‹ Études sur les religions sémitiques (volume 2)Chapitre 51 sur 81 · et Hillesba‘al fils de Bodechmoun, et leurs collègues · texte numérisé non relu

et Hillesba‘al fils de Bodechmoun, et leurs collègues

20. Tout prêtre qui prendrait une redevance en transgression de ce qui est statué sur cette table, sera mis à l’amende …

21. Tout offrant d’un sacrifice qui ne donne pas le de la redevance qui …

1) Le dessus des lettres de DS est caché par la cassure; cependant la restitution est très probable. Il s’agit d’un Baal spécial, ef. Ex., x1v, 2, 9. Selon toute vraisemblance, c'était un Baal de la côte phénicienne. Soit que le temple ait été élevé à Carthage ou à Marseille, il s’agit donc d’un culte transporté de la mère-patrie à l'étranger. — Le mot nÿ2 ne se lit pas, mais a été emprunté avec certitude à n° 167. Le sens de farif se dégage du contexte; un rapport satisfaisant existe avec l’arabe bâ‘a, b, « faire un contrat, stipuler », d’où le sens de « vendre ». — NN pour mansæat (en hébreu de N®1) signifie d’après l’étymologie « la charge » (ici le pluriel). On serait tenté de traduire « les parts » comme Gen., XLI11, 34, maisle mot s’entend surtout ici de ce qui est dû aux prêtres. Il vaut donc mieux traduire « redevances » (sacrées) comme Ez., xx, 40. — Ce qui manque a été bien suppléé par les éd., en partie d’après le n° 167, surtout d’après le n° 175 où il est question de dix personnes préposées aux choses saintes. Il s’agit sans doute d’un comité de ce genre. — N3O, « fixer, poser » par exemple une statue, doit être lu au pluriel; on sait que le phénicien n’écrit jamais dans ce cas le waw non plus que le iod à l’état construit, écriture très défective. — suppléé d’après l’analogie d’autres cas est probablement l’abrégé de Ÿ29, pluriel de 27; 7 pour 29 se rencontre ailleurs, n° 132 4, 170 1; c’est une abréviation analogue à celle des Juifs pour désigner leurs docteurs.

- Les éd. remarquent que les noms des suffètes se retrouvent dans les grandes familles carthaginoises qui fournissaient des suffêtes; il est probable que ces magistrats remplissaient cette charge à Carthage et non à Marseille.

2) Daan est suppléé avec certitude d’après la ligne 19. Cette formule rappelle celles des monnaies des Hasmonéens. Les collègues ne pouvaient pas être d’autres suffètes, puisque ces derniers n'étaient que deux, mais le grand conseil de cen quatre membres ou le sénat; cf. ARIST., Polit., IT, vrxt, 2.

3) Trois sortes de sacrifices, placés sur le même pied s'il s’agit de ja rétribution en argent due au prêtre. Mais il ne sera jamais question du 552 o5w pour l’attribution d’une part de la victime soit à l’offrant, soit au prêtre, et ce sacrifice n’est pas mentionné dans le n° 167 où il n’est pas question de redevance en argent au moins pour les victimes considérables. Il est vrai qu’à la ligne 11, ce sacrifice est en tête d’un passage qui se termine par la mention de la chair de la victime, mais on s’explique bien une tournure globale pour ce cas particulier, pour éviter des répétitions. Il ressort nettement de ces faits que le 555 o6w est un holocauste, un sacrifice où toute la chair est consumée, et non point une sorte d’amphibie comme le proposent les éd. : « sû propositum spectes, ad classem sacrificiorum dictorum Selamim pertinuit, si formam, holocaustum fuit ». Il y a contradiction dans les

termes, car il était de l'essence du $alem de réserver de la viande pour la manducation. Dans le sacrifice ny\ÿ une partie de la chair va au prêtre, une partie à l’offrant. Le tarif n’avait pas à mentionner ce qui devait être brûlé, car c'était l’ob-jet d’une ordonnance d'ordre sacerdotal probablement présupposée et que le prêtre - n’avait aucun intérêt à enfreindre au détriment de l’offrant. Ce sacrifice est donc le sacrifice ordinaire de communion, le D95w na5 des Hébreux, comme les éditeurs l’ont très bien vu. Mais il en résulte que les Phéniciens ne donnaient donc pas à ce sacrifice le nom de n9%, et par conséquent ce mot devra avoir un autre sens dans le mot composé 552 nôw. Que peut être dès lors le 552? La grande majorité, les éd., Lidzbarski, répondent : un holocauste, comme l’hébreu 552. Cette traduction est certainement fausse dans notre contexte, puisque le prêtre aura le droit de prendre un poids de viande déterminé. La partie n’est pas indiquée, et peu importe à l’offrant puisqu'il ne reçoit rien dans notre tarif, ni dans la partie du n° 167 qui existe encore. Dès lors ce sacrifice répond au pro peccato ou pro delicto des Hébreux. A vrai dire, rien n’indique qu'il soit expiatoire, mais il rentre du moins dans la même catégorie, quant à la disposition de la victime. D’ailleurs est-il exact que le bb hébreu signifie « holocauste » ? Dt., xxxI11, 10 est sans signification précise. Dans Ps. 11, 21, 5921 1917, « holocauste et 555 », on dirait bien plutôt qu’il s’agit de deux sacrifices distincts. Ils sont identifiés, dit-on, I Sam., vit, 9, bb 191, où on voit le sens adjectival primitif (Ges. 1). Mais il s’agit d’un agneau pour tout un peuple : était-ce le cas — l’unique — de dire qu’on le consume tout entier? Les LXX ont obv ravrt 1& ka et Klostermann a très bien vu qu’ils ont lu 51 535 comme une abréviation pour En bail « pour tout Israël ». Le sens d’ « holocauste » convient-il mieux aux deux autres textes, Dt., x111, 17 et Jud., xx, 40 ? Oui, à condition d’insister sur le sens de « combustion » : ce sont deux villes qui sont brûlées; en particulier Jud., xx, 40, 9ÿn bib , le sens de « sacrifice » est bien moins naturel que celui d’ « incendie ». Nous pensons qu’il faut songer à une forme secondaire de la racine np; commune à tous les idiomes dans le sens de « brûler ». L’alternance de 2 et de 5 n’est pas impossible, d’autant qu'à côté de gal, « brûler », prés. igallu, l’assyrien a kalu,

