‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 130 sur 170 · Cf. Hygin., Astr. Poet., m; Engonasin · texte numérisé non relu

Cf. Hygin., Astr. Poet., m; Engonasin

6. Celte symétrie s'étendaità presque tous les détails principaux des deux compositions. On y voyait le dieu toujours également captif; consolé, là par les Océanides, ici par les Titans; visité tout à l'heure par l'errante lo, maintenant par Hercule, ce héros voyageur; remplissant l'un et l'autre ouvrage du récit de ses bienfaits en\ers les hommes, de ses plaintes, de ses menaces contre Jupiter, seulement foudroyé dans le premier et délivré dans le second. Une telle ressemblance, une telle identité de conception, Eschyle les avait-il recherchées à dessein, pour se donner le mérite d'en triompher par la variété de Fexécution? C'était l'opinion de God. Hermann dans sa dissertation de Compusit. telralog., tragic. ; Opusc, t. II, p. 316. Depuis {de jEschyl. Prometh. salut.; Opusc, t. IV, p. 261), il y a trouvé son argument le plus spécieux contre la réunion, dans une trilogie, et avec la continuité de la représentation, des deux tragédies.

PrométJice délivré^ les voyages d'Hercu^e, et que l'une comme l'autre scène oBrait un intérêt cherché assez loin de l'esprit du drame, un intérêt empnmië à la géographie ^ En revanche, le Prométhée délivré a fourni à des poèmes qu'on peut qualifier de géographiques, d'intéressants épisodes. Quand les héros chantés par Apollonius' approchent des extrémités du Pont-Euxin, ils voient s'élever à l'horizon les sommets du Caucase ; audessus de leur vaisseau, que son vol ébranle, passe un aigle monstrueux; ensuite, des cris plaintifs font retentir les airs, et bientôt repasse l'oiseau terrible, repu de la chair et du sang de Prométhée. Parvenus aux mêmes lieux, les Argonautes de Valérius Flaccus^ sont frappés d'autres spectacles : c'est une grande ombre, celle d'un oiseau blessé, dégouttant de sang, mourant au sein des nues, qui tout à coup leur cache le jour; c'est le Caucase qui semble secouer ses neiges et ses forets et s'écrouler à grand bruit; en ce moment même, Hercule, leur compagnon, depuis quelque temps séparé d'eux, et dont ils ne se croient pas si prè:^, vient de percer de ses flèches le bourreau de Prométhée, et d'arracher, de briser, avec le rocher, la chaîne du Titan.

La légende de Prométhée, c'était un de ses mérites dramatiques, en même temps qu'elle se rattachait, par une de ses extrémités, à l'origine même des choses, atteignait, par l'autre, à ces aventures, à ces noms de l'âge héroïque, éternel entretien de la scène grecque; elle conduisait l'imagination, nous l'avons vu, jusqu'au berceau d'Achille, jusqu'aux travaux d'Hercule ; elle se mêlait à la merveilleuse histoire de Jason. Le Caucase n'était pas loin de la Colchide. Du sang de Prométhée, tombé sur les sommets de cette montagne, les poètes grecs et latins font naître une plante aux sucs puis-

1. On peut faire la même remarque sur quelques-uns des fragments du Glaucus dieu marin; nous l'avons déjà laite, p. 237, au sujet d'un passage des Perses.

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