Pausan., Eliac, I, xi. — 2. dit. et Leucipp.f lîl
3. V. 533, 793, 944 sqq. Lefranc de Pompignan ne songeait pas à ces passages quand il écrivait avec tant de confiance, dans la préface de son opéra de Prométhée : « Prométhée devait être délivré de ses tourments par Hercule et malgré Jupiter. Cet événement, si contraire à la toute-puissance de la divinité, est annoncé dans la tragédie d'Eschyle. Dans la mienne, Prométhée doit sa délivrance à la seule clémence de Jupiter..., » Ce qu'au vers 796 lo dit à Prométhée : o Et qui te délivrera, malgré Jupiter? » ne prouve nullement que cette délivrance ait été représentée i)ar Eschyle comme indépendante de la volonté de Jupiter. C'est lo qui paile.et avec l'expression du doute; ce n'est pas Prométhée, qui seul connaît l'avenir, et dont les paroles pourraient seules conduire à la conclusion qu'on a tirée mal à propos (Ganter., Nov. Lect.,U, 19; Butler, etc.) de celles d'Io.
4. Butler suppose que Prométhée, délivré par Hercule, sans l'aveu de Jupiter (voyez la note précédente), olitenait, au prix de cotte révélation, qu'il consentît à sa liherté; Welcker, que, par l'intermédiaire de Mercure, il s'était déjà mis d'accord avec Jupiter, avant l'arrivée d'Hercule.
5. v. 533, 793, 944 sqq. — 6. Isthm., VHI, G7. — 7. Dial. rfcor.,I, Prometh.
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liastcs*, enfin d'Apollonius de Rhodes*, d'Ovide', de quelques auteurs même de la décadence grecque, chez qui se retrouve la trace précieuse encore des antiques traditions mythologiques*. Voici ce qui résulte, avec quelques variantes sans importance, de leurs divers témoignages : Jupiter, qui avait renversé du trône son père Saturne, était condamné, par un secret arrêt de la destinée, à éprouver le même sort de la part du fils qu'il pourrait avoir de Thétis. Instruit, par la déesse prophétique Thdmis, du danger de l'union qu'il méditait, il y renonça prudemment; ainsi fit Neptune, son rival, que regardait aussi l'oracle; Thélis fut, un peu malgré elle*, donnée à un simple mortel, petil-fils de Jupiter, il est vrai, Pelée, et d'eux naquit, non pas un prétendant à l'empire du ciel ou de la mer, mais seulement le plus grand des héros. Cette légende mythologique, Eschyle, dans sa troisième tragédie, l'avait rattachée à sa fable, en substituant à Tbémis. Prométhée, né, selon lui% de cette déesse, et mis par sa mère dans la confidence des secrets de l'avenir. Elle explique, disons-le en passant, pourquoi, dans un poème célèbre, les Noces de Thétis et de Pelée, Catulle, ou le poète grec qu'il a suivi, fait assister à des fêtes nuptiales auxquelles assurément il avait bien le droit d'être invité, avec Jupiter lui-même, Pro:iiéîhée, délivré, en récompense de s'^s bons avis, de sa captivité et de son supplice, mais portanl; encore, soit la cicatrice, soit, pour sauver l'honneur du maître des dieux, dont la parole devait rester irrévocable, au moins en apparence, l'image emblématique de ses chaînes, un lien , une couronne faite , tradition athénienne , d'une branche d'olivier' ou d'une branche de saule*, un anneau
1. Schol., V. 174 sq. — 2. Argonaut., IV, 801. — 3. Ifefam., XI, 224. — 4. Nonnus, Dionys., XXXIU, 356 ; Quint., Posthomeric, V, 338. Cf. Apollod, i^ibL, II,v,12; Hygin., Fab., liv; Poet.as ron.,xv, Sagittj; S=rv. ad Virg. Bucol. vi, 42, etc. — 5. Voy. Hom., Hiad , XVIU. 431 sqq.; XXXIV, 58 sqq.
6. Hésiode {Theoy., 508) le lait naître del'Océanide Climène; Lycophron (Cassandr., 1283), Apollodore {Biblioih., l, 2) de l'Océanide Asia.
7. Apollod., Biblioth., II, v, 11, 12. — 8. Athea., Deipw., XV.
de fer*, avec un fragment de la pierre du Caucase^, la plus ancienne des bagues :
Extenuata gerens veteris vestigia pœnae'.