« magicien, prêtre » (cf. le minéen <.i, « prêtre »,et l’arabe <.4, « brûler »). Dès

lors le 552 sera un sacrifice igné, et en effet dans le pro peccato l’action du feu entre nécessairement, tandis qu’elle n’est qu’accessoire dans le sacrifice pacifique ou de communion. Le 552 n9w sera le sacrifice igné complet, car D9w ne signifie pas seulement « être en paix », mais « être achevé, complet », soit en hébreu, soit en araméen, soit en assyrien. Quant à l'étym. de n}1Y, elle paraît se rencontrer dans l’éthiop. Y\3, « appeler, inviter à un festin » (cf. [ Cor., x, 27, « invoquer »). Et le mot normal pour sacrifier en éth. est Y1D, moins éloigné de nYx que le < 4 minéen. Dans ces

trois sortes de sacrifices, les prêtres ont droit à un salaire fixe, équivalant sans doute à leur peine, de dix pièces d’argent. Dix est écrit en toutes lettres suivi du chiffre phénicien pour dix; au contraire la valeur de la pièce n’est pas indiquée. Les éd. ont pensé avec raison qu'il fallait sous-entendre le mot pv, « sicle », comme Gen., xx, 16; mais faut-il lui donner la même valeur qu’au sicle hébreu (1487 55) ? cela est du moins fort douteux : la somme serait exiguë. Dans le tarif de Carthage, il n’est pas question de cette redevance fixe, mais les peaux reviennent au prêtre et non à l’offrant, comme chez les Hébreux (Lev., vIr, 8). Il semble donc que la peau n’était pas brûlée, même dans l’holocauste. — Après la mention de cette redevance il n’est plus question du Ds obw; en cas de 555 le prêtre a en plus (72 noy, comme l’hébreu 132 9, Ex., xx, 3; Num., 111, 43 Job, XVI, 14) un certain poids de chair.

Les éd. ont sagement conjecturé que ce poids devait être le double de celui que le prêtre prélevait sur un veau, I. 6, de même que la redevance en argent. Là encore ils suppléent sicle, ce qui donnerait la somme dérisoire d’environ 10 livres (4ks 365), et pour un veau, de 5 livres. Il vaut done mieux supposer qu’il s’agit ici d’une unité de poids plus forte, que tout le monde connaissait et qu’il n’était pas plus nécessaire d’énoncer en matière de poids que le sicle quand il s’agissait d'argent. On ne dit pas ce qu'on fait du reste, mais il ne devait pas revenir à l’offrant puisque cela n’est pas dit comme pour le sacrifice de ny‘x. Dans ce dernier cas le partage est énoncé.

4) Le prêtre a NY p et nox*. Les deux mots sont au pluriel; leur sens est impossible à préciser quoique les racines soient usitées dans les autres idiomes. 135, en hébreu, « couper, abattre », indiquerait les abatis, terme employé soit pour désigner la tête, le cou, les ailerons, les pattes de volaille, soit, s’il s’agit de grosses bêtes de boucherie, la peau, la graisse et les tripes. nôx* se rattache au syriaque

Sete articulation », en hébreu SYN, « côté ». Il est peut-être question, sinon

des articulations proprement dites, du moins des parties connexes. Nous notons que la traduction est purement étymologique dans les deux cas. Comme il n’est pas dit ici « en plus du poids de 300... », il semble que dans le ny\x le prêtre n’avait rien de plus que les n1x5 et les nôx*. — Le verbe J2* est au parf. consécutif (pluriel) comme en hébreu. — ny, plutôt au singulier, puisqu'il s’agit d’un seul animal, « peau », hébr. NY. — n25w ou na9WN (n° 167) ne doit pas être éloigné de D20v, « les tiges » ou «les montants » qui figurent IReg., vit, 28 s.; ce sont donc les jambes ou les cuisses, assez naturellement avant DY3, « les pieds » (cf. hebr.). — "x ne pouvant être écrit pour l’état construit comme lhébr. nK, on peut supposer avec Lin un substantif singulier (ef. hebr. nY1N), « ce qui demeure » de la chair après que tous les prélèvements ont été faits. Peut-être la peau, les jambes et les pieds sont-ils nommés spécialement, parce qu’on aurait pu les comprendre parmi les abatis. — L’offrant est nommé « le maître » ou « le propriétaire du sacrifice », comme en sabéen 3355 Jæ (Hommel, Sud.-ar. Chrest., p. 25) et en assyrien be! nigi. C’est à lui

- qu'appartient l'initiative et que doit revenir le mérite.

5) Il S’agit maintenant de deux victimes inférieures, le veau et le cerf. Le veau est déterminé par l’état de ses cornes; 111p, « ses cornes », le suffixe est écrit. Les éditeurs ont lu 27299. som pour signifier « manque » est bien rattaché à la racine on; l’accumulation des trois prépositions 299, « dans l’état de », n’a pas d’analogie en hébreu, mais se retrouve en phénicien : vn219, «pendant sa vie », n° 46. Mais il est douteux qu’il y ait une lettre entre ñ et 7. NUYTON2 demeure impénétrable. Les éditeurs comparent le grec ätuntôs, non castratus. Le veau serait donc distingué, soit du taureau, soit du bœuf. Il faut supposer que les Carthaginois ont emprunté une forme vulgaire &rountés — ou encore un mot berbère (Lin.?). — Le grec a«drouétus, « naturellement », est du moins plus voisin. Din, « cerf », hébr. N; comme l’a vu Munk. Clermont-Ganneau l’a démontré très solidement (L’imagerie phénicienne, p. 69 ss.), en montrant que le parallélisme de l'inscription excluait le bélier (hébr. SN) qui revient sous la forme bas. Les parcs sacrés permettaient de se procurer facilement des cerfs qu’on élevait presque comme des animaux apprivoisés. Le prix fixe est de moitié, le prélèvement de la chair en cas de Ds fixé à 150...; les autres dispositions sont les mêmes que pour un bœuf.

