‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 120 sur 170 · V. 1016. - 2. Voyez p · texte numérisé non relu

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cette hauteur de sentiment d'où elle ne doit plus descendre. Il faut l'entendre lui-même :

« Étlier immense, vents à l'aile rapide, sources des fleuves, flots de la mer, innombrables et murmurants, terre, mère commune de tous les êtres, et toi, soleil, à l'œil de qui rien n'est caché, je vous atteste : voyez comment les dieux traitent un dieu; à quelles déchirantes tortures je suis en proie, et pour des milliers d'années. Voilà donc les indignes chaînes que le nouveau souverain des Immortels a imaginéespour moi! Hélas! mon état présent, mon sort futur me font également soupirer. Quand doit se lever le jour qui terminera ce supplice? Que disje? je prévois tout ce qui doit être : rien d'imprévu ne peut m'arriver. Subissons courageusement l'arrêt du destin; ne luttons point contre la force de la nécessité, que nous savons invincible. Cependant je ne puis me taire sur mon infortune, et il m'est douloureux d'en parler. Malheureux ! c'est pour avoir favorisé de mes dons les mortels, que je suis attaché à ces longs tourments. J'ai ravi au ciel, j'ai apporté sur la terre une étincelle de ce feu, devenu pour ses habitants le principe de tous les arts, la source de mille avantages. Voilà le crime que j'expie, suspendu dans les airs, cloué à cette roche.... d

Ici des parfums légers, dont l'air se remplit tout à coup, un bruit d'ailes qui se fait entendre, annoncent à Prométhée l'approche de quelque divinité.

« Qui vient, dit-il, en ce lointain désert? que veut-on? jouir du spectacle de ma peine? Eh bien ! voyez dans les fers un dieu malheureux, haï de Jupiter et de ceux qui habitent sa cour, pour avoir trop aimé les hommes '. »

Ce mélange de douleur et d'effroi, de faiblesse et de fermeté, me paraît tout à fait admirable, et paraîtrait tel à mes lecteurs, s'il était possible qu'une traduction conservât l'éloquence sublime de l'original." Ce sont des divinités amies de Prométhée, unies même au malheureux par les liens de la parenté, les filles de l'Océan, qui viennent avec empressement, portées sur un char ailé ', le visiter, le consoler : leurs douces paroles, leur compassion tendre et un peu craintive forment un contraste

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