AU: PIRÉE (C2S
Peut-être du rr1° siècle av. J.-C.
"Acert Ecuuceliuou Etdwvio.
15 KI UN NITY DOUIDUN NI NEDN TN Dana oùn oùn2 29 noxowx 72 Saint
Je suis Asept, fille d'Echmounchillem, Sidonienne, [et ce monument est celui] que m'a dressé Iathonbel, fils d'Echmounsillekh, grand prêtre du dieu Nergal.
Ici les noms propres ont été transcrits en grec quoique le second soit assez estropié; ban indique la forme assyrienne Bel et non Baal; Nergal est aussi un nom assyrien. Hô, le pluriel pour marquer la divinité.
L’INSCRIPTION TYRIENNE DE MALTE (C1S., I, 122 A et B).
Cette inscription est en deux exemplaires, semblables sauf la coupe des lignes, en phénicien et en grec. Chacune est gravée sur un socle carré, supportant un cippe légèrement ovale, orné à sa base de feuilles d’acanthe et brisé par en haut. La hauteur, base comprise, est de 1,05, la largeur de la base de 0,28. C’est le meilleur échantillon des cippes tyriens (HER., 11, 44). Un des cippes est à Paris, l’autre à La Valette. Probablement du rr° siècle av. J.-C.
Exemplaire parisien.
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Atovüotoç xat Expamiov of Zxpariwvos Tüpror Hpaxdeï dpynyérer.
1 A notre Seigneur, à Melqart, Baal de Tyr, qu'a voué? ton serviteur ‘Abdosir et son frère Osirchamar, * tous deux fils d’Osirchamar, fils de ‘Abdosir, car il a écouté * leur voix. Qu'il les bénisse.
Ce qui a ici une importance considérable, c’est la traduction de x 5ÿ2 par &pynY<zns. Le même Héraclès est qualifié ailleurs nysuwv (Foucart, Les associations religieuses chez les Grecs, p. 102) et &pxny6s (p. 107). Foucart cite une corporation de
marchands et d’armateurs tyriens établis à Délos; elle est consacrée au culte de “Hpaxkéous toù Tuplou, rhelotuv dyaGiv rapartlou yeyovétos rois avBporots, àpynyoù dè tic ratpldos brépyovros. IL n’y a pas à s’y tromper; ce ne sont pas là des titres proprement divins. Le Baal de Tyr, Melqart, assimilé à Héraclès, n’est plus qu’un héros comme lui; à vrai dire, le grand héros de Tyr, son fondateur, son éponyme. Et c’est précisément la définition d'Hésychius : dpynyéta : fpwes Enwvumor Tüv puAüv.
L'évhémérisme est déjà fort avancé. — On peut remarquer aussi l’identité d’Osiris avec Dionysos et par suite celle d’Osiris avec Sérapis. Les noms phéniciens
formés par le nom divin et un verbe deviennent des adjectifs dérivés du nom du dieu.
INscRiPTION DE MA'souB (1).
CLERMONT-GANNEAU, Recueil... , I, p. 81 ss. ; HOFFMANN, Ueber einige phoenikische Inschriften, p. 20 ss.
Texte d’après la lecture et les restitutions de Clermont-Ganneau.
(1) Ma‘soub est situé à une petite heure de la mer, entre Tyr et Ptolémaïs, à une heure et demie au sud d'Oumm el-‘Awâmid.
! Portique du côté du levant et du septen?trion, qu'ont restauré les di- Ton 5ÿ2 Tam ninvy vins, représentants de Milka’astarté,
pan GK nawna nanwys et ses serviteurs, les citoyens de
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[ay] Dy$ nv ownn wow no des rois, l’illustre, Evergète, fils de [Pan IN Ds mn J2 UN 02 Pto’lémée et d’Arsinoé, dieux frères”, 6 0} 129 Yasa wN ofws] 10 la cinquante-troisième année du peu- 06y{$ y: ow 520] 11 ple de Tyr, comme ils ont restauré
toutle reste des san!°ctuaires qui sont
dans le pays, pour que ce leur soit
en !! mémoire et bon renom à jamais.
Le principal honneur du déchiffrement de cette pièce importante revient à M. Clermont-Ganneau qui à traduit ainsi qu'il suit : « Portique du côté du levant et du septentrion, qu'ont construit les elim, envoyés de Moloch-Astarté et de son serviteur Baal-Hammon, pour l’Astarté en Achera, divinité de Hammon; en l’an 26 de Ptolémée, seigneur des basilies, l’illustre, Évergète, fils de Ptolémée et d’Arsinoé, dieux frères, cinquante-troisième année du peuple de [Tyr]... ont également construit tout le reste... qui (sont) dans le pays, pour que ce leur soit (en souvenir et bon renom?) éternellement] ».