7) Nous passons au petit bétail. Il s’agit d’abord des animaux de pleine croissance, espèces ovines et caprines, avec cette particularité qu’en hébreu 5ÿ signifie

toujours « chèvre », non bouc, tandis que 921, d’après la tradition hébraïque (Targum de Jos., vr, 4ss.), signifie seulement « bélier ». Il est à noter que cette tradition relative à la corne du jubilé, litt. du bélier, recoit ici une précieuse confirmation. Quelques-uns (Renan, etc.) proposent ici le sens de bouc pour réserver celui de bélier à SN, 1. 5, mais sans aucun fondement. On peut supposer que l’usage avait prévalu de sacrifier le bélier et la chèvre plutôt que la brebis et le bouc, ou que 52 et 7Y désignent d’une façon générale les individus de pleine croissance dans les deux espèces, pour abréger. — Ici, à propos du droit fixe, le sicle est mentionné, ce qui justifie la supposition qu'on en fait ]. 3 et 1. 5; à ce sicle on ajoute deux 75, monnaie de valeur inconnue. — A partir de cet endroit, les victimes ayant diminué d’importance, les prêtres n’ont plus rien de spécial dans le Do; indice nouveau de la distinction des catégories. Les parts en cas de ny1Y demeurent les mêmes.

9) Il s’agit maintenant de victimes très jeunes, agneaux, chevreaux, et petits de SN qui décidément ne peut être un bélier, puisque l’agneau est mentionné. N, mot araméen, employé par les Galiléens (Talm. Bab., tract. Erubin, fol. 58 a), d’après les éd., en assyrien immeru, « agneau », étym. inconnue. SN 27ÿ dans ce contexte ne peut signifier que des « faons ». Halévy (ap. ed.) compare 297%, « mûr » (Talm. Bab., tract. Betsa, fol. 7 a), synonyme de 53, « sevré ». On peut aussi songer à l’assyrien sirpu ou sirbu, « laine peinte », à cause de la couleur tachetée des faons (d’autres essais sont cités Imagerie phénicienne, p. 75). — Le tarif baisse encore : trois quarts de sicle et un nombre de 5 que la lacune ne permet pas de déterminer.

11) La première lettre manque, elle est suppléée d’après l'analogie des victimes précédentes. Quoique la deuxième lettre soit entamée, elle paraît bien un %; il est très naturel qu’il soit ici question de la moindre des victimes animales, les oiseaux. Le mot ne se trouve en hébreu à propos des sacrifices que pour la purification des lépreux (Lev., x1v, 4 ss.) ; d’ailleurs les seuls oiseaux admis étaient les tourterelles et les colombes ou pigeons. Ils ne figurent pas parmi les victimes du sacrifice pacifique, et aussi ne voyons-nous pas ici qu’il soit question de ny1x, mais dans les holocaustes (Lev., 1, 14-17) et les sacrifices expiatoires, comme offrande des pauvres (Lev., v, 7 ss.; xI1, 8). IL est ici question de deux sortes d'oiseaux. 71N se rapproche facilement de la racine 713, « protéger, clore », d'où 73, « jardin », de sorte qu’on arrive à l’idée d'oiseau domestique (éd.) ou du moins de volière. Y3 paraît plus qu’une simple épithète, puisque le n° 167 porte ÿ32, comme si c'était une autre sorte de victimes. ŸY est douteux, il n'est même pas certain qu'il soit équivalent de Ÿ*%, en hébreu, « fleur ». Le sens de « plumes » (Jer., XLV1I11, 9) est fort incertain.

553 nôw avec le sens d’ « holocauste » n’a rien d'étonnant. 7%, éd. : haruspicinum, après cependant avoir noté le rapport avec 3%, « inondation de colère ». IL s’agit plutôt d’un sacrifice expiatoire. L'oiseau est spécialement propre chez les Sémites à purger de graves impuretés, celle de la veuve chez les Arabes, du lépreux chez les Hébreux. n5n semble, au contraire, renfermer l’idée de divination, d’haruspice; cf. "517, « voir », en hébreu; la racine existait peut-être en phén., cf. le nom propre, o2y%5n. L’honoraire du prêtre est de trois quarts de sicle et deux 5 pour chaque. La chair appartient à l’offrant, positis ponendis, puisque dans le cas d’holocauste il ne restait rien; cela pouvait fort bien se sous-entendre. Le partage eût donné un résultat insignifiant.

12) On pourrait croire qu’il ne s’agit plus ici de victimes à immoler, ce qui s’indiquait par 2, mais d’autres offrandes, 5y, comme I. 14 et n° 167 I. 9 et 10; il se peut aussi qu’on ait voulu varier ie style. M27Tp semble répondre pour le sens aux « prémices », en hébreu DY123; la racine 07h, «être en avant », peut facilement

donner ce sens. On ne saurait dire si ce mot avec son adjectif est au sing. ou au plur. 7x doit signifier du « gibier » (Lip.), comme l’hébreu 7%; comme parallèle To, ordinairement traduit par « huile », mais qui peut signifier un « animal gras ». On pourrait aussi prendre 7% dans le sens de l’hébreu 571%, « provision de bouche » : il serait question des céréales et de l'huile. Mais il est difficile de s'expliquer alors le mot na. — La redevance au prêtre est de dix pièces d’argent. Ce ne peut être que de très petite monnaie. Les éd. restituent [n13]N, d’après Ewald, en comparant 7D2 NAN (I Sam. 11, 36) qu’on assimile à 73, mais sans que ce soit certain. En tout cas, la lacune ne peut comprendre que deux lettres.

13) Il semble au premier abord qu’il y ait ici une prescription générale et comme une récapitulation; les éd. ne s’étonnent pas de cette redondance. Mais on verra qu’il s’agit bien plutôt de points particuliers, soit d’après le cérémonial usité, soit d’après la qualité de l’offrant. Le mot ny‘x revient deux fois et les. éditeurs ont pensé qu’il était donc susceptible de deux acceptions. Il est plus naturel de supposer que la seconde partie de la phrase supposait la situation contradictoire : 1°" cas, la victime est portée devant les dieux; 2° cas, elle n’est pas portée. Dans ce second cas, les prêtres n’auront sans doute pas ce qu’ils ont dans la première, d’après les règles posées ci-dessus, les n1x5 et les nôx*. DiDY est traduit par Lip. « porter » (fragen), en réservant cependant le seus propre liturgique du mot. Il peut aussi signifier « soulever » ; serait-ce un acte cultuel analogue à l’agitation de certains morceaux de la victime caractérisée chez les Hébreux par 7135? D'ailleurs dans le sacrifice ordinaire des Hébreux on ne plaçait sur l'autel que ce qui devait être brülé, c’est-à-dire peu de chose; peut-être obtenait-on que tout le sacrifice füt spécialement consacré aux dieux par un acte du prêtre qui prenait alors le maximum d’honoraires. n15 est sans doute une préposition formée comme n5y. On peut done supposer que chez les Phéniciens comme chez les Hébreux l’immolation, ñ25 en hébreu, n%1% en phén., avait parfois un caractère profane. Dans ce cas la victime n’était pas présentée au dieu et le prêtre n’avait rien. Mais il fallait le dire, et il semble en effet que cette partie du tarif a en majeure partie pour but de restreindre les droits des prétres.