Cette réconciliation de Jupiter avecProméthée, qui, h la fin de la trilogie, guérissait en quelque sorte les blessures faites par le poëte à la sensibilité, à la pitié des spectateurs, avait été précédée et comme annoncée par une autre que nous permettent de deviner les premières paroles du fragment précédemment cité :
Titanum soboles, socia nostri sanguinis, Generata Cœlo....
Elles désignent, selon l'opinion générale et les témoignages antiques*, les Titans^, qui sont venus visiter et consoler leur infortuné parent, et ne l'ont pu que si, contrairement à ce qu'on voit ailleurs, par exemple chez Homère^, Jupiter, affermi sur son trône et ramené à la clémence par la sécurité, les a auparavant retirés de la prison du Tartare. Leur délivrance est un fait mythologique auquel le poëte semble se référer dans un autre ouvrage"^, que mentionne expressément Pindare^, ce sublime commentateur de la poésie contemporaine d'Eschyle, qu'on a de plus conclu^ du passage*"^ où Hésiode représente Saturne régnant sur les héros du
1. Plin., Hist. nat., XXXIII, ii. — 1.1d.,ihid., XXXVII, 1; Hygin., Poet.astron.jXv, Sagiita; Serv. ad Virg., BucoL, vi, 42; Isid., Origin.^ XVI, 6, etc. — 3. CaluU., Carm,, lxiv, 296. "Welcker a été, je crois, plus loin (pj'il n'est permis, quand il a supposé {Trilog.) que le Promélhée délivré se terminait par les noces de ïhétis et de Pelée. — 4. Entre autres d'Anien, Peripl. Pont. Euxin.
5. Au nombre de douze, qui correspondent aux douze grandes divinités de l'Olympe, et, par une distribution du chœur fort insolite dans la tragédie, se subdivisent en six dieux et six déesses titanifiues ; telle fcstro(ànion de Welcker {Trilog.), censurée, sans nom d'auteur, par Clod. Hermann (de yEschyl Promcth. solut.; Opusc.j t. IV, p. 2Gô).
0. lliad., Vlil, hV.); XIV, 273 sq(|.; Hymn. in ApolL, :{3;j sqq. — 7. Eumen., G37. — 8. Pyth., IV, 518. — 9. Welcker, Trilor/., p. 38; Klauseu, TUeolog. JEschgL, p. 43, 152. — 10. Op. et Dics, 1G9.
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quatrième Age, aux îles Forlimc^es. C'est des îles Fortunées qu'a dû les amener jusqu'au Caucase un loag voyage, sujet d'un récit probablement fort long aussi, par lequel s'ouvrait la pièce*, et dont des ouvrages de géographie nous ont conservé quelque chose ^. Des citations du même genre' nous donnent, d'autre part, une partie de l'itinéraire prescrit par Prométhée à Hercule, à ce « cher fils d'un père ennemi' », pour se rendre, comme le veulent les destins, du Caucase au séjour des Hespérides. Là se trouve un déta-i particulièrement curieux pour nous, l'exp'ication fabuleuse des cailloux qui couvrent encore aujourd'hui, dans un de nos départements méridionaux, la plaine de la Crau. Ils sont là depuis le jour oii une pluie de pierres, tombée des cieux par l'ordre de Jupiter, vint fort à propos fournir de nouvelles armes à Hercule, qui avait épuisé, sur les Ligures, les flèches de son carquois ^ On voit que, par une sorte de symétrie ^, aux voyages d'Io, si complaisamment retracés dans le Prométhée enchaîné, répondaient, dans le
1. God. Hermann, ihid., p. 266. — 2. Arrien, Peripî. Pont. Eiixin.; Strab., I. Cf. Piocop., tiist. Goth , IV, 6.
3. Strab., 1, IV; Dion. Halic, Ant.rom., I, 41; Galen., ilorh. epirfem., VI; Steph. Byzant., v. 'Aêioi., schol. Apoll. Rhod., IV, 284, etc. Voyez, sur ces passages et les précédents, les savantes explications de God. Hermann, ibid., p. 265 et suiv. ; voyez aussi la collection systématique qu'en donne Bellniann, de JEschyl. lernion. Fromeih., p. 271 sqq. Cf. E. A. J. Ahrens, ibid-
4. Vers du Prométhée délivré, cité par Plutarque, Vit. Pomp., 1.