La dernière partie de l'inscription n'offre aucune difficulté. Hoffmann a accepté les restitutions de Clermont-Ganneau (d’après une inscription d’Oum el-‘Awâmid, CIS., I, 7), et les a mises dans le texte phénicien. Ce sont bien les mêmes personnes qui ont construit le portique et restauré les autres sanctuaires. La date marquée fixe l’ère de Tyr (274-273) et correspond à l’an 122-121 av. J.-C.
Il n’y a pas non plus de difficulté sur les mots du début, quoiqu'il soit malaisé de savoir s’il s’agit de l’est et du nord, ou seulement du nord-ouest, de deux portiques entourant une cour ou d’une colonnade rangée le long d’un temple.
En revanche une extrême obscurité règne encore sur la partie religieuse de l'inscription.
D’après Clermont-Ganneau, « les elim ou oulim sont des personnages d’un rang élevé, optimates, primores (Gesenius, s. v.), envoyés (cf. Waddington, n° 1890) (1} de Moloch-Astarté, divinité complexe qui s’est déjà révélée à nous dans une des inscriptions d'Oumm el-‘Awâmîd et de Baal Hammon, divinité essentiellement carthaginoise; ils appartenaient peut-être à l’une de ces théories sacrées envoyées par Carthage à la métropole tyrienne.… |
La façon curieuse dont le Baal Hammon de Carthage est ici inféodé au Moloch- Astarté, au Moloch tyrien identique à Melkarth (Moloch de la cité), semble être un indice de la suzeraineté de la métropole reconnue par la colonie.
Le vocable Astarté en Achera, ou dans l’Achera, prête à diverses interprétations que je ne puis aborder en ce moment; Astarté, comme Moloch-Astarté lui-même à Oumm el-‘Awâmid (CIS., n° 8), est qualifiée, en outre, de El Hammon, « divinité de Hammon ». |
(1) Cette référence est très heureuse : Aoÿxtos ’Ax[xa]6aiou edoe6[@v] xai neuleils] do TÂs xvpia[s ’Altapyétn[s.
Hoffmann a objecté que Moloch-Astarté n’était nullement le Melqart de Tyr (1), et de plus que jamais les Carthaginois n'auraient reconnu d’une manière aussi humble l’infériorité de leur dieu. Un dieu n’est jamais le domestique d’un autre. CI.-Ganneau pourrait répondre que dans un fragment d’Euripide (Nauck, fr. 949) Hécate est qualifiée servante (Aätpt) de Déméter, mais il est impossible de donner cette épithète au dieu Baal Hammon qui régnait sur toute l’Afrique.
Il est également très difficile d'admettre que des Carthaginois aient entrepris, non un pèlerinage ni un voyage pour offrir des sacrifices, mais toute une série de constructions dans un pays qui appartenait alors à l’Égypte, et encore dans un simple district.
Ed. Meyer a proposé une autre solution (2). EI Hammân est le dieu honoré par un Hammäân ou pilier-stèle. Dans ce pilier est censé se loger le Baal Hammähn, inférieur par conséquent à El Hammän, ce dernier identifié, comme on sait, avec Malkiastart. Donc d’après les dispositions de Malkiastart et de son serviteur Baal Hammäân, on a élevé un portique à Astarté qui habite dans l’achéra ou pieu sacré, comme Baal. sa contre-partie, habite dans le pilier. Mais nous opposons derechef que Baal Hammân ne peut être le domestique de El Hammän; rien ne prouve qu’il habite dans le pilier consacré à El, car plusieurs cippes de Malikbaal sont consacrés, non pas à El Hammäân comme l’exigerait la théorie, mais à Baal Hammäân lui-même (3),
Hoffmann a suivi une tout autre voie. Il traduit : « Le grand portique du nord [est celui] qu’ont [de nouveau] construit les divins, les envoyés et les serviteurs de la Reine (4) Astarté, citoyens de Hammäân, en l’honneur d’Astarté, dans le lieu (5) de la divinté de Hammân.. » etc.