14) La lecture de la fin de la ligne ne paraît pas être ce que le Corpus marque. Avant la cassure on voit bien la moitié du ñ et il est juste de suppléer n; mais on met aussitôt après * (également dans Lip.), en suppléant dans le Corpus (non pas dans Lip.) 02129 pY, « les prêtres auront. » ; or c’est bien * qui paraît dans l’autre bord de la cassure, mais l'intervalle est justement suffisant pour se comme à la ligne 15 : «les prêtres n’auront pas ». Et en effet on semble dire ici expressément que le sacrifice est fait par un « particulier », DTN, en offrande; peut-être dans ce cas les prêtres devaient se contenter de la partie des objets qui n’était pas consommée par le sacrifice, sans redevance en argent, ou peut-être n’avaient-ils rien du tout. Quant à ces objets, l'étym. de 552 indique seulement une chose humide. IL n’est pas du tout sûr qu’il faille y voir une offrande mêlée d'huile (W. R. Smith) parce que le Lev., vx, 10, prévoit une mwa 002 nn29, « un sacrifice arrosé d'huile ». Nous retenons le sens général de libum (éd.), « libation »; mais comme en latin avec le sens spécial d’offrande de vin, la libation par excellence (Lip., Misch[opfer]).

=6n est à entendre une fois dans le sens de « lait », une autre fois dans le sens de « graisse »; en hébreu 297 et 207.

15) La ligne est complétée d’après le n° 167, 1. 6. Les éd. entendaient L+ dans le sens de «pauvre » ; ceux qui n'avaient ni troupeaux ni oiseaux ne devaient rien donner au prêtre : sens peu satisfaisant. La grande inscription de Carthage expliquée par

M. Berger a fait reconnaître pour 57 le sens de « avec »; et M. Clermont-Ganneau a aussitôt proposé d’en faire l’application à notre inscription (Recueil d'Arch. or., IX, p. 8); « ce serait le cas des zapaéwut«, qui, interdits dans certains sanctuaires grecs, pourraient être licites chez les Carthaginois ». Le même savant a rendu encore plus net le sens de 57 en citant (/oc. laud., p. 24) DY23 D br, « de bonne mémoire ». L'étym. demeure douteuse; aux conjectures proposées par Clermont-Ganneau on pourrait joindre l’araméen 557, au paël, « rendre propre, spécifique », qui va plus directement que 97, « pendre, dépendre ». Lorsque le propriétaire lui-même fait le sacrifice, il n’est rien dû au prêtre. Comme il serait étrange que cette ingérence des laïcs s’étendit même à la combustion de la victime sur l'autel, et qu’un droit serait dû au prêtre dans le cas contraire, il semble que le mot ñ25 doive être restreint ici au sens d’ «immolation » et d’ « immoler ». Ce serait le droit pour tout le monde d’immoler son bétail sans l’ingérence des prêtres et par conséquent sans en faire un sacrifice proprement dit, tout en l’immolant dans le temple pour faire un festin religieux. Chez les anciens Sémites, du moins chez les nomades, toute immolation de bétail était un sacrifice; plus tard on distingua l’immolation profane et le sacrifice rituel (Deut., xX11, 15); serait-il ici question d’une distinction semblable? — La ligne devait se terminer par un blanc, comme la ligne 6 du n° 167.

16) On passe à un nouvel ordre d'idées. Il s’agit des corps constitués qui offrent un sacrifice; ils ne devront payer que comme un seul offrant. Le mérite d’avoir reconnu le vrai sens de ces deux lignes 16 et 17 appartient à M. Clermont-Ganneau (Recueil, III, p. 25 ss.). Il est inutile de rappeler les essais de tout genre tentés auparavant. Le Corpus avait encore donné la solution la plus plausible : 1. 16 : — « Omnis indigena et omnis incola el omnis parasilus deorum et omnes homines qui sacrifcabunt.… [dabunt], 1. 17 : — homines üilli tributum pro singulo sacrificio, secundum id quod positum est in scripto.. » Non seulement cette traduction rendait mal Le sens des trois mots difficiles de Ja ligne 16, mais en les entendant comme des individus, elle enlevait à ce passage sa raison d’être, il allait de soi que chacun devait payer pour son sacrifice. Clermont-Ganneau a découvert dans l'inscription de Maktar le sens de « corps, collège », ou « assemblée » pour 177, et n’a pas tardé à reconnaitre que ce sens convenait bien ici. Le corps entier ne paye que comme une seule personne. D'ailleurs l’étym. de 119 demeure douteuse. Il ne semble pas qu’on puisse l’isoler de FUN, « l’indigène », dont il est précisément question à propos du sacrifice de la Pâque, Ex., x11,19, 48. Nous rapprocherions volontiers ces deux mots dont les consonnes radicales sont n°1, de l’assyrien zardtu, qui signifie « tente » ; comme en arabe la tente indique la famille, ceux qui appartiennent au même groupe; le ñ tombe très souvent en assyrien, et sa présence en ce cas est indiquée par l’éthiopien serh, correspondant d’ailleurs à l’hébr. n11% (Jud., 1x, 46), araméen nn, « hypogée ». Si l’assyr. se prononce za et non sa, ce qui n’est pas absolument certain, l’analogie existerait surtout entre l'hébreu et l’assyrien. — 2% aurait. dû, semble-t-il, être mieux compris, mais c’est encore Clermont-Ganneau qui l’a le premier rapproché du sacrifice de clan, 5n2%%9 125 de David (I Sam., xx, 6 et 29; cf. LXX), déjà cependant bien connu. — Le n9N 1572 doit done être, lui aussi, un collège. Au lieu de s'arrêter au sens hébreu admis de ñ51, « clameur », qui avait suggéré à Hoffmann pour notre endroit le sens de xeptééntos, Clermont-Ganneau a rappelé que d’après la tradition hébraïque il s'agissait d’un festin, soit qu’il ait un caractère joyeux comme dans Amos (VI, 7), soit qu'il ait un cachet funéraire (Jer., xv1,5). Ce savant ajoute : « Je crois que, dans notre tarif, le mirzah-elim, littéralement : « mirzah de dieux », c’est-à-dire « mirzah divin », désigne également un festin sacré ou, plus exactement, le groupe

des convives qui y prenaient part. Si cette vue est juste, nous aurions là, sous sa forme originale, la mention de ces fameuses syssities des hétairies, ces clubs de Carthage qui, comme nous l’apprend Aristote (Pol., II, 113), jouaient un rôle si considérable, aussi bien religieux que politique et mondain, dans la vie punique » (Loc. laud., p. 29). — Il s’agit ensuite de tout autres associations en vue d’un sacrifice, qui étaient considérées comme légitimes. Le pluriel DY7N indique assez naturellement un groupement...

