‹ Études sur les religions sémitiquesChapitre 47 sur 88 · POLYBE, V, LXVIII · texte numérisé non relu

POLYBE, V, LXVIII

(4) KB., I, p. 140; le nom signifie « promontoire de Baal ».

(5) C'est du moins l'opinion universelle, à laquelle nous n'osons contredire; cependant précédemment il n'est jamais nommé Zeus. Dans FHG., dont nous suivons le texte, il y a Zeù; ArifxapoO, « Zeus fils de Démarous », et si cette leçon, dont le traducteur ne tient pas compte, était autre chose qu'une faute d'impression, nous n'hésiterions pas à la préférer.

(6) En lisant Zeù; AyitxopoOç [ô] xal "A6wSoç.

unie au prince le plus puissant. C'est pourquoi Ouranos l'avait envoyée à Kronos, dans l'espérance que son propre fils le détrônerait comme il avait détrôné son père. Kronos, prévenu, la donne à Déramous, dont personne ne soupçonnait Tillustre origine, et elle enfante Héraclès. Toute cette ingénieuse péripétie est trop arbitraire. Surtout la triade n'a rien d'extraordinaire chez les Phéniciens. Les dieux invoqués dans le traité entre Philippe de Macédoine et Carthage sont groupés trois par trois (1). Enfin Astarté la Grande ne peut être la même qu'Astarté épouse de Kronos ; son épithète la distingue suffisamment.

Nous sommes ainsi amené à chercher le sens de toute l'histoire de Kronos. Elle comprend deux phases principales. D'abord Kronos lutte contre Ouranos. C'est un mythe cosmogonique comme nous l'avons dit à propos d'Ouranos. Vainqueur, Kronos se conduit en tyran vis-à-vis de son frère Atlas, de sa fille, et de son fils Sadid. Évidemment il craint d'être détrôné à son tour. Un évhémériste ne pouvait pas dire qu'il dévorait ses enfants, mais l'opinion plus douce était déjà représentée en Crète au temps de Diodore (2) ; il les faisait disparaître pour ne pas être détrôné. Enfin Kronos consomme sa vengeance sur Ouranos. Dans toute cette partie les noms phéniciens ne manquent pas, mais on y trouve encore plus d'allusions à la mythologie grecque. Il semble qu'à partir de ce moment la fortune de Kronos fléchit. Eusèbe prend soin de nous dire qu'il laisse une lacune. Dans la tradition grecque Kronos était à son tour précipité dans le Tartare par son fils Zeus. Ici il est ménagé, mais on ne saurait prétendre que le trait est purement phénicien. Diodore connaissait une résiliation volontaire de Kronos (3). Elle n'est pas constatée par notre auteur; cependant quand on voit Kronos obligé de sacrifier son fils à son père Ouranos, il paraît que c'est une expiation, et c'est peut-être aussi pour expier qu'il entreprend la longue série de ses voyages (4). La troisième génération arrive donc au pouvoir, ici comme en Grèce, mais par le gré de Kronos, qui ne pouvait être pour les Phéniciens relégué au rang de simple Titan ou de monarque ridicule. Et à partir de ce moment nous rencontrons, comme en Grèce, avec Kronos toutefois en plus, les

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