La base de cette interprétation est daus le nom de Hammôn. Oumm el-‘Awâmid se serait d’abord nommée Hammôn. Ses citoyens principaux avaient la charge des temples de la région. Ils ont donc restauré à Ma‘soub et aux environs des sanctuaires consacrés à la divinité de leur ville, Astarté, divinité de Hammôn. Pour l’existence d’un lieu nommé Hammôn, sinon à Oumm el-‘Awâmiîd qui paraît être de fondation récente (6), du moins dans la contrée, on peut citer ‘Ain Hämoul, et le Hammôn de Jos., xix, 28, dans la tribu d’Aser.
Au premier abord ce système est assez déconcertant. Quand on a lu des centaines de fois le nom de 7 52 comme celui d’une divinité carthaginoise, il paraît étrange de le traduire ici « citoyens de Hammôn ». Nous croyons cependant qu’il faut s'arrêter à cette solution.
te Lya ne se rencontre jamais en dehors de la sphère d'influence carthaginoise : si nous renonçons à la mission religieuse des Carthaginois dans ce coin perdu de Phénicie, il est très légitime de le traduire autrement. En dehors de toute considération tirée de cette inscription, on n’hésiterait guère à placer à l’ou. Hâmoul le Hammôn de la tribu d’Aser. Mais ce sens admis, il est étonnant qu’Hoffmann n’ait pas vu que les citoyens de la ville formaient une antithèse avec les elim. Ceux-ci sont bien, si l’on veut, des princes, mais leur titre de messagers de Milkaastarté leur donne un caractère sacré, probablement exprimé aussi par le mot elim, « divins ».
(1) Le nom nnvy20 ne se rencontre qu'ici, dans CIS. 8 et dans CIS. 230, où l’on voit que cette divinité avait un temple à Carthage.
(2) Supplément à un premier article sur Baal, dans Roscuer, Lex. myth., TI, c. 2869 ss.
(3) CIS., 123 a; 123 b; 147; 194.
(4) nnwy2b pour ninwynoin.
(5) In dem Siz ; ailleurs in dem Cultidol.
(6) CLERMONT-GANNEAU, Études... I, p. 64 ss.
Si ces grands personnages ont droit au titre de Messagers d’Astarté, les citoyens de Hammôn se contentent du titre de « ses serviteurs ». %72ÿ est un pluriel avec le suffixe, comme l'entend d’ailleurs Hoffmann, en le rapportant à tort aux elim. Le suffixe est-il féminin ou masculin? Notre cas étant encore isolé, on ne peut raisonner d’après les analogies de la langue. Il nous semble qu'Hoffmann a encore raison de prendre nnw7201 pour une divinité féminine. La suppression du n dans n20n n’est pas plus anormale que dans nnwYNN pour NINWYNON,
Le caractère féminin de la divinité est prouvé par la double équation, Milkaastarté est 27 GK, dans l'inscription d’el-‘Awâmid (CIS, 8)(1) et Astarté est ici 0n 9, L, 4. Or Astarté est bien au féminin. Mais comment une déesse peut-elle être qualifiée de El? Ce serait en effet impossible, El étant un dieu masculin dans le. paganisme; ici encore il faut donner raison à Hoffmann qui lit 5x, le pluriel construit(2). Les faits ont confirmé cette hypothèse, puisque nous savons maintenant que elim se disait non seulement d’un dieu, mais d’une déesse (3), avec le sens singulier de Ja divinité. Après cela nous ne comprenons plus qu’Hoffmann mette un génitif entre n1wx qu’il prend pour un pieu sacré et la divinité de Hammôn. Ce serait donner à cette dernière un caractère spécifique qu’elle n’a pas non plus dans l’inscription d’'Oumm el-‘Awâmid où elle n’a que le caractère d’une apposition qualificative. C’est aussi pour cette raison que nous résistons à la tentation de rapprocher n'wx de l’assyrien achrou, « sanctuaire ». Maintenant qu’on ne peut plus douter de l'existence du vocable Achéra pour la déesse cananéenne, il faut purement et simplement la reconnaître ici.
Nous traduisons 2 « sous le vocable de », « en qualité de », d’après l’analogie de Ex., vi, 3 (4).
Les faits sont très simples. La grande déesse cananéenne, Astarté, était la divinité des gens de Hammôn à Hammôn même sous le nom de Milkaastarté, au lieu nommé aujourd’hui Ma‘soub, sous le vocable d’Achéra. La ville principale avait sans doute un temple considérable, dont les prêtres ou les administrateurs, nommés elim, « divins », se considéraient comme les chargés d’affaires de la déesse pour la restauration de ses sanctuaires dans toute la région. Nous savons comment ils se sont acquittés de leur office 122 av. Jésus-Christ.