17) Il est sous-entendu donneront, qui devait se trouver à la fin de la ligne précédente mutilée. — m7, pronom, « eux », ou bien comme ici pron. démonstr., « ces », plur. de N7. — n1, « mesure », se prête à la combinaison n799 phén. 319 ou 7912 comme ici, « selon que ». — n%, part. passif. de rw, comme le montre encore mieux la ligne suivante. — n2n2ñ, « l'écrit », n’est pas clair. Il ne s'agit pas du tarif lui-même qui va être dénommé D2, |. 18, ni de ce que les éd. nomment le tarif général, de la ligne 18. Clermont-Ganneau n’a pas insisté sur ce point, il traduit : « sur le pied du tarif établi dans l'inscription ». S'il s'agissait de notre inscription, il suffisait de dire que les corps constitués paieraient comme pour un seul sacrifice, l’unité du sacrifice constituant l’unité de l’offrant. Il est donc fort possible que l’on soit renvoyé ici, non pas au tarif général, mais à un tarif spécial pour les confréries.

18) 52N, double négation, *N et S2.— D9 ne peut être que la table de pierre analogue à l’aram. D5, « surface ». La « tunique », 9155, de Joseph (Gen., xxxvIt, 3) et celle de Thamar (II Sam., x111, 18) ne seraient-elles pas réellement des tuniques de couleurs variées par plaques cousues, comme on en voit encore en Palestine? — na doit être un niph'al, puisque le phén. dit au parf. {n°, non pas ni comme en hébreu (éd.). La table ne prévoyait pas tous les cas, pour les autres on renvoyait au tarif fixé par les personnages dont les noms suivent. La raison de notre table est donc soit de donner les cas les plus fréquents de sorte que pratiquement elle pouvait suffire, soit d'établir des mesures nouvelles pour.les cas cités, les choses demeurant en l’état pour le reste. La première opinion est plus probable à cause de l’étendue des cas visés; mais ce qui pourrait insinuer un changement, c’est que par exemple dans le n° 167 les peaux vont aux prêtres.

19) Le n qui commence la ligne permet de restituer n2n72; c’est le nom du père du premier suffète, ligne 1. Le second personnage nommé a le même nom et le même père que celui des lignes 1-2. IL semble donc que ce soient les deux mêmes personnes, énumérées dans le même rang. Le titre de suffête manque, ainsi que les deux grands-pères; mais cela même est une preuve d'identité, on pouvait plus facilement glisser sur un état civil déjà établi que s’il s’agissait d’autres sulfêtes antérieurs. Il n’y a donc pas lieu de s'arrêter à l'opinion de Munk et d’Halévy enregistrée par le Corpus, que les suffètes nommés en premier lieu marquent le temps de la composition de la table; les derniers, d’autres plus anciens, auteurs du tarif. Dès lors, il n’y a pas à s’étonner que la date de l'inscription ne soit pas mentionnée : c’est un extrait du tarif général, elle est du temps marqué lignes 1 et 2.

20) Il ne reste plus qu’à stipuler des pénalités contre ceux qui ne se conformeront pas au tarif. Les prêtres d’abord : ils peuvent être tentés de prendre plus. 72 : lecture certaine; sens assez naturel de « en plus, en dehors de » (éd. præter); les éd. ont rapproché de V17 avec le sens de « sauter, passer par-dessus ». L’assyrien offre VNT(ZZW.), prés. idas, « traiter injustement », qui est probablement l’évolution de la même racine (DEL., Prolegomen«, p. 65). Le sens de « transgression » serait inter-

médiaire. Dans ce cas le prêtre sera soumis à une amende, w2y (cf. Ex., xxr, 22), dont le montant était sans doute indiqué dans la lacune.

21) La première lettre est 2, mais sans doute par erreur pour 2. « Tout offrant qui ne donne pas... » D==-5, mot difficile à suppléer. La première lettre est bien un > et la dernière 5 plutôt qué n; entre les deux il y a place pour trois lettres; la seconde n’est ni D (AD2) ni 9 (62) d’après les éd. et cela paraît très juste.

INSCRIPTION D ECHMOUNAZAR (CIS., I, 3).

Au Louvre. Le sarcophage d’Echmounazar a été trouvé en 1855 dans la nécropole de Sidon. Le plan du tombeau est reproduit dans CIS., I, p. 105.

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L'inscription se divise en deux parties ; la seconde commence au milieu de la 1.13, 72N2. La première partie est gravée deux fois à l'extérieur du sarcophage; sur la poitrine du couvercle et sur le sarcophage dans le contour du creux où reposait la tête; la deuxième partie n’est que sur la poitrine.

Il y a quelques variantes et quelques erreurs qui montrent que le lapicide n’a pas été très diligent.

Première partie. ‘ Au mois de Boul, en l’an quatorzième du règne du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, ? fils du roi Tabnit, roi des Sidoniens, le roi Echmounazar, roi des Sidoniens, a parlé ainsi : J'ai été retranché Savant le temps, au milieu du tissu de jours prospères, orphelin, fils d’une veuve, et je suis couché dans ce sarcophage et dans ce tombeau, ‘au lieu que j'ai bâti. J’adjure toute personne royale et tout particulier qu’il n’ouvre pas ce lit de repos et * qu’il n'y cherche pas des vases [précieux], car on n'y a pas placé de vases [précieux], et qu'il n’enlève pas le sarcophage de mon lit de repos, et qu'il ne me © transporte pas ‘de’ ce lit de repos sur un second lit de repos. Même si des gens te parlent, n’écoute pas leurs mensonges! Car toute personne royale ou 7 tout particulier qui ouvriraient sur ce lit de repos ou s'ils enlevaient le sarcophage de mon lit de repos, ou s'ils me transportaient dans ce *lit de repos, qu'ils n’aient pas de lit de repos avec les Rephaïm, et qu'ils ne soient pas ensevelis dans un tombeau et qu'ils n’aient pas de fils ni de postérité * à leur place, et que les dieux saints les enferment avec le ‘roi Adar qui domine sur eux pour !° extirper cette personne royale ou ce particulier qui ouvrirait sur ce lit de repos ou qui enlèverait ce !! sarcophage. Et quant à cette race royale ou à ces particuliers, qu'ils n'aient pas de racine en bas ni ‘? de fruit en haut, ni d'éclat parmi les vivants sous le soleil. Oui, c’est moi, infortuné, qui ai été retranché avant le temps, au milieu du tissu !* de jours prospères, j'étais orphelin, fils d’une veuve.

