‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 144 sur 170 · V. 477. 575 sq · texte numérisé non relu

V. 477. 575 sq

2. Taltnybius, selon l'argument grec. Chez Sénèque {Âgam., 384), c'est Eurybate, l'autre héraut d'Agamemnon.

3. Cela résulte du vers 272, où Clytemnestre dit en propres termes que Troie a été prise la nuit précédente. Ce vers, comme on l'a remarqué, réfute l'explication, du reste ingénieuse, de l'abbé d'Aubignac, qui, pour accorder l'action de cette pièce avec sa chère unité de temps, faisait de la première scène un prologue, et séparait ainsi, par un intervalle indéterminé, la nouvelle de la victoire et l'arrivée du vainqueur. 11 ré ond aussi à d'autres apologies par lesquelles Blomfield a vainement cherché k sauver la régularité de l'ouvrage

4. Schol. ad v. 488. Un commentateur moderne, Polter, approuvé par Butler^ excuse bien subtilementEschyle en attribuant cette prompte arrivée à l'intervention merveilleuse du dieu que le poëte, dans un de ses récits, v. 648, place au gouvernail du vaisseau d'Agime nnon.

5. Corneille semble en juger ainsi lorsq;je,daiisson Discours des trois unités, réclamant, mais bien discrètement, contre la contrainte impo- .sée par la règle de Vunité de jour, et remarquant qu'elle a forcé quelques-uïis de nos ancieri'i d^aller jusqu'à Virnpossible , il cite comme exemple, avec les Suppliantes d'Euripide, 1'^ <;atne»mon d'Eschyle.

rabsûiidiont de son audace. Un critique étranger * a pu dire, avec vérité, que le poëte « use ici de sa puissance surnaturelle, en faisant voler, vers son but terrible, les heures trop lentes dan^ leur cours. »

Le héraut, à son entrée sur ki scène, salue celte terre de la patrie, qu'il n'espérait plus revoir. Ses premières paroles sont données, avec cette vérité exquise que le& Grecs savaient si bien saisir, à la joie toute personnelle de son propre retour. Il annonce ensuite le succès qui vient de couronner la difficile et pénible entreprise des Grecs ^. Mais, malgré la magnificence et l'emphase de ses paroles, le souvenir douloureux du passé se mêle, en dépit de lui, à cet enthousiasme, pour ainsi dire officiel, auquel l'oblige le devoir de sa charge. Un dialogue tendre et touchant s'engage entre lui et le chœur*; ils se rappellent avec une émotion toujours croissante les fatigues et les dangers de cette navigation lointaine, de ce long siège, les inquiétudes et les ennuis de l'attente oii ils ont mutuellement consumé tant d'années. La reine met fin à ces confidences pathétiques, en renvoyant le héraut vers Agamemnon pour presser son retour. Elle s'exprime d'une manière remarquable. A travers les protestations fastueuses de sa fidélité et de son amour, on s'aperçoit que l'unique soin qui la préoccupe est d'attirer sa victime dans le piège fatal qu'elle lui a préparé.

Resté seul avec le chœur, le héraut se trouve amené, par les questions qu'on lui adresse, à une bien triste révélation. Il se plaint qu'on le force à profaner un jour heureux par de funestes récits; mais enfin il ne peut ca-

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