme de simples héros fondateurs, ordinairement éponymes. Quelques-uns de ces cas ont été cités par M. de Cumont (1). À Babylone, on montrait le tombeau de Bel, dès le temps d'Alexandre (2). Cependant Bel conserva longtemps encore son titre de dieu souverain ; il s’opéra comme un dédoublement de son nom : le seigneur du ciel et le fondateur de Babylone. À Damas, on voit le tombeau d’Athare, femme du roi Damascus (3). Soada passait pour avoir été fondée par un dieu local identifié à Dionysos (4). Paphos croyait posséder Le tombeau d’Aphrodite (5). C'est aussi dans ce sens que nous interprétons le titre d’&pynyérns, donné dans l'inscription phénicienne de Malte à Melqart lui-mème (6). Et c’est ce qui nous a poussé à chercher de ce côté la clef de l'inscription du temple d’'Echmoun. Si les Nabatéens ont adoré le roi Obodas, c’est parce qu'il portait le nom d’une de leurs villes. On a conclu à un dieu fondateur.
(1) Revue archéol., mai-juin 1902, p. 297 ss.
(2) Dion., XVII, 112; cf. STrAB., XVI, 1, 5.
(3) Just., XXXVI, 11, 2 : nomen urbi a Damasco rege indilum in cuius honorem Syri sepulchrum uxoris eius Athares pro templo coluere.