Deuxième partie. Oui, c'est moi Echmounazar, roi des Sidoniens, fils du (3 roi Tabnit, roi des Sidoniens, petit-fils du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, et ma mère Amastarté, ! prêtresse d’Astarté notre dame, la reine, fille du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, qui avons bâti les temples ‘6 des dieux, le temple d’Astarté, à Sidon, dans la région maritime, et nous y avons conduit Astarté en grande pompe (?); et c’est nous !7 qui avons bâti un temple à Echmoun, prince très saint, à la source Idlal dans la montagne, et nous l'y avons installé en grande pompe (?); et c'est nous qui avons bâti des temples ‘5 aux dieux des Sidoniens à Sidon, dans la région maritime, un temple au Baal de Sidon, un temple à Astarté du nom de Baal. Et de plus le Seigneur des rois nous a donné !° Dor et Iapho, splendides pays de froment qui sont dans la plaine de Saron, à cause des hauts faits 20 que j'ai accomplis, et il les a ajoutés au territoire du pays afin qu'ils soient aux Sidoniens à jamais. J’adjure toute personne royale et tout particulier qu’il n’ouvre pas sur moi ?! et qu’il ne me mette pas à nu, et qu’il ne me transporte pas dans ce lit de repos et qu’il n’enlève pas le sarcophage de mon lit de repos, pour que ces dieux saints ne les enferment pas, et qu’ils n’extirpent pas cette personne royale ou ces particuliers et leur race à jamais.

1) 2519 probablement infinitif avec iod compaginis (Lip.). 2) La prononciation de n22n est inconnue. Ce n’est pas le Tennès de Diodore dont le nom s'écrivait plutôt en commençant par Yn d’après les monnaies que lui attri-

bue Babelon (Les Perses Achéménides, cLXxxXI ss.). n1an peut très bien venir de "22, comme l’assyrien nabnétu, tabnù, « rejeton »; ce serait un nom hypocoristique.

3) vnÿ 02, cf. Eccle., VII, 17. — J2 pour j*2 avec Clermont-Ganneau dans CIS. ; cf. Neh., v, 18. 7Dn est très controversé. La racine 720 peut très bien avoir le sens de « tisser » ; cf. Ps. CXxXIX, 13, et 70, € rideau » ; c’est une pensée analogue à celle du cantique d’Ezéchias, ÿ. 12. — ON ne peut être qu’une épithète de « jours ». Dans Hadrumète 9, c’est l'épithète de 5ÿ229% (le pluriel pour le sing.); le sens est done « glorieux, prospère », plutôt que « maudit », d’après l’assyr. ezéru, « maudire ». Cela répond bien aux exploits du règne. — n125N dans le sens de « veuve » (comme CIS.) est confirmé par l’assyr. almattu. Le défunt ne gémit pas sur son malheur d’avoir été orphelin; c’est la douleur de la mère qui se découvre : veuve, elle perd encore ce fils orphelin sur lequel elle avait reporté toute sa tendresse : c’est encore là un des coups de la mort. Hoffmann : FN 2 Dn 99 5N : « donc ma grandeur s’est terminée dans ceux-ci (ces jours) ». — non, « sarcophagus ex conjecturà ».

“23p seulement en araméen : « ma personne ». Ce mot gouvernant NN et ce qui suit, il faut supposer une ellipse : « j’engage ma personne envers telle autre que je me vengerai s’il commet telle action » (Hoffmann). La langue de la Michna emploie une tournure analogue : « que je sois maudit si j’ai ou si je fais telle chose ».

5) 72 d’après l’analogie de Tabnit, 1. 4, peut signifier « dans nous », pour « auprès de moi ».Il peut avoir aussi le sens de « en lui », écrit defective, même dans Narnaka 2 13 (dans ces cas Lip. propose de donner à 12 la valeur de 9). — DM non pas mammôn ou le pluriel de 5312, « mine », mais pour DIN; cf. l’araméen IN, « vase; il s’agit des vases précieux d’or ou d'argent qu’on déposait dans les tombes. — D, participe passif avec Hoffmann ou %2ù, « ils ont placé », plutôt que D, « là », qui serait une tautologie.

22%, « couche », ne peut guère être un autre objet que non, « sarcophage », puisque l'inscription gravée sur le sarcophage défend de l'ouvrir, I. 4. Quant au sens, 22% indique la place où le corps repose, un sarcophage ou un lit, ou une auge. Nous prenons n9y dans le sens de « sur ». Hoffmann tient à traduire « eouvercle » (1), mais ce mot ne figure pas dans sa traduction. Le CIS. : « nec superedificent lecto huic cameram lecti alterius »; noY pour « chambre », mais DYÿ ne peut signifier « superedificare »; son sens ordinaire est « porter en soulevant ». A la ligne 6, 2292, « moi qui suis dans ce caveau », à moins qu’on ne suppose qu’il y à 2 pour », par la faute des graveurs. Peut-être 3%, « deuxième », au lieu de N, « autre », fait-il allusion au second caveau qui surplombait celui où était le sarcophage; mais il faudrait alors l’article. Le défunt semble prévoir trois cas : qu’on n’ouvre pas le sarcophage, qu’on ne l’emporte pas, en le laissant nu sur le sol (cf. 1. 21) et qu'on ne transporte pas le sarcophage, même en laissant le défunt dedans, dans un autre caveau, ici 22%, — D2172,avec CIS. : « leurs mensonges »: cf. Job, x1, 3; Hoffmann : « ce qui les concerne » — hébr. 272. Lin. préfère supposer une faute du lapicide et compléter D2[72]72. |

7) Des trois clauses, la dernière serait incomplète, si on traduisait Dÿ avec Hoffmann dans le sens de changer de sarcophage.

