‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 24 sur 170 · Inst. orat., X, i · texte numérisé non relu

Inst. orat., X, i

3. T't(. SylL, IV. —4. Suid., v. Soço;. Cf. schol. Aristoph., A'w&., 144; XenOjih.j Plat., Apolog. Socrat.

voyant comme un pressentiment de la foi nouvelle , au sein du paganisme*; ces moralités, une des meilleures parts de sa gloire littéraire , alors même que la vérité dramatique n'en avoue pas l'introduction trop fréquente, ont été l'objet d'un reproche fort sérieux : on les a accusées d'être quelquefois contraires à la morale. Je crois qu'on peut les défendre et les justifier. Ce n'est pas la faute du poëte si la forme sentencieuse de quelques maximes perverses leur fait attribuer un sens absolu qu'il n'a point prétendu leur donner. Où en serait-il, si on le rendait responsable des mauvais principes de ses personnages? On pourrait donc aussi lui demander compte de leurs méchantes actions. Il suffit que ces traits d'une morale condamnable dont se sert la logique ordinaire des passions, et qu'on ne peut, par ce motif, interdire à l'imitation dramatique, soient d'ailleurs corrigés par l'esprit général de l'ouvrage. Or, c'est ce qu'on peut dire en faveur d'Euripide, et ce que lui-même eut occasion de faire valoir pour sa défense, lorsqu'un certain Hygiénon l'accusa juridiquement d'impiété ^ pour ce vers sentencieux de son Hippolyte :

La bouche a juré, mais non pas l'âme '^.

Cette espèce de réserve, de restriction mentale, que Pascal se fût applaudi de rencontrer dans les tragédies de collège des Jésuites, est sans doute, quoi qu'en ait die Gicéron^ d'une bien mauvaise morale. Mais Hippolyte, à qui elle échappe dans un mouvement d'impatieace contre d'importunes sollicitations, se réfute lui-même, à la fin de la pièce, en mourant pour garder son serment.

1. Clem. Alex., Strom.^ Y; Protreptic. Cf. Euseb., Prœparat evang., etc. — 2. Arist., Rhet., III, 15.

3. Hipp. G. ,8 Balzac, qui cite en le condamnant ce vers d'Euripide {le Prince, cli. xxv), le traduit ainsi :

J'ai juré de la langue et non pas de Tesprit.

4. Off., NI, 29. Eayle (art. Euripide) préfère avec raison la manière dont le scoliaslc explique ce que le poëlc lait dire à Hippolyte, l'entendant de son ignorance quant à l'oijjol du serment qu'on lui a surpris, et par suite, de la nullité de ce serment.

M-: LA THAr.i:i)ii': checque. 59

Ci'sar, au rapport de (^icéron \ avait sans cesse h. la bouche ce ]):issa;^'e des Phéniciennes :

Si ron peut violer la justice, c'est pour régner : en tout le reste, il faut être juste*.

« Coupable Êtf'ocle, s'écrie Cicéron; ou plutôt, coupable Euripide, qui excepte précisément le plus grand de tous les crimes! »

Mais n'en déplaise à l'auteur des Offices, qui fait cette exception? Est-ce Euripide ou plutôt Etéocle ^? Cette criminelle ambition n'est-elle pas blâmée dans tout le cours de la pièce? Ne trouve-t-elle pas, au dénoûment, sa punition? Et s'il arrive au poëte dramatique, qui doit et peut tout exprimer, de produi)e sur la scène la morale des méchants, ne poursuit-il pas sans relâche, comme Socrate, ceux qui en usent, et notamment ces orateurs sans conscience, fléaux de la place publique et du barreau, qui corrompent le peuple * et pervertissent la justice^?

On ne peut donc, je pense, appliquer à Euripide cette règle posée par Bayle ^ : « Il est bien certain que l'auteur d'une tragédie ne doit point passer pour croire tous les sentiments qu'il étale; mais il y a des affectations qui découvrent ce qu'on doit metire sur son compte. * Je ne trouve point chez l'auteur de VHippolyte et des Phéniciennes trace de ces affectations; mais je conviens aussi que W. Scblegel n'a pas tout à fait tort de dire au sujet de la citation de César : « Celui qui citait une pareille

1. Off., III, 21. —2. Phœniss.j 524. Cf. Plutarch., Vit. Nie. Crass. compar.

3. Cicéron lui-même serait de cet avis si on lisait, par une transposition bien facile et bien naiurelle, qu'a proposée M. Boissonaile : <t Capitalis Euripides, vel potiusEteocles. » D autres critiques ont voulu effacer ces mots a vel potius Kuripides » qui sont peut-être la réflexion de quelque lecteur, de quelque copiste.

4. Hec, 252; Orest., 890; Hippolyt.,k^l; Troad., 967; Bacch., 266; Suppl., 413; fragm. Pirith., vi; Uhadamanth., I, 5

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