9) Le mot n25%% ici et 1. 11 dans l'inscription du dos; celle de Ja poitrine donne ici or et 1. 11 no. Le dos a certainement raison à la 1. 11, où le mot signifie

(1) Les contextes cités ne sont pas très convaincants : à proprement parler, on n’ouvre pas un couvercle; on ouvre une boîte en soulevant le couvercle; cf. 1. 21 où no dépend de y qui ne peut signifier que « dénuder ».

une personne royale, opposée à D'N comme précédemment; mais ici la personne est qualifiée de 775N, au masculin; la vraie lecon est donc probablement 19; « le roi puissant », est, dit-on, une allusion au grand roi, le roi des Perses ou un Ptolémée. Cependant le grand roi est qualifié, 1. 18, « le seigneur des rois », et dans son adjuration Echmounazar n’a exclu personne, pas plus le grand roi que le roi de Sidon. Il s’agit donc ici d’une personnalité assez puissante pour châtier qui que ce soit des pouvoirs humains. Le roi puissant est plutôt le roi Adar, le maître du monde souterrain. Même si on prend 5x comme une simple épithète, il est constant qu’elle s’appliquait à des divinités (CIS., 118, 255 et ici . 19). Les dieux saints ou célestes seraient ici opposés au dieu infernal.

Dans leur préoccupation d'éviter le sens eschatologique, les éditeurs du CIS. et Hoffmann rendent 730 par « livrer ». Mais outre que 1. 22 on ne livre à personne, le sens du verbe en hébreu est « enfermer » et c’est le seul qu’indiquent les langues congénères. Le passage rappelle clairement Is., xx1v, 22. — Dans tous les systèmes, il est difficile d’expliquer 5wY; un parfait dans le sens du conjonctif est peu vraisemblable; nous préférerions le participe avec Lip.

10) Nous commençons une nouvelle phrase avec l'acc. absolu, parce qu’elle à son apodose I. 11 par 21 5x. — L'adjuration est réduite aux deux clauses principales.

11-12) Les mots de « semence » et d’ « extirper » mettaient sur la voie d’une comparaison qui se développe ici : les profanateurs n’auront pas de racine en bas, c’est-àdire dans le monde infernal dont ils sont extirpés par la seconde mort, ni de fruits en haut, c’est-à-dire de descendants; la beauté de l’arbre sous le soleil est peut-être une allusion à la bonne renommée laissée par le défunt, les stèles bâties en son hon. neur, son culte de famille. — fn probablement part. niph. de 73, « être pris en pitié, infortuné ».

13) L'inscription du dos se termine par EN primo loco.

15) Lire WN au lieu de ON, faute des deux textes. — n2 évidemment au pluriel.

16 et 17) Hoffmann distingue deux entreprises distinctes : des constructions nouvelles, comprenant le temple d’Astarté et celui d’'Echmoun, dieu particulier de la maison royale, et des restaurations relatives aux temples du Baal de Sidon et de sa déesse parèdre. Mais en réalité la phrase recommence trois fois, pour le temple d’Astarté. pour celui d'Echmoun et pour les deux autres. Ce qui est commun aux deux premiers, C’est la clause d’installation des dieux, qui semble bien indiquer une dédicace. ‘ D'autre part, après la clause « nous avons bâti les temples des dieux », les temples étant déterminés, on dit ensuite : « nous avons bâti un temple à Echmoun, nous avons bâti des temples aux dieux, au Baal de Sidon et à sa parèdre ». IL est prudent de ne pas attacher trop d'importance à ces variations de style. Comme il est impossible d’admettre qu’Astarté, la déesse de Sidon, et Echmoun n’y aient pas eu de temples, nous pensons qu’il s’agit dans tous les cas de restaurations; les deux premières ont pu être plus importantes. On pouvait ramener une divinité chez elle avec autant d’éclat que lors de l'inauguration. Ainsi fit Assourbanipal pour la déesse Nana (1).

16) Les éditeurs du CIS. ont comblé la lacune par nnwy n2, ce qui doit être exact ; car si on introduit plus tard Astarté dans ce temple, c’est donc le sien. On ne se contentera pas du suffixe comme 1. 17 pour Echmoun, parce que le temple d’Astarté est un seul mot, et c’est la déesse, non le temple, qu’on introduit, tandis que I. 17 ily a « un temple pour Echmoun ». Le texte porte T®" que les éditeurs, suivis par Hoff-

(1) XB., II, p. 210 : « dans le temple qu’elle aimait, je l'ai installée ».

mann, Lidzsbarski (sans aucun signe diacritique), corrigent en J2®1 pour conformer à |. 17. Mais [aan donne un bon sens, de 9 pi. comme 1I Chron., XxXxI1, 80 (1). Cependant la fidélité du lapicide n’est pas au-dessus de tout soupcon. — D9TN9nvw est une difficulté célèbre. Le CIS. : « ibi magnificantes », soit DYYINN oÙ ; Hoffmann 27 TN OÙ, « comme une très haute personnalité » (als hôüchster Person), et pour éviter la nécessité d’un adverbe de lieu après Fa, il suppose ce verbe au pi. dans le sens de « constituer une demeure »; mais peut-on continuer par l’accusatif? Il nous semble que c’est bien la personne de la déesse et du dieu, représentés par une pierre sacrée ou une statue qui est installée dans le temple, et dès lors le verbe signifie « conduire » (3w* au pi.) dans le premier cas, ou « faire habiter » (20° au parfait hiph.) dans le second cas. Il est difficile de supposer qu’Astarté et Echmoun aient le même prédicat, comme par exemple « cieux glorieux » ou « nom sublime », tandis que la cérémonie supposait les mêmes sentiments chez les acteurs. L'interprétation de CIS. peut s'appuyer sur lanécessité d’une indication du lieu et sur ce que Q9TN9, pi. ou hiph., plutôt ce dernier, attesté par Is., XLIT, 21 (et peut-être Ps. XVI, 3), correspond à la joie du cœur lors du transfert de Nana (2). Si on ne voit pas la nécessité de l’adverbe, on pencherait pour D97N a, « glorifiant le nom», justifié par Ps. vitr, 3,10; mais on s’attendrait à ce que D soit déterminé. Le présence de © 09% dans l'inscription du temple d’Echmoun a fait entrer la question dans une nouvelle phase; la lecture D95K D paraît s'imposer quel qu’en soit le sens.

17) L'inscription du temple d'Echmoun prouve qu'il faut lire dans la lacune après TAUX le mot Ù, « prince », et non pas TŸ, « champ, » ou 7, « démon ». 5 1; accusatif de lieu. Renan a pensé à Nabi Iahia (Mission de Phénicie, p. 394).

18) Echmoun et Astarté étaient bien les dieux de Sidon; mais on n’ignorait pas qu'ils étaient adorés ailleurs; il s’agit maintenant des dieux spéciaux de la ville, probablement même des dieux éponymes. Le Baal de Sidon serait dès lors Sid. Vient ensuite Astarté du nom de Baal. Astarté est presque ici un nom commun : la déesse qui porte le nom corrélatif de celui du Baal; ne serait-ce pas Sida? La tradition connaissait deux énonymes, l’un masculin, l’autre féminin (cf. le chap. sur Philon de Byblos). D'ordinaire on interprète ce DY moins littéralement, dans le sens qu’Astarté partage les prérogatives du Baal de la cité. D’autres lisent 3%, « du ciel » de Baal. — 7% dans le sens 71ÿ, « et de plus », c'est un nouveau titre de gloire. — Le seigneur des rois, le roi de Perse, puisque Dora était aux Sidoniens dès le temps de Scylax (Périple, éd. Müller, p. 79). — nr est à expliquer avec Lip. d’après l’analogie de n7922, CIS., 165); D ou 2 avec n7, « mesure ». Donc n2XY substantif, dans le sens d’ « actions d'éclat », Il s’agit, d’après l’analogie historique, de services rendus par la flotte phénicienne dont le roi de Sidon avait le commandement.

22) 5N, «ceux-ci » = hébr. non, SP", 3° p. pluriel avec noun. Les dieux saints ne sont pas tant ceux de la I. 9 que ceux auxquels on a bâti des temples; d’ailleurs les mêmes en réalité.

INSCRIPTION DE TABNIT.

Trouvée en 1887 par Hamdy Bey ; maintenant au Musée de Constantinople. D’après le fac-similé de Lidzbarski, et Hoffmann, Ueber einige phoenikische Inschriften.

(1) Toujours comme Nana, wsiribsi, « je la fis passer ». (2) Eod. loc.

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1 Moi, Tabnit, prêtre d’Astarté, roi des Sidoniens, fils d’? Echmounazar, prêtre d’Astarté, roi des Sidoniens, je repose dans cette caisse. % Qui que tu sois, homme quelconque, qui trouverais cette caisse, oh! n’ ‘ ouvre pas sur moi et ne me trouble pas, car il n’y a point chez nous d’argent, il n’y a point chez nous d’or ni aucune [sorte] de vases; moi seul y ai été jeté, reposant dans cette caisse. Oh! n'ouvre pas 6 sur moi et ne me trouble pas, car c’est une chose abominable à Astarté et si tu oses ouvrir sur moi et si tu oses me troubler, que tu n’aies ni de progéniture parmi les vivants sous le soleil, ni de lit de repos avec les Rephaïm!

1) Le titre de prêtre d’Astarté passe avant celui de roi des Sidoniens; il a peut-être sa raison d’être; dans Echmounazar ce titre ne paraît plus. Comment peuton songer au Grec Philoclès comme descendant d’une lignée de prêtres nationaux!

3) D’après Hoffmann, »3 pour 121p; cf. CIS. 3,1. 4et 1. 30. La négligence du graveur à la ligne 7 autorise à supposer cette omission. On peut cependant supposer une tournure différente. 3 — « qui »,NN — «toi... qui que tu sois »… Cela s'accorde mieux avec le discours direct qui continue à la seconde personne. — pan de P'2; -« tomber par hasard sur quelque chose » (Hoffmann). — La négation redoublée donne une singulière énergie à la phrase.

4) On lirait plutôt 13 que Das ; cependant le 7 n’est pas toujours distinct du *, par exemple 1N secundo loco. Nous ne voyons pas d'autre solution que celle d’Hoffmann : N dans le sens de vraiment; D parallèle à T2 dans le passage analogue de CIS. 3, 1. 5, soit dans le sens de « chez nous », 5 + suffixe de la première personne du pluriel, soit en supposant une forme linné, comme binné, au même endroit, forme difficile à justifier. — Halévy a proposé le grec eldwdas.

5) 012 comme CIS. 3,1. 5. — TN ne peut guère s'appliquer à ce qui précède, étant au sing. On suppose que 7Ÿ est un nom de matière précieuse? Nous le prenons comme part. hoph. de 77%, un peu dans le sens araméen. Hoffmann suppose encore une faute de lapicide, n[y]92, « prématurément », comme CIS. 3, 1. 3 et 12. Mais la pensée exige bien plutôt l’hébreu n52, « moi seul » ; cf. Os., xIII, 4, où il est précédé du participe, il est vrai avec la négation; mais on peut dire qu'ici la négation commande toute la phrase.

7) Noter les infinitifs absolus pour fortifier la pensée. Les lettres entre crochets sont suppléées quoique le texte ne présente pas de lacune; — il faut bien supposer une erreur du lapicide, car 52° ne donnerait aucun sens.

LarNAx LapiTHou (Chypre) (CZS., I, 95).

Dessinée par le marquis de Vogüé. Probablement de la fin du rv° siècle av. J.-C. La partie grecque d’après Waddington.

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A la déesse ‘Anath, force des vivants, et au seigneur des rois, Ptolémée, Ba'‘alchillem fils de Sesmaï a consacré l'autel.

En heureuse destinée.

1) L'ancienne déesse n1y est identifiée à Athéné; l’épithète soteira est rendue au mieux. Mais on n’a pas trouvé d’équivalent en phénicien pour l’abstraction de la Victoire.

2) Le roi Ptolémée, probablement de son vivant (925% x pour D155 TN), est associé à ce culte divin, quoique le grec mette ici une différence de cas, peut-être par erreur pour xat Nlxn Irokepalou.

3) Le nom grec ne correspond nullement au nom sémitique; ce n’est ni une traduction, ni une approximation phonétique; cf. ses mains dans le tombeau de Beit- Djebrin.

4) Wp*, la forme hiph‘il au parfait, confirmée par la forme nwTpt dans l’autre inscription de Larnax Lapithou, I. 9.

5) 55 conservé dans l’hébreu michnique dans le sens de « planète qui règle la destinée, destinée ».

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